‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 14 sur 46 · TOME vii# a · texte numérisé non relu

TOME vii# a

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yi dëFastés par des soldats étrangers, Tos villes en- » yahies par des barbares; tout nous manquait^ » hors le courage ; il a suffi pour terminer nos » malheurs. J'ai marché à votre tète, et la Gaule » a été délivrée : qui de nous perdrait jamais le )» souvenir de cette journée de Strasbourg , si glo* » rieuse pour Fempire , où cette foule de barbares » et leurs rois, succombant sous vos coups, ont » teint de leur sang et vos glaives , et les rives , et » les flots du Rhin ? Les Francis épouvantés ont » fui devant vous; je vous ai donné, pour récom- » pense de tant d'exploits, le repos au dedans, la » sûreté au dehors : vous , pour prix de mon zèle, » TOUS m'avez élevé au rang suprême. Actuelle- » ment votre devoir est de défendre et de soutenir » votre ouvrage; le mien est de récompenser » votre dévouement en vous garantissant de toutes » injustices. Je déclare donc solennellement que » la faveur n'aura j amais aucune part à mes choix, » et que l'avancement dans le civil, comme dans » l'armée, ne pourra être obtenu que par le mé-* )> rite et par l'ancienneté des services. »

Ce discours , qui excita les murmures de quelques courtisans , répandit dans les légions et dans le peuple une joie universelle , et Taffection • qu'inspirait le prince fut portée jusqu'à l'enthousiasme.

Décentîus et Florentins , déchus de leur pouvoir , et sans espoir de le ressaisir , coururent précipitamment à Constantinople , et aigrirent , par leurs calomnies, le courroux de. l'empereur, aux yeux duquel ils représentèrent la révolution des

Gaules sous les plus odieuses couleurs^ : cependant la générosité de Julien ne se démentit point à leur égard ; il youlut qu^on leur renvoyât leurs familles et leurs richesses*

.Ce prince écrivît à Constance, lui peignit les coireipoa. malheurs de la Gaule , les dangers auxquels l'expo- coustance saient les barbares , la nécessité de défendre cette importante frontière de F empire' contre le torrent qui menaçait de l'envahir un jour : << Cette con- )> trée, disait-il, vaste, fertile, populeuse et guer- » rière, avait besoin d'un chef, et ne pouvait » supporter qu'on nèluidonn&t qu^un fantôme de » prince : le rappel imprudent des troupes y avait » jeté le désespoir j le peuple et les légions soule- » vés l'avaient forcé à recevoir le titre d'An- » gttste , une plus longue résistance eût été impos- » sible. )> Cependant , en cédant au vœu public , il se regardait toujours comiHe l'ouvrage et le fils de l'empereur. <x Partageons l'empire , ajoutait- » il : sans aJOCaiblir votre autorité , je vous secon- » derai mieux avec un titre plus élevé : nommez^ » à votre volonté les préfets du prétoire , et lais- » sez-*moi le choix des places inférieures* Je me ïï charge de fournir à votre palais le nombre que » vous exigerez de chevaux d'Espagne , et je puis » envoyer pour vo^tre garde autant de Germains » et de Francs que vous en désirerez. Jamais vouS » n'obtiendrez des Gaulois et des Bataves qu'a- ^ » bandonnant leur patrie ils combattent avec vous » contre les Perses : défendez l'Orient , comme » moi l'Occident ; ne me refusez pas un titre que i> j'ai été contraint d'accepté. Ji'élection d'un

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» autre emperear i^urait ëté le seol et mfjpdllible « effet de mou refus* . Croy ea;- mpi, ^uand je tou^ » représente tous les ayautuges de la paix ^ » méfiez -vous des flatteurs qui ne firent que » de troubles; epfin n'oubliez pa# que Funioii » saure les empires^ e^ que Ifi discor4e l^ dér» » truit. »

II chargea Plutadius et {luthérius , grands pffi*» ciers de son palais ^ de porter à l'empereur ses dé^ pèches pacifiques et ostensibles} mais Ammieii Marcellin prétend qu'il y joignit des lettres secrètes df|ns lesquelles il reproçliait fpgremeiit à Consr tance ses injustices et s^ mauvaise foit

Les député^! de Julien trouyèrent Çoxistaiice à Césarée en Csippadoce ; après ayoir lu leurs dépêches y il les chassa l^opteusement , e% phargea de s^ réponse Lépnas y questeur du palais^

