TINIEN II , EMPEREUR EN OCCIDENT
(An 364-)
Portrait VALENTINIEN , popté au trône par Parmée, de- 4e vaienti- ^^j^ j^ j^^^. ^^ comtc Gratîcn , soldat heureux,
dont la force et la bravoure avaient fait la fortune. On admirait la beautë du nouvel empereur, sa haute stature et le feu de ses regards; jeune, il s'était fait remarquer par sa tempérance et par sa chasteté autant q[ue par sa force et par son cou-
i^age. Doné d'un esprit naturel , yîf et pénétrant , il avait la repartie prompte, le jugement sain ; mais, nourri dans les camps, il n'avait étudié ni les sciences, ni la philosophie, ni même la langue grecque que parlait la moitié de l'empire. Il ne cohnaissait que les lois militaires. Observateur sévère de la discipline , il poussa souvent la rîgueut jusqu'à la cruauté* Ayant embrassé la foi chrétienne, il méprisait les fables du paganisme, et, tandis que presque tous les grands pliaient sous l'autorité de Julien , et revenaient , pour lui plaire, au culte des idoles, le fier Valentinien bravait la puissance de c^e prince , et préférait son estime & sa faveur. Il osa même , en sa présence , frapper un prêtre païen qui voulait, malgré lui, le purifier en versant sur sa tête Peau lustrale.
Seâ talens lui firent pardonner sa résistance ; et les suffrages unanimes de l'armée, noble prix de sa fermeté, l'élevèrent, à l'âge de quarante-troia ans , au pouvoir suprême. Parvenu au trône sans intrigues, il l'occupa sans crainte.
Sa première démarche proiuva aux soldats qu'ils 8*fty«eté s'étaient donné uii maître capable de reconnaître «oïdau. leurs services sans se soumettre à leur joug. Les ayant rassemblés suivant l'usage , à peine a-t-il commencé sa harangue, qu^il se voit iiiterrompu par le âiurmure général dés èfficiei's et dès sblduts qui le pressent d'assurer le repos de l'empire , et de s^associer un collègue ': (< Compagnons , leur y^ dit-il, hier vous étiez les maîtres de ne point ih m'élever au trône ; aujourà'hui c'est k moi seul i qu'il appartient de prendre leà rtiesures qu^exi-
» gent les grands întërèts et le repos de P^at. Je » connais mes droits y mes devoirs , mes forces , et » les périls auxquels m^expose mon élévation. La » durée de nos jours est incertaine; pour vous » mettre à l'abri de nouveaux orages , vous sou- D haitez que je me désigne un successeur et un » collègue, c'est aussi mon vœu; mais ce choix » exige une mûre réflexion ; reposez-vous sur moi » de ce soin, et rentrez paisiblement dans vos » tentes : vous y recevrez la gratification réglée » par la coutume* »
La fermeté de l'empereur apaisa le tumulte f des applaudissemens dictés par la crainte suc* cédèrent aux murmures, et l'armée' obéit dès qu'elle sentit que le nouveau prince savait com-* mander.
Association Valeutidien , ayant ensuite convoqué un conseil l'oinpire. composé des principaux chefs de l'armée , les con^» sulta sur le choix qu'il devait faire; ils partagèrent presque tous l'opinion de Dagaléphus qui lui dit : « Si vous n'écoutez que votre intérêt, vous don— »• nerez le titre d'Auguste à votre frère Valens; si » vous préférez l'intérêt public, vous nommerez » le plus digne. » L'empereur ne prit alors au-* cune décision; il partit de Nicée , se rendit à Cons* tantinople , harangua le sénat, s'établit dans le palais impérial, et trente jours après donna la pour-«> pre à Valens. Ce prince, âgé de trente-six ans , no ;$'était fait remarquer par aucun talent , n'avait point occupé d'emplois ; courtisan soumis pendant le règne de Julien, sa docilité fut, aux yeux de Yalentinien, son seur mérite. L'empereur savait
DU BAS-]ramR£. lis
qu'en Passociànt à Fempire il ne se donnait qu'un sajet couronné,
La douceur de Jovien avait épargné à l'état les maux qui suivent trop souvent les réactions ; et grâce à sa tolérance le christianisme s'était relevé «Mas abuser de son triomphe, et sans persécuter les païens. Le malheur de ceux-ci s'agrava lorsque Yalentinien monta sur le trône; la charité s'exila des églises y la terreur fit déserter les temples; les philosophes, éloignés de la cour , quittèrent leurs manteaux, et rasèrent leurs longues barbes qui^ loin d'inspirer le respect , ne leur attiraient plus que des injures; et les chrétiens, entraînés par un £aax zèle, versèrent le sang de ceux qui n'avaient offensé que leur amour-propre, et ne les avaient comprimés que par des railleries.
L'élection de deux princes partisans zélés du christianisme encourageait à ces vengeances. Dès que Yalentinien connut ces désordres , il en arrêta le cours et se montra aussi tolérant pour les opinions religieuses, qu'il était dur et cruel contre tous ceux qui, dans l'ordre civil et militaire ^ commettaient le moindre délit ou opposaient la moindre résistance à ses volontés.
