LIVRE PREMIER, GHAP. V
point de traicter amitié avec l'Anglois, prestant secours, s'embrasèrent facilement les guerres d'Escosse1, où, après la mort de Jaques, ne demeura qu'une pupille 2. Sous tel gouvernement les factions s'eschauffèrent , les ecclésiastiques s'estans bandés contre le mariage d'Angleterre en haine de la religion. Nous lairrons le lecteur curieux à en esplucher les particularités aux histoires expresses de ces temps-là, et nous contenterons de dire qu'en nostre demi siècle, il y eut paix conclue entre le roi et l'Anglois, par laquelle Boulongne rendue au roi, il retira ses forces d'Escosse3. Ceste paix, aussi bien que celle d'Allemagne, ne servit que pour prendre haleine, pource qu'Edouard, qui avoit suivi le décret de son père touchant la religion, mourut en l'an 15534, cassant le testament de Henri, rejettant Marie et substituant Jeanne de Suffolc5, sa cousine. Mais les milors fugi-
1. Jacques V, fils de Jacques IV, roi d'Ecosse en 1513, épousa successivement Madeleine de France, fille de François Ier, et Marie de Lorraine, fille de Claude de Guise. Il mourut en 1542.
2. Marie Stuart, fille de Jacques V et de Marie de Lorraine, née le 5 décembre 1542, ayant été promise au dauphin François II et conduite en France en 1548, Henri II commença à guerroyer en faveur de sa belle-fille contre le parti anglican qui convoitait l'Ecosse. La guerre, mollement conduite sous Marie Tudor, prit une grande vivacité à l'avènement d'Elisabeth.
3. Le 25 août 1549, la ville de Boulogne fut surprise par le connétable de Montmorency {Mémoires de Vincent Carloix, liv. III, ch. xxi). Le 24 mars 1550, le traité d'Outreau rétablit la paix entre les rois de France et d'Angleterre et consacra la reprise de Boulogne par le connétable. Le 15 mai de la môme année, Henri II y fit son entrée.