‹ Histoire universelleChapitre 9 sur 332 · Aleph, première lettre de l'alphabet hébreu · texte numérisé non relu

Aleph, première lettre de l'alphabet hébreu

20 l'imprimeur au lecteur.

lui a désobéi à la seconde édition * presque partout. Je l'ai pourtant ouy dépendant les Commentaires de Cœsar et ceux de Monluc2; alléguant que le plaisir de dire est juste après la peine et le péril des actions, et que la modestie d'un courtisan, pesant et froid, est ordinairement secouée par la teste gaillarde d'un soldat. Il adjoustoit qu'estre exact à conter ses actions estoit vanité, n'oser produire son nom une immodeste modestie et une trop vaine et lasche discrétion. Je tire mon lecteur par la cappe pour lui dire encor un mot, et le prier d'apporter à la lecture de ce livre l'ordre que tiennent ceux qui savent lire comme il faut, c'est de commencer par l'application de ce qu'on appelle ï Errata, et avec une plume diligente corriger par tous les endroits. Excusez judicieusement les fautes de l'imprimeur en un temps où nous trouvons telle différence entre les véritez et lesvanitez, qu'il y a entre les orangers, poncires3et mirthes, et autres plantes excellentes que l'on retire dans les caves durant l'hyver, et les ciguës et horties qui fleurissent tousjours et ne craignent point la persécution de Fhyver. Et encor je desroberai de mon auteur la comparaison des chevaux d'Espagne, lesquels, depuis que l'Inquisition en a pris cognoissance4. on desrobe par les monts Pyrénées, non sans dommage que les rochers leur font. Ainsi en prend-il des œuvres, qu'on eschappe entre les pointes des rochers. Mais les chevaux et les escrits ne laissent pas d'estre de grand prix envers ceux qui les cognoissent et les estiment dignement. Je vous ferai encore présent de deux

1. Dans la première édition, l'imprimeur parle à la première personne.

2. Les Commentaires de Biaise de Monluc avaient été publiés à Bordeaux en 1592 pour la première fois et plusieurs fois réimprimés du vivant de d'Aubigné.

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