Les anciens amis de Julien , poursuivis par la haine, furent accusés par l'envie, et presque tous punis ou destitués. Les talens de quelques généraux qui s'étaient rendus nécessaires les sauvèrent de ce naufrage. La vertu de Salluste l'en garantit. On voulait par respect lui laisser ses emplois , il les quitta par sagesse.
Les deux empereurs réglèrent définitivement'
a4$ HiaromB
Partage de ^utrc eax le pflurtage de l'empire. Valeos reçut* ii*eTJentl- P^^*^ «o** !<>* 1* préfectuTe de POrient qui s^éteo* nien ai Va- j^ît depuis le W Danube jusqu'aux frontières de Perse. Yaletitiiiien se réserva rUlyrie, Fltalie, l'Espagne 9 la Gaule, la Bretagne et l'Afrique^ Chaicédoine à l'est y le mto t Atlas à l'ouest , étaient ses limites* Les peuples eurent à supporter les dépenses de deux cours, de deux ministères, de deux conseils. On peut dire que ce fut à cette époque que commença réelleùient la division du monde romain en deux empires : celui d'Occident et celui d'Orient.
Valens étabHt sa résidence à Gonstantinople, et Valentinieu fixa la sienne à Milan. Rome était non pas n^Ugée, mais crainte ; on n'osait la bra-* ver que de loin ; et le despotisme, gêné au miUeii de ces vieux monumens des antiques lois et de l'ancien culte , fuyait cette terre classique de la liberté.
Tous les païens, tous les philosophes , tous ceux que la faveur de Julien avait comblés de fortune et de dignités supportaient avec désespoir la ré-^ solution qui faisait triompher leurs adversaires^ et qui les dépouillait de leurs rangs et de leurs biens : mais ils n'osaient dans FOccident faire éclater leurs plaintes. La fermeté de Valentinien les contenait. Le faible Valens dans l'Orient ins* pirait moins de crainte, et la haine y montra plus d'audace. Le désordre qu'entraîne la faiblesse y rendait le mécontentement plus vif. En tout pays comme en tout temps, ce désordre encourage ef trompe souvent les factieux; ils oublient que la
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plus grande partie des hommes, préférant le repos au péril, soufiFrent long-temps ayant d^oser briser la chaîne qui les blesse, et que les plaintes leai plus générales sont long^temps des signes de dou^ lear ayant d^ètre des cris de révolte. Les doléances ne prouvent souvent que la servitude, c'est le si«* lence courageux qui cache le ressentiment.
Le patricien Pétronius , père d'Albia Domînica^ femme de Pempereur Yalens, vindicatif, avide, orgueilleux, cruel , excitait l'indignation par sa conduite tyranniqne, et inspirait le mépris par ses vices. Les Romains croyaient voir revivre en lui P^nfame Séjan , l'odieux favori de Tibère, Procope, général renommé, persécuté comme un ancien favori de Julien, et redouté par Yalens, parce qu'on l'avait cru digne d^ l'empire , errait depuis quelque temps déguisé, cherchant de re*^ traite en retraite à sauver ses jours proscrits. Entendant par-tout le peuple déclamer avec amertume contre le gouvernement , il se persuade que tous ceux qui sont mécontens comme lui sont comme lui prêts à prendre les armes contre la tyrannie^ Cette idée fait succéder dans son esprit l'audace à la crainte^ et ce fugitif, sans asyle, sans argent, sans appui , forme le projet téméraire de renverser r^tnpereur d^Orient et de se placer sur son trâne.
Dans ce moment , l'empereur Valons , redoutant usurpation une invasion des Groths , rassemblait pour les corn* battre plusieurs corps de troupes de l'Orient j et les attendait dans la ville de Césarée, en Gippadoce* Procope , profitant de son éloignement , marche accompagné de deux hommes intrigans
et hardis, entre la nuit dans Constantinople, s^y cache 9 et par ses émissaires gagne deux cohortes gauloises qui pleuraient encore la mort de Julien y leur libérateur et leur héros. Sûr de leur dévouement, il ae montoe soudain à leur tète couvert d'un manteau de pourpre. La populace, toujours amie des nouveautés, le proclame Auguste j une foule de paysans séduits par ses promesses accourent près de lui; ce cortège tumultueux force les portes du palais, y installe le nouvel empereur et le conduit ensuite au sénat, vide de sénateurs, et que remplit une tourbe d^obscurs conjurés. Tous les fonctionnaires s'éloignent, tous les propriétaires et les marchands se renferment dans leurs maison»: Procope règue,mais il règne sur une ville qui n'offre à ses yeux qu'un vaste désert dont le silence l'épouvante. Cependant , trop avancé pour reculer, il s'empare du port et des arsenaux, fait paraître devant lui des aventuriers qui trompent le public en se présentant comme ambassadeurs, de puissances étrangères : en même temps il fait arriver des courriers qui répandent le faux bruit de la nlort de Valens. L'audace la plus téméraire trouve toujours des admirateurs. : le belliqueux et bouillant prince Hormisdas se déclare pour un usurpateur qu'il croit prêt à venger Julien et ses amis. Les Goths donnent des secours à Procope ; les joviens et les herculiens se rangent sous ses enseignes; enfin Faustine, veuve de l'empereur Constance, donne un nouvel éclat au nouvel Auguste en l'épousant , pour remonter sur le trône dont elle n'était descendue qu'à regret. Bientôt
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Procope se voit à la tète d'une nombreuse armée que les mécontens grossissent chaque jour. Si son génie eût égalé son ambition, il aurait peut-être changé encore une fois la destinée de l'empire.
