CÉCROPS
( An du monde 2448. — Avant Jésus-Christ i556. )
c , Cécrops , né dans la ville de Sais, en Egvpte,
Son règne * "
heureux. iua jes bords du Nil pour échapper au joug d'un vainqueur inexorable. Après de longues courses sur la mer , il débarqua avec ses compagnons sur les côtes de l'Atlique, pays habité de temps
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immémorial par un peuple sauvage que les hordes errantes de la Grèce n'avaient jamais été tenté de subjuguer. Sa pauvreté fut sa première égide. Cette contrée stérile et peu peuplée n'excitait ni crainte ni avidité. Les Athéniens , plus grossiers que barbares, accueillirent sans défiance les étrangers malheureux qui venaient leur apprendre à connaître les jouissances de la vie sociale. Bientôt les Athéniens et la colonie égyptienne ne formèrent qu'un seul peuple; mais la supériorité <}es lumières assura la domination des Africains ; et Cécrops , choisi pour roi par les deux nations réunies, justifia leur choix par le bonheur dont il fit jouir ses sujets. Les anciens habitansne se nourrissaient que de glands; Cécropsleur apprit à se nourrir de grains. La charrue força la terre àdevenir féconde ; l'olivier vint se naturaliser dans l'Attique ; une foule d'arbres fruitiers , jusque là inconnus , ombragèrent les moissons et les couvrirent de fruits. 11 soumit le mariage aux lois ; ses règlemens, en créant les devoirs , firent à la fois naître les vertus et les plaisirs. Les liens des familles commencèrent les liens de la société , et les hommes , autrefois isolés, aimèrent d'abord leurs foyers, et bientôt leur patrie.
On adorait autrefois les astres , les forêts et les montagnes. Les Egyptiens firent adorerleurs dieux
a(i CÉCROPS.
dans l'Altique, el consacrèrent la ville d'Athènes à Minerve , comme Argos l'avait été à Junon , et Thèbes à Bacchns.
Pour inspirer l'humanité à ces peuples barbares, le législateur égvptien ordonna d'honorer les morts, de les enterrer avec pompe, de consacrer par des éloges le souvenir des hommes vertueux , et de flétrir la mémoire des médians. Il établit un tribunal dont la sagesse fut long-temps célèbre ; jamais on se ne plaignit d'un jugement de l'aréopage- Il eut la gloire de faire connaître la justice aux Grecs. Pour remédier à l'aridité du pays , dont la population devait s'accroître rapidement, il forma ses sujets à la navigation, et bientôt les blés apportés d'Afrique assurèrent des subsistances abondantes à ce nouveau peuple.
Ses Les successeurs de ce sage roi furent Cranaùs ,
Amphictyon, Ericthonius , Pandion I", Erecthée, Cécrops II, Pandion II , Egée, Thésée, Ménesthée, Démophoon, Oxynthès, Phidas, Timéthès, Mélanthus et Codrus.
Si les institutions de Cécrops durèrent longtemps, sa postérité n'eut pas le même bonheur. Cranaùs fut chassé d'Athènes par Amphictvon Ier, et par Hellène , prince de Thessalie et fils de Deucalion. La fable place le déluge de Deucalion au temps où vivait Cranaùs. Un plus ancien déluge,
successeurs.
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celui d'Ogygès , avait eu lieu en Grèce long-temps auparavant * . Quelques auteurs prétendent que ce fut Hellène le Thessalien qui donna son nom aux Grecs, nommés Helléniens.
Amphictyon devint célèbre par une alliance Conseil qu'il forma entre plusieurs villes de la Grèce , que vhlctyoiiSles uns portent au nombre de douze , et les autres de trente et une. Ces peuples confédérés envoyaient des députés deux fois par an aux Thermopyles pour délibérer sur les affaires publiques : leur réunion s'appelait le conseil des Amphictyon s; il jugeait tous les différends des peuples et des villes , et veillait à la défense du temple d'Apollon à Delphes. Cette institution, qui nous donne le premier exemple d'une confédération et d'une sorte de gouvernement représentatif, conserva beaucoup de force , d'indépendance et de crédit, jusqu'au temps de Philippe , roi de Macédoine , qui en brigua la présidence pour en faire un instrument de son ambition.
On croit que ce fut sous le règne d' Amphictyon que Bacchus, qu'on nommait aussi Dion vsius , vint des Indes dans l'Attique. Il enseigna aux Grecs plusieurs arts , et entre autres celui de cultiver la vigne. Sa gloire excita l'envie : les Athéniens atten-
\n du monde 2200. — Avant Jésus-Christ 1796.