‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 2)Chapitre 45 sur 47 · CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME

Règne d'Irène. — Conspiration de Nicéphore. — Charlemagne est élu empereur d'Occident. — Déchéance , exil et mort d'Irène. '— Kicèphore est élu empereur. — Fin de l'empire d'Orient.

IRENE, IMPÉRATRICE. (An 797.)

RèifliC T

û'iiénc. JRÈrs'E , remontée sur le trône au bruit des acclamations d'mie viie populace et des gémissemens de son malheureux fils, s'efforça de couvrir l'horreur de ses crimes par l'éclat de son règne , et de faire oublier son usurpation par sa justice.

Conspira» ,, . .

ti.n de Ni- Nicéphore trama une nouvelle conspiration ;

cé|)hoie,

elle fut découverte et punie. Irène réprima une révolte excitée en Macédoine par ses ennemis. L'eunuque Storace , qui avait par ses conseils poussé l'impératrice au crime , ne jouit pas longtemps de sa faveur. Soupçonné par elle de conspiration et dénoncé au sénat , avant d'entendre son fi.^it- arrêt, il mourut de colère en vomissant le sang. ^^pr'rntr' L'anuéc 800 fut l'époque d'une grande révolution dans le monde; le génie [de Charlemagne l'avait conçue , les fautes des empereurs d'Orient l'avaient préparée , la destruction des Lombards l'unnonçait, la mort du pape Adrien la décida.

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Cliarlcs, palnc<; à Rome et souverain de riuillc, Ibreait déjà les papes à dater leurs lettres de l'époque de son patriciat. Cependant les Romains, soumis à l'empire d'une loni,'ue liabilude, n'osaient pas encore se soustraire totalenijent aux prétentions des empereurs de Constantinoph;. Une sédition éclata dans Rome contre Léon, successeur d'Adrien : le pape, outragé par une populace factieuse eti par des grands ambitieux , implora vainement la protection d'Irène. Charles accueillit mieux ses prières. Saisissant cette circonstance favorable et décisive , il vint à Rome , s'y montra en maître , s'établit juge entre le pape et ses accusateurs, et prononça en faveur du pontife, qui s'était justifie par serment des crimes qu'on lui imputait.

11 était devenu impossible de ne pas recevoir, comme maître le conquérant qu'on avait reconnu pour juge. Le jour de Noël, l'an 800, le pape, les évêques, les prêtres, les nobles de Rome placèrent sur la tête de Charles une couronne d'or, et le proclamèrent empereur romain.

Jl jura de protéger l'Eglise; Pépin fut en même temps sacré roi d'Italie ; le peuple , toujours épris pour la gloire, même quand elle pèse sur lui, confirma avec enthousiasme, par ses acclamations, ce changement de maître. Ainsi commença le nouvel empire d'Occident. A dater de cette époque , nous ne donnerons plus à l'empire d'Orient que le nom d'empire des Grecs.

43o • HISTOIRE

Irène, ne pouvant comballre le héros de l'Occident, n'opposa à son usurpation que d'inutiles plaintes. Comptant plus sur l'adresse de sa politique que sur la force de ses armes, on préteml qu'elle fit proposer à Charles de l'épouser , et de réunir ainsi dans leurs mains les deux empires ; on dit même que Charles accueillit favorablement cette demande , mais que l'eunuque Aéce , favori d'Irène, dans la crainte de perdre son crédit, era-^ pécha cette union.

Plusieurs historiens regardent le récit de cette négociation comme fabuleux, et conviennent seulement qu'Irène envoya des ambassadeurs à Charlemagne , et conclut un traité avec lui.

La gloire de ce grand homme excitait la craintq et lui attirait les hommages des plus puissans souverains : Haroun-Alraschild , le héros de l'Orient,' et digne d'être le rival de Charles , se lia d'amiiié avec lui, malgré l'opposition de leurs cultes.

uéchéanc L'impératrice Irène, ne pouvant aspirer à la

Sue'""" célébrité des^ conquêtes, cherchait à regagner l'amour du peuple par des bienfaits, et prodiguait Nicéphore scs trésors pour soulager les pauvres. Mais les

poreur/"' viccs dc SOU favoH, l'eunuque Aéce, humiliaient €t révoltaient tous les autres ambitieux; sept autres eunuques , pour le renverser , conspirèrent contre l'impératrice; leurs intrigues séduisirent les trou-

' pes , qui procJamèrent Nicéphore empereur. Irène

fut arrêtée. Nicéphore vint la trouver et lui pomit

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clc lui accorder tout ce qu'elle désirerait, si elle lui découvrait ses trésors cachés. Irène , trompée par cette promesse , y consentit. <( J'étais orplie- » Une , lui dit-elle, Dieu m'a donné un trône dont » je me suis rendue indigne. On m'avait avertie w de vos complots , je n'y ai point cru. Mes crimes , )) sans doute , ont causé mon aveuglement et ma » chute. Dieu peut disposer de ma vie comme de » mon sceptre. Je ne vous demande que le palais » d'Eleucthère pour y vivre dans la retraite et » dans les larmes. »

L'empereur, au mépris de son serment, l'exila à Mitylène j elle y fut réduite à filer pour gagner sa vie ; l'année suivante le chagrin plus que le remords y termina ses jours ^. Elle était âgée de cinquante ans , et en avait régné cinq depuis le supplice de son fils.

L'empire romain périt sous son règne. L'opi- Fin.ie

, . , l'cmpin;

nion publique compta celte femme ambitieuse et aorient. criminelle au nombre des monstres qui avaient dégradé l'empire et précipité sa chute ; le fanatisme des prêtres orthodoxes, aveugle comme tout esprit de parti, plaça son nom sur les légendes des saintes de la Grèce.

♦ An 83o.

FIN DE l'histoire DE l'eMPIRE d'oRIENT ET DU TOME HUITIÈME.

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