LITHUANIE. 54S
forcer à payer des subsides qu'ils auraient accordés dans certains cas urgents; de ne faire aucun voyage sur leurs terres sans leur aveu ; de n'exiger ni vivres ni fourrages , et de ne pas les contraindre à le suivre à leurs frais hors des frontières. C'est le premier exemple des pacta conventa qui furent arrêtés ensuite à chaque élection nouvelle.
Louis fut obligé de se montrer encore plus libéral pour assurer ibt*-m. sa succession à ses filles, attendu que les Polonais voyaient de mauvais œil une dynastie qui montrait de la préférence pour les Hongrois. A sa mort, ils déclarèrent donc qu'ils n'accepteraient pour roi que celle qui promettrait de résider toujours en Pologne. Sigismond de Bohême, époux de Marie, fut exclu par cette décision. La guerre se continua entre les divers prétendants, et ne fut arrêtée que par Hedwige, qui eut le courage de renoncer à celui qu'elle aimait pour épouser Jagellon, grand prince de Lithuanie, et convertir ce pays par le sacrifice de ses propres affections.
Lorsque la race d'Uten se fut éteinte en Lithuanie, Witen fut intnit. élu grand prince , souche obscure d'une famille illustrée par plusieurs siècles de règne. Ce prince et Gédimin , son successeur, eurent des guerres fréquentes avec les Polonais et les chevaliers teu toniques de Prusse, pour faire des esclaves et piller d'abord, ensuite pour conquérir ; ils occupèrent Kiev, l'ancienne capitale des Russes. Gédimin donna une grande importance à son royaume, qui était regardé comme le plus solide boulevard contre les Asiatiques , et qui dominait la Russie méridionale et occidentale. H battit plusieurs fois les Mongols, et fonda Wilna et Troki ; mais il eut le tort d'introduire le système des apanages, qui détruisit l'unité nationale. Ses sept fils , entre lesquels il partagea le royaume , m». continuèrent à soutenir des guerres acharnées contre les Mongols , les Prussiens et les Russes, auxquels , dès sa naissance, la Pologne fut hostile, comme si elle eût pressenti ses futures destinées.
La Lithuanie était restée dans toute la ferveur de l'idolâtrie jusqu'au moment où , converti par la belle Hedwige , Jagellon força nsv. les siens par la rigueur et la persuasion à recevoir le baptême. Alors les bois sacrés furent abattus; on tua les serpents qui , élevés dans les maisons , étaient considérés comme des div inités domestiques ; l'idole du dieu Perkun fut brûlée , et le feu immortel jeté dans l'eau. Les peuples, qui croyaient l'une infrangible et l'autre inextinguible, se convertirent au Dieu plus puissant de Jagellon. Ce prince, qui avait pris sur les fonts sacrés le nom de Ladislas, courait lui-même les campagnes, préchant et enseignant les seules choses qu'il sût peut-être , le Pater et le Credo; il servait du moins