S5© , HISTOIRE
d'Hun ia de, de Scanderberg, céder aux coups du
roi de Perse et se briser contre recueil de Rhodes.
Son «cto - Dè$ que Mahomet apprit la mort d'Amurat», il
, et cruauté ^ * . %
• wn **é- quitta Magnésie , courut a Andrinople , fit céléf brer les obsèques de. son père , envoya ses restes à Pruse dans le tombeau des princes ottomans , et, signalant son avènement au trône par un acte de cruauté qui dévoilait son caractère > il. fit étouffer son jeune frère à peine sorti du berceau.
Le nouveau maître de l'Orient vit accourir au pied de son trône les ambassadeurs tremblans des empereurs de Constantinople et de Trébizonde , et les envoyés des despotes Thomas et Démétrius , frères de Constantin.
Décidé à les renverser y il leur promit sa protection, et déguisa ses desseins hostiles sous des paroles pacifiques.
Passant rapidement en Asie, il porta ses armés dans les Etats du prince de Caramanie, les livra au pillage, et le força de renoncer à toute alliance avec les chrétiens.
Amurat avait exilé à Constantinople Orcan Ce-» léby , prince de la maison ottomane. Constantin , voyant qu'on négligeait de payer la pension due à ce prince , s'en plaignit au sultan ; son ambassadeur déclara même qu'en cas de refus Orcan serait rendu à la liberté.
« Imbéciles Romains, dit Mahomet à Tambas-
» sadeur, nous pénétrons tous vos projets; mais s. réponse
» vous, vous aves tes yeux fermes sur vos périls, vm^mw.
)) Le pacifique A murât ne vit plus, un prince
» jeune et beUiqueux lui succède ; remerciez Dieu
» qui m'inspire encore quelque pitié pour vous 9
» et qui me. porte à différer votre châtiment. Je
)> . brave vos murmures , je ris de vos menaces ;
» vous pouvez à votre gré rendre Grcan libre >
0) le proclamer sultan de Romanie , appeler les
» Hongrois à votre secours, armer enfin, tout
» l'Occident contre nous ; vous rçe fierez que
» rendre votre ruine plus prompte et plus iné-
» vitable. ».
' Constantin .frémit de cet affront , que le dé-
nûment de tout moyen de vengeance le forçait
de dévorer. Les paroles menaçantes du sultan lui
annonçaient l'explosion prochaine de l'otage; sans
forcé dans sa détresse, au milieu d'un peuple plus
consterné qu'indigne , il se hâta de demander au
pape des conseils et des secours.
Ce pontife ne lui donna que des espérances , Tmnniu et lui envoya un légat, le cardinal Isidore, chargé Gra» à rude ranimer la confiance des Grecs , d'échauffer le Wg»* ** zèle des chrétiens , d'enflammer le courage des soldats et de consolider l'union des églises.
Mais sa présence aigrit les maux qu'il voulait guérir, et redoubla le feu de Ja discorde qu'il . croyait éteindre.
à5l HISTOIRE
Dès qu'on le voit paraître dans l'église * dès qu'on l'entend officier en latin v la fiereqr des dis* sidens éclate; une foule d'hommes ^dè femmes , transportés de rage , se répandent sur les places, parcourent les rues et les taverne*- Ivres à la fois de colère , de débauches et de ïamati&me ., les uns prennent des armes , les attires 4es pierres , des bâtons ; tous font retentir les airs< d'un mélange bizarre de prières à la Vierge perar implorer son secours, et d'imprécations contrte Mahomet et contre le pape.
Dans leur délire ,; ils menacent', insultent, poursuivent , frappent les prêtres orthodoses y bravent l'autorité des magistrats et résistent à la garde du prince -, qui ne parvint qu'après de longs efforts à dissiper leurs attroupemens.
La plus grande partie du dei-gé" grec fomemak, ces troubles. Démétrius appuyait les mécontens , et Constantinople , comme Jérusalem au moment de sa ruine, se voyait 4 la fois fnenacée par ses implacables ennemis et déchirée par ses propres enâns. '"• ' <-
Cependant , k la veille de sa destruction, la cour pressait encore Constantin de donner un héritier à ce trône qui devait être si promptediènt refrversé. Ce prince voulait épouser une &Ue du doge de Venise, cette union était politique; la vanité des grands, la regardant comme une mes-
alliance, s'y opposa ; on jeta les yeux sur Marie, princesse* de Servie ? et veuve du 6ultan Amurat. Elle dédaigna cet hymen y enfin le choix de Constantin tdmb? sur une princesse de* Géorgie. Le ppotovestiairePhranzès s'embarqua pour la demander ; il parlât suivi d'un grand cortège de nobles , de garde*, de moines, de musiciens. L'orgueil s'efforçât encoee de conserver le faste au milieu des misères* publiques ; le traité fut conclu ; mais , avant que la princesse arrivât dans la capitale où l'on préparait ses noces , eUe apprit sa chute.
