C^ HISTOIRE
j î» Eloigne-toi d'Erzertim et des rires de VKvu- » phrase; ces contrées m'appartiennent. Si elles » te paient les tributs qu'elles me doivent , j'irai jo moi-même les reprendre danp les murs de D Tauris et de Samarcande.
\ >Jt Tes menaces ne m'inspirent qu un profond » mépris, je te défie au combat; si tu jjne yois .» fuir devant toi , puissent trois fois me* femmes y> m'étre enlevées! Et toi, si tu n'as pas le courage » de m'aUendre en t plaine> puissent les compagnes » de ta couche ne revenir dans ton lit qu'après » être itrois fois entrées dans celui d'un étranger. » «Une guerre. furieuse suivit ces cartels grossiers.
Timur, après plusieurs assauts, inutiles, s empara de la forteresse 'de Siva. Indigne deli\ resis- .tance opiniâtre de quatre mille Arméniens qui Savaient vaiDammeût défendue coiitre Iui*,?iï ht : enterrer vife ces infortunés, dont les seuls 'èrftiiés .étaient le courage et là fidélité*
'Avant: de marcher contre Bajazet, Timur* Conquit la Phénicie, la Palestine , attaqua I ? Egypte , bauitles-mamelucks, entra vainqueur dantfjWfomphis * et porta ensuite ses armes en* Syrie.
11 força les portes d'Alep ytk f .coiiime il sut .que les* zélés musulmans s'indignaient de voir les cnians de Mahomet sa déchirer entre eux au lieu .de se 'réunir contre les chrétiens , et qu'ils l'accusaient d'impiété , il demanda publiquement à un
DU BVS-EMPïRE. tfyf
docteur syrien quels étaient les vrais martyrs,' des Tartares ou des Turcs moissonnés par la mort dans' cette guerre de musulmans contre musulmans.
« I/fcnténtion seule lé décide ; dit le docteta*. » — ce Le ciel ne la rend pas douteuse, répliqua » Timur peu satisfait de Cette féponse subtile. Je » ne fafe qu'obéir' aux ordres cétestes. Un vieîl- » lard 1 fcotteu* et -décrépit , tel que vous me » voyez, poûi¥âiHÏ èbnquérir fe terte s*îl iMait d ph^PhisfrtimentftfèDièii: V * '*• ■ " "
lies hommes qui outragent le' plus' là* justice pat 1 leurs actions se croient cependant forcés <4e lui rendre îiommage par leurs paroles. En envahissant le monde, Timur parlait toujours de sa modéralion, de 1 ambition de ses ennemis qui le contraignaient à la guerre ; il vantait sans cesse son humanisé, tandis que par ses ordres le sang coulait à grands flots dans les villes conquises. Une nombreuse armée égyptienne vint au secours de la Syrie, Ids TV lares la dispersèrent : Alep et, Damas forent livrées aux flammes.
Après s'être rendu maître de plusieurs pro- r' B ^ H| * vinces , Tamerlan, à la tétfe de huit cent nulle entre hommes , pénétra dans la Natolie , occupa Césacée, et investit la viHe d'Angora. Ce fut dans la plaine qui entourait cette ville , connue aussi sous le nom d'Ancyré ,- que Bajazet , avec quatre cent mille
«ux.
Turcs , vînt livrer une bataille décisive à son for* midable rival *.
Ce champ fameux semblait destiné par le sort à flétrir et à élever tour à tour de grandes renommées. Ce fut dans le même lieu qu'autrefois Pompée vainquit Mithridate.
La force , le courage des janissaires , l'impétuosité des spahis avaient suffi jusque là pour rendre Bajaset vainqueur des Grecs y des Bulgares et des Hongrois. Maintenant il avait à combattre un . ennemi qui lui opposait des troupes disciplinées , une cavalerie dressée aux évolutions , et trente années d'expérience dont une tactique savante était le fruit.
De tous les conquérans barbares, Tamerlan fut le seul qui fit la guerre avec art. Son armée était rangée méthodiquement sur plusieurs lignes qui s'appuyaient mutuellement : on le vit presque toujours y dans toutes les batailles qu'il donna , diriger par échelons ses attaques sur le centre de ses ennemis. Après un premier effort, le corps de bataille renouvelait cette attaque , et une forte réserve lui servait, après de longs combats, à réparer le désordre où à compléter la victoire.
