‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 25 sur 45 · I&2 HISTOIRE · texte numérisé non relu

I&2 HISTOIRE

Entier* périt ; l'autre , plus infortunée , fut chargée de

défaite dçt %

croûét. chaînes et traînée aux pieds du sultan *.

Ba jazet se montra indigne de la victoire ; il fit trancher la tête à tous ces nobles prisonniers et n'épargna que les* princes dont il espérait tirer une forte rançon ; la déférence respectueuse de ces princes pour le brave Bbucicaut fit sentir aux barbares que la rie d'un héros pouvait être d'un aussi grand prix que celle des parens d'un roi ; ce calcul arrêta le glaive déjà levé sur la tête du guerrier , il partagea la prison du comte de Nevers.

Charles VI, voulant racheter ces illustres captifs, envoya aju sultan des présens magnifiques pour ce siècle , un grand nombre d'oiseaux dtesséV pour la chasse, des drap» écarlate fabriqués à Reiras, et des tapisseries sorties des manufactures d' Arra$.

Lorsque ces nobles captifs recouvrèrent leur, liberté., le comte de Nevers , suivant la stipulation du traité , offrait avec ses compagnons de jurer qu'il ne porterait plus les armes contre Sajazet.

« Ce serment, est inutile , répondit le fier sul- » tan , je ne crains ni toi , ni tous les guerriers » de ton pays. Cours , faible ennemi , leur porter )) là nouvelle de ta défaite j excite leur courage ,

* An i3g6.

DP BAS-EMPIKE.

» rassemble-les tous , et , si tu te sens le désir dé ï> revenir aVéc eut me demander ta revanche ', tu » me vet ràs prompt à té la donner, »

Éès Suites de ce désastre devinrent fttnestes à Fem^ite; les Turcs vainqueurs trouvèrent dans lé camp des chrétiens un butin' immense ; ib furent éblouis du luxé qui brillait dans lés tentés des Français ; presque toutes , comme' de$ tentes royales , étaient meublées en soie 1 et remplies dé riche Vàisàellë.

Ba 1 jaizet poursuivît aVeù ardeur lès'ITongrbis, leà nau*

- , , . *t Auto do

coupa', les tailla eri pièces. SigismOnd, vivement ^J*g|^ pressé ,- né piit regagriér ses 5 Etats ; n'échappant à •"■* la captivité que par une jirompté fuite , il vint cherchée un asile à Gon&tàhtinopïe' *.

Eé sultan somma Manueï'de lui' livrer sa capitale ; Maiiùef, préférant 1k md?t £ détté lâcheté, refUsa* de se rendre," Biijazet ïfriié se montrait résolu à 1 assiéger, mais son ■ ' ^rand-visïr le détourna dé ce dessein , en } Iui f&isant'craindi-e que la chute de Coîistantinoplé né soulevât et n'armât contre les Turcs tbute la chrétienté.

Lés barrières de là ville de Constantin étaient devenues les frontières de l'empire , et , dans cet état déplorable , l'ambition dès prîàcés s'en disputait les débris. L'éclat trompeur d'un trotfçon

* An i3i)7.

u^f^w- ^ e sceptre fascinait encore leurs yeux , et Jean Panuëiuw léologue, neveu de Manuel , s'efforçait , au milieu pireï des plus éminens périls, non de défendre la couronne, mais de s'en emparer, en faisant valoir contre Manuel les droits qu'il prétendait tenir d'Aiidronic son père *. ,

Bajazet, certain de profiter de ces dissensions, les fomenta ; pour accélérer la ruine de ses ennemis, il appuya les prétentions de Jean ; Manuel ne pouvait résister à leurs efforts réunis; cédant » , avec prudence au temps, il partagea sa couronne Nouvelle avec son ne veu. L'honneur français blessé fondait commue ta dernière espérance de l'empereur, elle ne fut «ut. ° UCI " point trompée ; bientôt il vit arriver, à son-secours Boucicaut avec une. flotte et .seize mille braves. succès L'apparition de ces chevaliers répandit la joie veaux oui- parmi les Grecs et la crainte chez les Ottomans*

ses. • ( >

Ces preux forcèrent le passage du Bosphore , délivrèrent Gonstantinople du fléau de la famine, battirent en plusieurs rencontres les musulmans, les contraignirent de s'éloigner , descendirent en Asie, s'emparèrent de plusieurs villes, assiégèrent Nicomédie , la prirent d'assaut et en passèrent la garnison au fil de l'épée. . t \ ,. ,

f Exploits Pendant l'espace d ? une année , l'infatigable xévbai jnoucicaut harcela sans cesse les JLurcs, garantit