Cet officier vint à Paris ^ et s'acquitta de a^ com/nii^sipn arec hauteur. Cependant Jiilien V^o^ çif^éiUit honorablement* Constance lui écriyait qi^'usurper une couronne c'était 1^ flétrir ; il lui râtelait ^es bienfaits pas^ ^ lui reprochait son ingratitiide et lui o&ait son pardon^ à cpiidition qu'il déppsât à l'inst{(ntlem>uyQir ^ue leiisé4i^«tp; lui avaient donné,

4( C'en est trçip ! s'écrift Julien } oqmment puii- >> je entendre de saqg froid le persécuteur de ma » jeu^es^e me, rM^ter se^ hypoçriteii bienfaits^ et » l'assassin ^e ipa faucille me reprocher inon in? » gratitude ? Cependant , comme la paix publia » que est mon yceu y et le salut de l'empire ma sun ^ |>rême Ipl^ je consens à ipe dépouiller 4u ^it^^

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i> d'Auguste y ai Farmëe qai me Pa donne permet. » que j'y renonce* »

Le lendemain y convoquant les légions y il fait paraître en leur présence Penvoyé de Fempereur^ et lui ordonne de lire la dépêche dont il est chargé. On écoute d'abord dans un profond silence y mais à peine qn entend parler de renonciation au pou-» Toir suprême y soudain tqus les soldats s'écrient h la fois ! « Nous ayons proclamé Julien Auguste y » nous voulons qu'il le soit : lui seul nous défend » des barbares y et nous }e défendrons contre tous m sea ennemis. »

Léonçis partit et rendit compte it Pempereur du triste effet d'unç démarche qui n'avait eu d'autre résultat que d'affernûr sur soji trône le nouvel Auguste, et de rianimer pour loi Pard^ur du pçu<« pie et des soldats.

Julien accrut encore leur amour et leur recon<« naissance par de nouveaux, exploits, Il marcha dans le pays de Clèves, combattit les Francs Attua-* riens y ^% ^^ fi^ ^^ grand carnage. Après cette ex-^ pédition y il visita tous les forts de la frontière y et vint plisser l'hiver à Vienne ^, hk y il perdit sa femme Hélène* («'impératrice Eusébie mourut à peu près à la même époque, et la perte de ces deu^ princesses décida la guerre civile y en rompant lea derniers liens qui j usque-rlà unissaient wçoret les deux empereurs.

Le résultat de la lutte qui s'établissait entre eni^ ^e devait pas rester long -temps incertain; d^uQ

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InTtsion de Sapor.

côté envoyait un prince habile, actif ,belliqneax^ concerter ses plans avec sagesse , les exécuter avec rapidité , et ajouter à sa force toute celle de' la faveur publique, et de Pautre un empereur indolent, superstitieux, cruel, et qui n^opposait à de redoutables ennemis qu'un vain orgueil, une fu-^ reur ayeugle et une complète incapacité.

Sapor, redoutant peu un tel adversaire , continuait à braver les Romains et à dévaster leurs provinces. Il prit d'assaut Singare et ensuite Bérabde* Échec de A Cette uouvelle , Constance , qui s'était laissé consunco. provenir en s' occupant , dans de si graves circonstances, des fêtes qu'il célébrait à Antioche à l'occasion de son second mariage avec Faustine, et des solennités ordonnées par lui à Constantinople pour la dédicace de l'église de Sainte-Sophie , se ' décida tardivement à reparaître à la tète de l'arr mée , et investit la ville de Bérabde ; mais il ne put la reprendre , et se vit , sur tous les points, battu par les Persans.

Les ariens attribuaient tous ses revers à son peu de zèle pour servir leurs vengeances ; les catholiques y voyaient un châtiment infligé par le ciel à un prince hérétique , et les païens regardaient les défaites de l'empereur et les désastres de Fempire comme une suite inévitable de l'abandon des an-* ciens dieux de Rome et de leur courroux* Tous les partis se réc^nissent pour condamner les princes despotes et faibles , quand la fortune les trahit , et ils trouvent peut-être eux-mêmes un juge plus sévère au fond de leur conscience.

Le malheur irritait Constance au lien de Féclai-

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rer ; incapable de résister à Sapor seul , il vou- Pr*p««**ft

i * »M 1 1 • hostile» en-

lut , en même temps qu'il le combattait ^ attaquer treconsu»- Julien dans les Gaules. Il ordonna de nombreuses «««^•''»^»*"'leyëes en Italie^ eu Grèce, en Afrique, et , non content d'armer toutes les forces de l'empire contre le nouvel Auguste , sacrifiant l'intérêt public à sa haine, il paya de honteux et de. coupables . tributs aux princes francs , germains et allemands , pour les engager à opérer une forte diversion en sa faveur , et à faire une nouvelle invs^sion dans ta Gaule.

