‹ Histoire Universelle (volume 4)Chapitre 45 sur 46 · SR · texte numérisé non relu

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défi est accepté; les deux champions courent l’un sur l’autre, et le chevalier noir, vaincu, avoue qu'il est Helgast et fait le métier de voleur; puis il demande à son adversaire qui il est, et celui-ci lui répond : « Moi « aussi j'ai pour habitude de voler ; je dépouille les églises, les cloîtres, « les grands et les petits; il n’est de pauvre diable dont je ne tire quel- « que chose; mais à présent, si cela vous convient, nous irons ensem- « ble nous emparer du plus gros trésor qu’il y ait. — Lequel ?— Celui de « l'empereur. — Non, jamais, répond le voleur généreux; quoique « l’empereur m’ait pris tout ce que je possédais, qu’il ait été injuste et « cruel envers moi, je n’en suis pas moins son serviteur fidèle, et je « rougirais de lui faire tort. Allons plutôt au logis d’Heggerich, son « beau-frère, méchant homme et traître, qui ne mérite pas de vivre, et « nous lui enlèverons sans scrupule son trésor. » .

Charles accepte, et suit son étrange compagnon, touché qu’il est de sa fidélité, et plaignant son sort. Ils arrivent de nuit à la porte d’Heggerich, où Helgast place Charlemagne en sentinelle, tandis qu’il pénètre dans l'intérieur. En passant, il arrache une feuille, qu’il met dans sa bouche : or cette feuille fait comprendre le langage des animaux. Voilà donc qu’il entend les coqs chanter, les chiens aboyer, tous disant à leur manière que Charlemagne est à la porte. Épouvanté, il revient annoncer le fait à son compagnon, qui le rassure et le décide à rentrer. Helgast arrive alors dans la chambre d’Heggerich, et entend ke traître raconter à sa femme son projet d’assassiner l’empereur, et les signes de reconnaissance des coujurés. Elle pousse un cri d’horreur, et Heéggerigh la frappe au visage avec tant de brutalité que le sang jaillit jusque sur les mains d’Helgast.

Le chevalier sort, emportant la selle et l’épée du perfide Heggerich, et revient raconter ce qu’il a découvert à son compagnon, qui lui dit d’aller en informer Charlemagne. Il suit son conseil ; puis il défie Heggerich, le renverse et lui coupe la tête. Rentré ainsi en faveur, il épouse la veuve de celui dont il a déjoué le complot.

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