LIVRE PREMIER, GHAP. XV
son secours. Et puis Hamet se fit un butin des combats de tous les deux. Accommodé de ces despouilles, il commence à taster le royaume de Fez, dont le roi mourut en lui dénonçant guerre pour le tribut qu'il ne payoit plus. Son fils, qui avoit esté disciple de Hamet, fit une douce composition avec son précepteur, mais enfin fut contrainct de lui faire la guerre quand les deux Schérifs ne craignoyent plus de porter les noms, Hamet, de roi de Marroche, Mahamet, de Suz. Une fois il assiège Marroche, d'où il fut rappelle par ses affaires domestiques. Allant le roi de Fez au second siège avec 18,000 chevaux, les Schérifs se trouvent au devant de lui à défendre le passage d'une rivière où le roi de Fez, arresté trois jours, se fiant en sa multitude, voulut la passer au nez des ennemis, mais, estans bien chargés à demi passés, les Schérifs repoussent les premiers, qui, repassans l'eau en foule, renversoyent ceux qui les secouroyent.
Eux donc, ayans gagné ceste bataille avec l'artillerie, passent Atlas, vont battre et prendre Taphilette4, métropolitaine de Nuhiidie, et revindrent arrondissans leur pièce et conquérans entr'eux Fez. Mahamet Schérif eut tost après sur les bras quelques rois voisins, que celui de Fez suscita, pour' divertir les affaires des frères. Puis, ayant fortifié Tarudente, son siège, il voulut faire quelque chose contre les chrestiens pour monstrer que leurs principaux desseins estoyent au public. 11 assiège Agria avec 50,000 hommes, faisant son lieutenant Mahamet Harran, son fils. Dedans la place estoit Gutterio de Montréal, Portugais, lequel se