TOME lO
Se» noureanx toc* ces.
8l HISTOIRE
eux à l'improviste , en fait un grand carnage et le» détruit presque entièrement,
•iMfiStoT ^ VWte J ean » <wec quelques débris 9 s'embarque et fuit ; ce désastre wmonçait une révolution ; déjà la consternation et la terreur se répandaient dans Constantinople > lorsqu'on apprend que Jean a battu une flotte vénitienne , et que , débarqué de nouveau , il a surpris et repoussé les sa rebelles. Bientôt on le vit revenir lui-même dans volontaire. ] a capitale ; mais son dernier succès ne le consolait point de l'éclatant revers dû à son imprudence :. honteux de sa défaite et plus sévère pour ses fautes^ que l'empereur n'était reconnaissant de ses services , il se punit lui-même , renonça au titre de despote , dont il était revêtu , et en quitta les ornemens. 4»ÂLd£Sc Michel , peu de temps après, maria son fils J^^aîné, Andrpnic, à la fille d'Etienne V , roi de Hongne. Hongrie , l'associa au trône et le fit couronner. ïu*teônr"t Le jeunç empereur ne tarda pas , en se montrant ncm^iTt! 011 " bassement jaloux de son oncle Jean , à prouver qu'il était peu digne du sceptre ; il traita avec mépris cet illustre guerrier y et se$ lâches courrtisans l'imitèrent. On pourrait presque juger du mérhe d'un, homme par le degré de haine qu'il inspire aux princes et à Jeurs favoris.
Michel , craignait toujours la vengeance des
Latins 9 croyait assura» son tejpo* en multipliant des alliances que l'intérêt rompt aussi facilement qu'il les a formées ; il maria une <fo ses filles au roi des Bulgares, rechercha l'amitié du krale de Seryie , et lui envoya de riches présens. Le prince barbare , recevant ces dons avec mépris , montra aux ambassadeurs grecs sa bru , vêtue d'une laine grossière , et occupée à filer. « Voilà , dit-il , la » parure et l'amusement de nos femmes ; pour » nous , notre armure est notre ornement , et nos » jeux sont les combats» J) L ; emperenr , amusant toujours le pape par l'espoir de la réunion des deux églises , obtint de lui des démarches assez efficaces pour oontaoir l'ardeur guerrière du roi de Sicile. Ayant par oes Averses négociations divisé ses ennemis , il attaqua les Vénitiens et les Génois , et leur enleva Négrepont.
A celte époque le prince Jean succomba aux Mort dégoûts qisïl éprouvait ; l'empire perdit eu lui te r«»p««w. force 9 et l'empereur sa gloire.
Les Grççs furçwt battus par le bâtard d'Epine ; Mort de
* * Baudouin.
Baudouin termina dans ce temps une ç*rrièro • qu'il n'avait rendue fameuse que par ses défaites par sa fuite et par sa vie errante *.
Afsène mourut la même année; mais soft nom Mort du
patriarche
régna toujours sur un parti nombreux , et son om- Ariène bre fit long-temps encore trembler l'empereur.
* An 1^74.
Enfin ce prince, ne pouvant vaincre le fanatisme t
le brava ; malgré l'opposition d'une grande partie
de son clergé, il envoya des ambassadeurs au con-
Réunion cile de Lyon 4 . Là, en présence de cinq cents
des Grecs à
règiuc io- évêqjues, de soixante-dix abbés et de mille prélats,
maine. * p \ y , •
**«* les Grecs se reuoirejH a 1 église romaine , recon-
déclaration ° '
^kdeL^o" nurent k suprématie du pape, et répétèrent trois fois avec le concile ces paroles si long-temps contestées , et source inexplicable de tant de querelles: « le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. »
Déposition Le patriarche Joseph, qui avait pardonné si
chewihT facilement à l'empereur un homicide, ne put lui pardonner d'attenter à l'indépendance de son église. 11 se déclara contre la réunion, et fut déposé. Vecchus lui succéda**. .
Révolution Une nouvelle révolution éclatait alors en Bulgare ^^ a p r £ s J a mort de Tech, la reine Marie adopta d'abord pour successeur Venceslas *** , parent de son époux ; mais, peu contente de ce prince qui ne voulait pas dépendre d'elle, elle le fit assassiner et s'empara du sceptre. Ce meurtre excite le mécontentement général ; un porcher , nommé Lacanas, échauffe les esprits, les porte à la révolte , et, se plaçant à la tête des conjurés ^ renverse la reine du trône ; l'audacieux rebelle prend
* An 1274.
