‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 5)Chapitre 65 sur 77 · SUCCESSEURS D'ALEXANDRE · texte numérisé non relu

SUCCESSEURS D'ALEXANDRE

Evénemcns après la mort d'Alexandre. — Ses funérailles. — Règne d'Aridée frère naturel d'Alexandre — Régence dePerdiccas. — Sa mort. — Règne d'Antipater. — Armement des Athéniens. — Rappel <le Démosthène. — Guerre contre Antipater. — Fuite de Démosthène. — Sa mort. — Soumission d'Athènes à Antipater.

— Régence dePolj'sperchon. — Retourde la reine Olympias en Macédoine. — Accusation contre Phocion. — Sa mort. — Honneurs rendus à la mémoire de Phocion. — Gouvernement de Démétrius de Phalère. — Crime de la reine Olympias. — Sa mort. — Reconstruction de Thèhes par Cassandre. — Troubles à Athènes, causés par Démétrius Poliorcète. — Siège de Rhodes. — Invention d'une machine de guerre. — Bataille d'Ipsus. — Partage de l'empire d'Alexandre. — Prise d'Athènes par Démétrius. — Caractère et exploits de Pyrrhus. — Défaite, fuite et mort de Démétrius. — Arrivée de Pyrrhus à Athènes. — Son départ pour l'Italie. — Sa \ictoire sur les Romains. — Ses propositions de paix rejetées par le sénat romain. — Son expédition en Sicile. — Son retour en Italie. — Sa défaite et son retour en Epire. — Evéncmens en Macédoine en l'absence de Pyrrhus. — Victoire de Pyrrhus sur les Gaulois. — Guerre de Pyrrhus contre Lacédémone. — Courage des femmes de Sparte.

— Armement général de Sparte. — Assaut général. — Mort de Pyrrhus blessé par une tuile. — Magnanimité d'Antigone.

Lorsque Alexandre, après avoir traversé la Évcncmen- Grèce , la Syrie , la Pbénicie , l'Egypte , la Perse "«* *'a-

f ,'.'.'. lexandre.

et la Aledie, se précipitait sur les provinces de

1 Inde avec la rapidité d'un torrent, et semblait regarder l'empire du monde comme le prix de la course aux jeux olympiques, plusieurs Braclimanes qui se trouvaient sur son passage frappèrent tour à tour la terre de leurs pieds. Alexandre leur ayant demandé la raison de ce mouvement, ils répondirent : a Quelque ambitieux, quelque puissant que » soit un homme pendant sa vie, il ne peut oeçu- » per sur la terre , après sa mort , qu'une place "» égale à la mesure de son corps. » On dut se rappeler cette sage réponse dès que le sort eut terminé les jours du conquérant de l'Asie : ce héros, qui remplit l'univers de sa gloire, qui laissait un si grand vide dans le monde , demeura quelques jours isolé sans pouvoir posséder le cercueil qu'il devait occuper ; à peine le son de sa voix eut- il cessé de se faire entendre , déjà ses dernières volontés étaient méconnues; déjà sa famille , méprisée, passait sous la dépendance de quelques généraux ambitieux, prêts à dévorer ses dépouilles; et le maître de l'Orient , naguère si terrible , ne présentait plus que la triste image d'un tison éteint au milieu du vaste embrasement qu'il avait causé. Les dynasties renversées par lui n'existaient plus ; les républiques, ployées sous le joug militaire, avaient perdu l'habitude et le prestige de la liberté ; Alexandre en mourant laissait les parties

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de son immense empire sans maître légitime , sans lois certaines et sans union. Les anciens droits détruits, les nouvelles prétentions élevées , l'orgueil des vainqueurs , la faiblesse des vaincus , la vaillance jnême des troupes et leur dévouement à différens chefs égaux en talens, en ambition et en courage ouvraient un champ sans limites à cette anarchie militaire , à ces discordes sanglantes qu'Alexandre avait prévues , et qu'il nommait si justement ses jeux funéraires.

On devait , suivant ses derniers ordres, porter son corps au temple de Jupiter Ammon ; mais Antipater le réclamait au nom de la Macédoine ; et comme un oracle promettait les plus hautes destinées à la ville qui posséderait ces restes d'un héros, chacun des généraux prétendait les placer dans la partie de l'empire soumise à son pouvoir. Sans cet oracle , qui excitait l'ambition , on se serait plus occupé du trône d'Alexandre que de son tombeau.

Après plusieurs jours d'incertitude et de dé- ses bats on se décida à suivre les intentions du monarque : on convint que son corps serait conduit en Lybie. Les préparatifs de ces pompeuses funérailles durèrent deux années : le char qui le portait et le catafalque eurent une magnificence proportionnée à l'étendue de sa puissance et à l'éclat de sa gloire.