Julien, informé de ses projets, et prévoyant trop , par l'exemple du meurtre de Gallus, qu'aucun crime ne coûterait à Constance pour .le perdre, résolut de le prévenir, de rompre ouvertement avec lui , et de lui enlever l'empire qu'il ne voulait pas partager.

Ayant rassemblé ses troupes , après leur avoir appris les intrigues de l'empereur en Germanie , qui lui avaient été révélées par ceux mêmes que ce prince perfide voulait séduire , il leur fit sentir la nécessité de terminer promptement cette, querelle, et de préserver l'empire, par un coup hardi et par une expédition rapide , des malheurs dont de longues dessensions civiles pouvaient l'aiecâbler.

« L'intérêt de la patrie, disait-il, le commande} » les fautes de l'empereur ouvrent l'Orient aux. » Perses ; sa trahison veut livrer la Gaule aux )> barbares; la justice est pour nous, la fortune » couronnera nos armes. J'en ai pour garans les » dieux mêmes. Apollon m'est apparu cette nuit>

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}» il TOUS promet une victoire prompte et facile J » elle doit tous coûter peu de sang et peu de tra-> » yauit; car, si j'en crois cette divinité, Consn tahce verra terminer ses jours avant la fin de » V^inné^é »

Cet artifice, employé par Julien pour animer nea troupes et pour ajouter à son autorité celle de la religion, servit dans la suite de prétexte à ses ennemis pour Paccuser d'avoir attenté à la vie de Constance : car, Fempereur étant mort quelque temps après , Grégoire de Naziance écrivit te qu'il » n'avait pas été difficile à Julien de faire parler » les dieux et de prédire une mort qu^il était ré* » solu de hâter par un crime* >>

Les paroles du prince répondaient aux vœux de Tarmée ; l'amour qu'elle avait pour lui , la haine qu'inspirait Constance, portaient tous les esprits à la vengeance. La guerre fut déclarée^, et l'on vit ces mêmes Gaulois et ces mêmes Bataves', qui s'étaient récemment soulevés dans la crainte d'être forcés i quitter leur patrie et à passer les Alpes, demander à grands cris de franchir ces monta* gnes , et de poursuivre jusqu'au fond de l'Asie Pobjet de leur ressentiment*

Julien , en prenant les armes , déclara qu^il ne voulait s'approcher de Constance que pour justifier sa conduite et pour soumettre leurs différends au jugement des deux armées* Une amnistie , qn^il accorda alors très-sagement aux anciens soldats de Magnence, augmenta ses forces, et il diminua

^ Ati d« J4su8-Cairi3t 36i«

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celles d« Peuipereur en publiant des lettres interceptées qui dévoilaient les intrigues employées par Constance pour armer F Allemagne contre la Gaule. Par ce moyen, il le défit dans Topinion publique ayant de le vaincre sur le champ de bataille.

Ses troupes étaient composées de païens et de chrétiens j il leur laissa une entière liberté de culte j pendant son séjour à Vienne, il continua de professer la religion chrétienne et sacrifia secrètement aux dieux.

. Un jour, comme il s'exerçait, selon sa coutume, dans le Champ-de-Mars, avec ses soldats, son bouclier se brisa ; Panse seule lui restait dans la main ; et , voulant que cet accident fût interprété par un peuple superstitieux comme un signe plutôt favorable que sinistre, il s'écria: « Ne craigneK rien » de cet augure, vous voyez que ce que je tenais » dans ma main ne m'a pas échappé. »

Plusieurs princes allemands, excités par Constance, pénétrèrent sur ces entrefaites dans la Gaule et battirent un des généraux de Julien; mais il répara cet échec, surprît dans son camp Yado* mer, le chef de cette ligue ^ le fit prisonnier, et ne lui rendit la liberté qu'après l'avoir obligé de signer la paix.

; Délivré de toute crainte relativement aux barbares, contre lesquels il laissait d'ailleurs dans la Gaule des forces capables de les contenir, il se mit en marche pour exécuter ses vastes desseins.

Presque tous les grands généraux, dans tous les temps et dans tous les pays, durent leurs succès à leur rapidité. Julien imita celle de César. Une

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