LIVRE SECOND, CHAP. XXVII
« d'où procède nostre séparation, et adviser s'il y « auroit point de moyen de venir à une si bonne modé- « ration et pacification de tous nos différents, que cela « fust cause de ramener ceux de ladite nouvelle reli- « gion à l'obéissance de nostre Église catholique « romaine, suivant le chemin que tint le feu Roy Fran- « çois, nostre ayeul, en l'assemblée qu'il fit à Melun « pour semblable occasion1. »
De là, ceste lettre entre en matière comme l'autre, déclarant qu'il n'y a point d'anabaptistes ni d'hérétiques qui contredisent aux douze articles de la foy, et insiste sur ces poincts principalement :
Que la primitive église n'auroit point d'images, répétant la sentence de S. Grégoire contre l'adoration.
« Ils voyent aussi , dit-elle , les grands et énormes « abus, les menteries, impostures et faux miracles « qui, depuis quelque temps, ont esté descouverts en « ce royaume. »
De là, reprent les abus du baptême, ceux de la cène, retouchant encore ce qu'on appelle la Feste-Dieu, généralement sur tout ce qui est de la messe, déduisant toutes les particularités qui sont en controverse et avec long discours des sacrements, qu'elle ne conte que deux ; insiste sur la liberté du chant des pseaumes et des prières en langage cogneu.
J'ay abrégé le discours, pource que la première lettre en est un compendium, et qu'elle eust excédé un chapitre.
1. L'assemblée de Melun, réunion préparatoire du clergé français convoqué au concile de Trente, eut lieu en 1545, sous la présidence de Pierre Danôs et de Pierre Duchastel, dit Castellanus, évêque de Màcon. Voyez, sur cette assemblée, l'ouvrage de Dupuy cité plus liaut, p. 9 et suiv.
On soupçonna d'avoir conseillé ceste lettre l'archevesque de Vienne et les évesques de Valence et de Nevers4. Ce dernier2 mourant es Estats, envoya les advis de ces choses à la vefve3, et le testament d'un tel personnage eut sur elle, pour un temps, quelque authonté.
Voilà à quel point furent menées les pensées de ce temps, et qui amenèrent l'édict appelle de Janvier, lequel nous trouverons faict au retour de chez les estrangers.