Le lâche Valens tremblait dans Césarée , parlait Ucbeté abdiquer pour conserver sa vie, et ne cédait qu'avec peine à la fermeté de ses ministres qui le forçaient de garder le pouvoir suprême.
Au milieu de ces incertitudes y une invasion rapide aurait augmenté la crainte, déconcerté la prudence et soumis l'Asie. On subjugue tous ceux qu'on étonne.
Procope fit la guerre méthodiquement et perdit tout en perdant du temps* Entré en Asie, il voulut s'assurer des postes fortifiés , s'empara de quelques villes, et ne se i^r4it maître de Cyzique qu'après .un long siège. Un r^remier succès contre les généraux de Valens resta sans fruit, parce que l'usurpateur ne sut pas en profiter. Cette temporisation, qui n'est utile qu'à ceux qui se défendent^ permit à Valens de se remettre de sa frayeur j il regagna l'affection des peuples en investissant de nouveau le vertueux Salluste de la préfecture de l'Orient. Lupicinus amena les légions de Syrie à son secours; enfin le général Arinthée, que sa beauté, sa force et sa vaillance faisaient comparer aux anciens héros de la Grèce, marcha, suivi de peu de troupes, contre un corps nombreux de rebelles, s'approcha d'eux audacieusement,leur ordonna, comme s'il était leur chef, de lui livrer l'officier qui les commandait, et fut obéL
Les armées de- Valens étant réunies, le vieux ToiiE vu. 32
aSo HISTOIRE
Maguani- Arbëtlon, autrefoîs consul et gënëral sous le règne b^uon. ' d^ grand Constantin, quitte sa retraite, prend le commandement des troupes : on avait oublié ses concussions, ses vices, on ne se souvenait que de ses exploits : les deux armëes se rencontrent à Thyatire en Lycie et se livrent bataille. Des deux cotés le courage était égal, la fureur pareille, le succès semblait incertain* Au milieu de la mêlée, Arbétion jette son casque, ofiFre aux regards des combat tans sa chevelure blanche, sa figure vénérable : « Mes enfans , crie-t-il aux soldais , recon- » naissez votre père et votre chef, imitez ma » vieille fidélité, rejoignez les drapeaux de l'em- » pereur élu par vous, qui a reçu vos sermens, et » fuyez Pusurpateur qui viole vos lois et qui vous » trompe. » A ces mots le combat cesse, tous les guerriers de Procope se soumettent aux ordres d' Arbétion.
Fuite L^usurpateur , abandonné , s'enfuit dans les bois piocope. avec deux officiers qui, le jour suivant, dans le dessein de racheter leur vie par une perfidie, enchaînent Procope et le traînent au camp impérial, où on lui tranche la tête. L'èmperetir profita de la trahison et punit les traîtres. Ils partagèrent le supplice de leur victime.
Le faible Valens, au lieu d'attribuer à ses fautes les troubles que le courage de ses généraux venait d^apaîs-er, en accusa ses peuples, prétendant qu'îb avaient attiré sur eux le courroux du ciel par leur funeste penchant pour la magîe. Il publia'des édits sévères contre ceux qui professaient cette fausse science.
A cette époque , dans tout l'empire romain ^ les chrétiens comme les païens, également superstitieux, croyaient aux charmes, aux philtres, à l'évocation des esprits infernaux, aux sortilèges employés pour inspirer l'amour ou la haine , et ^
pour priver un ennemi de la raison ou de la yie. Les catholiques et les ariens ajoutaient presque autant de foi aux prédictions des sorciers, que les idolâtres aux oracles. Tous s'accordaient à regarder comme criminelle la sorcellerie, et personne ne se montrait assez sage pour comprendre que , s'il n'existait pas de sorciers, l'autorité ne devait pas combattre an^ chimère, et que si y au contraire, ks sorciers étaient doués de la force et de la science qu'on leur supposait, toute loi contre eux serait impuissante.
On persécuta tous ceux qui étaient soupçonnés de magie* Sous ce prétexte, les différentes sectes s^accusèrent réciproquement ; les païens furent particulièrement tourmentés , et l'esprit de parti ouvrit par ce moyen un champ fertile à la cupidité des délateurs.
Lorsque Valentinien apprit la révolte de Procope, il donna des conseils à son frère pour diriger sa conduite , mais il ne lui envoya point de secours: une invasion des Allemands dans la Gaule, la piraterie des peuples du Nord qui in- y
festaient l'Océan 9 le soulèvement des Pietés et des Calédoniens en Bretagne, et l'armemenjt des Maures en Afrique , occupaient tous ses soins et ^ployaient toutes «es forces. Il publia , ^^ comme Yalens , des édits sévères contre le men.
Grnanté Valcnti-
magiciens , et les fit exécuter ayeo une exttême rigueur.
