ROYAUME DE THÈBES
Cadmus , premier roi. — Ses successeurs. — Règne d'Amphioa — Invention de la lyre. — Règne de Laïus. — Naissance d'OEtlipe. — Son parricide. — Le Sphinx. — Son énigme. — Inceste d'OEdipe. — Son affliction, sa cécité et son exil. — Règnes d'Etéocle et de Polynice. — Leur mort. — Xantus , dernier roi de Thèbes.
Cadmus, premier roi de Thèbes , fils d'Agénor , et cousin d'Egyptus et de Danaùs , voyagea pic d abord à Tyr, et conduisit en Grèce une colonie phénicienne , sous prétexte de chercher sa sœur que Jupiter avait enlevée. Il s'établit en Béotie , y
Cad mus.
micrroi.
iuccessenr».
bâtii Ja ville1 de Thèbes, et sa citadelle qui porta le nom de Cadmée.
ses Poiydorej Labdacus et Lycus lui succédèrent.
Polydore fut déchiré par les bacchantes. Une mort prématurée termina les jours de Labdacus : il ne laissait qu'un fils dont le berceau était entouré d'ennemis; ce fils se nommait Laïus. Le royaume fut gouverné par Lycus qui s'empara de l'autorité royale.
Sa femme Antiope , séduite par Jupiter , en avait eu deux enfans, nommés Amphion et Zéthus. Le roi, irrité des désordres de cette femme coupable , qui prétendait les couvrir par son intimité avec le maître des dieux, la répudia et la Rè?ne chassa de son palais. Les fils la vengèrent : ils pri- °' rent la ville de Thèbes, dont Amphion se déclara roi. Sa douceur et son éloquence charmèrent ses sujets ; leur attachement légitima son usurpation. 11 agrandit la ville et bâtit des temples. invention A îuphion fit entendre en Béotie les premiers accords de la lyre; les poètes prétendirent que les pierres mêmes , sensibles à ses accens , venaient se range r à sa volonté pour élever les édifices de Thèbes. Règne Cependant Laïus, fils de Labdacus, réclama
de Laïus. , -, r
ses droits au sceptre paternel : ses armes turent heureuses; il battit Amphion, le chassa de ses liiats et remonta sur son trône.
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Après cette victoire il épousa Jocaste , fille de Naissant Créon , prince thebain. Cette union devint la source des plus grands malheurs pour ce monarque et pour sa famille. Effrayé par un oracle qui lui avait prédit que son fils trancherait ses jours , il fit exposer sur le mont Cythéron l'enfant de Jocaste , qu'on appela OEdipe , parce que ses pieds s'étaient enflés lorsqu'on l'avait lié et suspendu aux branches d'un arbre. Un berger lui sauva la vie , et le conduisit à Corinthe, où il fut élevé.
Lorsqu'il eut atteint l'âge viril , comme il par- Son
parricide.
courait la Grèce pour chercher des aventures , à l'exemple des héros de ces temps barbares, il rencontra son père dans la Phocide , le combattit sans le connaître, et le tua.
Créon, frère de Jocaste, prit les rênes du gou- LeSphinx. vernement. La Béotie était alors désolée par une guerre civile qu'excitait une fille naturelle de Laïus, nommée Sphinge. La fable en fait un monstre ailé, moitié femme et moitié dragon , qu'on appelait Sphinx. Il égorgeait tous ceux qui ne pouvaient deviner le sens obscur de ses paroles.
Créon , effrayé , fit publier qu'il donnerait le son éD;5me royaume et Jocaste à celui qui expliquerait l'énigme du Sphinx. OEdipe se présenta : le monstre lui demanda , dit la fable , quel était l'animal qui marchait à quatre pieds le matin , à deux au milieu
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du jour , et le soir à trois. OEdipe devina que c'était l'homme. Il combattit ensuite le Sphinx, ou plutôt Sphinge, et l'immola.
d'Œdipe. Créon tint sa parole : OEdipe régna et devint l'époux de sa mère. Le ciel , irrité de cet affreux hymen , répandit dans la Béotie une peste qui la dépeuplait. Ou consulta l'oracle , qui déclara que la peste cesserait lorsqu'on aurait banni de Thèbes le meurtrier de Laïus.
aiîiktion, Après beaucoup de recherches, OEdipe dé-
sa cécité et
son exii. couvrit à la fois son inceste et son parricide. Se trouvant lui-même indigne de voir le jour , il s'arracha les yeux et s'exila : Jocaste se donna la mort.
d'ÉtcociTrt Deux jumeaux, Etéocle et Polynice, fruits de cet hymen funeste, et dont les combats, dit la fable, avaient commencé dans le sein de leur mère , convinrent d'abord de régner alternativement.
Etéocle monta sur le trône , mais lorsque l'année fut expirée , il refusa de céder le pouvoir à
son frère.
Polynice appela à son secours Àdraste , roid'Ar-
gos , Tydée , Amphiaraùs , Ca panée , Hippomé-
don , Parlhénopée et Thésée. Ces princes alliés
firent le siège de Thèbes , qui eut lieu trente ans
avant la guerre de Troie. Il fut long , opiniâtre et
sanglant. Presque tous les chefs des deux partis y
périrent; enfin , dans une bataille générale , Etéocle