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Ptolémée, qni commandait en Egypte, vint la recevoir à la tête d'une arniée ; mais , au lieu de l'envoyer en Lybie , il le garda dans la ville d'Alexandrie, pour profiter, ainsi que l'Egypte, des promesses de l'oracle.

nègneri-A- Aucun des compagnons d'Alexandre n'avait

ridée , frère

«atnreid'A- assez (\e modération pour souffrir un maître, ni

lo.xaniJre. *

assez de prépondérance pour forcer les autres à lui obéir : dans cette position , en attendant que le sort des âmes décidât de leurs prétentions , ils convinrent de reconnaître pour roi A ridée , frère naturel d'Alexandre. Ce prince était devenu imbécile par l'effet d'un breuvage que lui avait donné dans sa jeunesse la jalouse et cruelle Olym- Hégence <ie pias , femme du roi Philippe. Perdiccas eut le ti-

Perdiccas.

tre de régent pour gouverner sous le nom de ce fantôme royal , et le régent lui-même n'obtint qu'une puissance fort limitée , et qui devint illusoire par le partage que les généraux se firent des provinces de l'empire , dont ils furent plutôt les maîtres que les gouverneurs.

Nous avons vu dans l'histoire de la Perse les dispositions de ce premier partage, les troubles qui en furent la suite : jamais l'histoire n'offrit de guerres plus cruelles, de traités plus fréquens, d'alliances plus souvent formées et rompues ; les peuples infortunés , combattant pour le choix de*

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tyrans , changeaient à chaque instant de lois , de limites et de maîtres. Plusieurs généraux , compris dans le premier partage, disparurent de ce théâtre ensanglanté *. Perdiccas périt en faisant la sam0rt. guerre contre Ptolémée. Eumène tua dans une bataille Python et Néoptolème ; et en peu de temps toutes les prétentions diverses furent obligées de céder à la force de quelques chefs plus éminens en richesses , en fortune et en capacité. Ainsi les concurrens se trouvèrent réduits à un petit nombre de princes qui formèrent enfin quatre grandes monarchies. Les nouveaux maîtres de l'Orient étaient Ptolémée en Egypte , Séleucus , Eumène, Léonat, Antigone, Lysimaque et Cratère , qui se disputaient l'Asie.

Antipater gouvernait la Macédoine , et voulait Régne

1 ° j d'Antipater

commander à la Grèce. Le titre de régent, qu'il avait obtenu après la mort de Perdiccas , lui faisait même espérer qu'il parviendrait à étendre sa domination sur tous les États d'Alexandre.

Le roi Aridée, qu'on nommait aussi Philippe, vivait sous sa tutelle à Pella. Alexandre laissait plusieurs femmes qui, loin de trouver de puissans protecteurs parmi ses sujets, ne rencontrèrent que d implacables ennemis. Statira pouvait être en-

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ceinte, eldonner naissance à un fils qui aurait réuni dans sa personne lesdroils d'Alexandre et deDarius; Roxane la fit mourir. Roxane elle-même venait de mettre au jour un fils qu'on appela Alexandre ; il partagea avec Aridée le litre de roi.

Cette illustre et malheureuse famille n'eut dans ces temps de crimes qu'un appui fidèle ; ce fut Eumène, le plus brave, le plus expérimenté, le plus vertueux des généraux macédoniens. Tant qu'il vécut les enfans d'Alexandre ne restèrent pas tout-à-fait orphelins ; maisla guerre leur enleva bientôt cette dernière ressource.

Lorsqu'on apprit dans la Grèce le trépas d7A~

lexandre , cette nouvelle ressuscita les espérances

Armement des amis de la liberté4 : les Athéniens, toujours

tles Athë- -, , i- > x î • •

niens. prompts et légers , se livrèrent a la joie, se crurent indépendans, et, malgré les conseils prudens de Phocion, levèrent une armée, équipèrent une flotte, et suivirent les avis impétueux de Léosthène qu ils nommèrent général de leurs troupes.

Rappel de " Démoslhène, rappelé de son exil, fut reçu en

De'mosthè- ^ . . ■.

ue. triomphe : la tribune retentit encore de sa voix

éloquente ; il exhorta le peuple à soulever toute la Grèce pour défendre son indépendance contre l'ambition d'Antipater. Vainement Phocion lutta

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contre Démosthènc ; vainement il voulut faire sentir l'impossibilité de vaincre , avec des forces si peu nombreuses et si divisées , les armées redoutables et aguerries des généraux d'Alexandre ; la passion n'écoute pas la sagesse ; la guerre fut résolue.