Valens fut cruel par faiblesse , Valentinîen l'était par caractère ; inaccessible à la crainte , emporté y barbare y il punisisait de mort le moindre délit. Dès qu'un mot excitait sa colère y on entendait sortir de sa bouche ces paroles courtes et terribles : « Qu'on le brûle , qu'on le décapite^ qu'on l'as-- » somme. » Près de la chambre où il couchait, en voyait, enfermés dans deux cages, deux ours énormes, dignes favoris d'un tyran. L'un se nommait V Innocence y l'autre Mica-Aurea* L'empereur se plaisait à leur faire dévorer, devant lui, les malheureux qu'il avait condamnés. Après de longs services, V Innocence reçut de lui une yaste forêt pour apanage et pour retraite.
Plus féroce que ces deux ours , le barbare Maxi-* min irritait les ressentimens de Valentinien , inondait l'Italie de sang, et, lorsqu'il fut gorgé d'or et rassasié de victimes, il obtint pour récompense la préfecture des Gaules.
Les prisons de Rome, de Milan, d'Ântîoche, étaient remplies d'infortunés que la délation y entassait. Cependant la vertu de Salluste, qui luttait avec fermeté contre la tyrannie, allégea so&vent le poids des maux qui affligeaient l'Orient, '*'«» Ce qui parait inexplicable dans ces temps bar-
bares, c est le contraste étonnant que présente d'une part la cruauté des princes, et de l'autre la sagesse de leur législation. Lorsque Valentinien ne cédait point à la yiolence de quelque ressentiment particulier , ses lois , dictées par la justice ,
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portaient rerapreînte de Famour du bien public, et Ton ne peut que donner des éloges aux mesures qn^'l prit contre l'exposition des enfans, et aux édits qu'il publia pour protéger les progrès des sciences, particulièrement ceux de la médecine, n établit des académies à Rome et à Constantînople. On lui dut une belle institution , dont l'obj et était de réformer de grands abus : il créa soixantedeux défenseurs, cHargés de porter au trône les requêtes des provinces, les plaintes des villes, et de soutenir les droits des peuples. Sourd aux cris de l'esprit de parti, il toléra tous les cultes, permît de célébrer les mystères d'Eleusis , protégea les aruspices , et réprima l'avarice du clergé chrétien. Il défendit sagement aux magistrats d'acheter des biens -fonds dans les provinces qu'ils administraient, ne croyant pas légitime un contrat qui pouvait ne pas être libre.
Yalens était soumis à ses volontés; mais, incapable de montrer cette fermeté qui écarte l'intrigae,*il céda aux conseils d'un prêtre qui l'avait baptisé, favorisa l'arianisme, et ordonna au préfet d'Egypte de chasser Athanase de son siège.
Le peuple en armes défendit son évêque ; Tau- Mort torité se vit contrainte de plier sous l'ascendant du *'^*^*°*** pontife. Athanase termina ses jours en paix, laissant après lui cette renommée durable qu'on ne doit qu'aux grands talens unis à de grandes vertus*
Sa mort fut une calamité pour son église ; l'arien Lucius lui succéda et persécuta les catholiques.
Dans le même temps, Rome était le théâtre des sioasecciéscènes les plus scandaleuses; Urcin et Daniase, ^("Ji*^^"'***
dont saint Jérôme lui-même blâme le luxe indé— cent y se disputèrent , parles armes , le siège pon** tificaL De part et d'autre, des flots de sang furent Tersés au nom d'une religion qui abhorre le sang.
Les femmes ne furent pas même épargnées dans ce massacre; Damase l'emporta, et le lendemain de son triomphe on troura dans Péglise cent trente-sept cadavres* Victoires Valcntinien, ne voulant pas se mêler des queaieD. relies des évêques, les laissa combattre, et courut dans la Gaule s'opposer aux progrès des barbares. Malgré les victoires de Constantin et les triom* phes de Julien , Rome avait conservé l'ancienne coutume de payer, sous le titre de présens, des tributs annuels aux barbares, usage funeste qui datait du temps de Caracalla et de Commode, première époque de la décadence romaine.
Ursace, grand*maitre des offices, ayant refusé de payer ce tribut^ les Allemands prirent les armes; les légions bataves, qui formaient l'élite de l'armée des Gaules, démentirent en cette circons* tance leur ancienne renommée ; après une courte résistance, malgré les efforts d#s deux généraux romains qui les commandaient, elles prirent la fuite et perdirent leurs aigles.
Yalentinien, pour punir leu|r faiblesse , les licencia et dégrada leurs officiers. Désespérés de cette humiliation méritée 9 ils implorèrent tous la clémence du prince , et demandèrent à grands cris qu'on leur donnât l'occasion de réparer leur honte. L'empereur, touché de leur repentir, leur fit rendre leurs armes. Jovinus, à leur tète, marche
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sur Metz, surprend une division allemande, force 6on camp , el la taille n pièces. Après ce succès y il se porte , sans perdrt' de temps , sur la ix)ute de Châlons, rencontre, daiis les plaines qu'arrose la Marne, la grande armée des barbares, lui livre bataille, remporte une victoire cotnplète, tue six mille Allemands, revient à Paris, et y reçoit de Valentinien la dignité de consul pour prix de ses exploits*
L'éclat de ce triomphe fut souillé par un crime : au mépiîs du droit des gens , le roi des Allemands , tombé dans les fers, fut pendu par des soldats romains.