Jamais il n'eut une lutte plus terrible à soutenir que dans cette journée; on voyait des deux parts la même bravoure, le même fanatisme, une
* An 1402.
DU BAS-EMPIKE. I99
égale soumission aux arrêts du destin, une semblable confiance dans la force de leurs armes ; les deux armées s'étaient également illustrées par dé nombreux triomphes , mais l'armée tartare portait l'admiration et le dévouement pour son chef -jusqu'à l'enthousiasme. Celle de Bajazet au contraire «tait disposée à la sédition..
Vainement ce prince redoubla d'efforts pour animer. ses troupes par son exemple, vainetttètst il remplit dans oette action tous les devoirs de général et de soldat. Au premier choc il se vit affaibli par la coupable défection de son fils Soliman , qui s'éloigna du champ de bataille avec le corps qu'il commandait.
. Les Tar tares auxiliaires qui servaient sous ses enseignes avaient été secrètement gagnés par les émissaires de Tamerlan; ils désertèrent et passèrent du côté de l'ennemi : les troupes levées en Natolie imitèrent leur exemple. Bajàzet, se surpassant lui-même, répara quelque temps ces perte» par des prodiges de valeur. Les cuirassiers grecs; secondant son courage , chargèrent avec impétuosité, et enfoncèrent les première$fignes i: deè ennemis» Mais la fiiite simulée des Tartare^trbmpa leur ardeur; ils les poursuivirent trop vîveaîiéht, se débandèrent -, virent leur retraite coupée , et bientôt, accablés par le nombre , ils succombèrent tous glorieusement. K
20p HISTOIRE -
eiS^wté U ^ Ratait & m àBpjaaet que ses braves janis^ ^B.).«et. g^^j entrés par une armée immense. Ils lui opposèrent une résistance digne <& leur renommée ; semblables à : un€i4brte,»uraille , iLfalkt de longs, as?aitfs-, pour les démolir, et le nombre épouvantable de leurs itfûtrt* illustra leui? défeite. Lorsque Bajazet, qijd» avait jwiUe fois te*té de pçrir a^reç ejx* , fe* vit ioo*?Qiwé*> jiprU Klittte ;
WM KWf** 01 ** tm% Gaùkz- fiur*e ^.Ifôc^lm ou^rirçm lejijS portée ; Smyrne^sisla* j*&i*> il la prit d'assaut. „ • , * ' .
Toutes les provinces d'Asie devinrent la proie du conquérant tartare. Soliman transporta eniEu^ropç les trésors, de son père et les débris .de son» arnjLée.
MantBi- ^ n J3a#zet vaiçcu fut conduit à la tente.de Tamtf - »«run. lajjL L'empereur >tartare alla au-devant deb*i»i lgi; tendit la main et le, fit, asseoir à ses côtés : « Wt)w t » avez, lui dit-U, dicté vous-même et. s utiles » arrêts du destin ; vptre infortune est .votç^i owr • » vr^ge, r vous êtes blessé par les épines de Kajfbre? )) que vous avez: plante de vos propres mains. .....
» Considérant ep vous le héros et le défestseur x> dps musulmans r je voulais non-seulement vous - » épargner, mais vous secourir. et joindre mes
DU BAS-EMPIRE. 30i
y> armes aux vôtres contre les chrétiens; vous a^ez » protège me*' ennemis, violé 'nies droits, bravé » mes. menace^ et méprâsé* mon amitié : ainsi c'est » pat votfe #fcite 4 que je me suis vu forcé de lever n faioii 5 ghfivëisur vons , et de livrer votre empire a » mon ittvînriWe ârrtiée. ;" <-»•>■■
■ »* Vous nie ttfàVea qutftrop Fait connaître quel » autait &é *riioii sert et celui dé niés soldats $i ; » flous* tfvidris* éféNramcus. Mais rien n'est pins* » méprisable à mes yeùt' que là vengeance $ <Ksy> skpét doncvos craintes ; votre vie est en sûreté, » et poisse tnd'tdéitrèncé acquitter envers PÉtër- » liel la 'recôimaissanfce que je lui ddis. » '
Après avoir ainsi parlé, il remit entre lès bras du sultan son fils Musa, sa femme: Espina, aînsi que leur fiflfe ; Bajazet les embrassa /répandit sur eux des larmes amères, et garda devant ton vainqueur un morne et faroucbe silence. •-••-♦«
Tamérlan fit Tendre à 'ces prince infortunés les* hdrineùrs dus à leur rang. Lorsqu'il fut arrivé & Burse, il y célébra sa victoire pat des' fêtes pompeuses; au milieu de ces solennités, Tamérlan, ayant appelé devant lui son iflnstre captif, lui donna un -sceptre , plaça rine couronné-èhr sa tête, et lui promit -de le rétablir sur 'lé' trône.' MaisBajazet, tombé du faîte de la^gloifé dans les i nS uUcf fers, repoussa comme un don odieux la èouronne avilie et le sceptre tributaire qu'on lui offrait.
