‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 114 sur 153 · VILLES HANSÉATIQUES · texte numérisé non relu

VILLES HANSÉATIQUES

A la fin du quatorzième siècle, les villes hanséatiques possédaient en Suède la totalité du commerce , sans comptoir, il est vrai, mais avec le privilège insigne d'entrer pour moitié dans la composition des conseils municipaux de Stockholm et des autres villes maritimes. Il leur fut difficile de se maintenir au milieu des agitations de ce royaume; elles s'élevaient ou s'abaissaient selon le parti. Gustave Wasa, monté sur le trône avec l'assistance de Lubeck , accorda à cette ville, à Dantzick et à d'autres, selon leur bon plaisir, l'exemption des droits d'entrée et de sortie, avec un monopole absolu, au point d'interdire à ses propres sujets de naviguer dans le Sund et dans le Belt; tout différend au sujet de l'interprétation et de l'exécution du traité devait être jugé à Lubeck par quatre sénateurs de la ville et quatre de Suède. Gustave aurait désiré restreindre ces concessions sans exemple, que la gratitude ou peut-être la nécessité leur avait imposées; mais de quelle manière, tant qu'une dette considérable le liait à Lubeck? Les Lubeckois, afin d'en obtenir le payement avec des avantages particuliers , négligèrent les intérêts généraux; mais, quand ils prêtèrent assistance aux artisans du trouble dans ses États, Gustave abolit les exemptions concédées, et soutint la guerre contre la hanse, en invitant les autres nations et ses propres sujets à faire le commerce en Suède. Gustave-Adolphe , en fondant plus tard une société de commerce suédoise, enleva aux hanséatiques l'espoir de recouvrer leur ancien monopole.

En Norvège ils firent*ruiner par un corsaire la ville de Bergen, port très-favorable au commerce , qui de là s'avançait jusqu'au Groenland ; cette colonie périt alors. Ils offrirent ensuite des subventions aux citoyens appauvris, dont ils reçurent en garantie les maisons et les terres ; cette opération mit dans leurs mains toute les valeurs de la ville. Après un incendie qui l'avait détruite , les Allemands la reconstruisirent sur un plan mieux conçu, et, se considérant comme du pays, sauf pour les exemptions, ils agirent en maîtres, et se livrèrent à toutes sortes d'excès. Le roi Ghristo- tu«. phe III chercha à introduire les Hollandais dans le pays; mais il échoua dans cette tentative, et fut obligé de confirmer les privilèges des hanséatiques ; cependant, et son exemple fut suivi par ses successeurs, il épiait sans cesse l'occasion d'affranchir le royaume de ces tyrans marchands. Cette occasion s'offrit au gou- use i3«o. verneur Christophe Walkendorf , qui leur enleva leurs privilèges l'un après l'autre, et ne leur laissa que la pêche du stockfisch; le commerce hanséatique s'éloigna donc de cétte côte.

Ils trouvèrent en Danemark la concurrence des Anglais et des

Hollandais, attirés comme eux par une foule de privilèges. Lubeck put faire exclure plus tard les Hollandais, et songea même à conquérir tout le royaume ; mais la direction nouvelle prise par le commerce ne lui permit pas de réaliser ses projets.

L'importante factorerie de Bruges eut beaucoup à souffrir sous Charles le Téméraire ; puis elle déchut , bien que favorisée par Maximilien Ier, parce que plusieurs villes de la Hollande , du Rhin et de la basse Saxe refusèrentde concourir aux dépenses considérables de son entretien. Au lieu donc de déposer les marchandises dans les magasins, beaucoup de négociants les placèrent chez les habitants, origine du commerce de commission , qui se fit avec plus de justice et de bonne foi.

A mesure que les hanséatiques perdaient le monopole du Nord, et que les Hollandais et les Anglais venaient leur faire concurrence, la prospérité de Bruges déclinait; bientôt, par la retraite successive des comptoirs des autres nations , les hanséatiques y restèrent seuls , mais pour se retirer à leur tour ; en effet, comme leurs statuts n'étaient plus en rapport avec les idées nouvelles , ils allèrent s'établir à Anvers. Ils négocièrent avec la lenteur allemande , de 1510 à 1536, pour amener leurs confédérés à y élever un vaste édifice ; les bouleversements qui survinrent firent abandonner cette pensée.

Les rois s'aperçurent promptement en Angleterre qu'ils avaient mieux à faire que d'encourager les étrangers , et que l'accroissement de la marine marchande nationale tournerait à leur avantage; aussi cherchèrent-ils, lorsqu'il survenait des contestations, à les dégoûter par une évidente partialité. Les hanséatiques , qui d'abord avaient prohibé toutes les marchandises anglaises, durent consentir à leur laisser libre cours dans la Baltique, en Prusse et même dans les villes de lahanse, pour obtenir que leursdroits fussent confirmés en Angleterre. L'île ne crut pas toutefois devoir se passer encore des Allemands; enfin Édouard déchira (1552) tous ces privilèges, sous prétexte que les hanséatiques avaient introduit non-seulement des produits de leurs manufactures , mais encore des marchandises d'autres pays, et qu'ils avaient enlevé dans une année quarante-quatre mille pièces de draps anglais, lorsqu'une quantité de onze cents pouvait suffire à leurs nationaux. Pour se venger, les confédérés interdirent toutes relations avec l'Angleterre, qui gagna seule à cette interdiction. Sous Élisabeth ils convinrent d'être traités sur le même pied que les indigènes; mais lorsque, malgré l'injonction qu'ils avaient reçue de cette reine, ils transportèrent en Espagne des vivres et des munitions , Élisabeth

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