Yalentinien , suivi de son fils Gratien , et accom- «o» ><»«»•<pagné par les généraux Jovinus , Sévère et Sébas- tog**."*" tien, passe le Rhin et entre dans le pays de Wirtemberg. Les Allemands s'étaient retranchée suc ^ la montagne de Salicinium ; l'empereur, s'étant ava'hcé imprudemment pour reconnaître cette position, se vit tout-à-eoup entouré par une foule de barbares. Son intrépidité le sauya; son armure fut brisée, il perdit son casque, mais il se fit jour au travers des ennemis , et revint presque seul dans son camp.
Bientôt il attaque la montagne, et, après un combat long et sanglant, s'en empare. Les Allemands prennent la fuite ; Sébastien leur coupe la retraite , et en fait un affreux carnage. Ce succès termina la campagne ; Valentinien eniploya le reste de l'année i fortifier la frontière du Rhin.
Dans ce temps, un peuple, descendant des Vandales, et qui devint bientôt fameux sous le nom
de Bourguignons , croissait en nombre et en force dans les forêts de la Lusace et de la Thuringe* Leur goavernement paraissait plus républicain que monarchique. Le sacerdoce y jouissait d'une grande autorité ; le grand-prêlre Sinistus était inyiolable , tandis que le chef de la nation j qui portait le titre de Hindinoa , n'exerçait qu'un pouvoir très -borné, et rendait compte de sa conduite au peuple ^ qui pouvait le destituer.
Les Bourguignons y depuis quelques années | étendaient leur puissance par des invasions sur le territoire des Allemands. Leurs sanglantes querelles n'étaient interrompues que par de courtes Son trêves. Valentinien fomenta leurs divisions, et
traité avec
Macrien. couclut avcc Macrieu, roi des Allemands, un iraïaïuL ' traité d'alliance que les barbares exécutèrent plus fidèlement que les Romains.
D'autres peuples, devenus depuis trop célèbres par leurs ravages , infestaient alors les côtes de la Gaule : c'était une foule d'aventuriers sortis des rivages de la mer du Nord. Exercés à la piraterie, enhardis par de premiers succès , enrichis par de nombreux pillages , ils formaient depuis quelques années, sous le nom de Saxons , un corps de nation formidable. Les Romains repoussèrent d'abord leur invasion par la force, et ensuite , les trompant par des artifices trop communs dans ce siècle de corruption , les surprirent au moment où ils reposaient sans défense, sur la foi d'une trêve; ils en massacrèrent un grand nombre , justifiant ainsi d'avance, par cette trahison, les horribles
vengeances que les hommes du Nord exercèrent depuis sur les peuples de l'Occident.
; Les Pietés et les Calédoniens , maîtres de la victoire» Çrande-Bretagne , avaient battu plusieurs fois les dosecnure- Romains: Thëodose, envoya par l'empereur dans ^01"*^'*^-" cette contrée, y ramena la victoire. Après un ^incc ra grand nombre de combats heureuiç, il délivra ces provinces , termina la guerre avec autant de sagesse gue de vigueur , força les Calédoniens de rentrer dans leurs forêts , et conquit sur eux un vaste territoire, qui devint une nouvelle province romaine, sous le nom de f^alentie*
Lelibérateur delà Bretagne, revenu dans la Gaule, et envoyé par Fempereur contre les Allemands qui avaient repris les armes , soutint sa renommée par de nouvelles victoires, ^t reçut pour récompense là dignité de maître général de la cavalerie.
Tandis que Yalentinien défendait avec gloire le Tyrannie nord de l'empire, la tyrannie de Romanus, gou-
nus eu
verneur d'Afrique, sa cruauté, son avarice, la Af^i»»protection intéressée qu'il accordait aux hordes sauvages de Gétulie , malgré les plaintes des villes exposées à leurs pillages , livraient ces vastes con*' tréesàtous les malheurs inséparables d'une injuste administration. L'empereur, trompé par Romanus, le soutenait, et envoyait au supplice ceux qui osaient l'accuser.
Un prince maure, Firmus , indigné de ces excès, Bé?oite et croyant l'occasion favorable pour rendre à sa 1^^^^. patrie son ancienne indépendance, leva l'étendard de la révolte, et entraîna dans son parti la Mauritanie et la Numidie* Actif, courageux, rusé, oh TOME vu. 33
358 HISTOIRS
croyait voir rerivre en loi Jagartha; il vainquit Romanus, quelquefois par la force) plus souvent par l'artifice; chaque jour ses succès étendaient sa puissance; déjà il entrevoyait Pespoir de se rendre maître de FAfrique; mais sa fortune changea , lorsque Thëodose parut.
Le vainqueur des Pietés et des Allemands re-* poussa les attaques de PAfricain j ne se laissa point surprendre par ses ruses, Pattaqua sur tous les points, le força de fuir, le poursuivit sans relâche un fond des déserts , et défit en bataille rangée une nombreuse armée de Maures.
