LIVRE PREMIER, CHAP. XIII
vous respondrai point. » Il adjouste au VIe vers.4 : « Pourtant, di à la maison d'Israël, ainsi a dit le Seigneur, retournez- vous, et faites qu'on se retire de vos dieux de fiente, et destournés vos faces arrière de toutes vos abominations. »
Je ne touche point aux harangues des évesques, docteurs et moines qui se trouvèrent lors et depuis à Trente, imprimées en un gros volume imprimé à Louvain, par privilège du roi d'Espagne, l'an 15672; cela requiert un livre entier. Je revien à l'histoire. Messire Pierre Danais, évesque de Lavaur3, envoyé pour ambassadeur en ce concile par le roi François Ier, fit sa harangue devant les légats du pape et de tous les députés insérée en ce gros volume de Louvain, page 31 4. On raconte un apophtegme de cest évesque
1. Ezéchiel, XIV, 6 : « Propterea die ad domum Israël, hœc dicit Dominus Deus : Gonvertimini et recedite ab idolis vestris, et ab universis contaminationibus vestris avertite faciès vestras. »
2. Il s'agit ici de la troisième édition du recueil des décisions du concile de Trente, imprimée à Louvain, in-fol., en 1567. La première édition a été imprimée par Paul Manuce à Rome, en 1564 ; la seconde à Anvers, la même année.
3. Pierre Danès, né à Paris en 1497, fut envoyé au concile de Trente, en qualité d'ambassadeur, le 26 juin 1546. Il devint plus tard précepteur et aumônier du dauphin, curé de Saint- Josse dans Paris, curé et prévôt de Suresnes (quittance du 15 octobre 1550; f. fr., vol. 20641, fol. 7). Il mourut évêque do Lavaur le 23 avril 1577. [Vie du célèbre Danès, in-4% 1731.)
4. Deux historiens ont laissé une histoire du concile de Trente. Le premier, Pietro Soave Polano, dit Fra Paolo Sarpi, «■H ;i public, (mi 1619, une en italien, qui successivement a été traduite par Jean Diodati, ministre de Genève (in-fol., 1665), par Amelot de La Houssaye sous le nom de La Mothe-Jo
\;il un-'i0, 1683), et par Pierre-François le Gourayer (1736, ■ I. in-4°). Cet ouvrage n'est pas admis par L'Église catho-
au mesnie temps. Un docteur de Sorbonne haranguoit contre les abus des matières bénéfîciales de la Roue1 de Rome et de l'officialité des évesques, où il se fait de bons tours ; certain des assistans, qui ne trouvoit pas bon qu'on parlast de réformer sa gibecière, dit à ses voisins par moquerie : « Gallus cantat. » Lors Danais lui repartit tout soudain : « Utinam illo gallicinio Petrus ad resipiscentiam et fletum excitetur; » c'est-à-dire : Dieu vueille qu'au chant du coq, Pierre (c'est celui qui s'en nomme successeur) s'esveille à repentance et pleur. En ces entrefaictes, les persécutions s'allumèrent en France et les guerres en Allemagne contre les princes protestans, lesquels, en divers escrits, accusent le pape d'estre autheur et promoteur de tous ces maux, et tout ouvertement l'appellent Antéchrist.
Le concile de Trente, à l'entrée de l'an 1547, se prend aux hérésies répugnantes aux traditions du pape, anathématisant tous ceux qui sont de contraire advis que lui en l'article de nostre justification devant Dieu. Au bout de deux mois, le concile poursuivit es anathèmes touchant les sacremens, entremeslant quelques canons concernans la discipline et la vie du clergé. Trois sepmaines après, mourut le roi Fran-
lique. — Le second historien est le jésuite Sforza Pallavicini. Son livre, publié à Rome en 1656 et souvent réimprimé, a été traduit pour la première fois dans la collection de l'abbé Migne, 3 vol. in-4°, 1864. — A ces ouvrages principaux, on peut ajouter les Lettres de François de Vargas, ambassadeur espagnol, 1700, in-8°, et les Mémoires et lettres du nonce Visconti, 1719, 2 vol. in-12. 1. Cour de rote, tribunal de la cour romaine, composé de douze prélats, de différentes nations, qui juge par appellation tous procès pour cause bénéficiai.