‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 12 sur 45 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

Bienfaits

5(> nisTOiEi

tour l'appui de Baudouin et de Vataee, désarma les Tartares par sa soumission * ei se vendit vassal et tributaire de leur khan. Cette lâcheté sauva momenlanémeiit l'Asie. Les Mongols se retirèrent. v«u£ Vatace , délivré, de toute kkjuiétude extérieure pTe! iem ~ par la Retraite des Tartares , par là trêve conclue avec les Latin* et par la soumission des Epîrotes, chercha dans un aAtif repos un nouveau genre de gloire* Aussi habile administrateur qu'heureux guerrier , il releva les ruines de l'empire agrandi par ses armes, et le bonheur public fut le fruit de ses travaux.

L'Asie , depuis rat siècle > traversée , pillée , foulée sans tes» par les armées dé toutes les nations, n'offrait plus qux regards que le triste spectacle de familles sshs asile^ de cités sans commerce, de champ* sans culture. L'empereur , en prodiguant ses t ni sors, répandit partout la consolation , ranima fa courage et fit renaître l'espérance.

Les vastes domaines du prince, cultivés avec soin > administrés avec économie , devinrent à la fins pour ses peuples un grenier d'abondance et un modèie d' agriculture* Chacun se vU encouragé par d'utiles exemples et par des bienfaits ;• l'empereur offrit une honorable Mtrafte aux invalides , donna un asHë au* pillards, fonda des hôpitaux pour les malades.

Les ville* sortiront de feurs ruines , lès plaine?

DU B4S-IMMRE. il

se couvrirez de moissons ; les impôt* cessèrent de ralentir l'activité des laboureurs- « Je dois » vivre du. ftmit de mes travaux, disait Vataœ , » et noii du sang et delà sueur de me» sujets. La » richesse du prince Eût la- pauvreté des peuples. » Le hxte seul sera taxe par moi, je me soumets » à la nature et je règne sur le caprice. *

Les contrées; possédées par les Turcs souffraient alors d'une affreuse disette; tout leur or vint accroître l'opulence de l'empire; l'impératrice admirait un jour une couronne de perles et de diamans que venait de lui donner Vataœ. a Comment , ft dit-elle , un prince si sage et si économe peut-il * faire un si riche présent 2 » — a C'est» répondit » l'empereur est souriant, le fruit de la vçnte des n oeufs de mes fermes. * j^k

' Tandis que -ce grand homme, aprcs avoir porté vojajre de

. , - . Baudouin.

ses armes vie torieu^es dans tant de contrées^ parcourait ses provinces pour y: faire renaître la prospérité , Baudouin 9 ayant consumé: en peu de temps et sans succès les seceursret les forces qu'il avait tirés à grand* frais d'Europe, ne sortit de s* molle oisiveté que pour courir en Italie et pour y mendier encore l'appui des princes étrangers.

Une seule faiblesse ternit la brillante renommée Egarement

, ir . i • «i i • de Vataco

de Vataee ; vainqueur de ses ennemis r il se laissa, par mi foi vaincre par l'amour : après avoir pleuré longtemps la vertueuse Irène , il s'était décidé par des

5a * IUSTOIRE

motifs fK^liqucs à épouser Anne , fille de l'empereur Frédéric. Une femme belle et intrigante , nommée Marcésine > était dame d'honneur de cette princesse; ses charmés séduisirent l'empereur ; son adresse le subjugua : entraîné par cette passion, il viola les règles de la décence comme celles du devoir , revêtit de la pourpre sa maîtresse y et augmenta . la honte de son égarement en comblant d'honneurs sa concubine.

Les courtisans encensaient cette idole; Je peuple gémissait et se taisait. Un ermite seul, qui s'appelait Blemmidas , porta par son courage un trait de lumière dans les yeux fascinés du prince : Marcésine avec un cortège fastueux se présenta à l'entrée de son église; l'ermite lui en ferma les portes avec^feris. Toute la cour excitait l'empereur à se Kroger : « Cessez , dit Vatace , de » in irriter contre un homme juste ; il me respec- » terait davantage si je m'étais respecté moi- » même. »

Pri.e L'honneur recouvra bientôt sur lui son empire ; Crique par il s'arracha du seiçi des plaisirs pour reprendre de aprèa , ,t *. nouveau les armes. La mort du jeune roi des

mort un fils * *

dAxan. Bulgares excitait des troubles dans cette contrée; Vatace y courut, s'empara de Serres, de plusieurs villes; il prit ensuite Thessalonique d'assaut, et en donna le gouvernement à Andronic Paléologue % grand domestique.