Son courroux était plus difficile à dompter que son armée ; son vainqueur ne put fléchir sa haine * le fier sultan regardait ces prétendus bienfaits d'un ennemi comme de nouvelles insultes , il n'y répondit que par des injures.
Tamerlan, quelques jours aprèsykn ayawtenvoyé des faucons et .un équipage de chasse , ifajazet , aigri par le malheur , crut que ce présent était om outrage fait pour lui rappeler 1 oisiveté à laquelle il était condamné désormais* a Apprenez: à votre » maître, dit-il à l'officier qu'on lui avait envoyé , » apprenez à ce Tartare que jacœpte, son pré^
» sent. La chasse est en effet un divertissement
» royal, et qui me convient mieux qu'à un bri- » gand tel que lui. »
àirSu? La .hauteur injurieuse et la violence opiniâtre Un - du sultan enflammèrent le courroux de l'empe-
reur tartare. Cessant de se montrer généreux > Tamerlan devint féroce; il enferma y dit^on , Bajazex dans une cage de fer qu'on traînait partout à sa suite , et souvent même > le, faisant sortir de cette prison pour* l'outrager , il se servait de sqn corps comme de marche-pied pour monter sur son cheval. Enfin , pour cou&le d'opprobre , il forçait à ses yeux la sultane .et sa fille de le servir à demi-nues dans ses festins. ,
Ces horreurs , plus dégradantes encore pour le tyran que pour la victime, ont été regardées
du bàs-emwbe. ao5
comme une fable par Voltaire et par plusieurs écrivains modernes, qui les attribuent à la haine des historiens gréés et turcs. Le prince Cantemir n'en fait aueune mention , et beaucoup d'auteurs ne parlent que de l'accueil honorable fait au cap-* tif par aon vainqueur. Ce qui est certain, c'est que Mon la honte et -le chagrin, terminèrent les jours de Ba jaxet en Pisydie > neuf mois après sa défaite.
Tamerlân honora sa tombe de quelques larmes ,
fit célébrer avec pompe ses obsèques dans la ville
de Burse , envoya de magnifiques présens à son
. fils Musa , et lui donna la Natolte en souveraineté.
La chute de Bajazet, délivrant Constantinople du plus éminent péril , répandit une vive joie parmi les Grecs et les Français. Us envoyèrent des ambassadeurs à Tamerlân qui leur promit sa protection.
Les descendans de Constantin étaient alors si déchus de leur ancienne grandeur que le mot de protection n'était pas une insulte pour eux : ils n'auraient cependant point tardé à sentir le poids de cette redoutable amitié si Tamerlân avait pu, - comme il le projetait, venir à Constantinople, mais il ne possédait point de flotte , et le Bosphore arrêta sa marche.
Soliman , qui était en Thrace j implora sa clémence , et reçut de lui l'investiture de la Ro*
* manie» ' * .
304 tUSTOTOME .