Presque toutes les villes du Péloponèse prirent le parti d'Athènes , et Léosthène se trouva à la tête d'une armée considérable.

Antipater, instruit de ces événemens, crut que, Guerre

•l 1 contre An-

sans attendre des renforts dAsie, il devait par tipater. sa rapidité dissiper cette insurrection dès sa naissance : il entra en Thessalie n'ayant que treize mille Macédoniens et six cents chevaux ; sa flotte, de cent dix galères , suivait la côte. Léosthène lui livra bataille* et le défit. L'année suivante les Athéniens lui firent encore éprouver un échec , et le forcèrent de se renfermer dans la ville de Lamia qu'ils assiégèrent. Ayant reçu un secours conduit par Léonat , il tenta de nouveau le sort des armes : les Grecs remportèrent la victoire. Léonat périt; Antipater capitula, rendit Lamia aux alliés, et, se retirant avec ses troupes, évita prudemment toute action jusqu'à l'arrivée de Cratère qui venait d'Asie à son secours.

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Ces avantages enivraient d'orgueil le peuple athénien. Phocion seul, prévoyant les suites de cette guerre , disait souvent : a Quand cesserons- » nous donc de vaincre? » Ces craintes ne tardèrent pas à être justifiées : les forces d'Antipater s'élevèrent, par l'arrivée de Cratère, à quarantehuit mille hommes; les alliés n'en avaient que vingt-huit mille. Malgré cette supériorité ils attaquèrent l'ennemi avec courage, mais sans discipline. La terrible phalange rompit leurs rangs et les mit en déroute. Ils proposèrent la paix : Antipater, aussi rusé que brave, répondit qu'il voulait traiter séparément avec chaque ville. L'union seule faisait la force des alliés; cet artifice la rompit. Les intérêts se divisèrent : chaque ville rappela ses troupes, et ne s'occupa plus qu'à obtenir pour elle-même des conditions favorables. Antipater s'approcha successivement de toutes ces cités qui s'accommodèrent avec lui, et livrèrent Athènes à sa vengeance.

Les Athéniens, abandonnés, passèrent, selon leur coutume , de l'arrogance à l'abattement. Antipater était parti de Thèbes , et s'avançait sur eux ; ils lui envoyèrent Phocion qu'il estimait , et le chargèrent de désarmer son courroux. Phocion sauva sans doute Athènes d'une ruine qui paraissait inévitable ; mais ses efforts ne purent empêcher An-

tipater d'exiger de dures conditions. Ce prince lui disait : a Je ferai pour vous , Phocion , tout ce » qui ne sera pas incompatible avec ma sûreté et » même avec la vôtre ; mais il faut bien garantir » mon autorité et votre vie de l'inconstance de » ce peuple remuant. )> Il exigea donc qu'on lui livrât Démosthène et Hvpéride ; qu'on rétablît l'aristocratie dans Athènes; qu'on reçût dans la citadelle une garnison macédonienne , et qu'on payât les frais de la guerre.

Démosthène et Hypéride , instruits de leur sort, FaiteaeD-.

t* • ! ' > 1 • niostliène.

prirent la fuite. Archvas , envoyé a leur poursuite, trouva Hypéride à Egine, l'arracha du temple où il s'était réfugié , et le remit dans les mains d'Antipaler qui le fit mourir.

Démosthène, arrivé dans l'île de Calaurie, samo:t. cherchait un asile près des autels de INeptune : Archyas l'engagea vainement à se confier à la clémence d'Antipater ; cet homme illustre, démêlant l'artifice, voulut mourir libre, et s'empoisonna.

Les Athéniens décrétèrent que l'aîné de sa famille serait toujours nourri dans le Prytanée aux dépens du public. Ils élevèrent une statue à cet orateur célèbre , et firent écrire au bas ces paroles : a Démosthène , si ta force eût égalé ton )) génie et ton éloquence, jamais Mars le Macé- » donien n'eût triomphé de la Grèce. ))

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SoomiMion Athènes se soumit au pouvoir d'Anlipater, et

d'Athènes à l l > t

Antipater. comme Phocion, fui chargé de la gouverner.vIl adoucit ce joug par ses vertus : sévère et juste , il rappela les bannis , mil en place les citoyens honnêtes, comprima les factieux • et s'il ne put rendre la liberté à sa patrie , il la fit jouir des avantages de l'ordre et de la paix.

