‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 49 sur 86 · FRÉDÉRIC H · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC H

roi de SieUe.

CtHuiAD IVy empereur.

Manfred.

mariée à Pierre lOd'i

'Aragon.

FlUÊDÉRIG AABBBROUSSE.

0 avait conçu une idée profonde du devoir, comme son dernier successeur de nos jours , et il se crut tenu de lui sacrifier toute chose, intérêts , sentiments, pitié. Le jour de son couronnemeot (i), un de ses fidèles , qu'il avait condamné j se prosterna à ses pieds , et les assistants joignirent leurs prières aux siennes pour implorer son pardon; mais Frédéric répondit : Ce n'est pas la colère, mais la justice qui a dicté la sentence ^ et il persista danssoD refus de faire grâce.

Une idée exagérée de la puissance impériale lui avait fait prendre pour modèles Constantin et Justinien , tels que les représentait la jurisprudence romaine à sa renaissance, et il poursuivait des idées systématiques^ des abstractions, avec la constance propre à sa nation. Comme les villes, à cette époque, grâce à la force qu'dles avaient acquise, montraient moins de docilité, et que l'Erse de son côté avait démontré, en droit du moins, son

■ai80ic guelfe, oc d e8te.

Albert Agon,

épouse CunéçoHiie^ (PÀltor/en 1097,

Guelfe ^le Grande duc de Bavière.

Henri lb Nom, duc de Bavière, épomeWUfride, héritière de Lunebourg.

Henri le Superbe, doc de Barière, époQse Gertrode, héritière de Saxe et de Branswick.

Henri le Lion , doe de Bavière et de Saxe.

Foulque, aooebe de la maison de

GUBLFB II D^EaTB

épouse la comtesse de Toscane.

Guelfe HI.

OnoNlV,

Guillaume de Lunebourg.

Othon PSnfantf i** dne de Bnmswick, sonehe de la dynastie régnante d'Angleterre.

(1) Cest dans ce couronnement qu'appantt pour la première fois le droit de préférence des sept grands dignitaires de Teropire.

iodépendaiiee « ilMpropose d'abolir lesoûamniiies 0id« véébmer ie f^Btème eedésiaslique et féodal.

À peine eutril été couronné à Aix-la-Chapelle que des ^vojés du pontife vinrent réclamer ses secours contre les Bomains lévoltés. Robert de Capoue Implora de lui sa réintégration dans te duché que lui avait enlevé le roi de Sicile. Quelques citoyens de Côme et de Lodi vinrent^ sans mandat de leurs coiopatriotes, se prosterner devant lui avec des çroix à la main , en lui demandast ^ pour leur patrie , réparation et vengaanœ contre les Milanais , qui les avaient écrasés.

Frédéric fut charmé de voir s'offrir à lui ces occasions deie poser en vengeur des faibles , certain de pouvoir les abattre quaod il le jugerait convenable^ tajMiis qu'en s'alliant avec les fiorts il n'aurait fait qu'augmenter leur hardiesse et leur puissance* Ayant donc publié l'hériban, il m mit en marche pour l'Italie , car \vt torité et la suprématie de ces empereurs n'avaient de valeur qu'au- J tant qu'ils venaient les exercer en personne. Sur la route, ils recueillaient les dons des feudataires immédiats, les vivres et les contingents de troupes; ils envoyaient des agents aux villes pour en exiger les régales qu'elles devaient, et, comoie ils punissaient les récalcitrants par les armes, leur passage était marqué par des dévastations^

A l'arrivée du roi, la juridiction des magistrats féodaux restait , suspendue ; lui-même rendait alors la justice , et recevait l'appel ! de quiconque se croyait lésé. Il en était de màooe i^m les villes; j mais celles-ci attachaient un grand prix au privilège qui fermait ^ aux rois l'entrée de leurs murailles ; car, durant tout ie temps qu'ils y séjournaient , leur despotisme ne connaissait point de frein, i bien qu'après leur départ chacun recommençât d'agir à son gré (1). |

(1) Ductus ab antiquo priscorum temfmre regmm^ Mos hahet ut quoties regnator Teutonus Àlpem Transit, et Italicas invisere destinât oras. Qui répétant fisco flscalia jura fidèles Per quaseumque suos prxmittere debeat urbes : Àt quxcumque ream se perfida fecerit omsu SacrUegOf regique suo sua jura neçavit, Strata luat méritas Jraudato principe panas, Inde fit utfractis deformàtfer kmida mûris Nunc quoque per iUam videos loca plurinia terram.

Hoc quoque per Giimctas regmator TetUomuf wrbes, Non modo Teutonicas, sed et hic et ubique jacentes, ' Jus habêt, ut prmens quasi maxinuis ûnuUa judex Clauderejura manu, cmctasque rtddereiiUs

rBSKÈÊÊG BIMBMCSSE.

TflBdfttibiBttûàredcmtBarbffirouàieTmt en lUdie.i^^ leça des suheides de Guillaume » raaiquîs de Montlerrat, ma eooàBf VwBk des seignrars qui, ea petit nombre, avaient eooservé leur poÎKMioe féôdale malgré les cités, et qui se trouvait alofs a guerre avee Asti et Ghieri (1), il attaqua ces deux villes et les KDversa; il en fit autant de Tortone , qui résisia vigoureusement, fi aossi des bourgs fortifiés de Rosate, Trecate> Galliate et autres. A Pavie^ toiqoiirs fidèle aux empereurs, il ceignit le diadènae royal; pois il ravagea le territoire de Milan, contraignit par la lemor les républicains à déposer les armes , et mapdta sur Eome*

La républîqoe proclamée par Amauld de Brescia, se maintenait ^^^^ «ncore dans cette ville. Les novateurs, mm contents d'avoir réduit le pape à la dté Léonine, exigeaient de lui qu'il renonçât à toute puissance temporelle; mais Adrien lY refusait de céder. Chaque parti éitti donc dans l'atlente pour savoir auquel des deux la faveur de Frédéric assurerait le triomphe. D leva bientôt tous les doutes; car le comte deCklabre, auprès duquel nous avons vu qa'Amaidd de Bresda s'était réfugié , le livra à l'empereur, qui le «émit m ^nréiet impérial de la vîUe; les Romains purent voir alors, des trois îongnes mes aboutiasent sur la place du Peuple, ie bûeiier dont les iaonma dévorèrent le rebelle hérétique.

Leçon terrible, qui n'empédia point les citoyens de se refuser à noevoir Frédéric, s'il ne payait cinq mille marcs d'argent et ne reconnjussait leur république. Les sénateurs , venus du Capitole pour loi prèler serment ^ Ini débitèrent une harangue sur les anciennes gloires de Rome et sur Thonnear qu'ils hd bisaient en ]e Tsœvant citoyen , hû qui ét»t étranger. Mais il leur coupa la parole en leur reprochant leur hurnihation présente ; il était roi, leur f parce que Ghariema^ie et Othon les avaient subjugués par les arases , et il ajouta que, comme sujets, il ne leur convenait pas d1a|K)8er des lois à kvfs souverains. Quelques cavaliers, qu'il ig jam.

