CHAPITRE SEPTIÈME
Règoe faible de Lasearis II , fils de . Vatace. — GouTcrnement tfyrannique de Musalon. — Fuite de Michel Paléologue. — Son désintéressement simulé. — Ses succès et sa défaite. — Traité entre Lasearis et Constantin Tech. — Voyages de Baudouin en Europe. — Maladie et mort de Lasearis.
BAUDOUIN II, EMPEREUR FRANÇAIS A CoNstajstinople ; LASCARIS II , EMPEREUR GREC A NlCÉE. (An 1255. )
Régne L ascaris se montra belliqueux comme son père,
uscaruir, mais il n'hérita pas de son habileté et de ses verfils de Va- .
*«ce. tus ; son premier acte fut la confirmation du traité conclu avec le sultan d'Icône, Il nomma Blemmidas patriarche; cet ermite austère refusa de quitter sa solitude : à sa place on élut un moine pieux, zélé, mais ignorant, qui s'appelait Arsène. •L'empereur fit, pendant trois années , la guerre aux Bulgares; il éprouva d'abord une défaite, répara ensuite cet échec, et contraignit enfin les ennemis à lui demander la paix. Tandis qu'il était occupé à les combattre, après s'être emparé de
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Berrhée , il apprit que les Tartares , en grand nombre, venaient de faire une invasion en Cappadoce , et menaçaient Constantinople.
Lascaris traversa l'Hellepont, dans le dessein de s'opposer à leurs progrès. Il eût peut-être échoué dans cette entreprise; mais Batou, chef des Tartares , mourut, et son frère Bercké, voulant s'assurer du trône, ramena ses troupes en Russie ; ainsi ce grand orage , qui menaçait l'Orient, disparut aussi promptement qu'il s'était formé.
Lascaris bornait son activité à la guerre : il Gowren»-
mont tyran»
commandait lui-même ses armées; mais il laissait n*?" *«
MuMlen.
le gouvernement intérieur de 1 empire dans les mains de Musalon son favori , célèbre alors par l'éclat de sa fortune , de ses talens, et depuis par celui de ses malheurs.
Il fut nommé protovestiaire , grand domestique , et enfin protosébaste. Ce ministre impérieux éloigna de la cour les plus illustres personnages, les parens mêmes de l'empereur ; il en fit mutiler quelques-uns , exila les autres , et sa hauteur lui fit autant d'ennemis que Michel Paléologue s'attirait de partisans par sa popularité.
L'empereur, plus propre à commander une armée qu'à gouverner un empire , achevait d'éteindre tout sentiment d'honneur en traitant avec mépris les principaux officiers de sa cour.
Le plus funeste effet du despotisme n'est pas la mort ou l'exil de ses victimes , c*est leur avilissement. Le logoïhètè, ou ministre des finances, osa dire un jour à f empereur qu'on t'avait trompe; Lascaris appela deux gardes, le fit battre de verges par eux, et lé contraignit ensuite à assister comme avant au conseil ; ce qui semble peut-être encore plus étrange que cet acte arbitraire êt'hurailiant, c'est de lire cette aventure racohtée par le patient lui-même comme un' fait ordinaire. ' Fuite Michel Paléolpguç, brave, puissant, habile,
Pafeoiogoe. gouverneur de la Bithynie, estimé des grands, chéri par les soldats , adoré par le peuple , devint bientôt suspect à Lascaris . Informé qu on devait l'arrêter, il se sauva, et chercha un refuge à Icône.
fionàéùa- ^ S 9 u, ° n sut sa fiiite, on crut qu'ardent à se
l**M? tnt ven 6 er ^ reparaîtrait bientôt à la tête des musulmans; mais Paléologuè , soit par patriotisme , soit par calcul, était loin de vouloir attaquer l'empire qu'il aspirait à gouverner. Il écrivit au contraire à tous ses partisans pour les prier d'abandonner sa cause , de servir constamment leur patrie, et d'être fidèles à leur souverain.
se» succès Les Tartares reparurent alors sur les frontières.
et sa dé&ite £^ sv ^ taû[X donna le commandement de son armée
à Paléologuè. Michel justifia sa confiance par sa bravoure ; il livra bataille aux Tartares, tua de sa
fi
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Tnam leur général , -enfonça ieur oentre et porta le désordre dans leurs rangs ; mais la tralmoai ^ un officier tore, jafemt de son mérite et <le sa fortune, tui enleva ia victoire. Le perfide prit la fuite avec' P<aiie qu'il eommaadait ; «elle défection tait «en déroute le veste de JWraée. Les Tartan» "vainqueurs ravagèrent tonte la contrée.
Le sultan <Woôfte vif* demander asile a Lascaris , qui lui donna des secours et rendit sa bien-
veillance à Paiéologue. Les Grées et les Turcs
réunis repoussèrent les Tariares *.
• Dans ce même temps , le toi des Bulgares ayant Traîlé
été assassiné , plusieurs usurpateurs s'emparèrent ï?.acoî^
successivement du trftne : le dernier et le plus Tech.
iieureux, Constantin Tecfo , épousa la fille de
Lascaris, et conclut un traité avec lui.
■ Baudouin Iï> étranger h tous ces événemens, voyage
, „ . Baudouin
continuait tes voyages en Europe, et, pendant son •«» fiurup*. absence', les Latins inacti& restaient re n fermés dans Constantinople. L'empereur grec, après MaUd» avoir combattu avec succès le despote d'Epire, u»c*ri*. éprouva une attaque d'épilepsie ; les courtisans, plus disposés à accuser un rival que la nature, persuadèrent au prince que sa maladie était l'effet de quelques maléfices. Paléologue, accusé par eux, fut arrêté, enchaîné et conduit aux pieds de
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l'empereur ; mais, loin d'être abattu par la disgrâce ou effrayé par le danger, il se défendit avec tant d'adresse, de courage et. d'éloquence, que Lascaris, ému , lui dit en l'embrassant : « Soyez » libre; si vous êtes innocent je vous rends jus- » tice ; si vous êtes coupable jte vous pardonne . »
Peu de, jours après Lascaris mourut *^ Les soldats le regrettèrent; le peuple l'oublia ; tous lui rendirent justice.
Deux de ses filles avaient été mariées à des Latins , Mathieu de Valincourt et Guillaume , comte de Vintimille; l'empereur, par son testament , donna la tutelle de son fils et la régence de l'empire à Georges Musalon et au patriarche Arsène , qui jouissaient tous deux de sa confiance. Mais > avant de mourir, appelant près de lui Paléologue qui excitait plutôt sa crainte que son amitié, il le conjura de veiller à la conservation de son fils. Michel le jura ; jamais serment ne fut plus cruellement violé.
* An 1259.
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