‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 117 sur 153 · DANEMARK · texte numérisé non relu

DANEMARK

vaisseaux , cent soixante mille guerriers , un revenu de vingt et un mille neuf cents lastcs (quatre mille livres environ) de blé, quatre mille sept cent quarante-cinq schiffpfund (deux cent quatrevingts livres) de beurre, trois mille deux cent quatre-vingt-cinq de miel, ueuf mille huit cent cinquante-cinq bœufs, cent neuf mille cinq cents moutons, soixante-treize mille porcs et troiscentdix-neuf mille marcs d'argent monnayé.

Il fit la guerre aux Esthoniens , les soumit, et déploya, pour la première* fois, la bannière à la croix blanche en champ rouge, dite bannière de Danebourg. Le comté de Schwérin devait lui revenir m9comme héritier de Gunzelin, son beau-père; Henri, frère de ce • dernier, lui en disputa la possession ; mais , comme il ne pouvait se mesurer avec lui à force ouverte, il se rendit à la cour, où il trouva moyen, dans une partie de chasse, de s'emparer par trahison de Waldemar et de son fils , qu'il entraîna dans un de ses châteaux. Le pape se récria contre cette violation du droit des >"*• gens, tandis que l'empereur, qui voulait en profiler, pressait Henri de lui remettre Waldemar ; Henri refusa sous la promesse de ne le relâcher qu'à des conditions avantageuses pour l'Empire.

Le grand maître de Tordre Teutonique, Hermann de Salza, s'entremit par l'ordre du pape; mais, faute de pouvoir tomber d'accord , les partisans de Waldemar et ses ennemis eurent re- *™ cours aux armes. Albert d'Ourlemonde, chef des premiers et régent du royaume, resta prisonnier; enfin, il fut convenu que Waldemar payerait pour sa rançon quarante mille marcs d'argent, et qu'il rendrait à l'Empire tout le territoire situé entre l'Eider et l'Elbe avec le pays des Vénèdes, à l'exception de l'île de Hugen; il dut encore racheter Albert, faire d'autres sacrifices. Lubeck et les princes de Mecklembourg relevèrent immédiatement de l'Empire, et les Danois cessèrent d'avoir aucune autorité sur les Slaves.

Waldemar, à peine en liberté , ne respira que la vengeance. Absous par le pape d'un serment extorqué par la force , il réunit une armée, et livra bataille à l'ennemi; mais, vaincu et blessé, il fut contraint de se soumettre à de nouvelles renonciations. Il perdit donc le titre de Victorieux, pour obtenir le plus beau, celui de Législateur ; car il réforma le code de la Scanie et de la Seeland , hw. et donna des lois aux autres provinces. *

Éric VI, son fils , périt victime de son frère Abel, qui lui-môme iiu-m, fut tué dans une bataille par les Frisons; repoussé de toutes les églises, qui refusaient de lui donner la sépulture , son cadavre fut plongé dans un marais, dont les exhalaisons enflammées passèrent im. dans le pays pour l'Ame du fratricide. Sous Christophe Ier, troisième

frère d'Éric VI, des querelles avec le clergé accrurent la confusion qui semblait être l'état ordinaire de ce pays.

Les rois précédents, par défiance des troupes féodales, avaient enrôlé des étrangers ; les Danois perdirent l'habitude des armes et furent accablés d'impôts. Jacques Erlanodson, savant prélat, issu d'une des premières familles, non moins ambitieux dans ses projets qu'habile à les conduire, pensa qu'il pourrait tirer part

i2*i. de cet état de choses. Ancien chapelain d'Innocent IV, il avait été promu à l'archevêché de Lund. Il prit possession de son temporel sans demander l'investiture; puis, comme le désordre assurait l'impunité des crimes, il fit traîner devant son tribunal les malfaiteurs de toute espèce. Il construisit des forteresses, imposa des péages, changea le code de la Scanie sans consulter le roi, fit enlever du chœur le trône de ce prince, l'accusa même de violence auprès du pape, s'allia avec le roi de Norvège, convoqua un concile à Wedel, et promulgua la constitution dite Cum Ecclesia danica, des mots par lesquels elle commence. Dans cette constitution, il déclare que, l'Église de Danemark étant exposée à là persécution, sans être protégée par le bras séculier, si jamais un évêque était arrêté, mutilé, offensé par l'ordre du roi ou sous ses yeux, le royaume serait interdit d'abord , et puis excommunié, dans le cas où Ton ne réparerait pas le crime dans un mois.

Ce fut une déclaration de guerre. L'archevêque intrigua pour faire changer l'ordre de succession au trône, et le roi le fit ar-

«5». rêter; les évêques interdirent le royaume, et Christophe fut empoisonné.

Marguerite de Poméranie, sa veuve, sut conserver la couronne à son fils Éric VII le Myope (Glipping). Elle fit la guerre à Albert, son neveu, qui avait occupé leduché de Sleswick ; mais elle tomba prisonnière avec son fils. Sortie de captivité par l'entremise d'autres seigneurs, elle fut excommuniée, ainsi que son fils, pour n'avoir pas voulu comparaître au tribunal du légat pontifical. En-

m*. fin la querelle s'arrangea dans le concile de Lyon, sous la condition que le roi payerait certaines indemnités, qu'il n'investirait pas les prélats, et n'en exigerait pas le service militaire.

Les nobles se révoltèrent aussi contre le faible et dissolu Éric VII, qu'ils contraignirent à souscrire une capitulation où étaient déterminés les droits de la royauté; il fut ensuite assassiné par Stigo Anderson, maréchal du royaume, qui vengeait sa

im. femme outragée. Les assassins s'étant réfugiés en Norvège, Éric VIII déclara la guerre à ce royaume, et voulut obliger l'archevêque de Lund à les excommunier ; sur son refus, il le fit

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