CekeiUf tt^fue omnis jvdex winisque poieUas Atgue magisiratus, ipso prxsente^ quiescant.

Hune etiam régi priscarum sanctio legum langmvique vigor mûris profiMur konûrem^ Ut cunctos fœtus, quas educat Itala tellus XWi9màd9 ^fuxpoMoUtmrmmUwfm petmèHs), Principis ad nuium f(mo prmsttat mhnms Debeat, in rêfMi ^wmptm et mUitis «ncm.

(GUJnH. Lwva. Carminu^ 1. II.)

(1) GuUhelmus, marchio de Monteferrato, vir nobilis et magnus, qui pemmdne es Matim bmfmikm^Mfmtwne/ftîgete p94mt émperimm. (Otbon mFm»., U, 13.)

ONZiiHE ÉPOQUE.

envoya derrière eux , occupèrent le château Saint-Ange et la dté Léonine y où il fut couronné par le pape y non sans avoir eu beaucoup de peine à se décider à lui tenir Tétrier. Les Romains ^ se voyant exclus de cette cérémonie et contraints de rester sur Tautre rive du Tibre^ se soulevèrent en tumulte , et beaucoup d'AUemands furent tués , mais plus encore de citoyens.

Tel était désormais le cortège ordinaire du couronnement 'mpérial. Puis les fièvres^ qui souvent firent justice des bandes armées que ^Allemagne versait sur Tltalie (i), consumèrent son armée; d'ailleurs ^ comme le temps fixé pour le service dû par les vassaux était prte d'expirer, il dut se décider au retour. Il regagna donc TAllemagne sans avoir ni aboli la république romaine, ni soutenu ses prétentions sur la Fouille^ harcelé par les Lombards, et surtout par les Véronais y qui cherchèrent à rompre le pont de FAdige, sur lequel Tarmée passait le fleuve^ en abandonnant au courant de grosses pièces de bois (2).

Ck)mme un ressort qui se redresse lorsqu'il n'est plus compriiné, les Milanais relèvent la tête; les citoyens qu'il avait expulsés de leur patrie redoublent leurs plaintes^ et chacun , par haine» veut détruire ce qu'il avait fait. Deux quartiers de la viUe^ cavaliers et piétons / vont reconstruire Tortone ; puis^ se jetant sur ceux qui obéissaient à l'empereur^ ils contraignent Pavie à sulrir dea conditions humiliantes , battent ceux de Novare, de Crémone, et le ma^ quis de Montferrat.

Les plaintes de ces populations retentirent de l'autre cdté des Alpes ^ et Frédéric frémissait de ne pouvoir réparer la honte et le dommage de ses partisans. Mais^ sur ces entrefaites^ il s'était attiré l'inhnitié du pape Adrien IV ^ parce qu'il avait défendu i tous les ecclésiastiques de ses États de s'adresser à Rome pour la collation des bénéfices ou pour tout autre motif. Le pape Id écrivit une lettre dans laquelle y entre autres choses^ il lui disait : Wous t'avons accordé la couronne impériale , et nous n'aurions pas hésité à t'accorder encore d'autres bienfaits (bénéficia) pUu grands y sHl en est au-dessus de celui-là. Frédéric^ par une subtilité qui révélait le besoin de susdter des querelles y prétendit que

(1) « La Germanie, da sein de ses nuages, lançait une ploie defer aarrUaKe. • ( Cork.Zahflibt, Bibl. des croisades, VI, îOl. )

Romaferaxfebrium, neeU et uberrimafrugwn; Roman» febres stahilisuntiurejideles.

( Pierre Dahibm. )

(1) Frédéric, dans une ieltre qui a été conserrée, adressa le détail de oeMe expédition à lliistorien Othon de Fressingoe, son oonsin.

FRÉDÉRIC RARBBROUSSE.

le pape avait voulu indiquer par là que l'empire était un héfoé&cey c'est-à-dire un fief et une dépendance de TÉglise.

Le cardinal légat, Roland Bandinelli de Sienne, envenima le différend en s'écriant , dans la diète de Besançon : Mais si l'empereur ne Hent pas l'empire du Pape^ de qui donc le tient-U? Une pareille prétention n*était pas nouvelle dans le droit public d'alors; mais Othon de Witelsbach , qui portait l'épée de l'empire, voulut en percer le légat, qui n'échappa qu'à grand'peine^ et reçut ordre de partir sans visiter sur sa route ni un évéque ni un couvent. L'empereur donna une grande publicité à cette affaire^ afin d'exdter l'indignation contre les prétentions papales. Adrien lui fem^a la bouche en déclarant qu'il avait employé le mot beneficium non pour indiquer un fief , mais dans le sens de l'Écriture ; ce que personne n'avait pu entendre difTéremment (i).

Il importait à Frédéric de venir promptement pour en finir avec i^,, les communes italiennes , qui désormais se transformaient en républiques. Alors la cavalerie (car les troupes féodales se composaient principalement de cavaliers) de l'Autriche, de la Garinthie^ de la Souabe , de la Bourgogne et de la Saxe descend en trois corps par le Frioul , par Chiavenna et le Saint-Gothard ; l'empereur en personne conduit, parla vallée de l'Adige, l'élite des hommesd'armes romains , francs^ bavarois, avec le roi de Bohême, une foule de ducs et de comtes, et il fait proclamer sur le territoire milanais la paix du prince : c'étaient des règlements de dis- ^][, dpline militaire qui, dans le but d'obvier aux guerres privées, établissaient des peines proportionnées aux insultes. Les châtiments consistaient, selon les cas, dans la confiscation de l'équipage, la bastonnade, les cheveux rasés, la marque sur la joue avec un fer rouge , et la mort au cas d'homicide. A défaut de deux témoins, le duel était ordonné, ou l'épreuve du fer rouge s'il s'agissait de deux serfs. Le soldat qui dépouillait un marchand était tenu de restituer le double, ou de jurer qu'il n'avait pas c(Hmu la condition de la personne spoliée 3 celui qui brûlait une maison était battu, rasé et marqué. Permis à ceux qui trouvaient du vin de le prendre , mais sans briser les tonneaux et sans en

(1) Quelques écrivains ont dénaturé ce fait, qu'ils racontent comme si le bon droit e6t été do côté de Frédéric, auquel Adrien aurait foit dMiumbles excuses. (Voyez Sismondi.) Mais le tort du premier était d'autant plus grand que la lettre disait, au pluriel, majora ben^cia, et qu'il n'aurait pu faire allusion à des fiefs supérieurs à l'empire. Le pape se rétracta sans doute; mais il disait : Qwd uiique nedum tanti viri, sed ne c^ju$libet minaris animum merito commovisset.

UHMiM iPOOUB.

détaeber les cercles ; on pouvait enoore sacogor im diAteau fort après s'en être emparé, mais il était défendu d'y mettre la feo saas en avoir reçu Pordre. Si un Allemand frapput on Italien, il devait être puni si Tltalien prouvait par deux témoins qu'il avait juréli paix (i). C'était sans doute on droit de guerre violent^ mais il pouvait alors offrir quelque avantage ^ en donnant jusqu'à us eQ^ tain point sécurité aux personnes.

