‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 7 sur 45 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

Election de Pierre de Courtenai. — : Son départ de France. — Son arrivée et son couronnement à Borne. — Sa défaite et sa captivité an siège de Durazzo. — Son chagrin et sa mort. — Election de Robert de Courtenai.

PIERRE DE COURTENAI , empereur français ; THÉODORE LASCARIS , empereur grec. (An 1216. )

Election OUIVANT les coutumes anciennes, le trône était conrtenai. électif; l'hérédité , seule base de la stabilité des grands Etats , s'établit tard partout , parce qu'il est difficile de forcer les passions à consulter l'intérêt public et à écouter la voix de la raison. Cependant y en Orient comme en Occident y les suffrages des électeurs se portaient le plus souvent sur un prince de la famille régnante. Les barons français donnèrent le sceptre à Pierre de Courtenai, comte d'Auxerre , petit-fils de Louis-le-Gros et beau-frère de l'empereur Baudouin dont il avait épousé la sœur Yolande.

Dès qu'il fut instruit de son élévation , il partit

de France à la tête de cinq mille hommes , tra- ^"^f"' versa l'Italie , se rendit à Rome, reçut la couronne son «mfé«

* «t «un cou-

imperiale des mains du pape, et donna au jeune ™£V" mat M ontferrat l'investiture du royaume de Thessalonique.

Yolande et ses enfans partirent seuls pour Constantinople , où ils arrivèrent sans obstacles* L'empereur , moins heureux , trouva sur son chemin les fers et la mort.

Ayant promis aux Vénitiens de leur rendre e f*J^,7 Durazzo, dont Théodore, despote d'Epire, s'élait ioïïÏÏST emparé, il investit celte placé; les Grecs l'attaquèrent et le contraignirent à lever le siège ; engagé témérairement dans les montagnes d'Albanie, il se vit bientôt enveloppé par la nombreuse armée des Epirotes, maîtres de tous les défilés; eu vain il opposa le courage au nombre, ses troupes furent taillées en pièces, et Théodore vainqueur l'emmena prisonnier avec le légat du pape, le comte de Sancerre et quelques chevaliers échappés au carnage.

Lorsque la nouvelle de ce désastre retentit dans l'Occident, le roi de Hongrie, beau -frère de Courtenai, fit de vives démarches pour obtenir du prince d'Epire la liberté de ses captifs. Le pape fit prêcher en France une nouvelle croisade , dont le chef fut Robert de Courtenai, frère de l'empereur et grand boutillier de France.

S*6 HlSTOlHE

Le despote d'Epire , après avoir vaincu les Français par la force , désarma le saint Siège par son adresse. Flattant l'orgueil de la cour de Rome, il feignit de se soumettre à son autorité, et rendit la liberté au légat ; le pape satisfait défendit aux croisés d'entrer sur les terres d'Epire.

Les Vénitiens conclurent avec ce prince une

irève de cinq ans. Pierre de Gourtenai, toujours

réclamé, jamais secouru, succomba au chagrin

et mourut dans sa prison *•

ck<Jtact Yolande, nommée régente, ne lui survécut

MBort. q^um 3JIJ c H e ava i t quatre fils; l'aîné, Philippe,

fut élu empereur. Les barons confièrent la régence à Conon de Béthune; Philippe refusa le sceptre et préféra son tranquille comté de Namur à un je E {uîiert empire orageux; son oncle Robert fut élu à sa ^courte- p] ace . jj hésitait à se charger d'un si lourd fardeau. Louis VIII , roi de France , le décida à Faccepter **.

* An 1218.

** An 1220.

Page 1