‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 10 sur 45 · TOME ÎO · texte numérisé non relu

TOME ÎO

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rens à la perte de Flllyrie, de la Thessalie , de la Macédoine , de la Thrace , de l'Asie , et paraissaient étrangers aux querelles sanglantes qui déchiraient l'empire.

La haute fortune de Théodore d'Epire commençait à décliner ; ce prince, excommunié par le pape, menacé par Vatace , rompit impoliliquement la paix qu'iï avait conclue avec Azan , roi des Bulgares, et entra dans ses Etats. Âzan, dans le dessein d'animer ses troupes et de les . exciter à une juste vengeance, prit pour étendard l'original du traité signé et violé par Théodore. Les deux armées se livrèrent bataille sur les bords de l'Hèbre. Après une lutte opiniâtre , les Bulgares demeurèrent vainqueurs. Théodore fut pris avec ses principaux capitaines ; Azan s'empara d' Andrinople , de toutes les villes de la Thrace, conquit la Thessalie et livra l'Epire au pillage. -

Théodore, toujours remuant, même dans sa prison y abusa de la douceur avec laquelle son vainqueur le traitait, et conspira contre ses jours. Azan découvrit son complot et lui fît crever les yeux. Manuel son frère lui succéda en Epire.

Arrivée et Après une longue attente , Jean de Brienne

couronne- * °

mienne 6 à entra dans le port de Constantinople , avec qua- «o^e?"*" torze vaisseaux vénitiens : le patriarche le coûteux xepo». ronna. On croyait que ce prince , porté au trône

par sa renommée militaire, se liâlerah dé cueillir ( quelques lauriers pour honorer sa tombe ; mais ,

soit qu'il ne trouvât point de forces prêtes pour seconder ses desseins, sol. que l'air de Constantinople fût alors imprégné d'une mollesse léthargique et contagieuse, ce Nestor des héros chrétiens resta encore deux ans dans un honteux repos ; il ne tente que des efforts inutiles pour rétablir la paix entre les églises grecque et latine.

Pendant ce temps" Vatace , aussi actif que les Wè . Français se montraient indolens , affermissait son Jo '***"*' ; pouvoir, soumettait plusieurs rebelles armés con-

j tre lui , s'emparait de Rhodes , de Lesbos , de Chio ,

dé Samos, et resserrait de plus en plus les étroites limites de l'empire français. '

tJn de ses généraux, Andronic Paléologue, père de ce Michel Paléologue qui rendit aux Grecs le sceptre de Constantinople , contribuait alors efficacement à la rapidité de ses succès par son courage et par son habileté. Enfin Jean de Brienne , réveillé, reprit son armure, traversa le Bosphore et emporta d'assaut une forteresse sur les côtes d'Asie ; mais un orage menaçant le rappela bientôt dans la capitale.

Vàtace, après avoir enlevé aux Vénitiens Galhpoli et tenté sans succès la conquête de Candie , ««-« ■"« conclut un traité d'alliance avec le roi des Bul- *""»«£

g«rt».

suge de gares et fil épouser à son fils h fille d'Àzan ; leurs nopie par armées réunies entrèrent dans la * Gbersoiièse et

eux

Leur défaite sur

fonnèrént'le siège de Corotantinoplé.

'Les trôttpésdes as'iégeans s'élevaient à cent mille hotomes , leuf flotte était nombreuse : cet extrême péril fit retrouver à Brienne sa jeunesse et son courage; il brava la fatigue et la mort, cotante un jeune soldat. Son exemple ranima la valeur française ; l'ennemi, repoussé dans plusieurs assauts , voyait chaque jour ses machines détruites et ses lignes attaquées. Une armée vé-

uw el snr Julienne, arrivant sur r ces entrefaites au /secours des Français , attaqua la flotte de Vatace, la détruisit presque entièrement ,. et Brienne , sortant alors de ses murs avec tousses chevaliers, força les Bulgares et les Grecs à la retraite *.

Len f L'année suivante , ils reparurent avec des forces

uquect leur plus considérables et assiégèrent encore la ville de Constantinople ; mais ils éprouvèrent, la même résistance; les Génois, les Vénitiens et Geoffroy de Ville-Hardouin , , prince d'Achaïe , avec . six vaisseaux, remportèrent encore une victoire complète sur l'armée navale des assiégeans.

Cependant la vaillante défense des Français, en accroissant leur gloire, diminuait peu leurs dan*r

* An 1235.

DU BAS-EMPIRE. 3j

gers ; ils s'affaiblissaient par leurs victoires sanglantes, et ne recevaient point de renforts, tandis que le nombre de leurs ennemis grossissait chaque jour.

Le jeune Baudouin fut envoyé en Italie et en Nourrit*

__ croisade

France pour demander des secours , et la déli- p. our ,a d *-

■• Jirrance de

vrance de Constantinople devint l'objet d'une 2^jjj t " ,à * nouvelle croisade.

Le pape l'encouragea par les mêmes privilèges que ceux dont avaient joui les conquérans de la - Palestine. Saint Louis promit à Baudouin son appui , et lui rendit en France les biens de sa famille. Les comtes de Bretagne , de Bar , de Soissons, de Mâcon , de Nevers , le duc de Bourgogne, Ànseau de Lille, Imbert de Beaujeu, avec une foule d'autres seigneurs , arborèrent la croix , et promirent le secours de leurs armes.

Tandis que Baudouin mendiait partout de l'argent et des soldats , Jean de Brienne • entouré Mort

n J * de Brienne.

d'ennemis et combattant toujours , mourut le glaive à la main , accablé d'années , de fatigues , et couvert de gloire ; il était âgé de quatre-vingtneuf ans et en avait régné huit. Ce prince, dans son enfance , destiné par ses parens à l'état ecclésiastique , et par son caractère aux combats , avait quitte la soutane pour la cuirasse , l'église pour les camps , la France pour la Palestine ; son

courage lui Valut deux couronnes , et son nom survécut à son siècle ; seul, debout sur les ruines d'un empire écroulant , il défendit ses débris en héros, et les exploits de ce vieillard mourant furent dans l'Orient les derniers rayons de gloire des croisés.

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