Frédéric commence les hostilités; il emporte Brescia, recons* Août. tniit Lodi, et tombe sur Milan avec près de cent miUe hommes. Réduite à la famine par le grand nombre de paysans' qui s'y étaient réfugiés, elle fut forcée d'accepter la médiation du comte de Septembre. Biandrato et des conditions telles que pouvaient en stipuler deux puissances égalem^t légitimes. Mihm s'obligea à rendre la liberté à Côme et à Lodi , à construire un palais pour l'empereur , à lui payer neuf mille marcs d'argent (490,000 fr.) , à renoncer aux régales usurpées. Ses consuls, dont l'élection lui fut laissée, durent jurer fidélité à Tempereur, qui renonçait à entrer dans la ville avec son armée. Ces conventions arrêtées, les nobles, pieds nus et l'épée à la main , ainsi que le peuple la corde au cou , jurèrent obéissance , et donnèrent cent otages pour chacun des trois ordres des capitaines, des vavasseurs et des plébéiens. iHètede Frédéric, voyant la Lombardie atterrée par l'humiliation de RonwBite. ^ principale ville, convoqua une diète à Roncaglia, poiff définir les prérogatives royales, qui, diversement appréciées en Allemagne et en Italie, étaient une source de débats sans fin. Les Allemands , déduisant leur constitution des usages germaniques et féodaux , ne voyaient dans le que l'élu des chefs du peuple, le premier au mili^ de ses égaux; en Italie, où l'étude de lÛstoire et de la jurisprudence avait repris uqie grande activité, Tenipereur était considéré comme le successeur de ces Césars dont la volonté était l'unique loi de l'ancienne Rome.

En conséquence , les quatre plus célèbres jurisconsultes d'alors, Bulgare, Martin Gossia, Jacques et Hugues da Votià Ravegnaoa, furent appelés , avec deux députés de chacune des quatone républiques, à déterminer en quoi consistaient les dfoits régaliens; mais, comme les consuls et les scabins n'avaient plus été nommés par les empereurs depuis que la juridiction des comtes était devenue héréditaire, et que chaque empereur venait en Italie avec des idées différentes sur ses droits, qu'il mesurait le plus généralement d'après sa force, ils eurent recours au droit romain.

(1) RaDCVIC de Fltl86IN€1IE, I, 26.

Or ik déeidèreni que, dantlenr opinion, Um la» droits royaux appartennent à remperenr, ce qni comprenmt les droits exercés dhns les duchés , les marquisats , les comtés; plus les monnaies, le fbdrum, on droit d'être nourri et hébergé par les Tassaox et les villes pendant le séjonr en Italie, ainsi que les impôts perçus sur les ponts , les moolms et les fleuves , la capitation , le drdt de ftiire la pmx et la guerre , la nomination des consuls et des juges , avec l'assentiment du peuple. Les comtes et les évdques, dépouillés de leur domination , applaudissaient à ces prétentions exorbitantes (i), espérant qu'il leur en reviendrait quelques parcelles; nss. mais les peuples frémissaient en voyant l'empereur prêt à devenir, de seigneur feudataire, le véritable souverain de Tltalie; car les cités n'avaient aucun privilège à lui opposer sur un fait qui jamais n'avait existé, et sur des droits appuyés par une forte armée.

Gênes , qui avait envoyé des députés à la diète non pour lui soumettre des griefs, mais pour flaire pompe des prodnits de l'Orient et offrir sa flotte à Frédéric contre la Sicile, M la première à protester contre cette déciÂon; elle fortifia ses murailles, aux* quelles travaillèrent les hommes et les femmes , et , chose nouvelle, prit des troupes h sa solde pour se défendre au besoin. Frédéric se décida dlon à traiter avec elle : il l'autorisa à choisir ses propres consuls n qiii pourraient appeler aux armes tous les habitants de la Rivière , depuis Monaco jusqu'à Portovenere ; il lui donna le privilège du conmierce sur toutes les côtes, sans même excepter Venise , et l'exempta d'impôts , de services militaires et de régales, moyennant le payement de douze cents marcs seulement. Ainsi Gènes , chargée de défendre contre les infidèles les côtes de l'Italie occidentale et celles de la Bourgogne méridionale, suivit une autre ligne de conduite que les villes de Lombardie.

Frédéric voulut aussi soumettre à T examen les droits pontificaux, et rappeler au pape l'humilité apostolique; comme lachancell^e romaine employait avec lui le tn solennel, il ordonna à la sienne d'en faire autant avec le pape , et que, dans les sduscripttons, le nom du pontife fût placé après le sien ; en outre; il déclara que les possessions pontificales relevaient de l'Empire»

Sur ces entrefaites , il expédie dans toutes les cités des délégués nommés podestats f parce qu'ils exerçaient les pouvoirs royaux avec une juridiction très-étendue^, non sans grand péril pour la

(0 L^archeTèque de Milan digaiià Barberousce : Scias omnejuspopuU in eondendis legibus tibi conctssum : tua voluntas jus est, sicuti dicitur, Quod principi plaeuit Ufis habet tHgorem » quum papulus eietineo omne swm imperiwm et potesiatem concêsserU. ( RàABViCt U, 4.)

ONZliSlfE ÉPOOUE.

liberté. Les Milanais^ à qui leur capitulation primitive garantissait

,1(9. leurs propres magistrats , loin de prendre la chose tranquillem^t, repoussent à coups de pierres les délégués royaux venus pour exécuter les décrets de Roncaglia^ et se préparent à la défense. Frédéric les met alors au ban de TEmpire^ et jure de ne plus ceindre la couronne qu'il ne les ait domptés. AussitAt^ de la Pontdtt an Saint-Gothard , les Allemands débouchent de toutes les vallées sar la plaine lombarde , et une guerre de barbares commence. Le pays est dévasté ; (hi tue« on pend les malheureux que l'on saisit : une foiS; l'empereur fait crever les yeux à toute une bande de fourrageurs, laissant seulement un œil à un d'eux , pour quMl puisse mener les autres. Au siège de Crème y il expose les fils qu'il avait en otage aux coups paternels^ afin de protéger les machines de

11^0. guerre (1); puis, s'étant rendu maître de la ville par la trahison

Janvier. ^ingénieur, il la détruit.

Après avoir réuni de nouvelles forces, il vient ensuite sener Milan^ déjà effrayée par cette cruauté inaccoutumée et réduite aux abois par la dévastation répétée de ses campagnes et l'abandon de tous ses voisins. Elle oppose encore une résistance vigoureuse; mais des trahisons , la famine y la supériorité des troupes féodales, auxquelles des Italiens même s'étaient associés^ la contraignirent

^ à se rendre à discrétion. Le peuple entier^ précédé par le carrocciO; dont la bannière flottait naguère triomphante , avec des habits de pénitents , les croix en main, au son lugubre des trompettes, alla s'humilier devant l'empereur, qui campait àLodi. Quatre-vingt-quatorze étendards forent livrés aux Allemands; huit consuls et autant de chevaliers, les épées nues à la main, firent acte de soumission. Non-seulement des Italiens, mais le comte de Biandrate, les barons allemands eux-mêmes et la coor suppliaient Frédéric d'user de clémence; néanmo'ms, dans l'orgueil d'une victoire qui le rendait sourd à la compassion, il enjoignit aux Milanais de retourner chez eux et de l'attendre. Aprj^ dix jours d'une horrible anxiété, il vint en eCTet , et, après avoir fait évacuer la ville par les habitants, il ordonna qu'elle fût livrée à la destruction.

