Chapitre XIII
Les affaires des voisins. Toutes les guerres se terminent en faix.
Pour remédier à ce malheur, le reste de l'armée, fortifiée du duc de Saxe1, qui amena 2,000 chevaux et 3,000 hommes de pied, s'avança vers la Picardie, et fit monstre générale en la présence du roi à Pierrepont, l'autre fit le semblable près Dourlans2. Les contenances de l'un et de l'autre servirent à échauffer le traitté de paix, pour laquelle desjà le cardinal de Lorraine3 avoit fait quelque voyage, si bien que le grand pourparler se fit à l'abbaye de Cercam aux frontières hde Picardie ; où se trouva le connestable et auquel pour cest effect on donna quelque congé sur sa foi. En ce voyage, il coucha avec le roi; à lui on adjoignit
not, n'était point parent du chancelier. Il devint plus tard capitaine de cinquante hommes, gouverneur de Boulogne, lieutenant du prince de Gondé à Rouen. Il a laissé une sorte de mémoire apologétique de sa conduite en 4562, qui est imprimé dans les Mémoires de Condé, t. V, p. 246.
1. L'édition originale porte Guillaume de Saxe. Il s'agit de Jean- Guillaume, duc de Saxe-Weimar, troisième fils de l'électeur Jean- Frédéric, né le 3 mars 1530, mort le 2 mars 1573.
2. Le roi, accompagné du Dauphin et suivi de cent gentilshommes, passa les troupes en revue, le 8 août 1558, à Pierrepont. L'état et la description de l'armée sont contenus dans une pièce du temps .(F. fr., vol. 6617, fol. 27).
3. Charles de Lorraine, cardinal de Lorraine, frère du duc de Guise, né à Joinville le 17 février 1524, archevêque de Reims, célèbre par le grand rôle qu'il joua pendant les règnes de Henri II, de François II et de Charles IX, et au concile de Trente. Il mourut à Avignon le 26 décembre 1574.
Je mareschal de Saint-André, et plusieurs autres. De l'autre costé estoit dom Fernand de Tolède, duc d'Àlve, le prince d'Aurange1 et autres.
Durant l'abouchement2, nous ferons un sommaire des affaires plus esloignées, et lairrons le cœur de nostre tableau en cest estât.
1 3. Qu'en l'Allemagne la nouvelle puissance du roi Philippe, le mauvais accord de plusieurs testes souffrent de bon cœur la mesme chose.
2. Que la guerre d'Italie, par les grandes despenses et intérests des princes, s'accoise i ; que les affaires du pape et ses craintes, les mescontentements du duc de Florence, le désir de les asseurer, les craintes mutuelles de tous les autres consentent à l'acheminement de ceste paix.
1. Guillaume de Nassau, dit le Taciturne, né au château de Dillenburg en 1533, fut élevé à la cour de Charles-Quint, servit Philippe II contre la France, et, dès les premières années du règne de Charles IX, fut porté à la tête du parti national dans les Pays-Bas. Dès ce jour, sa vie entière fut remplie par une lutte héroïque contre les lieutenants du roi d'Espagne. Il fut assassiné à Delft, le 10 juillet 1534, par Balthazar Gérard, meurtrier soudoyé par Philippe IL M. Gachard a publié la correspondance de ce grand homme, 1847, 6 vol. in-8°.
2. Voici les principales dates des conférences de Gercamp et de Câteau-Gambrésis. — Le 6 octobre, Henri II désigne ses plénipotentiaires. — Le 12 octobre, les députés français, espagnols et anglais se réunissent à Gercamp. — Le 1er décembre, les conférences sont interrompues à la nouvelle de la mort de Marie Tudor. — Elles sont reprises en février 1559 à Câteau-Gambrésis. — Le 12 mars, les représentants de Henri II signent un accord préliminaire avec l'Angleterre. — Le 2 et le 3 avril, signature du traité de paix entre les trois rois.
3. Les quatre articles de ce sommaire sont présentés dans un autre ordre par l'édition de 1616.