On sentit alors le vif regret de ne l'avoir pas écouté lorsqu'il combattait les projets de Léosthène. « Ces orateurs superbes et présomptueux , )) disait Phocion , ressemblent aux cyprès ; il » sont hauts et ne portent point de fruits. » Et comme on lui demandait dans quelles circonstances plus favorables il conseillerait la guerre , il répondit : a Je la conseillerai quand je verrai les » jeunes gens décidés à garder leurs rangs , les J) riches à contribuer volontairement , et les ora- )) teurs à ne pas se laisser corrompre. » Régence je La discorde existait toujours entre les succescuon, seurs d Alexandre , et leurs arrangemens passagers étaient sans cesse troublés par de nouveaux incidens*. Antipater, sentant sa fin s'approcher, désigna pour régent de l'empire Polysperchon le plus ancien des capitaines d'Alexandre : il croyait par ce choix assurer la tranquillité publique , et

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DE LA GRÈCE. 5ll

saùlfake f amour-propre de ses rivaux qui de- \ aient supporter plus facilement la prééminence d'un vieux capitaine que celle de Cassandre , son propre fils ; car celui-ci se faisait à la fois craindre et mépriser par son ambition et par ses vices. Ce sacrifice d'un intérêt de famille à l'intérêt public était digne d'éloges ; mais Cassandre ne put s'y résigner : dès que son père fut mort il forma dans la Grèce un parti contre Polysperclion , engagea dans ses intérêts Ptolémée , gouverneur d'Egypte, et Antigone qui commandait dans toutes les provinces de l'Asie-Mineure.

Cette nouvelle division fut d'abord favorable aux Grecs. Polysperclion, dans l'intention de s'attirer leur appui , rappela les exilés , et rendit aux

villes leur ancienne indépendance. Olympias, de- R^our <ie

1 , . la reine °-

puis long-temps retirée en Epire , revint alors en Jj"^3 s; ea

Macédoine pour fortifier par l'éclat de son nom le parti royal et la régence de Polysperclion.

Eumène , toujours fidèle aux jeunes rois , soutint leur cause en Asie. Athènes était dans ces circonstances un point trop important pour qu'on ne s'empressât pas de s'en assurer ; Alexandre , fils de Polysperclion , accourut pour s'en saisir , et pour y rétablir la démocratie : mais Nicanor, par les ordres de Cassandre, s'était déjà rendu maître du Pirée. La présence de ces deux forces ennemies

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Accusation remplit Athènes de troubles et de factions. Les

conlroPho- t ,'

ùon. Athéniens , animes par 1 espoir que Polysperchon donnait à toutes les villes de rétablir la démocratie, accusèrent Phocion de trahison : ils lui reprochèrent de s'être entendu avec Nicanor et Cassandre pour maintenir l'oligarchie , dont il se montra toujours partisan.

Phocion voulut en vain plaider sa cause ; l'assemblée était tumultueuse et composée de tous les hommes les plus factieux et les plus dépravés de la ville; ils refusèrent de l'écouter. L'accusé, suivant l'usage , pouvait prononcer sa peine ; il dit : « Citoyens , je me condamne à la mort ; mais vous » devez absoudre tous ceux que vous menacez » avec moi du supplice ; ils sont innocens ; ils » n'ont fait qu'obéir à leur chef. » Sa générosité fut inutile ; on traîna à sa suite les infortunés qu'il Sa mort, avait voulu sauver. Ce grand homme , qu'on appelait universellement l'homme de bien , s'avança froidement vers son cachot, entouré de quelques citoyens vertueux qui versaient des larmes , et d'une tourbe insolente d'hommes sans aveu qui l'insultaient. Conservant son noble courage jusqu'au dernier moment, il but tranquillement la ciguë, et fit dire à son fils d'oublier l'injustice de sa patrie.

Tel fut le sort de Fttti des plus grands homn>es

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d'Athènes, qui avait commandé quarante-quatre fois les armées *.

Disciple de Platon , Phocion avait pratiqué ce que son maître enseignait. Ennemi du luxe , désintéressé , inflexible lorsqu'il s'agissait de l'intérêt public , austère pour lui , indulgent pour les autres , il faisait la guerre avec gloire , il aimait la paix par principe ; elle devait , selon son opinion , être le but de tout gouvernement. Souvent il disait que les guerres les plus justes affaiblissent toujours les Etats. Sa femme était digne de lui par sa modestie et par ses vertus. Une dame Ionienne , lui reprochant sa simplicité , étalait devant elle ses parures et ses bijoux : a Pour moi, dit la sage » Athénienne, mon plus bel ornement, c'est mon » époux qui commande nos guerriers depuis » vingt ans. »

L'éloquence de Phocion était forte comme sa vertu , et sage comme sa raison : il ne la chargeait point d'ornemens superflus, et il connaissait trop la légèreté de la multitude pour ne pas dédaigner ses éloges : un jour même , comme son discours excitait de nombreux applaudissemens , il se tourna vers un ami en lui disant : a Aurais-je proféré » quelques paroles imprudentes ? » Chabrias

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