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En Espagne, le progrès des conquestes des Indes

4. En Angleterre, le nouveau règne d'Élizabeth, les esprits tendus à la mutation pour la religion et les jalousies que donne la roine Marie d'Éeosse4. Toutes ces choses concluent le traitté, lequel nous lairrons avancer pour disposer de gros en gros nostre lecteur à la cognoissance de ce qui se passe en toutes les parties du monde, selon nostre cognoissance, en commençant par l'Orient2. Mais, avant que laisser ce chapitre, voué aux affaires des voisins, il faut dire un mot de ce qui les touche à bon escient, assavoir ce qui s'est passé jusques à ce terme dans le concile de Trente.

Chacun sçait que, l'an 1517, Martin Luther s'opposa aux pratiques du pape Léon dixième3. Les commencements furent petits, et Léon se persuada qu'il en viendroit à bout à petit bruit. Mais en peu de temps il cognut que le progrès en seroit désavantageux au siège papal. Cause que, sur la fin de ses jours, il changea de pensée, que la mort ensevelit avec lui, ayant tenu le siège environ neuf ans. Adrian VI 4, son suc-

1. Après la mort de Jacques V, en 1542, Marie de Lorraine fut déclarée régente au nom de sa fille, Marie Stuart, âgée de sept jours seulement. C'est alors que commencèrent les guerres d'Ecosse. Marie mourut à Edimbourg le 10 juin 1560. Partie de sa correspondance a été publiée par M. Teulet dans le tome I des Relations polit, de la France et de l'Espagne avec l'Ecosse, in- 8°, 1862.

2. Tout ce (jui suit,, jusqu'à la lin du chapitre, manque à l'édition de 1616. C'est le plus important des passages ajoutés à la deuxième édition.

3. Léon- Jean de Médicis, né à Florence le 11 décembre 1475, élu pape le 11 mars 1513 sous le nom de Léon X, mort le 1er décembre 1521.

I. Ad non VI, né à Utrecht en 1459, précepteur de Gharles- Quint, élu pape le 9 janvier 1522, mort le 14 septembre 1523. Sa i 6

cesseur, ne dura qu'un an et huit mois, durant lesquels il essaya divers moyens pour opprimer Luther. Et le voyant soustcnu du duc de Saxe1, et d'autres princes allemans, il leur fait dire par son légat2 que les péchés du peuple procèdent des prélats ; que dès longtemps Rome a esté mal gouvernée ; que ceste peste est découlée de la chaire papale aux prélats inférieurs ; que tous, oublieux de leur debvoir, ont fourvoyé ; brief qu'il n'y a ecclésiastique qui ne soit coulpable ; pourtant qu'il faut donner gloire à Dieu et lui demander pardon. Quant à lui, qu'il pourvoira que la cour de Rome soit réformée la première, afin que le remède et salut commence par où est provenue la maladie. Les princes allemands le prièrent de tenir promesse, adjoustans qu'ils ne voyoient moyen plus seur qu'un concile sainct et libre, que l'empereur, les rois, princes et potentats de la chrestienté peuvent assembler à Mayence, Golongne , Mets ou Strasbourg, environ l'an 1 524, à condition que les députés qui s'y trouveront promettront par serment solemnel de proposer librement et dire sincèrement leurs advis de tout ce qu'ils jugeront convenant à la gloire de Dieu et au bien de toute la chrestienté. Ils promirent en ceste attente de procurer lieu asseuré en Allemagne. Mais la mort ayant tost après fermé les yeux et la bouche au pape

correspondance avec Charles-Quint a été publiée par M. Gachard, in-8°, 1859.

* 1. Frédéric le Sage, né le 17 janvier 1163, refusa l'Empire et désigna Charles-Quint aux suffrages des électeurs. Il mourut le 5 mai 1525. Il fut un des premiers protecteurs de Luther.

2. François Chérégat, légat d'Adrien VI, à la diète de Nuremberg, en novembre 1522.

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