ARCADIE
Gouvernement des Arcadicns. — .Leurs mœurs et leur caractère. — Beauté de ce pays. — Trahison et mort d'Aristocrate, dernier roi.
Cette nation , divisée en peuples peu nombreux , Gowfflw*
1 A l ' ment des
conserva long- temps les petits rois qui les gouver- Arcadiens* naient; mais enfin la nécessité de se défendre contre des États plus puissans les força de se
nH ARcxnn..
réunir et de se former en république. Leurs villes Leurs les plus eélèbres lurent Tégée et Mantinée. Leurs
mœurs et
leur cavac- mœurs étaient douées, et leur vie pastorale: courageivx connue les autres Grecs, mais moins ambitieux, ils défendaient plutôt leur bonheur que leur gloire.
A l'honneur de passer pour les plus anciens habitans de la Grèce, ils joignaient celui d'être regardés comme les plus invincibles.
L'oracle avait déclaré aux Lacédémoniens qu'avee le secours des dieux mêmes ils ne pourraient soumettre un peuple aussi frugal.
Beauté Le tableau riant que présentaient les plaines
de ce pays. *
fertiles, les fraîches vallées, les sources limpides et les riches troupeaux de l'Arcadie fut souvent tracé par les peintres les plus habiles et par les poètes les plus célèbres. On admirait les autres peuples; on aimait les Arcadiens.
En décrivant les danses de leurs bergers, leurs fêtes champêtres, en répétant leurs chansons pastorales , on éprouvait , on inspirait le désir d'habiter ce beau pays qu'on pouvait nommer le temple de la nature et des vrais plaisirs. Le voyageur qui s'en éloignait en conservait un doux souvenir, et répétait ces mots, inscrits par un peintre ancien sur le tombeau d'une jeune bergère. « Et moi aussi » j'ai vécu en Arcadie ! v>
Ce peuple hospitalier et vertueux était sévère Tiai.îson
etmortd'A-
contre le crime. Le dernier roi d Arcadie , nommé rat*»**. Aristocrate , trahit les Messéniens , ses alliés , et les livra aux Spartiates. Les Arcadiens le firent mourir, jetèrent son corps hors de leurs limites, et placèrent sur une colonne cette inscription : « Le » lâche, en trahissant les Messéniens, a mérité » son sort; la perfidie n'échappe point au châ- » liment. »
Sa renommée pour les jeux olympiques. — Son gouvernement. — Prise et destruction de la ville de Pise. — Fondation des jeux olympiques par Pélops. — Leur description. — Force de Alilon de Crotone. — Sa mort.
a renommée pour
La religion rendait le territoire de l'Élide sacré s
1 1 1 j~% *nèe pour
pour tous les peuples de la Grèce : les jeux olym-les >eus °
' J lympiques.
piques s'y célébraient. De toutes parts on voyait accourir à Olympie les rois, les sages, les poètes etles guerriers. Tout homme doué d'un rare talent, d'une grande force , ou d'une extrême légèreté , tout écuyer habile dans l'art de conduire des chars et de dompter des coursiers , venait en Élide disputer une couronne qui donnait l'immortalité et
Son gouvernement.
qu'on croyait recevoir de la main des dieux ; car l'imagination vive des Grecs les portait à penser que toutes les divinités de l'Olympe , partageant leurs passions, quittaient leurs ce'lestes demeures pour présider aux jeux qu'on célébrait sur les rives de l'Àlpliée.
Ainsi l'Elide ne devait ressembler à aucun pays du monde : la guerre ne pouvait la troubler ; chacun déposait les armes en entrant sur ce territoire sacré. La politique de son gouvernement n'avait ni invasions à craindre , ni alliances à rechercher.
Tous les autres peuples augmentaient les richesses de ce pays par les tributs qu'y versait l'ambition des prétendans à la gloire olympique .
Cette nation paisible conserva long-temps des rois de la race d'Iphitus ; mais l'exemple des autres contrées , et l'esprit général de la Grèce y établirent enfin la démocratie. L'Etat connut alors les dissensions intestines; chaque ville soutint ses prétentions à la supériorité : celle d'Elis obtint la suprématie; mais les habitans de Pise, située au nord de l'Alphée , prétendaient à la garde d'Olympie et à la surintendance des fêtes. Les habitans d'Elis la lui disputaient : celte querelle amena la guerre. Phédon, tyran d'Argos , profitant de ces troubles, s'arrogea , comme descendant d'Hercule,
la garde du temple qui lui était dédié. Après sa Prise et
iil- 1 TV y ' • destruction
mort les habitans de rise s en emparèrent; mais, a« i* ^u"
de l'ise.
au bout de quelques olympiades , les troupes d'Elis assiégèrent Pise, et la détruisirent de fond en comble.
Depuis ce temps la république fut paisible, et les peuples de l'Elide ne se mêlèrent qu'aux guerres de religion qui troublèrent rarement la Grèce.
Pélops était le fondateur des jeux olympiques, rondati<m
t 'l 'l ? • 1» T 1 »# des jeux O-
.Leur célébration n eut point a abord d époque îympioues
, '. t . . -„,, . par Pélops.
déterminée. Iphitus, roi crElis, ordonna qu'ils auraient lieu tous les cinq ans. Cette loi fut donnée l'an du monde 52 88. On réduisit depuis cet espace à quatre ans. Le nombre des olympiades était la grande ebaîne de la chronologie grecque. Cet ère ne commença que la première année de la vingt-huitième olympiade.
Les jeux olympiques étaient consacrés à Jupiter: Lenr
. . il' • description.
les vainqueurs , couverts de gloire , se voyaient presque divinisés : on datait l'année par leurs noms ; les poètes les chantaient , et chacun admirait avec un respect mêlé d'envie la couronne de laurier qui couvrait leurs fronts. Le premier prix était celui de la course qui se faisait dans un lieu appelé stade. Il y avait plusieurs genres de course ; la course à pied, la course à cheval , la course des
122 ÉLIDF.
chars : cette dernière était la plus renommée. Gélon, Hiéron, rois de Sicile ; Philippe, roi de Macédoine, s'enorgueillirent d'y remporter le prix. Les chars étaient attelés de deux ou de quatre chevaux de front. Lorsqu'Alcibiade fut proclamé vainqueur il donna un festin où tout le peuple de la ville et tous les étrangers furent invités. Après ces courses les athlètes combattaient : leurs différents jeux s'appelaient le pugilat, la lutte, le disque et le saut. Plusieurs beaux génies de la Grèce lisaient leurs ouvrages au milieu de l'assemblée olympique : Hérodote y fit entendre son histoire : chacun des livres qui la composaient reçut le nom d'une muse. Lysiasy lut une harangue sur la chute de Denys le tyran.
Force de Un des plus habiles athlètes de la Grèce fut
Wilon de * . ...
crotone. Milonde Crotone. On le vit remporter six victoires aux jeux olympiques : il porta sur ses épaules, dans toute la longueur d'une stade , un bœuf de quatre ans , l'assomma d'un coup de poing , et le mangea Sa mort, tout entier. La force qui avait fait sa gloire causa sa mort : ayant voulu ouvrir entièrement un tronc de chene qui était fendu, ses mains se trouvèrent tellement prises et serrées, qu'il devint la proie des animaux féroces qui le surprirent dans cet étal, et 1<> dévorèrent.