‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 33 sur 47 · LÉONCE · texte numérisé non relu

LÉONCE

liAVENNE fut , dans ce temps , le tliéiîlre d'un s[>ectacle affreux. Suivant une ancienne coutume , ]a jeunesse de cette ville, divisée en deux tiibus, se battait à coups de fronde le dimanche , car toujours les jeux des Romains furent une image de la guerre.

La tribu vaincue donna , comme elle le devait , un lestin à ses adversaires ; mais, pendant le repas, elle les assassina lâchement. La multitude, furieuse, lira de ce forfait une vengeance non moins cruelle; elle égorgea tous les coupables *.

Tandis que ces massacres, les séditions de Rome^ les dévastations des Lombards , les invasions des Sarrasins et les discordes religieuses bannissaient de l'empire tout repos et toute liberté , les îles de la Vénétie étaient devenues un asile où l'on accourait de toutes parts pour fuir les Goths, les Huns, les

' An 606.

DU BAS-KMPIKE. S.îg

Lombards, les Bulgares, les Arabes et les magistrats impériaux aussi barbares qu'eux.

Long-temps ces petites républiques furent gou- Création vernées par des tribuns , mais, en 697 , la néces- •' Venise. site de s'unir pour résister aux invasions étrangères les décida à ne plus former qu'un seul Etat, et à élire un duc, autrement nommé doge. Le premier que l'on revêtit de cette dignité fut Paul LéUC Anafeste , appelé par le peuple Paoluccio : l'empereur confirma cette élection.

Pour soutenir et reconnaître en apparence la souveraineté impériale , on vit long-temps les doges occuper de grandes charges dans le palais des empereurs.

La guerre contre les musulmans continuait Guerre

^ • Al'l ''1 • l'A* aveclcsmu-

toujours ; Afid , generaf sarrasin , ravagea 1 Asie- suimans. Mineure ;, Hassan , gouverneur d'Egypte, entra en Afrique , et prit Cartilage par escalade.

Les Berbers et les Romains assemblèrent vainement une nombreuse armée ; Hassan la mit en fuite, et se rendit maître de toutes les villes, excepté d'Hippone que les Sarrasins , dans la suite, nommèrent Bone.

L'empereur chargea le patrice Jean de ré- cesirudjon parer ces revers ; il débarqua en Afrique et re- ^ "' '^^ prit Cartilage : mais les Sarrasins y revinrent en force , chassèrent les Romains , dispersèrent leur flotte, rentrèrent pour la dernière fois dans Carthagc, réduisirent ses habilans en esclavage ,

Tibère III est empereur

56o HISTOIRE

emportèrent toutes ses richesses et rasèrent loas ses édifices. Ce fut ainsi que périt et disparut sous le fer d'un Arabe Tanlique rivale de Rome '*". Kévoitc- L'armée romaine , vaincue et débarquée en

fie l'armée. ^~, , . .

Grèce, craignait que l'empereur ne punît sa lâcheté: la peur lui rend sou audace, elle se révolte, égorge son général , le patrice Jean , et pro- ^"' clame em[)ereur un officier, nommé Alzimar, qui prend le nom de Tibère lïl; l'usurpateur, sans perdre de temps, conduit sa flotte à Constantinople, que la peste désolait alors.

Les habitans delà capitale, qui aimaient Léonce,

n^chénnce. . , .

. .ipiivitè et résistent d'abord à Tibère , mais les commandans

mutilation

.ie Léonce, ^g j^^ ga,'(Je étrangère lui ouvrent les portes de la ville. L'empereur, conduit devant son rival , fut enfermé dans un monasière et mutilé : de nos jours nous reprochons ces mutilations fréquentes , ces actes continuels de férocité aux empereurs ottomans. Nous en accusons le mahométisme; nous oublions que les sultans n'ont fait que suivre les usages barbares pratiqués par les empereurs chrétiens , qui ne faisaient alors qu'imiter les rois juifs et les monarques de Perse et de Syrie. Dans tous les temps l'Orient fut infecté de deux vices presque inséparables;, la mollesse et la cruauté.

* An G98.

DU BAS-EMPIRli. 36l

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