(1) Radefic Toit une horrible iniquité, non.dans le fait du prince tllciBaa<t qui exposait les otages à la mort , mais dans le désespoir des assiégés , ^ tiraient sur eux : SMtiosi, quod etiam barbaris incognUum et diciu quUkm horrendum^ audiiu vero incredibiU , non minus crebris ietibus turres impellebani, neque eos sanguinis et naturalis vinculi communion neque Mlatii moveàat miieratio, Skque aliquot ex pueris , lapidilnu ieti , miien» biliter interierunt, AlU , miserabUius adkuc viPi superstites, crudeUstiaum necem et dérœ calamUatU horrùrem penduli exepectabmt 0/aeimtt!

frédArig barberousse.

Chacune des villes alliées fut chaînée de démolir un quartier^ comme si Frédéric eût voulu les souiller toutes par un fratricide , et détourner, eu ravivant les haines ^ la possibilité d^une nouvelle entente.

Les Lombards se réjouirent de Thumiliation de cette grande rivale; mais ils ne tardèrent pas à s'apercevoir combien il est dangereux de s'allier avec plus puissant que soi (1). Une fois délivré de la seule ville qui pût lui résister^ Frédéric mit de côté tous ménagements envers les autres^ qu'il pressura sans pitié ^ leur imposant de nouvelles charges et voulant qu'elles fussent démantelées. 0 permit aux habitants de Crémone^ de Pavie et de Lodi d'élire leurs consuls; mais il envoya à Ferrare^ Bologne , Faenza^ Imola, Parme ^ Gôme, Novare^ bien qu'elles eussent suivi son parti ., des podestats impériaux, soit Allemands ^ soit tirés du nombre de ces lâches qui , vendus aux ennemis de leur patrie , cherchent à se faire pardonner par d'ignobles services le crime d'être nés Italiens.

n projetait d'en faire autant dans le domaine de saint Pierre. A la mort d'Adrien , n'ayant pas réussi à lui donner pour successeur une personne à sa dévotion^ le cardinal Biandinelli, outragé par lui mortellement, avait été élu sous le nom d'Alexandre III; il lui opposa donc jusqu'à quatre antipapes (2)^ compromettant ainsi par ambition l'unité catholique.

Ces actes exorbitants et les abus commis par les conmnissaires impériaux ne donnèrent que plus de retentissement aux lamentations des Milanais ; qui^ désormais sans patrie, erraient de ville en ville, implorant secours et vengeance. Les individus i^^l^l qui^ dans la prospérité , ne s'étaient rencontrés que l'injure à la "«^^avriL bouche et le fer au poing, redevinrent frères dans le malheur; oubliant leurs haines et leur jalousie, ils conclurent une ligue dans l'assemblée de Pontida, ville sur les confins du Milanais et du Bergamasque. Les Yéronais, les Yicentins, les Padouans, les Trévisans qui , aidés par les Vénitiens ( 1165), avaient déjà chassé les podestats de Frédéric^ et mis en fuite cet empereur lui-même, r engagèrent par serment , avec les peuples de la Lombardie et de la Romagne , à se secourir réciproquement, à s'indemniser mu- i«*SSi'',Jgv< tuellementdes dommages éprouvés pour la défense de la liberté ;

(i) Sicgue/acium eii gwd Lombardie qui inter alias nationes libertatis tinptlarUaie gaudebant^ pro Mediolani invidia, cum Mediolano pariter cmruerent, et se Teutonicorum servitute mUere subdiderunL (Chronique deSaleroe.)

(3) Victor IV, Pascal 111, Calixte III et Innocent III.

niRT. lîlSIV. — T. X. '>ô

oNziÈÉE ipoguifc.

à ne pas sf^mfTrir (!io'tme armée allemande descendit en LonAlndie, et à recouvrer les droits quTls possédaièïlt au tempi de VLdttn IB. Us purèht ainsi , en mettant une maîn gùr l'é^>ée et en tendant l'autre à leurs frères, connaître la puissance de Tunion (1).

Le prémîèr acte de la ligué lôrtibarde fut dè i^com^lre Man avec lè cohèours de tons, de même que , dans une hàîûe aveugle, ëfïe avait été renversée de concert; puis les coiïfédérés marchèrent contre lèis villes qui, par reconnaissance on par peur, restaient fidèles à Frédéric, afin de les contraindi»e à se réuttir à eûx.

AÏekiîndre ÏÏI, n'ayaVit pafs voulu s'en i^mettre an cobcfle assemblé à Plse par Frédéric du soin de décîdefr entre loi et Fanlipape Victor ftl, s'était réfugié eA France ; le roi de ce pays et crfm d'Angleterrè avaient tnàrché aux côtés de son cheVïd, doùt chactm tenait un étriér. Dé là il Soutenait la Kgué, à laqueHe il envoyait des encourdfgeftienfts et des bétiédictions, tandis quTI fulminait l'excommunication contre Frédéric : a Gomme vicaire de saint a Piertre, constitué pat "Dieu sur les nations et sur les royaumes, a il absolvait les Italiens èt tôûs autres du sermtent de fidélité a qui les liait à Frédéric, ^ pour l'empire, sôit pomr le royaume; a il défendait, pàr f'awtôrité de Dieu, que Tempereur e6tdéso^ a tttais aucune forée dans les combats, qu'il remportât la victoire a sur les chrétiens, et qu'il jouît en aucun lieu de paix et de « refpos, tant qu'il n'aurait Jiâs fait une pénitence convénaWe (*). »

(1) Le serment f(it renouvelé en ll70, dans les termes suivants :

fn nomine Domitti, ùmeh. Ëgojiiro ad saneta Dei Svangelia qUàd nffk faciam neque treguam neque guerritm recredutam , nec (UiéfUMm coneardiam cum Frederico imperatare, neque cum Jiliis ijus, nec cum uion ejuSf neque cum alia quacumque persona ejus nomine, nec per me^ nec per aliam quamcùmque personam, et ab alto homine factam non habeborû' tam. Etbona fide praiheo posse opèràmdabo viribus quMjfùscttmqnepoten ne aliqvis exércUHs nwdictts Vèt ina§nH^ de Àlemania, tel^h Mki Hm imperaioris qu» sit ultra montes , intret Italiam. Et si prsedichu exerdtus intraveritf ego vivam guerram faciam imperaiori et omnibus illis pef' sonis quœ modo surit ex parte imperaioris vel pro tempore fuerint, per q^as prxdictus exercitus debeat exire de Itatia , dônec prxdictus exercihu de JtaHa exeat. Ego b&nafide »ftirineH per omnes persanas, toHus mese rtrtutis rnlvaào et guardabo personas et res omnium h^Himtm societsUit LombarduBf Marcfùx et Romaniœ^ nominatim dominum marchionem Motaspinam , et omnes personas qum modo sunt in societate vel extra. Ete^o nullam concordiam feci nec faciam cum imperatore ConstantinopoMwM sine consilio aedentias cujusquecivitatis... Et filios meos, qui sunt in atête quatuordecim annorum, infra duos menses... faciam jurare omniê ;rsrdicta et attendere.