DU BAS-EmPIRE.' 53

La irève entre les Français expirait alors *. Vatace s'empara de Zurule, aujourd'hui Chiorly, clef de la presqu'île de Thrace ; devenu ainsi maître de presque tout l'empire , il resserrait de plus en plus Constantinople : telle était la destinée des deux empereurs rivaux , Vatace employait sa vie à conquérir , et Baudouin à voyager.

Le prince latin promenait dans toutes les cours son orgueil et sa faiblesse, exigeant des honneurs et sollicitant des secours. Il assista au concile de Lyon, y prit place à côté du pape, et s'efforça de réchauffer le zèle des Français en leur présentant le tableau de la décadence rapide de lempire. Il revint à Constantinople après avoir reçu plus de promesses que de secours. Cependant les Français s'armèrent j mais le roi saint Louis, plus religieux que politique, et plus animé contre les musulmans que contre les Grecs, conduisit ses troupes en Egypte. La fortune y. trahit ses armes ; son imprudence y trouva des fers , mais sa vaillance y conserva sa gloire. « . *

O Retour et

Baudouin , de retour dans l'Orient, incapable «^ d'arrêter Vatace dans sa marche , fut le témoin immobile de ses nouveaux exploits; ce prince guerrier s'empara de Rhodes , et vainquit encore le despote d'Epire.

* An 1247.

ion do uin.

Ce Ait 4ans oc umafB qu'un homme, destiné par

le sort à ifcontt* au trône, fit ceimakre pour la

Jugcmeot première ibis «on andntkai, aon esprit et son au-

meuïïeiî^ daœ. Mk&él Paléoiogue , jeue encore, ami ac-

logœ. quis par l'éclat <de scoiaona, de son oourageetde

«es richesses, un grand nombre de partisans dans l'armée ; il fut accusé de coasptratâen : les soupçoas étaient graves; on avait contre lui beaucoup d'indice» , mais prai de preuves. fjastjuges, suiwtt un usage absonde «t pourtant ancien , vofféwent le soumettre à l'épreuve du fer ardent. L'accusé, pour prouver son ûmacenoe , «devait travueraèr un assez long espace en portant sans *e brûler une boule 4e ier vougie.

lie jeune Mfcîhd? adressant la parole mmétwpofitain , hri dit : a Je suis m soldai, unpéekeur » prêt à combattre naes accusateurs, mais peu )) propre à faire (dès naàracles. Cependant $i vous, » monseigneur, dont Dieu connaît la vertu, vous » rroolez preaadre «ce fer sac*é , je le iteoevrai avec » résignation de vos mains. »

Vatace sourit de la réponse ingénieuse du jeune guerrier, «t^sansêti^cocnvaincu de>aon innocence, 41 lui rendit la Hhanlé. L'entpeneur employa les derniers temps de sa vie à négocier aroec le pape, promettant la réunion des deux églises, si le saint Siège abandonnait son rival; des deux côtés le défaut de sincérité fit échouer cette négociation.

La santé de Vatace s'affaiblissait de jour en jour j il mourut à Nympbée en Lydie , à l'âge de soixante-deux ans: il en avait régné trente-trois» Mort Véritable restaurateur de Pelnpire grec , il plana sur son siècle, vécut redouté de ses ennemis , et béni de ses sujets ; les uns honorèrent son tombeau par leitf estime , et les autres par leurs larmes.

Les Grecs élevèrent à Nieée sur h pavois son fils Théodore Lascaris , qui prit le nom de Lascaris II *• Son père n'avait jamais voulu l'associer n^uon au trône , espérant que, moins certain du sceptre, t £ ££<. il se rendrait plus digne de lé porter.

* An ia55.

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