Soumission k 6 * empereurs Manuel et «fean se reœimurçent
^rSET «es tributaires, et lui jurèrent obéissance. L'em-
à tI^tu m pn*^ ^ cet heureux conquérant détendait ^ Flr-
tich au gttiphe Perskfae, et d«y rivée chi Gange
aux mu^sdeSittyrnei - ■' •< • ^ •■ •»
- Des possession* ai vastes étakuit eiie<wre trop
étroites tf^w aon ambition satte «bornes. Bâti» son
camp , en Asie-Mineure , il avait conçu le prbjet
gigantesque de la conquête de la Chine et ^FEu-
rope. « H voulait , disâit^ii, renverser les- èd6les
» dans Peckin et la orok dans Rome. » * ■ -'' :
Retour Remettant l'exécution de ce dessein à l'année
T«r<°ri.n ° suivante /il retourna en Tartarîe , écbéva la con-
e " T ; l " ie >^ ^ 1* Gàrçitf, apawa les tronWes 4e la
Perse révoltée , et rentra triomphant à Samarcande :
la, il. reçut sur son- troue les ambassadeurs de
FEgypte, de l'Arabie, de l'Inde, de la Russie,
de la Grèce et de l'Espagne. 8k de ses petite-fils
ft*r£nt mariés avec pompe; ses fêles eurent un
éclaV proportionné à celui de ses conquêtes. Jamai*
on n'en vu aucune > dans Rome même $ décorée
de plus de trophées. ». « \> ,
Tout était grand dans ses jeu* comme dans ses
aet&as • il donna un festin ; ses convives «furent
tout un pewple et toute une armée. - »
Une amnistie sans ^exception rendit générale dâàs4out son empire la joie 'de cette solennité. Tamerlan , infatigable dans; ses longues marches,
BU BA&-EMPI1Œ. 2o5
ne se lassait promptemeni «que du repos : reprenant de Nouveau les a en**, g se mit ea marche à la tetet de sou armée pour, e&ffahir la Chine; mais, » à oeat lieues» de sa capitale > lu «mort fe évanouir les nouveaux rêves de^ son; ambition; eUe cnfcnmrdansua&rok toaabaauce calasse que la manda «entier semblait ne pouvoir cooteoir. .
Il .avait atteint la soixante-rdixième année de sortâg* et la u*é)*eretaqi|ièinejdie son rè#*ie. . £aa nom > q\ù retentit avec tant d'éclat 4ms l'Orient et <ko$ L'Qoeident > eflraie encore la wémoire . des .hommes*, Ses peuples , conduis, trente ans par lui à Ja victoire > illustré* par, ses exploite, dnrichis par ses conquêtes > l'admirèrent ti<op pbw le t j uger . limpaçtialispiçnt : d'un autre cote 1 effroi .quJiLiodpk&H à «es ennemis ne le fit con* sidérer i par eux que comme un monstre y la pes~ Jteri^j^ plu^imparâale > en rendant hommage à son vaste génie, a son amour, jusque là jjKMiate paoptiles iTarteres , pour les sciences. , le* flrtt et les, lettres ,4ui assigne' piUefa«M3it »m?e place» 4min nente parmi les grand* .capitaines, et les babîkfs moMrques^.4»ai# .elle inscrira toujours aus$i au premier rang des . fléaux du monde le guerrier féroce qui fît élever à Bagdad une colonne composée de quatre-vingt-dix mille criées hui&aifiSt; par ce monument atroce , Taïqçrlan se voua luimême à l'exécration des siècles.
Iô6 HISTOIRE
«»S!7 r ci. ^ S P™ 106 * ottomans , délivres de la présente de Bajaut. e | du joug des Tartares , se disputèrent les armes a la main * la succession de Bajazet leur père. Ces dissensions entre Josué, Soliman, Musa et Maho* met , offrirent à l'empereur Manuel une occasion favorable pour recouvrer son indépendance , pour relever son trôné, et, comme il était habile et courageux il en profita. ?.
Josué, l'aîné des fils de Bajazet, s'empâta de quelques provinces; Soliman, son frère ^ aussi effrayé que jaloux de ses progrès, vint implorer ^assistance des Grecs et l'acheta par la cession , ou plutôt par la restitution à l'empire dé la'Thrace, de k Thessalie et duPéloponèse. Etrange vicissitude des choses humaines ! Naguerre Manuel , vassal , tributaire, otage , s'était vu traîné en captif à la suite des fiers musulmans ,. et alors un sultan se jette humblement à ses pieds pour, solliciter son Aifianee> j
Soliman , avec le secours des Grecs , niarche contre Josué , le cOrtfbat ,jdè défait et le tue j mais 3 île jouit £as long-temps en paix de ce cruel triomphe ; Musa, son frère , appuyé par les Bulgares et les Serviens , lui déclara la guerre ainsi qu'aux Grecs , reprit sur eu* la Thracfe et s'empara d'ÀmJrinople. »
An i4°3.
DU lASHfillPIRE. 207
Ce danger commun resserra les liens de l'empereur et du sultan : Soliman épousa une nièce de Manuel ; tous deux réunis vainquirent Musa : pour prix de ce triomphe , les Grecs rentrèrent en possession de l'Ionie ; on leur rendit aussi plusieurs villes en Asie.
