JEUX
quatre castes : Tépée indiquait les guerriers; les coupes, le sacerdoce; lebftton d'Hercule, ^agriculture; l'or, le négoce.
11 est impossible de se montrer plus ingénieux à propos de fri- Tolités. D'autres voulurent trouver dans les tarots une histoire morale; ils racontèrent donc que le Baffat cherchant fortune courut le monde, et dormit souvent à la hélle^étoile. Un soir, au clair de la lune^ il vit Yimpéralrice se promener en char^ se prit A^amour pour elle, et voulut la posséder force. L'empereur jura par Jupiter et Junon de donner la mort au coupable; l'ayant atteint ^ il le livra à la justice. Le tribunal usa de modération , et par son jugement il le condamna à être enfermé dans la tour. Le pauvre diable devint/eni, comme s'il eût reçu un coup de soleil j et peu après on le trouva pendu.
On peut trouver, à son gré , de la plaisanterie ou de l'érudition chez les nombreux écrivains qui se sont occupés de cette grave matière; mais, à notre avis, ceux-là pourraient bien avoir raison qui voient dans ce jeu une bouffonnerie inventée en Allemagne à une époque où la réforme habituait à rire des choses les plus vénérées.
Les cartes furent un des premiers dons funestes que les Espagnols firent à l'Amérique. Quand la révolution française croyait en finir avec les choses en abolissant les noms , elle porta là aussi ses réformes. Les quatre rois furent remplacés par les génies de la guerre , de la paix, des arts et du commerce ; les reines , par les quatre liberté, des cultes, de la presse, du mariage, des professions; les valets, par autant d'égalités , des droits, des devoirs, des ordres et des couleurs (1).
Le luxe trouva de bonne heure à se déployer dans ces vanités. En 4430, Philippe-Marie Visconti paya Quinze cents pièces d'or un jeu de cartes peint par Marziano de Tortone; mais , afin de combiner le bas prix avec le nombre croissant des demandes, on eut ridée, au lieu de les dessiner à la main, de les imprimer avec de petites planches, qui mirent sur la voie de la plus grande des découvertes (2).
(1) L'Angleterre en avait fait autant à Tépoquede sa rérolation. Certains Jeux représentèrent les armoiries des différentes puissances ; d'autres furent consacrés aox intrigues papistes, d^autres aux crimes de Jacques n. On publia encore des jeox satiriques contre les ministres et contre d'autres personnages importants dans ]a seconde moitié du siècle dernier.
(2) Les nombreux auteurs qui ont traité ce sujet nous feront excuser d'en avoir parié un pea longuement. Citons seulement :
C. P. MéNEsnuRR, Bibliothèque curieuse et instructive des divers ouvrages anciens et modernes; Trévomi, 1704.