Simois, lange
?nais dun marbre de vérité, de qui le temps ne void la fin. Je laisse aux miens, s'ils en sont dignes, V honneur de couronner ces pilliers par un arc triomphal sacré à la postérité, leur donnant pour loi celle que je pren pour moi-mesme : c'est qu'en cerchant la gloire de ce précieux instrument, ils ayent pour but principal celle du bras qui Va desployé, employé et ployé quand il lui a pieu. Car toutes les louanges qu'on donne aux princes sont hors d'oeuvre et mal assises , si elles n'ont pour fueille et fondement celle du Dieu vivant, à qui seul appartient honneur et empire à l'éternité1.
4. M. Réaume observe que ces derniers mots rappellent le début de l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre de Bossuet : « Celui qui règne dans les cieux et de qui relèvent tous les « empires, à qui seul appartient la gloire, la majesté et la « dépendance » (Étude sur d'Aubigné, p. 226.)
UIMPRIMEUR AU LECTEUR*.
M'estant permis d'employer ce fueillet, j'ai estimé à propos de rendre compte au lecteur de la disposition suivie en cet œuvre, car c'est une des parties, avec les matières non ouïes ci-devant, par lesquelles nostre autheur se rend recommandable. Il fait trois tomes2 de ses histoires ; le premier, des guerres qui ont esté menées par Louis de Bourbon et l'admirai de Ghastillon, cette première partie moins agréable, pource que, selon sa promesse, elle se sent de l'abrégé, hors mis en la description des batailles. Le second tome entre un peu devant la S. Barthélémy, et achève aux premiers exploits apparens de la Ligue, où commence le troisiesme pour se reposer au grand repos de la France, quand Henri le Grand s'est veu paisible roi. Le dernier donnera plus de contentement, pour y estre les affaires plus diligemment exprimées, pource que l'autheur estoit parvenu à plus ,de connoissance et d'authorité. Chacun de ses livres finit par une fin de guerre, ayant pour sa borne un édit de paix, ou chose équipolente. Et, lors que les guerres sont avancées à la conclusion d'un traitté, nostre histoire prent ressort, premièrement par un chapitre qui lie les affaires de France avec ses quatre voisins, et puis court en quatre autres les quatre parts du monde, gardant le dernier pour les conditions de la paix, avec telle proportion que, qui voudroit prendre par collomnes tous les chapitres avant
1. Il n'est pas douteux que l'épitre de V Imprimeur au lecteur ne soit de d'Aubigné lui-même. Voir Réaume, Étude sur d'Aubigné, p. 97.
2. Nous reproduirons cette division sous la forme de lre, 2e et 3e pari io.
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le dernier de chaque livre, trouveroit en sa main une histoire de tout le septentrion en bonne forme ; de celui qui précède une de l'occident, et ainsi des autres deux4. Telle observation a peu rendre en ordre des choses bien désordonnées ; et eussions peu nous passer de l'indice, si tous esprits eussent esté capables de distinguer.
Encore veux-je tirer quelque gré de ceux à qui l'ouvrage plaira, pour avoir aidé, selon mon petit pouvoir, à r'encourager l'autheur à sa besongne, abandonnée pour les raisons que je desduirai. Il y a quinze ans que le roi Henri le Grand fut induit par un Jésuite de deffendre à M. d'Aubigné le travail de l'histoire. M. le cardinal du Perron2 au contraire poussa sa Majesté à permettre et puis à commander expressément la poursuitte de ce labeur, en usant de ces termes : qu'il ne connoissoit aucun autre qui pust fournir aux parties nécessaires pour un tel ouvrage, si bien que le roi en veint à promettre une somme raisonnable pour faire un voyage aux lieux esloignez, voir les places, desquelles le sit a contribué aux succez des sièges et combats, afin de mettre le plan au lieu des descriptions faites inutilement, et qui ne représentent point comme l'optique. Ces promesses, estant différées et mal sollicitées par un esprit bandé ailleurs, furent rendues vaines par la desplorable mort de ce grand Roi, si bien que depuis il ne s'adonnoit qu'à polir plusieurs livres plus agréables et moins laborieux, nous disant
1. La régularité excessive de ce plan fait craindre que l'auteur n'ait quelquefois sacrifié les proportions et les divisions de son récit à une classification préconçue. Voyez Réaume, Étude hist. et litt. sur d'Aubigné, p. 208 et suiv.
2. Jacques Davy, cardinal du Perron, né à Saint-Lô en 1556, fils d'un protestant, fut protégé par le poète Desportes et placé comme lecteur auprès de Henri III. Évêque d'Évreux en 1591, il convertit le roi et fut envoyé en ambassade à Rome. Il mourut en 1618. Ses œuvres de controverse et de littérature ont été imprimées en 3 vol. in-fol. en 1622. Ses dépêches diplomatiques ont été réimprimées en 1629 et en 1633. M. l'abbé Feret a publié en 1877 une Étude historique sur le cardinal du Perron, in-8°, chez Didier.
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quelquesfois que nous le ferions devenir d'un balot cheval de charrette. Enfin il s'est rangé à ce mestier moins plaisant et qui a plus d'utilité. Et pource que le dessein est trop glorieux pour estre sans envie, j'ai un mot à dire sur le coup de dent que lui ont donné ses rivaux, en tenant le mulet' à la porte du temple de mémoire. C'est, d'autant que l'autheur se trouve soimesme à tous les coups en son chemin, ils ont dit que l'histoire est vrayement sienne, pource qu'elle est de lui principalement2. Je respons, apologue3 de mon Mœcène, qu'ayant commencé son premier siège dans Orléans (4 562), et pourtant esté soldat 54 ans, capitaine 50, mestre de camp 44, etmareschal de camp 32 années4, à compter dès5 l'an M. DG. XVI, datte de la première impression 6, il auroit esté trop lasche ou trop malheureux, s'il n'avoit à respondre en son nom de plusieurs exploicts, je dis en son nom pource que là où il a peu le faire sous quelque qualité, comme d'escuyer du Roi, enseigne ou lieutenant de compagnie, ou sous le mot vague de quelqu'un, et cela aux plus hazardeux traits de sa jeunesse, il a laissé cette connoissanceà ses plus proches et familiers, la desrobant au reste de ses lecteurs ; ce que, où il a eu tiltre de chef et s'est trouvé responsable des gestions, il n'a peu ni deu faire, et ne l'a voulu aux négociations qui cèdent aux coups d'espée en vanité. On lui avoit demandé permission de noter les endroits où il a desguisé son nom par la marque qui est un Aleph 7; il la refusa, en quoi on