‹ Histoire universelleChapitre 309 sur 332 · LIVRE SECOND, CHAP. XXX · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND, CHAP. XXX

tels actes, comme les merveilles d'Angrongne et les constances miraculeuses de ce siècle, ont été descrites par les historiens catholiques encores plus expressément.

Il a falu nous amuser à regarder ces tableaux d'Espagne en marchant vers l'Occident, ce qui nous empeschera d'aller plus loin, comme nous l'avons promis dès le commencement; aussi que, nous estans attachés à traicter en ce livre la dispute pour les religions comme thèse et subject de tant de guerres, aussi en ce qui est particulièrement de l'Occident, et qui a donné prétexte à plusieurs guerres terrestres et combats de mer, nous nous contenterons de marquer le partage -faict par le pape Alexandre VI des terres neuves et conquestes que chascun des Rois s'efforceroit de faire par la mer, voulant par là se faire paroistre puissant sur les Rois, dispensateur du monde entier, et particulièrement pour favoriser le dessein de l'Espagnol, qui lors estoit puissant au consistoire de Rome. Pour cest effect, il attribua à l'Espagnol ce qu'il pourroit descouvrir en l'Inde occidentale, tirant pour limite une ligne d'un pôle à l'autre, en diamettre cent lieues au delà des Açores et autant de celles du Cap verd. De sorte que tout ce qui se descouvriroit de ceste ligne vers le Ponant ne seroit possédé que par le Roi de Castille, et ce qui restoit de l'autre costé de la ligne pour les Portuguais l .

1. A la suite de cet arbitrage, Alexandre VI fit dresser une carte du Nouveau-Monde qui est encore conservée à Rome, à la Propagande, dans une salle du musée Borgia. Une ligne noire, perpendiculaire du nord au sud, depuis le détroit de Magellan jusqu'à la terre de Baccalaos (Terre-Neuve), partage la carte en

Depuis, en l'accord de l'an 1494, entre dom Jean de Portugal1 et le Roi de Castille, la ligne fut mise 370 lieues plus loin vers le Ponant.

Quant aux François, ce que les autres ne vouloyent pas leur demeura, c'est-à-dire le septentrional de l'Amérique2. Si bien que le fils aisné de l'Église pour la terre pour la mer fut bastard.

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