* An 1399. - . ' .

du bas-empire: l85

de leurs attaques les environs de la capitale , et , par des prodiges de valeur presque fabuleux , immortalisa son nom.

Ces heureux efforts de seize mille Français du-», rent prouver aux Grçcs qu'ils ne devaient leurs calamités et leur décadence qu'à leur corruption et à leur pusillanimité. Manuel , accompagné d'un petit nombre de braves, se montra constamment digne de son défenseur, dont il partageait les travaux, les fatigues, les périls et les lauriers; Cependant les Français faisaient chaque jour des pertes qu'aucun renfort ne réparait; le trésor vide ne pouvait assurer leur subsistance; les Grecs les admiraient sacs les imiter; en vain leurs glaives éclaircissaient les rangs , des ennemis , la masse énorme de ces barbares se renouvelait sans cesse; après une année de combats ,, Boucicaut se. vit n £™ en contraint de déclarer à l'empereur qu'il était forcé aun^i?™ de retourner en France ; il lui conseilla de l'ysuivre , afin d'échauffer par sa présence le zèle des chrétiens.

Manuel y consentit ; avant de partir, il confia les rênes du gouvernement et la défense de la ville à son neveu * f et se rendit d'abord en Italie : Venisq ,. Florence et Gènes plaignirent ses malheurs», mais ne lui accordèrent aucun secours ;

* An 1400.

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Visconti , duc de Milan , jtfûtf généreux , ouvrît pour lui son trésor; enfin il arma en 1 France et y reçut les hommages que la généto^të française rend toujours à l'infortune lôftkju^elte' est illustrée par lé courage.

Entrée do L'empereur fit 1 son entrée à Parte lé 5 juin de dTr» p Srii. Fannée 14.0b; deux mille bourgeois armés l'attendaient à Gharenton ; le chancelier , trois cardinaux eft le parlement le reçurent à ht barrière. Le roi et leà princes de sa famille allèrent au-de-^ vant de lui; il traversa la ville avec éùx, ifeontë sûr un superbe coursier; il était décchré defc ôriiemens impériaux , et couvert d'ûrië r6be de soie, dont la blancheur était, suivant 1 là dotttitme dés Grecs , un emblème de* deuil' erde tristesse.

Chacun admirait les nobles traits de ce monarque guerrier'; sâr cKevelùrd ét^saî barbe blanche y son grave maintien , rappelant se* fré^tlens combats et ses long malheurs ,- le rendirent véttérabld à tous.

Charles VI le logea dans le Louvre; aù J banquet ainsi que dans toutes lès fètès, Mafanel occupa la place d'honneur.

Le roi , les princes , les chevaliers lui promirent tous le secours de leurs armes. Il fit aussi un voyage en Angleterre; Henri IV, mal affermi alors sur son trône , ne put donner à l'empereur grec que des espérances.

De retour à Paris, il y fin témoin d'un malheur dont les suites devinrent funestes à la France. Charles VI tomba en démence ; l'ambition des princes déchira le royaume, ébranla le trône, attira ses ennemis naturels dans son sein , et priva l'infortuné Manuel du seul appui sur lequel il comptait.

. Ce prince, renonçant à tout espoir, repassa les s<m

y * * retour en

Alpes ,. s'embarqua et rentra dans la Grèce * ; il Gféce ne l'aurait pas retrouvée libre si elle n'avait été défendue -que par le faible Jean Paléologue ; mais Château-Morand, guerrier français-, resté, à Con- «tantinople avec cinq cents braves, par l'ordre de Boucicaut,, avait, pendant ces deux années, vaillamment résiste à la faiblesse de la cour , aux terreurs dés Grecs et aux attaques des musulmans.

