‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 36 sur 47 · JUSTINIEN · texte numérisé non relu

JUSTINIEN

EMPEREUR POUR LA SECONDE FOIS. (Ail 706. )

IAIE^' ne pouvait être plus effrayant et plus mal- vengomcn

• 1' ■ 1 ' 1 1* T de Jnstiiiicn

heureux pour 1 empire que le rétablissement d un prince détiTmé , banni , mutile ; c'était rendre le sceptre à la vengeance; le f]fénie seul, en pareilles circonstances, pent se dompter lui-même, et vaincre ses ressentimens.

La cruauté de Justin ien surpassa celle de Néron; par ses ordres , le sani; de ses ennemis inonda les places publiques ; le patriarche Callinique eut les yeux crevés. Le tyran ajoutait Tinsulte à la cruauté , et, comme autrefois on parait les victimes , il comblait les siennes d'honneurs la veille de leur condamnation , les appelait aux [>remières charges de l'Etat , recevait leurs remercîmens , et •/

les envoyait à la mort. 11 en fil jeter à la mer un ^rand nombre , enfermes dans des sacs.

3G6 HISTOIKt

Tc^bel , roi des Bulgares , demandait alors ,

avec raison , comment les Romains , sounris à

un tel monstre , osaient appeler les autres peuples

barbares.

Son Dans le dessein de prouver à son vil protégé le

•îans une justc Hiépris OU il lui inspirait , Terbel , après

av^c Ter- s'étrc fait céder par lui une partie de la Thrace ,

btl, roi dei *■ ■"■

Bulgares, l'appelle à une conférence , étend sur la terre son large bouclier , l'entoure de son fouet , et ordonne à l'empereur de couvrir d'or ce cercle insultant ; enfin il exige que Jusiinien remplisse la Sa lâcha main droite de chaque soldat bulgare avec des à nn jm- pièccs d'or, et la gauche avec des pièces d argent. Qui oserait , en voyant ce degré d'abaissement où le despotisme et l'esclavage firent descendre les Romains , parler encore des inconvéniens et des périls de la liberté ?

L'empereur redemanda aux Kosars sa femme Théodora , qu'ils lui renvoj'^èrent ; connne il était ingrat et lâche, il déclara la guerre aux Bulgares, et prit la fuite à leur approche.

Le kalife Abdolmélic était mort. Ses quatre fils régnèrent successivement après lui. Sous leur règne, les Sarrasins continuèrent leurs ravages, et s'emparèrent de Thyane.

Mort des L'Italie ne fut point, par son éloignement, à dp «avciinc 1 abri des fureurs de Justinien ; les patriciens de Ravenne avaient applaudi à la chute du tyran; par ses ordres, l'exarque Théodore , les ayant invités.

DU BAS-EMPIIIE. oGy

sons (lilVérons prcJcxtcs, à so rendre cliozini, les Jit enlever et embarquer pour Conslantinople , où ils périrent tous dans des supplices affreux.

Le pape reçut aussi l'ordre de se rendre dans orire

• l -■ sangiiii.aire

la capitale de l'Orient ; il vint au moment où le <icJu=.tiniu.i féroce Justinien ordonnait à ses lieutenans de passer au fil de l'épée tous les habitans de Cherson. IjC courageux pontife tenta vainement, par ses prières , d'empêcher ce massacre ; la religion n'avait pas plus de force que l'iiumanilé sur le cœur endurci de ce prince cruel; mais , à l'instant où l'on Rcn-Ho

«leLianlaae.

commençait cette exécution sanglante, Bardane, qui avait été envoyé à Cherson pour y périr, lève l'étendard de la révolte , et poignarde les commissaires de l'empereur; les habitans de cette contrée se rangent sous les drapeaux de Bardane ; les Ko- Son sars embrassent sa cause , et le proclament empe- a" '•r'iue. reur sous le nom de Filipique ^.

Justinien , informé de cette rébellion , envoie à Cherson une flotte , sous la conduite du patrice Maur , avec l'ordre de raser la ville et d'y faire passer la charrue; mais les Kosars le forcent à se retirer. Justinien, à la tète de ce qui lui restait de soldats , et de trois mille chevaux que lui avait envoyés le roi des Bulgares , campe entre Chalcédoine et Nicomédie , et s'avance sur les bords du Pont- Euxin , dans le dessein d'observer les mouvemens de l'armée de Cherson. Là , il apprend que sa flotte

* An 711.

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Son entrée est soulevéc , qiiG Filipique , rayant tromp<'' par stantinopie. ujjg marche rapide, est entré dans Conslanlinople,

où il a fait massacrer son fils ïil)ère au pied d'un

autel, qui ne put lui servir d'asile.

Mort La fureur du tyran éclate en inutiles transports;

de Justinitn *' . , ^ . .

ses propres soldats proclament son rival ; Justinien veut prendre la fuiie ; on l'arrête , on lui tranche la tête et on la porte à Filipique , qui envoya dans Rome ce honteux trophée , digne , au reste , d'être mêlé aux ossemens de Néron. Cet affreux règne , qu'on ne peut écrire qu'en traits de sang , avait duré six années.

DU BVS-EMPI'HE. 569

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