‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 33 sur 45 · J& ' HISTOIRE · texte numérisé non relu

J& ' HISTOIRE

également dans les palais, dans les cafaanes, dans les monastères ; elle engloutit les ttéàbrs de plusieurs siècles.

. Cette scène de désolation et de pillage dura deux jours ; enfin, rassasiés -de sang et gorgés d'or , les vainqueùfs dans leur délire portaient déjà la hache destructive sûr tes édifices publics, mais Mahomet pafat ; sa voix Redoutable commanda le silence et rétablit Férdre; il accorda la vie et la liberté à tous les chrétiens échappés aux calamités de ces journées saïiglafates. La sécurité rentra dans les a&lès domestiques; les vaincus obtinrent la liberté du culte ; un tribut fut le prix de leur repos, si on peut donner ce nom aune humiliante servitude. '

Mahomet voulut seulement que la magnifique église de Sainte-Sophie, nommée par les Grecs le second firmament, devînt, après avoir été purifiée par des parfums, la principale mosquée des musulmans. En même temps, pour satisfaire la piété des Grecs , il leur laissa nommer un patriarche 7 l'investit lui-même de sa dignité , et lui accorda les privilèges dont ses prédécesseurs avaient joui sous le règne tlès Césars. L'élection tomba sur Gennadius, ce moïnfe fanatique , éternel flambeau de discorde entre les Grecs et les Latins.

On ignorait 'eneûtte le sort deTeinpereur ; enfin ses btodequibs de pourpre firent reconnaître , au

DU BÀS-EMP1JIE. 379

milieu d'ufle foule de morts , ses restç^défiçitfé^ Mahomet fit placer ^ur le, haut de la colonne 4e, Justinien la tête de ce prince infortuné v trophée affreux (Je sa victoire , et son corps embauma fut envoyé par lç sultan à tous }çs princes de l'Asie. . , En va \n les autews arabes,, et Voltaire trouve par eux , s'efforcenjt d'atténuer lçs horreurs commises par les Turcs et tolérées par MahomeV dans le sac de Coj^tantinople : sans adopter les fables inventées par la hainç^es Grecs, CQipmo çeljç dlrèpe que M^omei;^p^, t *iflft# ^Wdûment, et à laquelle il trawfra lui-même la tête afin d'apaiser le* murmures de*- janissaires et pour Iomt prouver qu'il était toujours prêt à tout leur sacrifier,; sans ajouter foi au oostte absurde des quatorze pages éventcés par le sultan ptitëir découvrir celui d'entre eux qui avait mangé un melon, trop d actions incontestées ont fait assez connaître la férocité de Mahomet , les tices qui soiiillàient ses grandes qualités et fetf malheurs, qui! fît éprouver à l'empire. Un fdit évideht réfute ' ces

apologies que dïctèreîit ïôiig-tèmps ajirèsçi Canr

• ■ 4 '• ■ v : i ' * ■ •-• '•'•* * " '■*!'."'• I: « tenur la crainte et la flatterie ; il est certain que

la ville de Constantin se trouva tellement dépeuplée après le siège \ que ]\jlésembrie et plusieurs autres villes de là Homanie furent contraintes par le sultan à fournir chacune cinq caille hahitans

ajBo ^"HISTOIRE

pour repeuple** la etfpiufte, et dafts la suite ïè* autresxitésî conquises Sdaïis la Grèce par Mahctaer se tirent soumises à la même obligation. '

Eli "peu dVrinées lés àrrùék de Mahomet subjuguèrent le reste dè^empiré; ëè suïtàn dissimulé rassura d'abord lès prhtèés tributaires par des protestations *pâdfequeà/îîué T f^§5t ne farda pas à démentir: Leg&nd duc NotafàsKïéôlôgue, rendu à la liberté, 'conserva quelque temps les immenses richesses que Mahrinét lui reprochait avec mépris de Savoir pas sacrifiée^ pour le saltjt de sa patrie ; dans la 'Butter sa fille fut enlevée et conduite au sérail ^oivfils, menacé d\m outrage infâme, préféra la mort à la hoçte : il fut décapité avec son père. Les en&ns de Phraniès éprouvèréi* le même, sort. Les Comnèpe f traités momentanément comme V3f^aux > perdirent bientôt le trône a et la vie. -,

Démétrips et Thomas , frères de Constantin ,' régnèrent quelques temps dans la Morée; animés de cet esprit de discorde j fatale cause de la ruine des Grecs , ces princes se disputaient les armes à la main les derpières dépouilles de leur famille. Le sultan fomenta leurs dissensions ; Thomas , obligé de céder , chercha un asile en Italie , où il finit ses jours. Démétrius se vit contraint, sous le prétexte d'un mariage qui n'était qu'un opprobre déguisé i de livrer sa fille 'au sidtari ; elle

«mra dans le sérail : setûot fut Athènésy Cotinthe et la M orée. . i- « J,vl ! :î; " '

Le sort délivra Mahomet de Huniade, sauveur de la Hongrie 3 le sultan, en appreiiaïit sa mort, se plaignit avec orgueil (le ^tfvoir pliis à dombatlre d'ennçjziis digues de sop courage. ' ' '

Cependaùt Scàndetlwg. existait ehcôrè ' *' citait le seul monument .vivantrde l'ancienne gloire de la < Grèce ; ses armes repoussèrent constamment les efforts redoublés des Turcs. Mahomet luimême , à la tête de ses, terribles janissaires , fut vaincu par cet intrépide guerrier. Mais Seanderbçrg, prévoyant qu'il ne pourrait résister longtemps à tout l'Orient armé contre lui, se rendit en Italie pour solliciter Fasisistance dés grinces chrétiens; il mourut dans les Etats de Venise : la . gloire de ce héros fat couronnée par l'excessive joie que le conquérant de la Grèce laissa éclater à la nouvelle de sa mort.

Ainsi peu d!années consommèrent la révolution w»

fin second

qui renversa l'empire d'Orient; les grands, les*"**** 1 * ambitieux , les personnages les plus opulèns de la Grèce, plusieurs Paléologues mêmes embrassèrent la religion du vainqueur; une partie de la population les imua , l'autre resta tributaire et opprimée. Le despotisme et l'ignorance plongèrent dans les ténèbres ces belles contrées ; la civilisation ,

^%) fllSTOUUB DO bÀ*-EBU>IRE.

qédaj^f àJa barbarie * disparut de l'Asie et de la Grèce, son premier berceau.

. Les muses éplorées se réfhgièrent en Italie, et trouvèrent un premier asile dans le Vatican j enfin le. génie des lettres et des arts, après avoir 1 péri dans les flammes de Constantinople , renaquit de ses cendres comme le phœnix pour jeter en Europe un éclat ptas bridant el pU* dàrable.

FIT! DE h HISTOIRE DU BAS-EMPIRE pT DiJ TOJflE DIj&^M?.

,r ' i , " i u. , i iii'u ii 'i i iiiasessaças *', t„y \ : u iiaium

Page 1