‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 18 sur 45 · TOME IO · texte numérisé non relu

TOME IO

d'arobilioa> d'impiété et do dilapidation. Le jeune Androftie se défendit avec une modeste fierté qui confondit ses accusateurs.

Etonné de son éloquence et vaincu par son courage , l'empereur descendit de son trône, l'embrassa et lui promit de se réconcilier avec lui s'il voulait lui livrer les amis qui l'avaient égaré par leurs conseils.

sa fuite à Le ieune Andronic refusa de les abandonner,

Andrinople. '

et, informé quon devait l'arrêter, il se sauva avec eux à Andrinople : là, son parti s'accrut rapidement; de toutes parts les Grecs, prenant les armes, venaient se ranger près de lui; bientôt il ne pût contenir leur ardeur , et , malgré son opiniâtre résistance, ils le forcèrent à marcher contre Constaminople.

sa . * Entraîné par eux, mais fidèle à son devoir, il ©nv©r»r«m- fit avertir secrètement son aïeul de la violence qu'on lui faisait et de L'impossibilité où il se trouvait d'arrêter la rébellion.

* Le vieil Andronic, tremblant à l'approche du péril, voulut abdiquer et promit de se faire moine ; le* jeune prince le conjura de garder sa couronne!, et né demanda pour lui qu'un apanage ; un procédé si généreux devait rétablir la paix ; l'égoïsme et l'aveuglement des ministres la rompirent : parvenus àcahuer les craintes de l'empereur, à réveiller son ressentiment et à rassembler

DU BAS-EMPIilt. 11Ô

des troupes , ils obtinrent la condamnation du prince.

Le jeune Àndronic , forcé par cet acte tyran- s*

svccét mut

nique de choisir entre la mort et le trône . céda aux î* Grecs «t

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prières de ses amis , assiégea Héraclée , la prit d'assaut , fit prisonnier un de ses oncles , et défit les troupes de son aïeul , ainsi qu'un corps auxiliaire de Turcs , dont les lâches ministres n'avaient pas rougi de solliciter les secours.

Le vieil empereur , humble après sa défaite , demanda la paix et une entrevue : il s'attendait à un traitement rigoureux , proportionné à son injustice; le prince parut devant lui , se jeta à ses pieds , et se soumit sans conditions. L'empereur le rétablit dans ses droits et hd accorda un apanage dans lequel il se hâta de se retirer , comptant peu sur des promesses arrachées à la faiblesse par la peur *.

Bientôt il se vit investi à Dydymotique , dans sa retraite, par une nombreuse armée de Bulgares ; ai vain il appela les Grecs aux armes ; ces guerriers amollis fuyaient les périls , oubliant que le courage les écarte et que la lâcheté les attire.

Indigné de cet abandon , et voulant périr ou vaincre en chevalier , puisqu'il ne pouvait combattre en monarque , il envoya un carte) à Michel ,

* An i?23. .

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roî de Bulgarie. « On regarderait comme un in- » sensé > repondit le barbare , un forgeroh qud » prendrait un fer chaud avec ses mains lorsqu'il » peut le saisir avec des tenailles, et je serais, à » juste titre , taxé de folie , si je m'exposais aux » chances douteuses d'un duel lorsque je vous » tiens sans défense enveloppé par mes baiail- » Ions : ma raison refuse le défi dicté par votre » colère. »

La situation déplorable de l'héritier du trône était à la fois pour l'empire un sanglant affront et un éminent danger : le vieil Andronic , malgré sa faiblesse , le sentit et fit de vains efforts pour engager les grands à contribuer , par quelques sacrifices de leur luxe > aux levées d'hommes et aux frais de la guerre. Ces courtisans corrompus , qui . avaient absorbé toutes les richesses de l'Etat , furent sourds à ses prières et rebelles à ses ordres ; on se vit obligé d'acheter des Bulgares la paix par un tribut, humiliant.

Enhardis par cette faiblesse qui donnait à tous les ennemis de Fempire l'espoir de conquêtes, sans obstacles et de piHages sans dangers, les Tartares septentrionaux envahirent la Thraoe ; leurs dévastations tirèrent enfin les Grecs de leur engourdissement; la peur Iqs fit courir aux armes. Le jeune Andronic , à leur tête , secondé par l'intrépide Cantacuzène , marcha contre les Tartares , leur

livra bataille , les enfonça , les mit en fuite > et en fit un tel carnage que , de cent vingt mille > vingt-huit mille seulement purent se sauver à la nage ; le reste périt sous le fer , ou se noya dans l'Hèbre.

L'éclat de cette victoire força la haine au respect, la jalousie au silence , l'injustice au repentir ; et**»**» à l'empereur, cédant aux vœux de l'empire, associa le vainqueur à son trône.

Le nouvel Auguste avait perdu sa première femme , fille du duc de Brunswick ; il épousa en secondes noces Jeanne , sœur du comte de Savoie ; elle prit à son couronnement le nom d'Anne.

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