Firmus , digne d'un meilleur destin, se vit abandonné par les hommes, dès qu'il le fut parla for* tune. Un prince du pays le trahit et le livra aux Romains ; mais il échappa au supplice en se tuant.
Théodose, informé des injustices et des crimes de Rbmanus, l'avait suspendu de ses fonctions. Le coupable fut absous par l'empereur , qui le rétablit dans ses emplois, tfort ae La ffloire de Théodose le rendait odieux aux courtisans et suspect au pnnce; vainqueur des ennemis de Rome , et vaincu par les délateurs , il périt victime de la jalousie des fils de Yaientinien j qui lui firent trancher la tète.
Ce supplice d'un grand homme ne souilla point la vie de Yalentinien; la délation et l'envie n'obtinrent ce honteux triomphe qu'après sa mort« L'empereur, trop cruel lorsqu'on irritait son caractère violent, était naturellement juste : ses lois et son administration générale le prouvent; mai^
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il fut soaTént trompé , et trop souvent il fit A% inauvais choix , et les soutint avec opini&tretë*
L'Italie, perdant sa liberté , ^vait conservé sa licence. On y subissait la tyrannie des magistrats ; mais le peuple, qui n'osait leur résister, se vengeait d'eux par des satires et des railleries*
Terrentius, autrefois boulanger, devint, malgré son ineptie, par un jeu de la fortune et par un caprice de l'empereur, gouverneur de Toscane. Lorsqu'il parut pour la première fois sur son tribunal , plusieurs placards rappelèrent que son élévation avait été en quelque sorte prédite peu d« temps auparavant par l'apparition d'un âne qui , échappé et poursuivi par son maître, était monté sur ce même tribunal.
Dans ce siècle, où l'on fit tant de lois, rien n'était réglé par elles qu'en apparence ; tout dépendait des hommes. Le sort de l'empire tenait au caractère du prince; Rome comptait encore des savans , des orateurs , des héros , mais elle n'avait plus de citoyens. La corruption régnait dans les moeurs, et la vertu dans les maximes. Yalens, despote , faible^ méfiant et injuste , disait «qu'il était » heureux pour les peuples de se voir gouvernés » par des princes qui avaient long-temps vécu » dans la condition privée : » et tandis qu'il sacrifiait tant de victimes à la délation , on citait de lui ces belles paroles : « Les délateurs sont plus » dangereux que les barbares, comme les mala- » dies internes sont plus funestes que les maux » produits par une cause extérieure* »
y alentinien régna comme au tyran ^ et cepen-
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Graiien , ddiit H setâit difficile de tracer en moins de mots TentlnielV ^^^ dcvoirs d'uu grand monarque , qu'il ne le fit^ est nommé lorsque Sentant ses forces décroître ,il revêtît , dans la ville d'Amiens, son fils Gratien du titré d'Auguste : *i Vous voilà , mon fils , dit-il à ce j eune » prince y élevé au pouvoir suprême sous d'hen- » reux auspices ; soutenez le poids de l'empire , » bravez les glaces du Rhin et du Danube , mar^ yt chez à la tête des troupes^ versez votre sang » pour défendre vos peuples , regardez les biens )» et les maux de l'état comme vous étant person- » nels. Je consacrerai le reste de ma vie à graver y> daus votre cœur les principes de la justice* Et Vf vous, soldats, aimez ce jeune prince que je » confie à votre foi; songez qu'il est né et qu'il 9f va croître à l'ombre de vos lauriers. »
L'Oxient éprouvait autant que. l'Occident tous les maux inséparables du pouvoii* arbitraire , et n'en était pas dédommagé par la même gloire militaire» Yalens avait de bons généraux qui retar* daient la destruction de l'empire; mais l'incerti-iude et là faiblesse du prince Fempêohaient de tirer parti de leurs talens ; ils s'épuisaient en efforts stériles pour exécuter des plans mal concertés* KTactîoDs Sapor , qui , pjendant un règne de 70 ans^ releva l[ or ' ^ ^^ gloire des Perses par ses triomphes , et la ter-^ nit par ses vices et par ses injustices , employait , pour satisfaire son insatiable ambition , tantôt la force et tantôt l'artifice. Peu contât d'avoir con-iraint $ par le traité conclu a^ec. Jovien , l'Arxné*nie à lui payer un tribut , il voulut s'en emparer , trompa le roi Arsace par de fausses protestations
BU BA^EHFIRE. â6i
d'amitié, le fit assassiner > et réduisit l'Ârmënie en province.
Une seule TÎlle, Artogerdîce, lui résista ; Olynrpas y veuve d'Arsace, la défendait : son courage repoussa long-temps les Perses ; mais Sapor , ar^^ rivant avec une armée nombreuse, obligea enfin la ville à se rendre. La reine conserva sa gloire et perdit sa liberté*
Le roi ne put garder paisiblement une conquête qu'il ne devait qu'à un crime; les Arméniens et les Ibériens se révoltèrent pour ressaisir leur indépendance. Yalens , regardant le traité de Jovien comme rompu par Pinvasîon des Perses en Arménie , se déclara pour les révoltés. Sa cause était juste, mais le moment mal choisi pour entrer prendra une guerre si périlleuse contre une puissance si redoutable j car alors Constantinople se voyait menacée par les Goths , peuple belliqueux, et contre. lequel l'empereur aurait dû réunir tourtes ses forces.