Mahomet, informé des dissensions religieuses Consimcqui divisaient et affaiblissaient les Grecs , se hâta ciudriiopar
" Mahomet.
d'en profiter. Par ses ordres cinq mille ouvriers , protégés par une armée , travaillèrent avec une incroyable rapidité à la construction d une citadelle sur la rive du Bosphore, du côté de l'Europe, à dçux lieues de Constantinople ; par là il comptait fermer le canal aux secours de l'Occident.
Cette infraction à la paix ne laissait plus de doute sur les desseins funestes du sultan. Constantin s'efforça vainement de le rappeler à des sentiment de modération et de justice ; ses ambassadeurs furent traités avec indignité.
« Vos murs, leur dit Mahomet d'un ton me- Répons » nacaht,, sont aujourd'hui la borne de votre •<" ««bac- » empire ;. je connais votre faiblesse et votre malr Constantin. » veilkuçe , ; je vous ai vus autrefois , après la
» bataille de Sophie j insulter à nos malheurs ; » votre haine voulut fermer le Bosphore à mon » père, mais votre lâcheté lui en ouvrit le pas- » sage. Amurai, dès q\i'il eut vaincu les Hongrois » à Varna , fit vœu , pour déjouer vos desseins , » d'élever un fort sur les bords du détroit , .afin d d'assurer nos communications entre nos Etats » d'Europe et d'Asie; c'est ce vœu que j'accom- » plis aujourd'hui.* De quel droit prétendez-vous x> ni'empêchér da fortifier mon territoire ? ' Ap~ 9 prenez à votre prince que mes vues sont plus » grandes et mes forces plus redoutables que » celles des sultans mes prédécesseurs, qui se » sont laissés désarmer par votre* bassesse ou y> tromper par votre perfidie; je veux bien vous » accorder la vie; mais si Ton ose m'adresser » encore de semblables messages , ceux qui le » porteront seront écorchés vifs, pour que leur » châtiment réprime votre insolence. »
L'empereur alors, n'écoutant que son désespoir et ne consultant que son courage; voulut sortir à la tête de sa garde , charger les travailleurs et renveriser leurs ouvrages. Mais , dans cette ville où naguère on avait vu r lorsqu Amurat vînt l'assiéger , les hommes , les femmes, les vieillards , les enfens s'armer tous à l'envi , défendre leur patrie , leur cukè , et repousser avec gloire
du jÉÀs-EMiniifc. a&5
les musulmans, une lâche terreur remplaçait tout autre sentiment.
Dans cette immense capitale , l'empereur se montrait seul citoyen, seul chrétien, seul soldat ; le peuple , au lieu de le suivre en foule , se pro^ sternait à ses pieds pour le faire fléchir devant un maître; le clergé, qui devait bénir ses armes, ne s'occupait qu'à les arrêter* :
Ne pouvant combattre seul , il céda et demanda seulement au sultan de donner des sauvegardes aux moissonneurs grecs pour les défendre du pil-« lage ; le sultan le lui ptomit j «t en même temps par ses ordres on enleva tes moissons , on massacra les paysans.