(2) Jeao de Salisbury, ép. îlo, ap, L\bbb, Concit., t. X, 1450.

FRÉDÉRIG BARBER0T7SSE.

Les confédérés étaient aussi favorisés par Guillaume ï**" de Scilè, qui désirait que Frédéric eût aSsez â'ôccupatiofns ailleurs pour ne pas menacer la Fouille. Henri II d'Angleterre offrait sttm Milanais^ afin d'obtenir par leur médiation que le pape déclarât indigne rarchevêqiïe de CantoAéry , trois ceints lûarcs d'argent, èt s^eftgâfgeaît à faire relever lenrfe murailles^ a prenait pateflte somnae aftix Crénfionais, et mille marcs anxï^attnesâns et aux Bolotmis. Enfin Emmanuel Comnène, empereur de Constantinople , songeant à revendiquer ses droits sur Tltalie , «nvoya des ambassadeurs au pape pour traiter avec lui de la réunion des deux Églises grecque et romaine, et dés deux empires d'Orient et d'Occident, en lui promettant autant d'ofqù' il en faudrait pout chasser les Allemands de lltalie. Le pape ne s'étant pas montré éloigné d'accéder k ces propositions , f empereur grec donna la uisAn d^lne de ses ïïlles à Othon Frangipane , le plus grand petsonnôge de Rome; îl rechercha l'amitié des Génois, et fournit de Tor aux confédérés de Lortibardie, ce qui leur permit de soudoyer des troùpes mercenaires , que l'on voit apparaître pour la première fois datns les gûerres dîftalie. Cepetidant, fidèle àRdée de sès prédécesseurs, le pape voulait que le siège de Fempire réintégré fût à Rome; or, comme le monarque grec insistait opiniâtrément pour Constantinople, la négociation n'eut pas de suite.

Frédéric, désireùx d'étouffer cet incendie, descend de nouveau en Italie, et, adoptant un langage plus doux, il promet de faire droit aux plaintes 5 mais il en suscite de noiïveïles et agit en ennemi. Après avoir dévasté le Bolonais, pour venger' Bozon, son ministre, tué dans cette contrée, il lève des contributions, et se fait livrer des otages; marchant ensuitè sur Rome, il l'occupe de vive fotce , met le feu à Péglise de Saint-Pierre pour s'en rendre maître, et y établit l'antipape Pascal, par les mains duquel il se fait cottrôiàner de nouveau.

Mais la malaria avait décimé ses troupes et causé la mort de Farchevêque de Cologne, de sept évôques et d'autres grands personnages; il se décide alors à se retirer. Arrivé à Pavie, sa ville fidèle, îl mtet au ban de l'Empire les cités çonfédérées ; mais il n'ose pas les attaquer, dans la crainte que l'amour de la patrie ne l'emporte, chez les Italiens qui servent dans son armée, sur la loyauté féodale. Enfin il reprend avec une poignée cHiommes la route de la Savoie, en laissant pendus çà et là les otages milanais; après avoir gagné péniblement Suse , il rentre en Allemagne, en abandonnant derrière lui le parti impérial.

ONZIÈAŒ ÉPOOUE.

Durant les six années que Frédéric se tint au delà des Alpes, les républiques italiennes augmentèrent en nombre et en forces. Il envoya contre elles un corps de troupes commandé par Christian^ archevêque de Mayence, guerrier voluptueux, qui tratniit aprè^ lui une telle suite de femmes et de mulets qu'elle coûtait plus à défrayer que le cortège impérial. Plein de vigueur^ il maniait dans les combats une masse ferrée , avec laquelle il abattit un jour trente ennemis. Après avoir ravagé le pays^ il assiégea Ancône, qui s'était jetée dans le parti des Grecs; ses habitants, réduits à se nourrir de rats et de cuirs desséchés ^ n'en résistèrent pas moins avec un courage digne des temps héroïques, jusqu'à l'instant où ils furent délivrés par les Ferrarais. On raconte qu'une veuve nommée Stamura , voyant ses concitoyens battre en retraite dans une sortie faite pour incendier les machines de Tennemi, saisit un tison, et, s'élançant vers elles malgré les flèches qu'on lui tirait, réussit à y mettre le feu. Une autre, apercevant un des combattants exténué par le manque de nourriture après un jeûne absolu de plusieurs jours, lui offrit le peu de lait que contenaient ses mamelles, et dont elle priva son enfant.

Afin d'élever une barrière entre Pavie et le duc de Montferrat, ennemis de leur cause, les confédérés bâtirent, au confluent delà Foodatton Bormida et du Tanaro, une ville qu'ils appelèrent Alexandrie, du r Aieiaodrte. j^^, ppQtecteur ; ils ajoutèrent à ce nom celui de la Paille,

parce que les maisons, construites à la hâte, furent d'abord couvertes en chaume et défendues par une simple palissade avec un terrassement. Quand Frédéric descendit en personne en Itafie pour la cinquième fois, bien que renforcé de nouveaux contingents de troupes fournies par toute l'Allemagne et une moitié de l'Italie, il fut contraint de lever le siège d'Alexandrie, qui n'avait à lui opposer pour défense qu'une palissade et de libres poitrines.

Après la destruction de cette armée , il en demande à l'Allemagne une nouvelle, que sa femme lui amène par les AJpes Rhé- 1176. tiques. Il s'avance à sa rencontre avec les hommes de Lodi ei de Côme ; nuds l'armée des confédérés se jette sur son passage, laïaiiif! plaine de Legnano, et lui fait subir une déroute complète;

i« j^^^ lui-même ne sauva ses jours qu'en se tenant caché sous les cadavres, et sa femme pleurait sa mort, quand elle le vit reparaître sain et sauf, mais profondément humilié dans son orgueil.

Quelques républiques maritimes avaient pris les armesen fareur du monarque allemand, pour qu'il favorisât leur ambition, fiarisoo d'Arborée, Tun des quatre juges de la Sardaigne, aspirant à do-

FRÉDÉBIG BARBSROOSSE.

miner sur 111e entière, en avait obtenu l'investiture de Frédéric, iks. moyennant quatre mille marcs d'argent. Cette somme avait été avancée par Gènes, à qui souriait la pensée d'affaiblir d'autant Pise , sa rivale. Barison , se voyant dans l'impossibilité de restituer cette somme à ses préteurs, se réconcilia avec les Pisans, et les Génois perdirent leur argent. Il s'ensuivit une guerre , dans laquelle ces derniers triomphèrent; mais les Pisans obtinrent l'investiture de Frédéric, toujours prêt à la donner à qui la payait. Ainsi les uns et les autres caressaient l'empereur, et lui fournissaient des subsides pour ses expéditions.

