‹ Histoire universelleChapitre 302 sur 332 · De Thou l'appelle Ordonnez (t. II, p · texte numérisé non relu

De Thou l'appelle Ordonnez (t. II, p

Tripoli ; de plus, qu'on lui préparoit une autre armée pour l'assiéger si elle estoit prise, et ceste seconde levée de 80 galères. Gela fit qu'André Dorie1 et les meilleurs capitaines pressèrent le vice-roi de s'avancer pour combattre la première flotte.

Depuis, ayant sçeu par lettres que l'armée avoit desjà esté descouverte à la coste d'Afrique, le viceroi respondit à Dorie et autres, qui le pressoyent, qu'il ne partiroit point sans avoir embarqué toutes les forces qu'il avoit en terre. Si bien qu'ayant passé la nuict en disputes, ceux qui estoyent au quart crièrent au point du jour : Voile ! Voile ! et de fort près. G'estoit l'armée turquesque, commandée par le bâcha Pralis2, l'avant-garde menée par Suel Aga. L'armée des chrétiens, surprise, au lieu de prendre l'ordre du combat, print la fuite sans ordre. Dorie, ayant percé quelques galères, se sauva en l'isle. Les Turcs prennent dix-neuf navires, quatorze galères de charge, 5,000 captifs, entre ceux-là l'évesque de Majorque, le fils du vice-roi, dix seigneurs de marque et plusieurs capitaines3. Le vice -roi, rencontrant Dorie dans le désordre, lui cria : « Toi, que Dieu a « voulu estre seul innocent de nostre faute, avise à ce « que deviendront les forces de terre. » « Je te con- « seille, dit Dorie, ce que j'ay résolu, c'est de forcer « l'armée en essayant de gaigner Messine4. » Ce qu'ils

1. Jean André Doria, neveu du grand André Doria, amiral au service de l'Espagne, mourut à Gênes, en 1606.

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