Constantin alors , perdalit patience > fit jeter en prison tous les Turcs qui se trouvaient à Constantinople. Quelques jours après, fléchi par leurs prières , il leur rendit la liberté. Mahomet n'en Déclinai***
* . ' ' , ' de Constat
continua pas moins ses outrages, et l'empereur, Jj^**** 11 **
renonçant à l'espoir de rétablir une paix rompue,
perivit çn ces termes à son farouche ennemi :
a Nos traités, vos sermens, ma résignation mêmç
» ne peuvent m assurer la paix; je ne place plus
» ma confiance qu'en Dieu, il changera vptfe
» cœur ou vou&livrefra Gonstantinople. Je me soii-
y> mettrai à lui sams murmures; mais, tant qu'il
» n'aura pas prononcé json arrêt, je remplirai
» mes devoirs , Je défeftdm»â*en » peuple,, et )0 » sa y rai vai^çjrq qu «p^UriFfavecf lui J >>v i. Le 439cm de J^Htttâ* fié *tt«pdn$&| -m < i Un bât#pe$t v4rçuiflmtittreï* alors; dpae\të ca~> nal* U.re^ise sk pftyei; ferrait rréoffMrappi muft-hi"
fort 4e coupât ^j «ft^aKfiafof 01 * oaf∠uèut son équijtfge^st, ç^gvno* xuahof;) <"> * «oui. *
C^p^iy ii ^ p l^an^i^^tf4lfr^ ftèwfe*) Situai mpnumeai fofa, fof&t u$Q&*fa&4e f W#ûdsanœ acvivç dfy^kfofliflfct. ^JWweeWWb^ téestt oudces ay^t çté auss^, i^dç, t <pe>, #* parole* i jv-anl peu -de semrçii}çs, cuîi| i^lr ouyri^^ ol$g&, de &ù* cb^qu^p^r jpv^r ^W^ç^çe^M'^WrtfiQ^ avaient éteye efl piçypes , ce fqrfc ti^pgaUim^Ltépois$«ir de, ses i&ijrs était (Je treuW«ndei^ ( pie4#Atq»aU?éi ceijts hoipiqes ta defciMlaient^t-les*|(mtK)p»;»'qp bordaient t se? ççmp*rts ^ï^p^Q^f#|i^3piKlrt et à la capitale 4e i'QçipntqftVa ^wteaUL^paîtne leur était imposé. : ; i ,. f ;> Mo q <nbtr>;-»"
Cette jfprtçre^ç^ WW»4e MPT%lt»*MÇP»^ s'appeïa f^eçw Ifi YiefftT^â^pi. u«»;tûi^.|/ 1 (nvMlîê . L'heure fat&lç ^i^spnwfo ;< feies^CQ^Uw^ c^untl! tinople..$f5.vif inye?ftei)a^ ton^és^ Mafewrtet^ n °p ,r forte , dit-99 ,, $e trç^pe»* m&e tripes JrtM*
selon d'autr^ ,^ç^ ( , î 4q t c€«t I w < rW lte WÏteiiU» même temps ,îe ^^c;nvoy^ 4cs.uoup^A^^ ( Mo-
dc bas-empire: zbj
rèe et en Tnessalie pour contenir les despote». Démétrius* et Thomas. Caratzi-Pacha , avec un. autre corps> Rassura de Mésembrye , cTAnchiale, de Bizoa; ainsi Gonstairtinople , isolée, privée de tout approvisionnement , entourée d'ennemis féroces , se trouva séparée du reste de monde.
La gra»de*r majestueuse de cette rôlle , sa forte position , ses glorieux souvenirs , ses murs épais, ses menaçantes tours , ses fossés profonds , les deux mers qui hii «ervafent de défense et dont elle était le lien , les forts qui couvraient Te côte du continent la rendaient eneAre formidable ; trente ftris on 1 avait vue vainement assiégée , trente fois du haut de ses remparts elle avait mis en fuite d'innombrables armées de musulmans, 1 de barbares , et meendié leur flotte ; la discorde seule l'avait livrée aux Latins , mais tout , excepté son aspect, était changé : ce colosse n'avait plus d'âme; ces hautes murailles ne trouvaient plus de bras pour les défendre, ou ces bras, au lieu de s'étendre pour frapper l'ennemi , ne se levaient plus que Vers le ciel pour implorer sa pitié.
L'apparition d'une comète avait frappé de terreur les esprits abattus ; une prophétie supposée de Léon le Philosophe leur annonçait qu'ils devaient tomber sous un joug étranger, - d'autres prédictions leur promettaient un miracle.
Quelques visionnaires montraient un décret tome 10, 17
a58 HISTOIRE
tombé , disaient-ils h du cLel ; selon cet ordre leste , on devait laisser entrer fe* Turcs jusqu'à la colonne de Justimsp; alor£ uaapge armé d'une épée flamboyante viendrait les* exjbçngnner*
Ainsi une* funeste et pu&ita superstition afefforçait de désarmer la vaillance et de justifier la lâcheté; la, caducité des peuplas ceeggmhle àltur enfance , r leur faiblesse s'appuie sjttr des fables et des prestiges.
lapant* Cependant Constantin.,, mêjtrmnt le* pnédào- Constantin, upns de cep momes. teuauqrws ^ les ; imuanures d'une soldatesque timide. et les crîsd'unerpopurlace séditieuse, remplissait activement lé jour et la nuit tous les devoirs dW citQy/Bn r d'uo guerrier. , d'un g^iéral et d'un empereur.