11 n'en fallait pas davantage pour lui faire une ennemie de Venise , qui , après l'avoir favorisé dans l'espérance de voir les républiques de terre ferme humiliées, prit ombrage de lui quand il eut afHthé des prétentions si orgueilleuses. Elle donna donc des encouragements à la ligne lombarde et un asile dans ses murs au pape Alexandi*e ; puis , lorsque Frédéric la menaça d'aller arborer ses enseignes victorieuses en face de Saint-Marc, les Vénitiens répondirent à la bravade impériale en armant soixante-quinze galères, dont le doge, à qui le pape ceignit l'épée d'or, prit le commandement, et qui défirent la flotte fournie à Frédéric par les Génois et les Pisans.

Le fils de l'empereur fut fait prisonnier dans cette bataille. na« vale, et traité honorablement par les Vénitiens , qui le renvoyèrent à son père avec des propositions de paix. Frédéric devait déârer un arrangement après avoir consumé vingt-deux ans et sept armées à lutter contre le climat et la liberté de l'Italie. Son Traité orgueil dut plier , et il entama des négociations que suivit un im^ traité conclu à Venise, par lequel il s'engagea à reconnaître le pape, à observer une trêve de quinze ans avec le roi de Sicile, et de six avec les villes de Lombardie. Il devait jouir pendant quinze ans des biens allodiaux de la comtesse Mathilde , à l'expiration desquels il les céderait à l'Église romaine; à ces conditions, le pape levait Texconmiunication.

Q est d'usage, au sujet de cette convention^ de déclamer contre le pape Alexandre, en l'accusant, soit de déloyauté pour avoir abandonné ses alliés et traité isolément, soit d'infiabileté pour n'avoir pas poussé les choses à l'extrémité, en détruisant la puissance impériale , afin d'assurer pour toujours l'indépendance de l'Italie. Mais il est évident, pour quiconque ne confond par les idées et les désirs de notre temps avec ceux d'alors, que jamais les Lombards n'avaient visé à anéantir l'empereur; dans les moments même les plus prospères , ils s'étaient bornés à demander que leurs privi-

ïége» fusçei^ mwés sou§ ^ supréixialje (i); oi; c'était ver$ cebiU que les acheminait la trêve, durant laquelle fut s^pji^ée un£ paix solide. Quant a^u pape, en renversant Frédéric^ il aujrait détcuit Touvrage de ses prédécesseuj^ç, qui avaient confié à Veaipereur la souveraineté temppreU^ d/ç la clu^étieQt^ ; du rest^^ alors que les rois de Germanie furent hostiWs ou rebelles , ils ne songèrent jamais à les détruire » mais toui au plyjg à leur substituer un périnée plus docile et plus religieux, l^s envoyés d^ Fréd/éric dirent donc au pape-: Il est clair et indubitable qys Dieu a voulu qu^U y eût deux chefs pour gouverner le monde , la dignité sacerdqtaie et la puis^ce royaffi, qui, flfies ^'étaie^ appuyées sur une concorde mutuelle, kUsseraiient le monde livré aux guerres et aux déchirements. Que le scandale cesse donc, et que pqx vous, q^i êt4s Ifis pri$^es du 7rwn4c^ lo> paix soit rendue à la chrétienté i^). «Mût Frédéric reaq)lit à Venise les fonctions d'huissier devant le pape, qu'il précéda eu écartait la foule sur son passa^, i^ne baguette à la main ; Thocnélie prononcée en hiîxx par Âles;ajQdre £ut expliquée ^n allemand par le patriarche d'Aquilée, pour sa.- i tisfaire la dévotion deJ^^ea^r^ur, qui, un^e fois absous, alla, ^p^ès \ le Cred^ baiser 1^ pied 4n pontife et faire l'pffrande; il en reçut \ ensuite la communion, et , la messe terminée, il l'accomp^^gna en lui donnajçiit la main jusqu'à la porte de l'église, lui tjint Té- ; trier, et le conduisis par la brido jusj()i^'aa palais (3)« Benri de Di^e jura en son nom, s^r les Évangiles, sur les reliques et sur Tâme de rempereuj?, qu^ Frédéric maintiendrait la paix ; antant en firent dpu^ç princes de l'Empire, 1<bs ap)JI»a;ssadei^

(0 Ou eo trouve im témoignage éclatant dans Romuald de Salerne, qu^nd il expose la déclaration que les chefs de la ligue firent devant le pape, en 1 177, dans IN^gUse de Ferrare ( Rer, Ital. Script. ^yil, p. 520) : « Que Votre Sainteté et la pin'ssance impériale sachent bien que nous recevrons avec recomuisfiance la pajx de Tempereur, 84uf Tbonneur de TMalie; et qu^ nous <3^is|rons ijantrar dans s^ Inuines grâces, pourvu qu'il conserve nos U,t)ertés. Nous voulais sativ faire à toutes les obligations auxquelles Tltalie est tenue envers lui , suif ant les anciennes coutumes ; nous ne refusons ptis les anciennes 7ti5/ice5; mais noos ne consentirons jamais à nous dépouiller de notre liberté , que voua avons reçue par héritage de nos pères et de nos aïeux, et nous ne la pei^d^çp^ qtt'«i|«c U vie, Ornant mieux mourir libres que \ivre serCs. »

(2) CA.RD. Arvgon., ap. Rer. liai, script.^ III, 468.

(3) Çhron, Gaufr. Vosiens.

En général , les historiens nient que te pape lui ait mis le pied sur la Mc^ en 8>écriant : Super aspidtm et basUiscum ambula^s, et concukabis Umnem et draconem; mais Chables Lud. Rikg soutient ce f^it dans un Sstai historique pour éclaircir un /ait mis'en doute de la vie de deux contemporains qm aspiraient tous deux à Venipire du monde (en aHemand); Stuttgard, 1835.

Sip}p çpr?suls de Milao , Plaisance , Breçpifl., Bepganjp , Yéronç, Papipe, Reggio , Bologne, Novarç, Alexandrie^ Padoivs ^ Venise.

