‹ Histoire universelleChapitre 6 sur 332 · Se deulent pour se doutent · texte numérisé non relu

Se deulent pour se doutent

leur passion et leur nécessité, ils portoyent quelquesfois les fardeaux que leur prince abandonnoit et contribuoyent aux victoires par leurs propres mouvemens. Mais, à ces maladies complicités, où les médecines des unes estoyent poison aux autres, il f al oit V entendement et l'heur d'un Auguste, pour joindre ces extrèmitez. Les judicieux remarquent en ce roi plus de mérite pour avoir foulé aux pieds les passions du dedans, ennemies de ses affaires, caché la pauvreté , démeslé les mutineries domestiques , satisfaict aux mescontentemens des siens, calmé V esmeute des peuples abusez, desquels le propre est d'attribuer à soi Vheur dessuccez, lesdesfauts1 aux princes, dissipé les parties qui naissoyent en son parti, que d'avoir passé sur le ventre des grosses troupes, et des fait les armes qui l'ont affronté. J'ai veu qu'ayans mangé à la suitte de ce chef la moitié de nos équipages, la promesse d'une bataille nous fais oit encores partager le reste; et certes non sans quelque raison, car il nous donnoit pour monnoye ce qui estoit le soûlas de ses labeurs. Encor en sa paix, ce cœur nourri de victoires a voulu vaincre V antiquité en marque de sa mémoire, et tous siècles en félicitez. Toutes ces choses, couronnées de tranquillité , ont dissipé le monde et V enfer , pour me donner ce digne sujet de mon agréable peine, duquel, comme autres fois , f ai desdaigné la bassesse; maintenant j 'en redoute l'eslévation.

Voilà en petit le tableau que je vous promets en grandeur. Et pource qu'un prince belliqueux , par exemples, par émulations, et plus par contagion d'affaires, esbranle tout ce qui atteint sa renommée, ou comyne un astre incline par aspects le reste de l'univers , j'ai osé généraliser mon histoire , ni attachant

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