Le bonheur de Manuel fat alors troublé par a mort de Théodore son frère , cher à Lacédémone par son courge et par ses vertus , Fempereur prononça son oraison funèbre. Manuel se montra toujours Grec par son esprit , et Romain par son courage.
La fortune rendait à l'empire plusieurs provinces , mais pauvres et dépeuplées. Pour remplir le trésor on vendit Patras aux Vénitiens.
Manuel, dans sa prospérité, n'oubliait point l'accueil et les secour^jue son infortune avait trouvés -en France. Ne pouvant prouver aux Français sa reconnaissance par de riches présens , il en offrit d© curieux / et envoya aux bénédictins dq Saint- Denis lès œuvres de Denis TÀréop^iste .
La tranquillité dont jouissait l'empire ne fut pas de longue durée : Soliman s'endormit dans le sein de la victoire ; tandis qu'oubliant son camp il se livrait aux débauches dans son harem , Mtisa , secouru par les Valaques , l'attaqua de nouveau et battit ses troupes dispersées : dans ce péril Soliman , ne fondant son espoir que sur les con-
2o8 HISTOIRE
seils et l'activité de Manuel , partit dans l'intention de chercher encore près de lui un appui ou un refuge ; mais dans sa route il fut assassine par , des traîtres qui portèrent sa tête à son frère.
Musa , par ce meurtre, se vit Sans obstacle empereur des Ottomans : ennemi des Grecs , il reprit . Thessalonique , Andrinople , et vint'assiéger Constantinople avçc toutes ses forces réunies: Manuel Jui opposa une vive résistance ; la flotte grecque ,. commandée .par Jean Paléologue , battit celle des Ottomans. Un autre événement éloigna de la capitale le péril qui la menaçait : le dernier des fils de Bajazet , Mahomet, arbora dans Amasie l'étendard de la réyolte ; l'actif Manuel , saisissant cette circonstance pour affaiblir encore ses ennemis en les divisant , promit son appui au prince rebelle , , alla au-devant de lui jusqu'à Scutari , et le fit , entrer dans la capitale ; tous deux cependant , trahis par la fortune , furent vaincus dans une ba- . taille qu'ils livrèrent à Musa ; mais , ayant reçu dés renforts, ils portèrent leurs armes sur les côtes ; du Pont-Euxin. Musa courait à leur rencontre, le poignard d'tm assassin termina son règne et sa vie. Kiévtiion Mahomet, n'ayant plus de rivaux , monta sur
au trône de * * * '
^""•^ le trône', et réunit sous Son autorité paisible toutes «ic Bajuet. j^ proyinces e t toutes les forces de l'empire otto-
/ man : le sultan , sincère dans sa reconnaissance, envoya des ambassadeurs a Manuel pour l'assurer
que, lui devant la couronne, il n'oublierait jamais ses bienfaits, et que, tant qu'il conserverait la vie, il regarderait comme un devoir de lui montrer Fobéissance d'un fils pour son père.
Cette heureuse révolution avait changé la for- JjjjJ^ tune de l'empire} Manuel, prompt à en profiter, .J^jJ^ 18 rétabli^ 1'prdre ^lans lçs provinces , réunit les débris épars de sa puissance ? et obtint de son allié de nouvelles restitutions ; partout la justice reprit son cours , l'agriculture son activité, le commerce sa liberté ; mais cet éclat n'était qu'éphémère. Un homme de génie pouvait bien alors * à la faveur de quelques caprices du sort , étendre et relever l'empire /mais non lui rendre sa vigueur. Les motnrs étaient détruites, les courages amollis, et la vertu publique , seul esprit de vie des Etats , n'existait plus. ^
Mahomet , loin d'imiter ses belliqueux et cruels prédécesseurs , montra aajx Ottomans le phénomène rajre .d'un sultan* pacifique et tolérant. Ses envoyés annoncèrent afcx chevaliers de Rhodes qu'il sç déclarait le protecteur des chrétiens. Les Vénitiens seuls éprouvèrent sa haine : autrefois outragé par eux, il leur fit une guerre- implacable.
La douceur \ de son gouvernement ne le mit point totalement à l'abri des troubles ; un imposteur, -qui se disait fils de Bajazel, se révolta, trouva