Cependant Bajazet, délivré de la crainte des Apparit»*

deTiimir,

Français par les troubles de leur pays, renouve- " rnon j!° 6 lait ses sommations , ses menaces , et* se préparait à consommer là ruine de l'empire des Grecs, lorsque du fond de l'Orient on vit paraître un conquérant , plus terrible encore que ce fameux G en gis dont il descendait. Manuel , se croyant perdu t ne songeait qu'à s'ensevelir sous les décombres de sa capitale ; mais soudain il vit ses

* An i4oa.

ïHS niSToiRE

périls disparaître , et sa fortune se. relever par les armes et par les victoires de Tamerlah *.

HUtoirede Timur , que les Tartares appelèrent Tamerlan

ce chef des * . rr ' -

Taruna. parce qu'une blessure l'avait rendu boiteux , accrut la liste fatale des Alexandre , des Attila, des ravageurs du monde , de ces phénomènes sinistres dont la sanglante apparition excite à la fois l'admiration et la terreur. Il fut un de ces hommes destinés' par le ciel à parcourir , à étonner, à dominer , à opprimer la terre et à la dépeupler.

L'envie, qui grandit sans cesse la gloire en l'attaquant, lui reprocha lâchement son honorable infirmité , lui supposa une naissance obscure , et s'eiforça de faire croire qu'il avait quitté la charrue pour parvenir au trône ; cependant la plupart des historiens musulmans et grecs attestent qu'il était du sang dé Gengis, au moins par les femmes ; son cinquième aïeul avait été visir de Zagatay , khan de Transoxiane; ses ancêtres gouvernaient le canton de Kash , comme chefs héréditaires.

Timur naquit dans le village de Sabzar, à treize lieues de Samarcande. Les temps de troubles sont presque toujours les époques où se forment, croissent et brillent les grands caractères. La famille des khans de Zagatay venait de s'éteindre; l'anarchie entourait le berceau de Timur r

* An 1402. ■ -

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tous les princes de ce pays.se disputaient. l'autorité. Le khan de Kashgard , appuyé d'un corps nombreux de Gêtes et de Kalmoucks , voulut s'emparer de la Transoxiane ; tous les émirs défendaient contre lui leur indépendance ; Timur , alors âgé de douze, ans, tira pour la, première fois son cimeterre , et se distingua entre . les plus braves par son audace.

Malgré leur résistance, la Transoxiane . fut subjuguée; Timur, à vipgt-cinq ans , méditait la délivrance de sa patrie; sa seule puissance était encore 1 opinion; son nom, déjà illustré par. son courage, rallia autour de lui les principaux émirs, qui lui jurèrent de seconder ses eiforts.

Il les attendit vainement sept jours sur les montagnes de Samarcande. Le khan de Kasligard avait découvert et déjoué leur, complot : ses troupes poursuivirent Timur, qui se retira dans un désert avec soixante Tartares.

Là, mille Gêtes vinrent l'attaquer; il les repoussa et en tua un grand nombre , mais la mort de presque tous ses. compagnons avait payé celte victoire, il ne lui eu restait que, sept,, Poursuivi de nouveau , il fut atteint, pris et epfermé dans un donjon avec sa femme.

Timur brise les portes de sa prison, combat seul les soldats ; qui le gardent ; son intrépidité excite l'admiration du chef de la trompe ennemie ;

igO HISTOIRE

il profite de sa surprise ou de sa générosité , s'ér chappe , traverse l'Oxus , et traîne pendant plusieurs mois dans les déserts la vie errante d'un proscrit.