Par ses ordres, les mur* des deux enceintes far rent réparés, les remparts furent garnis de canons, de feux grégeois > de catapultes, de balistea , ou tendit depuis la tour de «la* ville, jusqu'à celle de Galata une grosse chaîne de fer , derrière laquelle on avait, placé un grand nombre dé galères ;grec-ques , génoises , et si* navires vénitiens» peur défendre lent rée du portt
Tout le matériel de la guerre se préparant avec un aspect imposant, mais il fallait des! hommes pour l'employer , et la. Grèce n'en dv<àit- plus*
Un dénombrement, ordonné # ppr Fempera*r montra la capitale peuplée de deux cent mîNe
DU iJAS-^MPIBE. 2.^9
hàbîtàns, et, lorsqu'il fallut compter les courages, on he trouva qu'é quatre mille neuf cent soixantedix combattans, dignes de porter encore, comme ils le prétendaient , lé nom de Romains. Deux mïfle étfaAgérë Joignirent leurs armes à ce petit âohiftlte dè\ braves .; ainsi l'héritier des Césars, potiï* défeiidré f empire , hé put rassembler au fîett d'aririéé qu'une troupe a peiné égale à celle qui suivait Séahderberg dans les montagnes d'Àl- Banie.
Les généraux qui secondèrent Constantin dans ce grand désastre furent le grand duc Lucas Noteras', Déniétriùs Catitacuzêne , Nicéphore et Théophile, toiis deux ^aléologue ; enfin Théodore CaristiniusV vieilWd doué d'un grand courtage et d'une force singulière.
Parmi lés étrangers qui, dans ces jours de deuil et de rfiine , bravèrent la mort et* trouvèrent la gloire, furent les vénitiéiïs Contarini, Loredano, Gabrillî', Trévizariô , Battista Griûi , le bayle ou consul' des Vénitiens , Girolàmmo Mignotto , le consuldès Catalans, Pedro Juliane, enfin Orcan Céléby , prince mâtiornétari , dont une haine personnelle animait' la vaillance.
Geôi*gés*Dôrià", sous lés ordres du grand diic, commandait la marine; ùri Génois, appelé Jean Justiniaiii, fut nommé par l'empereur, général de toutes les troupes.
Tous se partagèrent les cïifférens postes ; le cardinal Isidore , arrec clés» soldats italiens , fît briller sa mitre parmi les casque» des bravée : depuis long-temp6 les prêtre* catholiques avalteùt'contracte , soit par le souvenir '<iôs fïérôs'dfe 'Rome leur capitale, sok par l'esprit chev'ale+ëscjiiè de l'Europe „ soi* p*f la fblie riiilieairé J et religieuse des crois&de*, - l'habitude ^>eÀ ^Vartgélique de répandre sans scrupule te sëng des infidèles , ' et de soutenir \» cause du ciel avec les- armes terrestées* luroite A u moment où ce petit nombre de braves se tSHSn^ dévouait au salut de l'empire, la fureur populaire ÎLoi£ rim éclate de nouveau; on court en foule consulter Gennadius, moine fanatique > que le peuple regardait comme un oracle ; plongé dans ses extases, il ne permet pas l'entrée de sa cellule, mais, semblable à l'antique Sibylle , il écrit sa réponse sur des feuilles qui passent rapidement de mains en mains, « Misérables, disait-il, vous fuyez la vérité » pour suivre l'erreur ! incrédules Romains! Vous » fermez vos portes qu'un décret céleste voua » ordonne d'ouvrir ! Au lieu d'attendre les armes » divines de l'ange qui doit vous protéger, votis » placez votre confiance dans le faible courage d des hommes 1 Vous faites plus : vous acceptez » le secours des perfides Latins , vous vous unissez » à une église idolâtre i
DU BAS-EMPIRE. 4 %6l
» Je vous le déclare, vous perdez votre patrie
» Sçi^e^r, ^y^pitie (^ iiK>iJ je proteste de- » yagt ^p^jq^ej^ji^i.point de pai* à Ce crime. » Miserais ^^i^^ ; arneteft-vous J repentez- » vous I jœ yçne& <à '& foi > de vob pères ! -votre ligue O). avec l%mpi^t^ ^est i'aijré* qui'vôûs eondamne au » joug d'vrçve servitude étrarigipe. » - '
Echauffç par ces ; paroles, le peuple «8 soulève; les uns accablent le monarque d'injures ; les Mitres maudissent le pape Qt ses, pré très ; tous refusent leurs bras et leur argent a ie*urs défenseurs.
IJn grand nombre d'hommes riches et de nobles, couvrant leur a\arice et leur lâcheté du voile de la religion , désertent la ville et empor*tent avec eux leurs trésors y qui auraient pu sauver la patrie^.
, Cette frénésie pénètre dans les paisibles monastères j y les vierge^ saintes ^ abjurant leur modestie et n écoutant que les inspirations de Gennadius, se révoltent et rompent toute communication avec les prêtres soumis aux Latins.
Partout on n'entend que dep cris contre le pape , contre la guçrre , et contre le cuite des Azymites ; ce délire funeste agita les esprits 1 jusqu'à la fin du siège y et la voix des maJiométana Vainqueurs fit seule succéder au tumulte de la sédition Je silence de la terreur.