HISTOIRE ET GUERRE DE TROIE
Sa position. — Origine des Troycns. — Dardanus , premier roi.
— Ses successeurs. — Règne de Priam. ■ — Causes de la haine des Troyuus et des Grecs. — Naissance de Paris. • — Enlèvement d'Hélène. — Guerre de Troie. — Mort de Palamèdc par l'artifice d'Ulysse. — Retraite d'Achille. — Mort de Patrocle.
— Retour d'Achille. — Mort d'Hector. — Mort d'Achille et de Paris. — Prise de Troie après dix ans de combats. — Cheval de Troie. — Fuite d'Enée. — Fin du premier âge de la Grèce.
Sa position. Le royaume des Troyens, placé sur la côte d'Asie, à l'opposite de la Grèce, était déjà célèbre par son opulence, par le courage de ses guerriers, et par ses liaisons avec le puissant empire d'Assyrie. Troie brillait alors dans l'Asie, comme Argos et Mycène dans la Grèce. Priam régnait en Troade; Agamemnon , petit-fils d'Atrée , en Argolide. Celui-ci avait réuni récemment à ses Etats Corinthe, Sicyone et plusieurs autres villes. Ménélas son frère, époux d'Hélène, héritait du royaume de Sparte; et tous deux, maîtres de la presqu'île , qui tenait son nom de Pélops leur aïeul, exerçaient une grande influence sur toute la Grèce. Origine On croyait généralement que les Trovens
des Troyens J T J
tiraient leur origine des Grecs, et que leur premier roi Dardanus était né en Arcadie. Ce qui est
constant, c'est que les deux peuples adoraient les Dardant,
. A . premierroi.
mêmes dieux, suivaient les mêmes lois , parlaient la même langue , et qu'il n'existait aucune différence entre leurs mœurs et leurs armes.
Les principaux successeurs de Dardanus furent scs
, successeurs
Ericthonius, Tros, Ilus, Laomédon et Priam. Le nom d'Ilium venait d'Ilus; celui de Troie, de Tros. Priam avait épousé Hécube, fille d'un roi Règne
de Priam.
de Thrace et sœur de Théano, prêtresse d'Apollon; cinquante fils furent le fruit de cette union. Priam, entouré d'une famille si nombreuse , vainqueur de ses ennemis, chéri par ses alliés, respecté dans toute l'Asie , avait donné à sa capitale un nouveau nom, celui de Pergame. Ses murs, renversés précédemment par Hercule , venaient d'être relevés ; et Priam, à la fin d'un règne long et glorieux, était loin de prévoir la perte de ses États , l'embrasement de sa capitale et la destruction de sa famille. Mais tel est le sort des prospérités mortelles ; le moment qui précède leur ruine est souvent celui de leur plus grand éclat. Plusieurs causes amenèrent cette grande catastrophe.
Depuis long-temps la maison de Priam et celle Causes de
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a Agamemnon étaient aigries lune contre 1 autre Grecs et de»
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par le souvenir d'outrages réciproques restés impunis, et qui excitaient entre elles une haine miplacable.
Tantale, bisaïeul d'Agamemnôn, régnant autrefois en Lydie, avait retenu dans les fers un prince troyen nommé Ganymède. Tros, vengeant cette injure, avait chassé d'Asie Tantale et Pélops, qui furent obligés de chercher une autre fortune dans la Grèce.
Laomédon , voulant embellir et fortifier sa capitale, s'était servi d'un trésor déposé dans les temples d'Apollon et de Neptune. Bientôt une peste terrible ravagea la Troade : les prêtres attribuèrent ce fléau à l'impiété du roi. L'oracle déclara que Laomédon ne pouvait apaiser les dieux qu'en exposant sa fille Hésione à la fureur d'un monstre marin .
Hercule, de la race des Pélopides, arrivait alors à Troie. Il promit de délivrer la princesse, et en effet il extermina le monstre. Hésione devait être le prix de ce service; Laomédon la lui refusa. Hercule furieux saccagea le pays, renversa les murs de la ville , enleva Hésione , et la conduisit dans le Péloponèse.
Enfin un dernier attentat fit éclater la haine des deux peuples , et excita tous les Grecs à prendre les armes contre les Troyens.
Nai^ce La reine Hécube , au moment de donner le iour à Paris , avait rêvé qu'elle accouchait d'un tison qui embraserait la ville de Troie. Priam, effrayé de ce
songe , donna l'ordre d'exposer et d'abandonner son enfant sur le mont Ida. 11 fut sauvé par des bergers qui Tclevèrent. Doué d'une grâce et d'une beauté singulière, il osa, dès qu'il fut devenu grand, reparaître dans les murs de Troie. Priam le reconnut : la tendresse l'emporta sur la crainte ; il le reçut dans ses bras.
Peu de temps après Paris se rendit en Grèce Enlèvement
d'Hélène.
dans le dessein de voir sa tante Hésione, qu'Hercule avait enlevée, et qu'il avait fait épouser à un prince nommé Télamon.
Le mariage de Ménélas avec Hélène attirait alors beaucoup d'étrangers à Sparte. Paris y vint: les charmes d'Hélène l'enflammèrent ; la beauté du prince troyen séduisit la jeune reine de Sparte : Paris , entraîné par son amour et par le désir de venger l'insulte faite à Hésione, enleva Hélène et la conduisit à Troie.
Ménélas, furieux, implora le secours d'Agamemnon, son frère, qui trouva le moyen de faire partager son ressentiment à tous les princes grecs, qui regardèrent l'enlèvement d'une femme comme une insulte faite à la Grèce par l'Asie : la ruine d'Ilion fut résolue. Si quelques rois hésitèrent à s'engager dans une entreprise si périlleuse, et qui devait coûter tant de sang, ils furent entraînés par l'éloquence du vieux Nestor , roi de Pylos ; par