TOME VU
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de ses colonnes trayersa la Rhëlie, nne autre l'Illyrie , et lai-mème , à la tête de trois mille hommes d'élite, perça la Forèt-Noîrey côtoya le Danube et arriva sans obstacle à Sirmium , où ses troupes avaient ordre de se réunir.
Ses ennemis le croyaient encore dans la Gaule ^ et cette rapide opération avait été si secrète y que le comte Lucilien , qui commandait pour Constance sur cette frontière, fut surpris et arrêté dans son camp. Amené en présence de Julieii, il croyait marcher à la mort; mais, contre son attente, se voyant reçu par le prince avec une extrême douceur, il passa subitement de la frayeur à l'audace, et osa représenter à Julien combien il était téméraire, à la tête d'une faible armée, de venir attaquer Pempereur et toutes Içs forces de l'Shrient. « Gardez vos avis pour Constance, lui dit ce » prince; ma clémence peut vous rassurer , mais » elle ne doit pas vous autoriser à me faire d'in- » convenantes leçons*. »
Le grand avantage d'une invasion rapide est d'étonner et d^entraîner tout ce qui est faible à se ranger du côté de l'agresseur. Toutes les provinces que Julien laissait derrière lui , et la Grèce même, se déclarèrent en sa faveur; il s'assura leur atta- 'chement par des bienfaits, commença dès lors à professer ouvertement le polythéisme, et permit aux Athéniens de rouvrir le temple de Minerve. Poursuivant ses avantages, il traversa le mont Hœmus et s'approcha d'Andrînople. Comptant peu sur les deux légions du comte Lucilien, qu'il avait plutôt surprises que vaincues, il les fit partir
fws la Gaule ; mais en cbiemia elles se révoltèrent ^ s'emparèrent d'Aquilëe^ servirent dans cette con* tréede point de ralliement aux forces de l'empe* reur en Italie ^ et donnèrent d^autant plus d'in- ^iétude à Julien, qu^elles pouvaient, en cas de revers, lui couper toute retraite.
Cependant Constance y informe de la niarc1i« imprévue et des succès d'un jeune présomptueux qu'il avait songé d'abord plutôt à punir qu'à combattre, sort de son indolence, réussit par an dernier eiFort à obliger Sapor de se retirer en Perse, fait réunir dans la Thrace les corps qui s'y trouvaient sous les ordres du comte Mathieu, son lieutenant, rassemble totrtes les forces de l'Asie près d'Antioche , et promet à ses soldats le secours d'un Dieu ennemi des ingrats, et qui doit cbâtier la rébellion et l'aposlasie« Mais une profonde terreur et des pressentimens secrets d^entaient an fond de son cœur l'assurance qu'il montrait dans 9es paroles* « Il ne voyait plus près de lui, disait*-iL » à ses favoris, son génie tutélaire, qui, jusqu'à » ce moment , Pavait toujours accompagné. »
En sortant d' Antioch€, il rencontre sur sa route Mon de le corps d'un homme récemment égorgé. L'aspect ^o"*^»"*^*de ce cadavre trouble son esprit crédule et superstitieux; la fièvre embrase son sang : vainement il veut continuer sa marehe; sa maladie redouble ; il s'arrête dans un château situé au pied du mont Taurus, et, sentant la mort s'approcher, se livre à un désespoir qui la rend inévitable.
Ammien Marcellin prétend que, voulant sacrifier dans ses derniers momens ses ressentimens
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privés à Pintérêt général , il désigna Jalien pour son successeur; Grégoire et d'autres historiens le nient et soutiennent qu'il ne parut se repentir que de trois actions ; Fune d'avoir versé le sang de sa famille , Pautre d'avoir donné à Julien le titre de César, et la plus importante de toutes aux yeux des catholiques y d'avoir embrassé la cause de l'arianisme. Saint Ambroise dit , au contraire , qu'impénitent jusqu'à son dernier jour, il avait reçu à Antioche le baptême des mains d'Ëuzoïus , évêque arien* Ce prince mourut le 5 novembre 36i y âgé de quarante-quatre ans : il en avait régné vingtquatre. Sa femme Faustine, qui était enceinte, âLccoucha peu de temps après d'une fille nommée Constancie , et qui depuis épousa l'empereur Gratien.
On regarda le règne de Constance comme un long malheur pour ses peuples, comme un long opprobre pour l'empire; et sa mort, qui préserva les Romains des horreurs d'une guerre civile , leur parut aussi utile que sa vie leur avait été funeste. Ce fut ainsi que Julien, favorisé par la fortune^ devint sans combat seul maître de l'empire.
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