‹ Histoire universelle, ancienne et moderneChapitre 17 sur 46 · A9Q ^ HISTOIRE · texte numérisé non relu

A9Q ^ HISTOIRE

triomphaient depuis Constantin; ils étaient aient tour devenus oppresseurs. L'église , riche et puis* santé , fixait tous les regards ^ occupait tous les intérêts, commandait aux actions en dirigeant les consciences, et résistait même souvent, à l'autorité du prince* L'ambition, suivant cette nouvelle route ou verte p«r la fortune, préférait les dignités ecclésiastiques aux dignités temporelles, fuyait la servitude du sénat pour chercher la libei^té dans les conciles, et s'apercevait déjà que désormais l'éclat de la tiare pourrait seul rivaliser celui de la couronne.

Mais , au moment où le christianisme croyait sa domination inélHuakble , et que le polythéisme abattu perdait tout espoir, soudain le sort éleva sur le trône un prince belliqueux , philosophe , sectateur ardent de l'ancien culte^ ennemi déclaré de la religion nouvelle, et décidé à rétablir les antiques ' institutions^ les antiques lois, les antiques moeurs* caraetèrt Julien , lîbérateuT de la Gaule , vainqueur de <ie Julien, jg^ Germanie, chéri dans les provinces , adoré par l'armée, réunissait toutes les grandes qualités né^ cessaires à l'exécutioti des vastes entreprises. L'intrigue ne pouvait tromper un esprit aussi clair* voyant. Son caractère ferme se montrait inébranlable dans ses résolutions; et, s'il n'avait voulu que rendre à l'^npire^n lustre , aux lois leur vigueur, réprimer l'ambition des prêtres , les soumettre à l'autorité civile, et prévenir par une tolérance sage et politique tous les malheurs que produisirent pendant tant de siècles les guerres religieu-? ses I il aurait probablement réussi dans ce grand

|»rojet d^une reforme salutaire ; mais il ëcboaa parce qa'il. voulut l'impossible. U oublia qu'un prëJQgé tombe ne peut plus se relerer ^ et qu'il n'appartient à aucune force humaine de ressusci* ter une religion à laquelle on ne croit plus. Une pratique obéissante peut tromper quelque temps raatorité, mais la foi n'est pas de son domaine.

L'empereur connaissait bien les atteintes mor* son telles que le progrès des lumières et les railleries i^etx!'*^ ingénieuses de Lucien ayaient portées au polythéisme ; mais il espérait , en interprétant autrement cette croyance y la soutenir et la faire parai* tre moins absurde. Plein de la lecture des écrits composés par Platon , par Pythagore , et postérieurement par les philosophes de l'école d'A* lexandrie ^ il adopta les idées des gnostiques, dont plasieurs Pères de l'église eux - mêmes n'avaient pa éviter la séduction.

Suivant ce système ^ la nature était l'ouvrage d'an senl Dieu ; des éons , ou des génies intermédiaires y en gouvernaient , par ses ordres y les différentes parties; mais au lieu d^appeler anges , comme les chrétiens y ces êtres célestes, il leur don* nait les noms des dieux de l'Olympe. 11 considérait les sages y les hommes vertueux y les héros y comme des esprits qui y parcourant les divers degrés de l'échelle des êtres , se rapprochaient progressî vendent du Dieu souverain. C'est ainsi que y cherchant à concilier l'ancien culte avec les idées nou- ▼^Ues , il espérait anéantir les rites sévères du christianisme y conserver aux Romains leur cuke riant , leurs illusions brillaiites y leurs pompeuse^

Page 1