** An 1275.
* ¥ *An 1277. •
DU BÀSr-EMPIRE. 85
la -couronne; Michel lui oppose son gendre Azan, fils de Mysès> et les deux rivaux, méprisant l'un» l'appui , et l'autre le côtiriroux de l'empereur , viennent implorer la protection' du khan Nogaya.
Le Tartare les accueille également , reçoit leurs présens, leur. donne un festin, s'enivre avec eux, se déclaré leur juge, prononce en faveur d*Azan et fait couper la tête à Lacanas *.
Azan , passant subitement de la terreur à la joie , sortit précipitamment des Etats de son redoutable protecteur , et rentra victorieux en Bulgarie ;, mais bientôt il en fut chassé par un rebelle nommé Terter qui ^empara du trône et s'y maintint**.
Jusqu^lors le pape avait refusé a Charles d'An- Echecs jou la permission de combattre Michel. Mais, in- d'Anjou, formé de la résistance du clergé grec à la réunion des églises, il se. crut trompé par l'empereur., et l'excommunia. De .ce moment les longs efforts de Michel pour conserver la paix devinrent inutiles.
Charles d'Anjou et les. princes latins réunis mar-
chent pour renverser de .nouveau le trône d'O-
rient : A la tête .d!une forte armée, ils attaquent Belgrade; l'armée grecque vient secourir celte ville £ les Latins sont vaincus sous ses remparts ei forcée
* An 1278.
** An 1278.
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à la retraite. Char es , qui se orôyak deji conquérant de la Grèce y rentra en Sicile humilié *.
Jamais * deptûs la délivrance de Constantipopie , Michel Bavait joui d'wa triomphe plus glo** rieux ; quelques revers» compensèrent ce succès ; Audrcmic fut battu par If s ïurcs ,, qui a'ewparè- Ljfsrêpreêrçut dç Tr^Ue^** nws la fortupe, cotls£açpte pour Michel , le délivra bientô* de son plus dangçreux ennemi ; Les Sicilien* , las du joug des Français , s'en affranchirent , non par un noble courage, mais par un crime lâche autant qu'atroce : Fempereur P^leologue, quoique éloigné du lieu (Je cette scène sanglante , fut le perfide instigateur, le secret confident et le honteux cornplice^de ce fçrfeit. L'empereur , par ses armes , avait repris ?u? Latins plusieurs, îles de f Archipel et une partie de fe Morée j ma^ en cherchant a dissoudre la croisade qu'tîrbain s'etÏQrçait d'armer contre lui, il sç fit plus d'ennemis, au-rdedans qu'il n'en écartait au dehors. La réunion des églises lui attira la haine du clergé et du peuple grec ; Tes prêtrçs dç l'Orient résistèrent à la puissance du pape , £ la sienne , le régalèrent comme hérétique et l'excommunièrent : il l'avait été comme ineùrtrier , il le fut de nouveau comme schisme tique.
* An 1281.
"An 1281.
DU BAS-EMÊlllE. 87
Les princes de Trébisoride , d'Etolie , d'Epire , de ThessaBtf se jwgrilmrf coïitte Fni aux Latins de Négrépôttt , <f Âthèttefc et de Thèbés. Le fkhatisme le poursuivait dans son palais et jusqu'au . sein de sa famille : sa sœur Êulogie et sa nièce Marie, tfeiue des Bulgares , appuyaient, excitaient et encourageaient les mécoitfens. Michel , égaré pat la colère et par la crainte , lès déni plus sinistres conseillers des rois, opposa là tyrannie à la résistance , emprisonna les dissident , opprima les consciences, confisqua les biens des mécontens, jeta dans les fers quatre princes de son sarig , et condamna une foule de victimes à la mort ou à la perte de la Vue.
Tandis que la Grèce gémissait dé ses persécutions , on accusait à Rome sa lenteur : ïe pape , mécontent , excitait de nouveau Charles d'Ànjotr à s'emparer du trône d'Orient : ce fat alors que Michel , effrayé de forage qcri le mentait , saisit avec ardeur ïe! moyen que le sort lui offrait de se délivrer par* rai assassinat d'un rival redoutable.
Jean de Procida , dépouillé pat Charles d'Ànjotf Conjur*-
7 r # r J tion et reu-
d'imé île qu'il possédait , avait juré de sef venger: gjjj«^ ** C'était tm de ces hommes doués dès grands talens et dès grands vices qui opèrent les révolutions : ; il était audacieux, opiniâtre, implacable^ actif * adroit , fourbe, éfoquent , et tout moyen lui était indifférent pour arriver à # son but.
