‹ Histoire universelleChapitre 78 sur 332 · En · texte numérisé non relu

En

son poignard et se tua sur le mort, ce qui fut celé pour un temps.

Cela faict, Soliman se desroba de son armée, comme ne s'y fiant pas, fît un tour en Syrie. Là, Roxolane gaigna sur ce cœur inhumain tout ce qui lui pleut, si bien qu'ayant recouvré par les envieux de Rustan des lettres trouvées dans le sein de Mustapha, preuves de son innocence, il ne laissa pas de commander la mort de Mahomet, son petit fils, aagé de treize ans, à Ebrahim l'eunuque1. Ce maupiteux2, feignant estre venu trouver la mère du petit pour la consoler et l'instruire des mauvais desseins de son fils, quelque soupçon qu'eust ceste povre femme, il la cajola, de manière que, l'ayant menée promener et fait rompre par artifice l'essieu de son chariot, lors que son fils picquoit son cheval un peu plus loin, le meurtrier empoigne Mahomet, eslongné de sa mère. L'enfant, voyant sa sentence de mort, sans changer de couleur, dit qu'il ne la recevoit point seulement comme de son père, mais de la bouche de Dieu. La mère accouroit à pied quand l'eunuque, ayant faict, se sauve avec ses compagnons. La cause de ceste mort fut qu'on avoit bien veu qu'il ne manquoit qu'un chef aux janissaires pour subvertir l'empereur. Cet empire se présentoit à Selim, qui, ayant sceu la mort de Mustapha, fit estrangler le messager, bien trompé en son espérance, et fut aussi tost traversé par les menées de son frère Bajazet. Ce furent ces menées qui empeschèrent l'une et l'autre Pannonie d'estre conquise par les Turcs.

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