Long-temps le bruit de sa mort fut répandu»

Le vainqueur de la Transoxiane gouvernait ce pays en tyran ; quelques émirs * las de cette oppression, prennent les armes; trois d'entre eux rassemblent quelques troupes ; arrivés près des frontières dans un canton qui leur était inconnu , ils cherchent des guides; un Tartare s'offre à leurs regards , c'était Timur , et l'apparition de ce guerrier qu'ils croyaient perdu leur présage la victoire,

Tamerlan , qui , rapide comme César dans ses conquêtes , écrivit comme lui ses commentaires , raconte ainsi son retour au milieu des premiers compagnons de ses combats, ce À ma vue , dit-il , » leur joie éclate en transports, ils sautent à » terre, se jettent à mes pieds, les arrosent de » larmes, et baisent mes étriers ; moi, non moins » attendri qu'eux, je descends de mon courrier, » je les serre dans mes bras , je pose mon turban » sur la tête du premier , je passe mon écharpe » au col du second , je donne mon habit au troi-* , » sième , et nous invoquons ensemble le maître » du ciel. Je les conduis ensuite dans ma retraite ; » nous célébrons notre réunkm par un festin

DU BAS-EMPIRE. lUf

>> joyeux; l'espérance et la liberté embellissent >> pour nous le 4ésert. »

Bientôt le nombre de ces braves grossit ; plusoeurs tribus se rangent sous leurs enseignes; Timur à leur têt£ reyitre dpns sorç pays , attaque , enfonce, ppufsu^t^ disperse les dominateurs de §a patrie ; la TrçtnsQxiaue esjt délivrée par son courage , et ses égaux le choisissent pour maître.

Us lui donnèrent d'abord pour collègue JHous-* sein > frère 4^ w femme : le partage du pouvoir fit naître entre gux jl^ s q?ierel}es j celles des Tartares sont presque toujours terminées par le cime-r terrp , Hpu$sfin périt j les tribut rpunies ep diète, nommée dans leur langue Çouraltqi 9 proclamermt Tarçierlan empereur.

Il était alors âgé de trente-deu^ ans ; quoique revêtu du pouvpir suprême , crqyapt devoir rendre hommage à la mémoire dç Gpngis, il décora dij titre dp khan un officier qui servait sous lui, et qui descendait ^ e ce conquérant £ tql % le commencement de la v\e guerrière e$ pctlitjque de ce T^rtare fanaeu* , qui bientôt remplit la terre de son nom, et ajouta vingt-six couronne* k celle 4e Z^gathay-

^ha^p^e ty Cand^r furent ses premières conquêtes ; ses armes envahirent la Perse* Ibrahim , prince de Schiryan , vit ses apnées détruites , et fut contraint de se prosterner sur les marches du

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trône de Tamerlan. 11 avait promis au vainqueur un tribut de neuf esclaves, et 'n'en amena que huit ; comme l'empereur en paraissait surpris : a Je suis le neuvième, dit lé flatteur couronné'. )) Un .sourire de mépris paya Sa bassesse.

La Perse tout entière passa sous la domination des Tartares, mais la bataille qui Consomma cette conquête faillit devenir le tfertné des exploits de Tamerlan. Le plus faible et en même temps le plus brave de ses ennemis , un' prince persan , nommé Mansout, désespéré de se Voir vaincu , se précipite avec quatre mille davaliers sur les ratigs de l'armée tartare, la "perce, renverse tout ce qui lui résiste, pénètre jusqu f à l'empereur^ et ne périt qu'après avoir brisé par son cimeterre le casque dé son vainqueur. ' l x

Tamerlan s'empara d'Ormutz, de Bdgdad, prit Edesse, et pénétra dans le Turquestan, sous prétexte de se venger de la protection accordée aux Gêtes par Bajazet. Le récit de ses conquêtes serait le. sujet] d'ulne longue histoire j semblable au torrent qui s'enfle des eaux de tous les pays qu'il parcourt, le héros tartâre^ Voyant sans' cesse ses forces s'accroître, devint rapidement lé maître des vastes contrées situées à Pést et à l'ouest de la' mer Caspienne!

Il entra en Russie , Mbscow le vit devant ses murailles; cette Ville allait tomber sôiis ses coups,

des intérêts phi* pressans le rappelèrent au midi de son empire. Mais les Moscovites superstitieux crurent leur délivrante miraculeuse, et l'attribuèrent à une image de la Vierge qu'ils regardaient comme leur palladium.