. Le roi ^e Perse, plus prompt que Yalens, attaqua les Komains ; tous les efforts d'Arinthée et de Trajan se bornèrent à défendre l'Ëuphrate* Malgré leur vaillance , secondée par Y adomàire , roi des Allemands, autrefois captif, et depuis aUié fidèle des Romains, les Perses, dont les forces augmentaient chaque jour , se seraient probable^ mentrendus maîtres de l'Asie ; mais Sapor mourut , et les troubles qui s'élevèrent après sa m<»:t dans JM)n royaume sauvèrent l'empire.
Yalens avait embrassé la cause des Arméniens plutôt par ambition que par justice; après avoir
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feint de protéger Parg, y leur roi ^ il lé traliit* Le comte Trajan , par ses ordres, invita le prince et les grands de sa coor à ane fêtç. Ils s^y rendirent avec confiance , et , a^a milieu du festin , les ayant fait entourer par ses soldats j il les ëgorgea*
Les princes chrétiens^ les peuples civilises se inontraient alors à la fois plus perfides , plus cruels et moins braves que les barbares. Il devenait facile de prévoir la chute et le démembrement d'un empire où il n'existait plus de vertus ni de liberté.
TéUmu de La cruauté des vengeances exercées par Valens dM Goths. contre les Goths qoi avaient pris le parti de Procope ) armait tous les peuples contre lui. Les historiens de Fantiquité donnent peu de lumières sur l'origine de ces nations qui renversèrent l'empire «t fondèrent l'Europe nouvelle. Souvent ils confondent les Goths avec les Scythes, les Sarmates et les Daces : Tacite plaçait leur berceau sur les rives de la Yistule. Une ancienne tradition nous les montre sortant d'Asie sous la conduit ed'Odin, ^ui , en peu de temps , conquit tout le nord ^ tout l'orient de l'Europe , jusqu'à la mer Baltique y et s'établit ensuite dans la Scandinavie , qui subit son joug et reçut ses 1ms.
D'autres auteurs, sans remonter si haut, ra* content que, trois cents ans avant Jésus-Christ, plusieurs tribus de Goths, quittant. les forêts de la Scandinavie, s'étendirent le long de la mer Baltique , sous les noms de Ruges , de f^cmdale», de Lombards et à^Jïéruleê. Ces diverses pea- |»lades f devenues nombreuses, envahirent les con-
tréea Tolsines ; les plus belliqueuses ^ conservant le nom primitif de Goths , trayersèrent la Sar-^ matie et s'établirent sur les bords du Don ^ prètf des Palus - Méotides. Ceux qui restèrent à Touest de la Vistule reçurent le nom de Gépides ou paresseux. Les Goths, franchissant bientôt les plaines de la Scythie et les rives du Borysthène^ attaquèrent 9 vainquirent et exterminèrent les Gètes y qui possédaient le pays situé à Pemboii* chure du Danube. Les Vandales , les Marcomans et les Quades cédèrent souvent & Peffbrt de léuré armes.
Du temps de Garacalla, Rome les regardait comme des ennemis redoutables; sous le règne de Gallien , profitant des divisions de l'empire , îls^ ravagèrent riUyrîe, la Grèce, l'Asie, et réduisirent Ëphèse en cendres* Vaincus par Claude 8e<» cond, par Âurélien, par Tacite, et presque détruits par Probus , ils s'étaient déjà relevés sou» le règne de Dioclétîen ; leurs troupes servirent utilement Galère , et ils donnèrent à Constantin quarante mille auxiliaires.
Les Goths , rusés dans leur conduite , infatigables dans leurs travaux, se montraient à la fois hardis et prudens : leur stature était haute , leur chevelure blonde; leurs lois, simples et claires ^ ressemblaient à des réglemens de famille : aussi^ lorsqu'ils conquirent les Gaules, on préféra, dans ce pays , le Code Théodoric à celui de Théodose^ Charlemagne , dans ses Capitulaires , conservSr plusieurs de leurs lois qui régissent encore FAngleterre.
Quelques publicistes prétendent que Pinstitution des fiefs prit naissance chez les Goths; le mariage n'ëtait pas pins permis entre les nobles et les plébéiens qu'entre les personnes libres et les esclaTes. Le prince proposait leslois y les grands le» discutaient j le peuple les acceptait ou les rejetait»
L'impôt était réparti par des magistrats élus; on punissait rarement de mort ; l'argent expiait le crime., le coupable rachetait sa liberté ou sa vie : tout accusé était jugé par aes pairs ; souvent le duel tenait lieu de jugement.
> Les Goths, devenus puissan», se divisèrent en deux peuples j les orientaux, près du Pont-Euxin, prirent le nom d'Ostrogoths ; ceux qui occupaient les bords du Danube s'appelèrent Visigoths. Ou a plus conservé le souvenir de leurs ravages que la mémoire de leurs rois j on sait seulement que deux races célèbres les gouvernèrent long*tenips« Les AmaLea régnèrent sur les Ostrogoths, les JBattes sur les Visigoths. On ne donnait à ces princes que le titre de juges, préférant sans doute le nom qui exprimait la justice à celui qui ne rappelait que l'autorité.