Déguisé tantôt en moine tantôt en mendiant , il fomente le mécontentement des barons de Sicile, court en Espagnç , fait briller aux yeux de Pierre d'Aragon l'espoir de détrôner Charles, part pour Rome , et obtient du pape Nicolas un décret qui , usurpant les droits des souverains, transporte ceux de la maison d'Anjou à celle d'Aragon. Il revient à Sars gosse, et fait équiper en Espagne une flotte chargée d'intrépides aventuriers , devenus fameux depuis sous le nom de Catalans.
Le but apparent dé cet armement est une expédition en Terre sainte ; son objet réel , la conquête de la Sicile. Procida volç enfila Constantinople, déroule aux yeux de Michel tous ses plans, et l'engage à le seconder avec ses vaisseaux pour rejeter en Sicile l'orage qui menaçait VOrient.
Ce qui paraîtra surtout inconcevable , c'est que Procida sut envelopper pendant deux ans dans les ombres du plus profond mystère le secret de cette vaste conjuration, dans laquelle entraient ^ant de princes , de conseils , de seigneurs et d'armées. Tout était enfin préparé; l'habile conspirateur choisit pour l'exécution de son dessein une de ces circonstances qui enflamment l'esprit du peuple , et le portent à la fureur. La veille de Pâques , quelques soldats français outragent dans Palerme une fille noble : Procida fait entendre
le cri de la vengeance : la cloche qui devait sonner les vêpres sonne le tocsin ; l'appel à la prière devient le signal du meurtre. Les conjures, disse- Mort de
^ ' 8000 Frw
mines dans la ville, excitent, arment la rage du^ peuple ; huit mille Français sont égorgés. Charles d'Anjou fuit ; la flotte grecque et celle d'Espagne détruisent ses vaisseaux ; il est détrôné , et Pierre d'Aragon est proclamé roi de Sicile *.
Jamais on n'arriva au trône par des degrés plus sanglans, et les Vêpres Siciliennes seront dans la postérité une taché ineffaçable pour le moderne Catilina qui conçut cette révolution , pour le pontife,. pour l'empereur qui la. favorisèrent, et pour le prince ambitieux qui en profita.
Ce massacre couvrit l'Italie de honte , remplit la France de deuil , et répandit dans l'Orient une joie barbare. La même année , Jean Comnène , empereur de Trébizonde , quitta la pourpre , et ' vint se soumettre à Paléologue.
L'empereur , ainsi délivré par la fortune ou parf Mortae le crime de la plupart de ses rivaux, sortit de sa capitale pour combattre le prince de Thessalie un nombreux renfort de Tartares l'accompagnai l'entourait, et lui donnait plus de crainte que d'à sistance ; le khan Nogaya , dans l'espoir d'un rie butin , lui avait envoyé ses troupes. Arrivé
* An 1282.
gO HISTOIRE
Tbrace , une maladie arrêta ta ntarché ; le» Tàrrlares , impatiens de combats , et surtout avides de pillage > regardaient k asâla^e do l'empereur comme un prétexte inventé par to crainte. Ce prince , mourant dans sa tente y et? obsédé pat eux i fut contraint de s'oflrir à lents fegttrds , et de réfuter Finsoientte iû justice deletttô reproches par le spectacle de so» agofiie. Après cetafete de faiblesse , il expira.
Midhel Paléologue ^ élevé a* premier grade pair des exploits , et an pouvoii* suprême par" ses crimes , fut toujours brave dan» les camps r dissimulé* à< k conr y perfide dans» ses alliances ,, implacable dans ses fahnitiési Ses vices ternirent ses grandes qualités ;, la chute de la dynastie des Latins rendit son nom célèbre r il relevli le trône des Grecs > mais* il ne put relever l'empire*
L'appauvrissement du trésor lin fit commettre une de ces fautes irréparables* qui bâtent la ruine des- Etats; Jusqu'à son règne , les nombreux habitons des contrées meatafeuses de FÀsie étaient exempts <Fîrapote, Pour prix de cette exemption , U formaient une nailiee redoutable y toujours rmée et chaînée de k» défense du pays. L'empereur leur retira leurs privilèges « Cette barrière inexpugnable , qui? depuis si longtemps avait arrêé la marche des Perses , des Sarrasins , des Tires y des Tartares y disparut , et bientôt le
DU BA#-«MPIIIE. 91
mont Olympe , pour ainsi dire apkni , laissa se répandre comme uft torrent dans l'empire ces flots d'Ottomans sous lesquels il ne tarda pas à s'écrouler.
La réunion opérée par lui avec Rome n'eut de durée que celle de sa yie. Des qu'il ftrt mort on Fabjura , et la haine publique , excitée par la su* pçrstition, refusa, dit-on, à ses mânes non. seulement lés honneurs decettoés aux! monarques, mois ceux mêmes que h piété rend au plus humble des chrétiens.
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