• Les Tartàres livrèrent aux flammes Astrakan

révoltée j Tamerlan leur proposa la conquête de l'Inde; ils murmuraient comme les Macédoniens contre cette entreprise lointaine , mais Tamerïàn vainquit leur résistance * en leur faisant promettre -des victoires faciles et d'immenses richesses par un fanatique que ces hordes crédules disaient inspiré. La superstition surmonta la crainte.

Timur suivit d'abord les traces d'Alexandre et traversa l'Indus ; mais ,. s'élançant au-delà des bornes qui avaient arrête le héros grec, il poursuivit sa course jusqu'à Delhi , détruisit l'armée nombreuse du sultan Mamhoud, le contraignit de fuir, livra ses Etats au pillage, passa le Gatnge, côtoya les montagnes du Nord , traversa le Thibet , et revint dan» sa patrie chargé de toutes les richesses de l'Orient.

Il avait atteint sa soixante-troisième année, et la vieillesse. ne refroidissait pas son ardeur. Le bruit des oonquétes de Bajazet était arrivé sur les bords du Gange jusqu a lui ; la gloire de ce rival tourmentait son orgueil : à peine lassse-t-il ses . guerriers jouir h Samancande cftjn court repos , tome 10. i3

tgi msToinE

l'Orient souçiis ne suffit plus à, son ambition , il médite la conquête de l'Occident.

Sa proclamation annonce aux Tartares qu'ils doivent encore combattre sept ans loin de leurs foyers. À la tête de son iiçmense armée , il vole en Géorgie et la soumet : le Vaste intervalle qui séparait autrefois les Mongols des Ottoigans avait disparu; ces peuples étaient devenus voisins , rivaux et ennemis.

L'Eupbrate ne traçait entre eux que des limites incertaines, sujet perpétuel de disputes et de combats. Un autre motif apparent de ces querelles était le reproche qu'on se faisait mutuellement de protéger les mécontens et les rebelles. Came : Mais il existait une cause plus réelle de leur ini- Bajaiet. initié : Tin*ur ne voulait point d'égal , ni Bajazet dç maître.

- Une correspondance injurieuse servit de prér-

lude à leurs combats, « Tu sais , disait Tiraur à

4> Bajtzet ., que mes armes m'ont rendu maître de

» l'Asie. Les monarques de ces contrées se jtien-

» nent respectueusement rangés à ma porte > ou

)) prosternés aux pieds de mon trône. La fortune

» même, vaincue par moi , n'a plus d'autres soins

, », . que de yeiller à ma prospérité.

; » Egaréparles prestiges d'uçe fausse grandeur,

i^ tu te crois un héros pour avoir remporté quel-

,» ques triomphes obscurs sur de vils Bulgares,

PU BAS-EtfPlKE. 1^5

» sur des Hongrois inconnus , sur des Grecs » amollis*! La faveur du prophète t'a fait seule » Vaincre ces misérables chrétiens. . ..

» Ton zèle pour notre religion, ton obéissance » au Koran m'inspirent encore quelques égards )) pour toi, suspendent mon glaire .près de té frapj> per, et m'empêchent , en détruisant ton pays, d d'abattre ce boidevart des musulmans» Profite , » crois-moi ^ de cette pitié> hâte-rtoi d owvrtr les d yeux ! Désarme par ton repentir et par ta Jsou- » mission mes foudres qui menacent u tïête !

» Songe que tu nfes à mes regards cjfu'un insecte ; » si tu irrités mes éléphans , ils t'écraseront sous » leurs pieds. D:

Bajàzet répondit à ces injures par des menaces non moins arrogantes , et par un récit pompeux de ses victoires, a Je les dois, disait-il, à ma *> seule vaillance , tu n'as obtenu les tiennes que » par la trahison ou par la lâcheté de tes ennemis : » je sais que tu traînes à ta suite une armée in- » nombrable, mais que peuvent les fragiles. flè- » chefr de tes Tartares , toujours prêts à fuir-, » contre les cimeterres de aies janissaires invii*- » câbles ! Vainement tu te plains que je protège » ! les princes infortunes qui veulent échapper à » ta tyrannie. Oseras-tu les venir chercher sous * mes tentes ? Braver ma colère , c'est courir à » la mort.

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