‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 34 sur 47 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

Tyrannie d'Hcraclius , frère de Tibère III. — Conspiration contre Tibère. — Révolution en Louibardic. — Fuite de Justinien, c.\ilcà Cbeison. — • Sa marclxc sur Constantinople. — Son entrée dans cette ville. — Sa vengeance à l'égard de Léonce et de Tibère. — Mort des deu-^ empereurs et d'Héraclius.

TIBÈRE III. (An 698.) 1 IBÈRE III ordonne à son frère Héraclius de com- Tjrr.mnic

. . . a'Héiaclius

battre les oarrasms ; ce prince ht la iruerre avec frère «le xisuccès mais avec barbarie. Au lieu de délivrer la Syrie , il la dévasta; il n'épargna ni le sexe , ni l'âge , et fit périr , dans les chaînes ou dans les combats , deux cent mille Arabes.

La fréquence des révolutions inspirait à tout Conspiraambitieux le désir et l'espoir de régner. Bardane, Tibère. fils du patrice Nicépliore , voyant une aigle planer au-dessus de sa tête , crut que ce présage lui promettait l'empire ; il conspira contre Tibère ; l'empereur découvrit son complot, le fit raser, battre de verges, et l'exila dans l'île de Naxos *.

Le trône des Lombards n'était pas plus tranquille Ri^voimion

^ * en Loniljar-

que celui de Constantinople. Liuipart, petit-fils de '^'''■ Pertharit , fut détrôné par son cousin Rambert,

* Au 702.

qui fit égorger toute sa famille. Uii jeune prince, Luitprand , dont on méprisait la faiblesse, échappa seul à ce massacre , et régna dans la suite avec gloire.

Rome soLifl'rait du despotisme des empereurs , et ne comptait plus sur leur protection. Les exarques étaient aussi redoutés dans cette ville que les Lombards j un de ces exarques , Théophilat , excité par la seule dévotion , voulait venir visiter le tombeau des apôtres : on croit que son dessein est d'enlever le pape Jean VI j le peuple se soulève, les troupes , et même celles de l'exarcliat, se joignent à la multitude^ on éclate en menaces contre l'empereur, on accable d'outrages son lieutenant, et ce magistrat , justifié , ne peut obtenir le châtiment des calomniateurs.

Peu de temps après , le duc de Bénévent vint ravager la Campanie ; les troupes impériales n'osaient le combattre. Le pape seul, par sa fermeté, par son adresse et par de riches présens , réussit il le désarmer. Dès lors, les papes furent regardés, ^par les Romains, comme leur seul chef et comme leur seul appui; l'abaissement du trône impérial ibnda la grandeur du saint Siège.

En Asie , Héraclius et les Sarrasins continuaient à se battre avec des succès balancés -, bientôt une nouvelle révolution éclata dans l'empire, changea son sort , et aggrava ses malheurs.

Juslinien , exilé à Cherson , ne respirait que

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ventreancc. Loin tVetre comhaliu par l'inrortuno, i"'<c il parlait encore en tyran aux liabitans de Clicr- «^^''^-cucrfion ; ceux-ci , irrités de son orgueil et de ses menaces, avaient résolu de le tuer. Justinicn, inlormé de leur projet, se sauve chez le kan des Kosars qui habitaient le bord des Palus-Méotidcs. (iC kan l'accueillit avec honneur, et lui lit épouser sa sœur Théodora.

Tibère , ayant appris la fuite de Justinien , fit promettre une forte somme d'argent au kan, pour (ju'il lui livrât le prince détrôné; ce vil barbare y consentit , et chargea deux officiers de conduire son beau-frère à Constaniinople ; mais Théodora découvre le complot , et le révèle à son mari. Justinien étrangle les deux officiers qui devaient l'arrêter, s'embarque, fait naufrage près de l'embouchure du Danube , trouve un asile chez Terbel , roi des Bulgares , et lui promet sa fille , avec la moitié des trésors de l'empire , s'il veut le secourir dans l'adversité.

Terbel lui confie quinze mille hommes : à la Sa

^ marche sur

tète de celte troupe , Justinien marche à irrandes constant;-

i ' o nople.

journées , arrive sous les remparts de Constaniinople , et , par cette rapidité , surprend Tibère , que le bruit de sa mort avait trompé.

Justinien haranc^ue la foule des citoyens qui ,®"'', bordaient les murailles ; il promet un règne juste , ''*"*' ^''^'' cl 1 oubli du passé ,* on lui répond par des insultes cl par des injures; mais, au milieu de la nuit , mi

vengeance

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traître le fait entrer dans un aqueduc , dont on avait négligé la garde ; il pénètre dans la vîDe; le peuple inconstant et la garde infidèle abandonnent Tibère ; vainement il veut fuir , on l'arrête ; Jus- F l'égard de tinien parait dans le cirque , lait venir enchaînes

J,forioe et

de libère, devant lui les deux empereurs Léonce et Tibère , et appuie ses pieds sur leurs gorges , pendant tout le temps qu'on célèbre les jeux.

Le peuple, digne alors d'un tel spectacle et d'un tel tyran , applaudissait à sa férocité , en cliantant ce verset d'un psaume : tu marcheras sur r aspic et sur le basilic ; tu fouleras aux pieds le lion et le dragon.

jioitdcs Après avoir joui de l'humiliation de ses victl-

d.Mix empc- T • • 1 z' ta • • j

j,.„rs «t mes, Justimen leur ht couper la tête, ainsi qu au fils de Tibère. Héraclius , qui avait combattu avec gloire les Sarrasins , fut pendu aux créneaux d'une forteresse.

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