■>**«'*« . Lorsque Valentînien et Valens occupaient le rick!n?l. trône romain,un prince Goth, nommé Hermam ^•^* ou Hermanrickj remplissait les contrées septentrionales du bruit de ses exploits. Ce conquérant , que les barbares nommèrent l'Alexandre du Nord, subjugua douze nations; tous les Goths reconnurent sa puissance; et, ce qui est sans doute plas extraordinaire que ses conquêtes, c'est qu'il n'en-
tra qu'à Page de quatre- vingts ans dans sa carrière héroïque j et ne la termina qu'à cent dix ans. Ces peuples belliqueux avaient encore^ dans ce temps , d'autres chefs y ^lapipus j jétalaric^ Fritigerne et Alaric , qui méritèrent une grande renommée par leurs succès contre les Romains.
Alaric fut le premier qui prit les armes pour venger une foule de ses compatriotes captifs et dispersés dans l'Orient, et que le cruel Valens avait fait inhumainement égorger. Pendant deux campagnes, les succès furent balancés, et l'habileté de Victor et d'Arinthée ne purent remporter aucun avantage remarquable sur la sauvage valeur des guerriers du Nord; mais, la troisième année , Atalaric perdit une grande bataille; les généraux de Valens avaient promis aux soldats romains une forte somme par tète de Goth; la cupidité rendit' la poursuite ardente et le carnage affreux.
Les barbares vaincus se soumirent; Valens con- Paîx entre dut un traité avec leurs princes, s'affranchit des lercolils. subsides qu'il leur payait , et ne leur permit la libertié de commerce que dans l'enceinte de deux villes situées sur le Danube.
Cette paix , violée par la perfidie romaine , ne Rupture do fut pas de longue durée : Marcellinus, général ro- ^^-^x^T^Xmain^ imitant la bassesse du comte Trajan, fit die de iwarpoignarder Gabinius , roi des Quades, qu'il avait invité à une conférence. A la nouvelle de ce crime , les Quades s'arment , les Sarmates se joignent à eux , mettent en fuite les Romains, ravagent la Pannonie, et battent deux légions commandées par Equitiu^s. On croyait la Mœsie perdue; mail le TOMfi vn. 34
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jeune duc Thëodose y qui marcliait sur les traces de son père y et devait surpasser sa gloire , rallie les troupes , ranime leur courage, arrête les barbares, reprend ^offensive, et force l'ennemi à la retraite. Dans ce moment, Valentinien, arrivant en Illyrîe pour secourir son frère , poursuit les barbares au-delà du Danube, répand l'épouvante dans leur pays, détruit leurs villes, et revient prendre ses quartiers d'hiver. à Presbourg.
Mon de II reçoit une députât ion des Quades , qui , dans
Valent!- , . .« , , .
nien. 1 mteutiou de se jnstiner a ses yeux, lui exposent avec fieii:é leurs griefs : ce prince emporté les interrompt, les menace, et, dans le transport de sa colère , se rompt un vaisseau dans la poitrine. Des flots de sang lui ôtent la parole et la vie.
Les Romains avaient souffert douze années des emportemens de Valentiuien ; il en fut lui-même la dernière victime ^.
Ce prince avait répudié l'impératrice Sévéra, parce qu'elle avait abusé de son rang pour forcer un particulier à lui céder son bien. Il s'était depuis remarié avec Justine, veuve de Magnence. Les lois et les mœurs permettaient alors le divorce, que condanlnait l'église.
Valent!- Gratieu, proclamé César par Valentiuien, de-
ûiea II est •ti* /j a *».**». ^
proclamé ^ait lui succéuer; son nom se trouvait joint a ce-
empereur. ini^e son pèrc daus tous les actes publics , et le
respectqu'inspiraient ses qualités personnelles était
encore fortifié par son union récente avec la petite-
j^le de Constantin. Mais que peuvent les droits
* Ail de Jéflus-Chrût 575.
les mieux reconnus , et les plus puissans motifs d'intérêt public^ contre les passions privées; Yalentinien venait de mourir à Brëjiaccio , au fond de la Pannonie : Gratien était éloigné ; les généraux Équitius et Mellobaude , croyant l'occasion favorable pour se donner un chef qui leur dût le trône , font paraître dans le camp l'impératrice Justine et son iils Valentinien, âgé de quatre ans. Les soldats , excités par les ambitieux qui espéraient régner sous le nom de cet enfant , le proclament empereur,
Gratien | par sa modération , trompa les cspé- M«g«anirancesde ces hommesperfides qui sacrifiaient Fem- uen. pire à leurs intérêts. Ce prince , aussi sage que vaillant , aima mieux partager le trône j que de l'occuper seul au pi'ix d'une guerre civile ; et, par on édit confirmant le choix de l'armée d'IUyrie, il se déclara le collègue et le tuteur de son frère. Ainsi l'empire romain resta gouverné par Valens et par êes deux neveux.
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