SECOND ACE
la prit, et réduisit tous les habilans en servitude : ils furent condamnés aux fonctions les plus pénibles. Dans la suite les Lacédérnoniens occupèrent les Ilotes à labourer leurs champs, sans les affranchir de leur esclavage.
Tandis que dans les autres contrées de la Grèce la tyrannie des princes faisait naître l'amour de la liberté, elle naquit chez les Spartiates de la faiblesse d'un de leurs rois nommé Eurypon : le peuple en abusa ; l'autorité monarchique s'affaiblit, et le désordre la remplaça.
origine de Son successeur, le roi Eunome, laissa en mou-
Lycurgue.
rant deux fils qu'il avait eus de différens lits ; 1 un s'appelait Polydecte , l'autre fut le célèbre Lycurgue. Polydecte mourut sans enfans; mais sa femme Sa magna- était enceinte. Lycurgue déclara que la royauté appartiendrait à l'enfant qui devait naître , si c'était un fils ; il ne voulut gouverner le royaume qu'en qualité de tuteur.
Cependant la reine lui fit dire secrètement que , s'il voulait lui promettre de l'épouser quand il serait roi , elle ferait périr son fruit. Celte odieuse proposition fit frémir Lycurgue ; mais il dissimula l'horreur qu'elle lui causait , différa de répondre , et gagna si bien le temps par ses artifices, qu'il la trompa jusqu'au terme de sa grossesse.
nimite
Quand l'enfant fut né on l'apporta prompte- Naissant
, ..,.,,,., do Chari-
mcnt a Lycurgue, ainsi qu il 1 avait ordonne : il le laiis déclara publiquement roi, le nomma Charilaùs , le fit nourrir avec soin , et confia son éducation à des hommes qui pouvaient répondre de sa sûreté.
Cependant le plus grand désordre régnait dans l'Etat; l'autorité des rois était de jour en jour plus méprisée , et le frein des lois ne pouvait plus réprimer la turbulence du peuple. Loin de rendre justice à la vertu de Lycurgue , la multitude , égarée par la reine qui le haïssait, l'accusa de tramer une conspiration.
Il en méditait en effet une bien glorieuse ; la régénération des lois et la réforme des mœurs.
Plein de cette grande idée , et voulant acquérir voy»Pesj«
1 i • 1 • • , Lycurgue.
les lumières qui lui manquaient pour exécuter ce vaste dessein , il s'éloigna de Sparte et voyagea en Crète et en Egypte, afin d'étudier la législation des deux pays les plus célèbres alors par la sagesse de leurs lois.
Il parcourut aussi l'Asie, où il rassembla les ouvrages d'Homère, alors dispersés par fragmens, et chantés dans les villes d'Ionie par quelques musiciens qu'on appelait Rhapsodes.
Après avoir examiné les réglemens et les coutumes de tant de contrées diverses, il créa un système de gouvernement si extraordinaire et si