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Chapitre XXVI

Ce qui se fit en rassemblée de Poissi.

Le neufîesme de septembre, commença l'assemblée de Poissi au réfectouer4, où se présentèrent 50 ecclésiastiques et quelques docteurs laies chargés de députation par les chapitres. Le Roi, la Roine et les princes du sang y prindrent séance comme aux Estats. Les

1. Ce chiffre de 2,150 églises protestantes , dit de Bèze, fut présenté dans un mémoire remis par Goligny à Catherine à la fin de l'année 1561 [Hisi. ecclés., 1840, t. I, p. 420).

2. Le récit de cette conférence est donné dans YHistoire ecclésiastique, mais il est présenté avec plus de détails dans une lettre de de Bèze à Calvin, du 25 août (Baum, Theodor Beza, Appendice, p. 45).

3. Sic, La Place, Estât de religion et république, édit. Buchon, p. 158 et suiv. Son récit a été copié littéralement par de Bèze (1840, t. I, p. 314) et par La Popclinièrc (1581, t. I, f. 271).

\. Dans le réfectoire des religieuses dominicaines de Poissy.

six cardinaux1, archevesques et évesques, prindrent leur place aussi, et derrière eux grand nombre de telles gens sans envoi2. Le Roi fît ouverture par ceste harangue :

« Messieurs, vous estes advertis des troubles qui « sont en ce royaume sur le faict de la religion; « c'est pourquoi je vous ay fait assembler en ce lieu « pour réformer les choses que vous verres en avoir « besoin, sans passion quelconque, ni avoir esgard « aux particuliers intérests, mais seulement à l'hon- « neur de Dieu, à l'acquit de vos consciences et au « repos public. Ce que je désire tant, que j'ai délibéré « vous retenir en ce lieu jusques à ce que vous ayés « donné bon ordre à ce que mes sujects puissent « désormais vivre en paix et union les uns avec les « autres. C'est ce que j'espère que vous ferés, et ce « faisant, me donnerés occasion de vous avoir en la c< mesme protection que vous ont eu les autres rois « mes prédécesseurs3. »

Ce fut au chancelier d'empoigner ce propos sur le commandement du Roi, l'excusant sur son aage de la briesveté de son discours. Et n'expliqua que ces poincts, asçavoir que ceste assemblée estoit pour réformer la religion; monstra que le concile général, pour beaucoup de difficultés, ne se pouvoit si tost espérer, estant de nations qui ne sentent point nostre mal, et n'estoit pas si propre que le national pour

1. Le cardinal de Tournon, doyen; les cardinaux de Lorraine, de Guise, de Chastillon, de Bourbon et d'Armagnac.

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