m^êxçfvec ces viHes n'éti^t P^^ çncorç expirée que Ifon r«ixde cçjpclut à Çop^l^fl/je, entre elles et rj?n»pire, une pjaix qui, vçnaot îîS?** çourqjpper .<jles ^i^orte magnanimes, consolida l'existence des républiques italiennes» non plus com.me i,m fait, mais comme un droit (i). Aux termes du traité, les villes de la Lombardiç, de la marche d'Ancônaet de la Roip^agoedureasit jouir, dans Tenceiptede lei^ murailles, des droits régaliens qu'elles possédaient de iei;nps îminémorial, et, aa dehprs, de ceux-là seulement qui le,yr auraient été concédés p^c les empereurs. L'évéqpe fut désigné pour examiner, assisté de quelques délégués impériaux, en quoi cox;isistaient CCS droits, sauf aux villes qui voudraient décliner cette enquête à s'en affranchijr moyennant deux ipille marcs d'argent par an. L'empereur confirma, sous la réserve de sa suprématie, les droits et immunités concédés avant la guerrre tant par lui-même que par ses prédécesseurs, pourvu qu'ils n,e fussent ppint au préjudice d'un ^rs. Les évéqy^ qui avaient obtenu antérieurement^ par concession impériale, le droit de confirmer les consuls, furent a.gtorisés à u^r de ce droit. Pour les autres villes, ces magistrats duxent être confirmés, dans les cinq premières années, par l^es coQ^ssaires impériaux, et recevoir ensuite l'investiture de rempereur. Dans chaque ville, un juge, à la nomination <^u monarque, devait connaître, sur appel, des causes excédant une valeur de vingt-cinq livres impériales (1,575 fr.), et statuer, dans les deux mois, conformément aux lois de la cité. Les citoyens de seize à soixante -dix ans étaient forcés de jurer fidélité à l'empereur tous les dix ans. Les villes s'obligèrent à lui donner le/o- ^ drum, c'est-à-dire à le nourrir et l'héberger lorsqu'il viendrait en Italie, à réparer les routes, à ouvrir des marchés pour les approvifijonnenoeiite; A s'^ngag^ de son côté ^ ne séjaim^er q/ae peu de temps 49/^ chaque cité ou diocèse. Les vil^s restèrent, m

(I) Les "Villes comprises dans le traité furent : Milan, Verceil, Novare, Lodî, Giergame, Brescia, Mantoue, Vérone, Vicence, Padoue, Trévise, Bologne, Faenzt , llodène, Reggio , Parme , Plaisance. Celles qui y figurent comme alKéM 4e T^pereo^ sont : C6me, Xortone, AsU, Alexandrie, qui dut preod/'e le nom de Césarée, Géoes el Alba. Ferrare eut la faculté d*y accéder sous deux mois. On en excint nommément Imola, Ca^^tro S. Gassiano , Bobbio , Gravedoua, Feltre, Bellnne, Ceneda. Venise n'y fut pas même mentionnée, parce qo*éttt^t tout à fait mdépendante de TEmpire, elle s'abstenait ainsi de lui reconnaître aucune espèce de droit.

ONZUSMS ÉPOQUE.

surplus ; maîtresses de se fortifier et de se confédérer; tons les fiefs concédés à leurs dépens depuis la guerre furent conàdérés comme non avenus (l).

L'année suivante, l'empereur tint cour plénière à Mayence. Le concours fut si grand qu'il s'éleva dans la plaine voisine une seconde ville de tentes et de baraques ; le seul archevêque de Cologne avait amené un cortège de quatre mille personnes. Durant trois jours, l'empereur traita quiconque se présenta; an milieu de tournois magnifiques, il conféra à ses fils l'ordre de chevalerie, ainsi qu'à beaucoup d'autres gentilshonmies ; puis il se mit en marche pour sa sixième expédition en Italie.

Comme il ne revenait pas en ennemi, les villes italiennes rivalisèrent entre elles pour lui montrer qu'elles savaient aussi bien l'honorer et lui faire accueil comme hôte pacifique, que lui résister sur le champ de bataille. Il séjourna trois mois à Vérone, en pourparlers avec le pape Lucius ni, qui avait succédé à Alexandre, afin de s'entendre relativement aux biens de la comtesse Mathflde, sans pouvoir arriver encore à un résultat.

Les Romains s'obstinaient à conserver leur république; ayant marché contre Tusculum, où s'étaient fortifiés les comtes, leurs adversaires, ils firent prisonniers plusieurs ecclésiastiques, auxquels ils crevèrent les yeux, à Texception d'un seul qui devait ramener à la ville les autres montés sur des ânes, avec des mitres de carton sur la tête. Cette cruauté leur valut Texcommunication; mais il était réservé à Clément lll de mettre un terme à ce conflit après quarante-cinq ans; en effet, il ramena sous son autorité le sénat, la ville, la basilique de Saint-Pierre avec les autreç églises, et recouvra les droits régaliens, à l'exception de quelques-ans seulement qui demeurèrent à la cité.

^yrame^es Frédéric avait fait donner à son fils Henri la couroime de fer; mais, ne voulant pas que le titre de roi d'Italie restât un vain nom, il chercha à dominer sur les États du Midi conune sur la Lombardie. Le roi Roger, aussitôt après le départ de l'empereur Lothaire H, qui l'avait contraint de se réfugier en Sicile, repasa le détroit et recouvra le royaume ; il détruisit Capoue, souoiit Nocera et Salerne, puis enfin Naples, ne craignant pas même de

(1) Voy. Carlini, depace Constantin disquisitio : Vérone, 1663. Guc Dc- RAWDo, Saggio sulla lega lombarda e sulla pace di CostanMa^ dans le t X des Mém. de VAcad. d» Turin.

FRÉDÉRIC BARBKROTTSSE.

recourir à la cruauté pour affermir sa domination. H avait adopté lofcr i. cette devise pompeuse :

Appulus et CalabeTy Sieulus mihi servit et Afer.

Palerme, sa capitale, s'embellit alors d'édifices qui attestent la richesse et la magnificence des princes normands; il fit disposer un vaste parc peuplé de gibier, et récréé par des eaux vives qu'y amenaient des conduits souterrains (i). Les juifs, auxquels il fit bon accueil, et l'éducation des vers qu'il introduisit dans llle, procurèrent aux habitants une grande aisance.

Lemûrier^ Tarbrcàpain, lepistachier^ la canne à sucre^ offiraient de nouvelles ressources au pays. A Palerme^ les métiers à tisser la soie et le brocart étaient établis à côté du palais du roi, et l'on faisait du drap avec les laines françaises. Les Vénitiens avaient dans la ville une association de marchands avec ses magistrats particuliers^ ses caissiers et son président; les Génois avaient un comptoir à Syracuse et une maison fortifiée à Messine. Les Amalfitains remplissaient une rue de Naples de leurs boutiques, vendant surtout des étoffes de laine et de soie; ils possédaient un quartier à Syracuse et ûne communauté de marchands à Messine. Les artisans entraient volontiers dans ce pays, ou ils étaient protégés par des lois qui ne faisaient pas de distinction entre chrétiens, Sarrasins et juife. £n revenant de l'Orient^ les Pisans, les Vénitiens, les Génois s'arrêtaient à Palerme ; les hospitaliers et les templiers élevèrent à Trapani des couvents où les croisés faisaient une halte (2).

Les musulmans conservaient encore quelques villages et travaillaient les étoffes; on admire aujourd'hui le manteau ipnpérial conservé à Nurembei^, et dont l'inscription annonce qu'il fut fabriqué l'an 528 de l'hégire (ii33) , à Palerme, par les ordres de Roger (3). Ebn-Djobaïr, de Valence, qui visitait la Sicile

(1) Quosdam mantes et nemora qtus sunt cirea Fanormim muro fecU le^deo cireumcludi , êt parchum delieiosum satis et anumim divenii arboribm ineUum et pUmtatum construijtuêit, et in eo damaSf capreolos, portos sylvestres jussit includi :Jecit et in hocparcho palatium, ad quod aquavn de Jonte lucidissimo per conductus subterraneos Jussit addud, (ChroD. Salemitaioe, dans Muratori, Her. Jtal. Script., t. Vm, p. 194.)

