SCANDINAVIE
Modifiés, mais non changés par la civilisation , les peuples du Nord , quoique placés au milieu de champs bien cultivés, se complaisent encore aux hasards de la guerre. Fidèles à leur ancien goût pour les courses aventureuses, ils veulent voir des cieux plus doux, des terres plus riantes, mais pour revenir sur le sol natal. C'était pour eux une grave insulte que de leur dire : // ne connaît pas d'autre pays que celui où il est né; les sages recommandaient d'apprendre plusieurs langues, surtoutlelatinetritalien, jmrce qu'on les entend au loin. En conséquence beaucoup de jeunes gens allaient étudier aux écoles d'Oxford, de Rome , de Paris , d'Erfùrth : d'autres vendaient les services de leur valeur à Constantinople; ceux-ci se croisaient pour la Palestine; ceux-là partaient en pèlerins pour le seuil des Apôtres, et personne ne se présentait à la cour s'il ne pouvait y parler, comme témoin oculaire, des usages des différentes nations.
Le moine Thierry fit une chronique de la Norvège au commen cernent du douzième siècle. Vers l'an 4200, Suénon Akeson et Saxo G rammaticus écrivirent, par l'ordre de l'évêque Abslan , auxquels ils servaient de secrétaires, une histoire du Danemark. Le premier donne un abrégé aride des faits; l'autre, écrivain habile et soigneux, conserve des traditions curieuses, malgré l'absence
(t) Révolutions des peuples du Nord, par J. M. Chopin; Paris, 1840.
TREIZIÈME ÉPOUUE.
de critique et la confusion des dates. Les Suédois, moins riches encore, n'ont que des fables jusqu'au quinzième siècle. L'histoire des trois royaumes du Nord n'offre donc rien de précis. Qu'il suffise de savoir que chacun d'eux avait à sa tête un roi dépourvu de l'autorité nécessaire pour se faire suivre de ses vassaux , presque toujours en guerre avec eux , élevé ou abattu au gré des factions.
iSS&ite En Danpmark régnaient les descendants d'Estrith, nièce d'Haloio-loo.69 rold Blaatand. L'un des plus remarquables parmi eux fut Canut IV, qui, non moins rigoureux envers le peuple que soumis au clergé, fut massacré dans l'église par ses sujets soulevés, et canonisé par
io»5. les prêtres comme protoraartyr du Danemark. Éric ni, son frère, l'homme le plus grand, le plus robuste de son royaume, et le prince le plus instruit de son temps, fut surnommé le Bon. Il renonça au droit de faire la guerre sans le consentement des Élats, fit le voyage de Rome pour la canonisation de Canut , et obtint l'érection de Lund en archevêché et métropole de tout le Nord. Il avait fait le vœu de se croiser, et, quoique ses sujets offrissent un tiers de leur fortune pour l'en faire délier, il voulut l'accomplir,
nos. partit et mourut en Chypre.
Après une longue lutte entre plusieurs compétiteurs, Walde-
ns7. mar le Grand monta sur le trône. L'occupation de toute sa vie fut de dompter les Vénèdes idolâtres , qui avaient pour sanctuaire Pile de Rugen, et dont les pirateries infestaient la Baltique et les côtes du Danemark. Le pape Eugène III avait déjà publié contre
ittt. eux une croisade qui avait échoué. Cette fois Valdemar s'allia av ec différents princes d'Allemagne , et se reconnut vassal de Frédéric Barberousse, qui promit de l'investir de tous les pays vénèdes. Appuyé de la sorte, il conquit Rugen, et, sur les ruines de l'idole
im- de Svantovit, implanta par force le christianisme. Hertha cessa dès lors de sortir, chaque année , des forêts mystérieuses pour se baigner dans le lac sacré.
"m- Sous Canut VI, son fils aîné, les Danois, grâce à de fréquents voyages et à l'éducation que leurs jeunes gens venaient recevoir à Paris , atteignirent une civilisation égale à celle des autres peuples de l'Europe. Il permit le rachat des tiefs et leur conversion en terres us* st. allodiales ; il continua la guerre contre les Vénèdes, soumit la Slavonie, et reçut l'hommage des villes de Hambourg et de Lubeck.
im. Son frère et successeur, Waldemar II, prit donc le titre de roi des Danois et des Slaves , de duc de Jutland et de seigneur de la Nord- Albingie.
Les chroniqueurs ne lui donnent pas moins de quatorze cents