Du reste, les Arabes ayaient déjà amené à Païenne des sources d'ean si abondantes que des fontaines y jaUlissaient aux étages les pins élevés des maisons. Les environs de cette ville sont parsemés de ruines d*aquedocs.

(2) RosAiio Di GâBcoiuOy Discorao intomo alla SicUia; Palerme, 1826.

(3) Ce n*est donc pas en Morée qo*il est ailé chercher les premiers ouvriers.

la condition de maîtres à celle de sujets ; dans la capit^te W^rt^QMt il en vit un grand nombre, et Roger les employait comme médecins et aâtroiogues ; il' avaîl ua sérail f esopli' da musulmanes , et les femmes franques qu'on y introduisait se convertissaient à l'islamisme. Un jour de iremblieineot de U^b^ e^lendaqi s«8 fefiuttes invoqua AUah et le propbu^e, il leur dit : Chaçmprie le DÎeu qu'U adore; heureux celmqjUafoidcms $q» JHeu (i). a A Palerme, coatiojmieEbQ-Djobaîr, ]^s iwstflmfUQi^ontdes i^aosquéi^j où ils ra^eml^nt' k la voix du OMuezatia; ils font juger 1^ causes par un cadi, habitent faubourgs séparés^ ei peiq)leQt sdulfites mArcbés.tt Cette, desnière pbrase.^st exagérée ; iniûs i) est certain que les nuisulmans étaient en majorité dans la Si^ occidentale.

La Sicile, méliange d'indigènes abattus par une iongua aervijNie, de ch^aliers normands avec cuirasse et mongn, de musulQ)^os avec iurban, devait offrir à cett^ époque ua a^;^t bizam; il y avait en même temps de» derviches et de;$ mw»s , 1^ courses du dgérid et les bittes du toaraoi y des boau39QS du Nordi igOP^^J^ts et des Méridionaux corf oiopus , de (a^stueux AaiaiUques et de rudes Hcandwaves. On, y parlait le greo, 1^ latin vulgaire, Vaiab^yk normand. Les édite étaient pjnomulgaés dan^ ckicva9 dç c^ langues, et devaient être en harn^onie avec l^God^ de JujstioÂen pow les Gérées , avec le droit contun^ô/er pour les Normend^ avec le kor ran pour tes Sarvasins, avec le code iQO^baid ppur anci/efi^ seigneucs.

Les Normands , qui avaient bouleversé en ÀAgleleiy^e toutes 1^ anciennes institutions^ étant arrivés pe^ iMMnbiîeux. et faibles en Katie , durent afenti^iirer de poUtiq/i^ et de ru«e , lii^ de œconsir à la fcwce. ouA^erte- Le gouvemeocié^ qirïls é^Mij^ fut dona pki^ bdbite qu'éneq[ique , et n'eut ppinjb eeUe uai>«é vîgoureusequi eat nécessfMrepour tyranniser m peuple et diriger ses efforts vers un seul but , surtout dans un pays aussi morcelé qne le jrpy^upe d& N^iples^ et où les origines çopt si divers- Hs changèneE^ peu de choses aux institutions des Lombards et des Grecs; seulement ils inlroduisirent dans le pays un système de féodalité qui resseml;)lait à celui de la France.

Les i;QagisiMî£^ et les cooptes U>m)^iur<j[$y dont titrer étaient devenus héréditaires , avaient àéik fi>rmé laclaas^ des barons, qui conserva la noblesse, même après que la conquête normande hu

(1) An FaagmenU 4fi Mn graltfft.

#ttt&M perdre V?s iwi/^çtio9$> Les Novmaads , a^fès ^voic reçu des fieCs, le$ spiAi-inféodèreot à des cbeyaUers^ c'est-à-dine i des V49saux Qiûbles et à des dignitaires ecçl^siast^ques. Roger, pour mettqe de Vordre daos les fiefs, dji;^tjngua de droit lomiMurd et ceux de droit norou^nd ; comme son c^pajtriote le cosquéraat de rAag(eterre> il conserva w pouvoir central à la cour, où il établit sept grandes charges , au-desspn^ desquelles les autres seigneurs se grwpaient. bfis b^roi^et des cowétables se trouvaient à la iéte de chaque district ; le gra^d connétable était à la téte de U noblesse ; le grand an^iral présidait à la marine ; le grand cl^celier s^rv^ d'intern^édiaire eçitre le pxi^e et les possesseujs de charges et d'(j^Ç^s« gastoids et les sculdasqnes, juges selon le système lon^ard , firent [^^ceà des baillis* j4Asticievs et châtelains. Ces noiv ve2^u( magisttrats avaient le roi, pour chef et jouissaient de privilèges particuliers; i^ constituèrent une Ijûérarchie administrative, la première qui , depuis Cb^rlcmagoe , eût été façonnée à la moder^^ , et composée ma de vassaux se rattachant au suzerain par des Ueofs féodaux , mais d'officiers royaux ^x^erçaut , non pour eux, mais pour le pouvoir public , la portion, d'autorité qui leur était confinée. Aipsi dpqc , tandis que l'ancienne noblesse resitait en opposiliion ^vec les conquéraats, il en naissait une aut,re des individus adn;iis aux emf4ois^ sans d^ti^tion d'indigènes e^t d'étrangecs , à la différence de ce qui s^ faisait alors dans les autres gouv^eïients (1 ).

^ger substiti^aux lois lombardes , mais ^vec un certain médes lois romaines et dies coutumes scsiOdinaves, ses constiiuUous ., déliJi)érées dans les assemblées publiques des barons , des foucti^naires et des évêqij^es. La peine de mopt est prononcée même contre les individus qui rognent ou altèrent les i^ionnaies, et contre ceux qui donnent des biieuvage^ ppi^r inspirer l'amour ou l£^ haine, qu^ blessent iijiortçllement quelqu'un en lançant^ bu eu roidant soit une pjerre, soit une pièce de bois. Ce prince créa Udigfi^té d'acchi^aadrite ou abb,è général , en réservât au roi la fyfiiùffi de confirmer ré^ctjton qui en serait faite p^ les moines ; il prit s<;Mis.fpg patronage les ég^ses du royaume , et surtout celles qMi ^tfljlent vacanjtiç^ Cependant les évéques àfi Siciie devaient se rendre à Rome pour recevoir la consécration du pape, et ils continuèrent de le fa,ire durant tout le règne des Normands.

l^f^v aim^ ^ ]^<Pillégea les sciences ; il fit ];édigev par le lipu-

(1) Qnoscumqite viros aut consUiis utiles atU bello claros compererat , cvmMlaiis eoê ad virtutm ben^fidU kwittibai^ Tran$àlpint^ maiimê' l Fal- CAîiDo, ap. Mim\TOiu, Rer. liai. Script^ VU, 260. )

ONZiiMK ÉPOQUS.

GuUlanme le Maavato.

ilU.

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