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GallIauBe Je Bon, IMf.
sulman Abn-Abdallah-el-Édrisi une géographie (1) ^ et constroiie une sphère en argent, pesant huit cents marcs^ sur laquelle étaient indiqués tous les pays alors connus. Le palais et la splendide chapelle de Palerme, où se lit encore l'inscription en trois langues mise par ses ordres sur la première horloge qu'il y fit placer^ ainsi que la cathédrale de Saleme , enrichie des dépouilles de Psestum^ attestent sa magnificence.
Il eut pour successeur Guillaume P', prince pusillanime et incapable. Les empereurs d'Orient et d'Occident ^ encouragés par sa nuUité , manifestèrent des préfentions opposées sur le royaume, firent avancer leurs forces, et favorisèrent les barons, toujours inquiets. Les Allemands se trouvaient occupés ailleurs ; mab les Grecs ; toujours avides de se venger des expéditions des deux Roger ; et déjà maîtres d'Ancône ainsi que d'autres places sur l'Adriatique , occupèrent Brindes ^ où vinrent se jeter beaucoup de barons révoltés. Les nobles étaient mécontents à l'excès de voir un obscur marchand d'huile , nommé Maione , devenu chancelieT et grand amiral du royaume, diriger à son gré les conseils et les actes de Guillaume. Ce parvenu reprit Brindes, et fit tuer ou aveugler les seigneurs qui s'y étaient réfugiés. Robert ^ prince dépossédé deCapoue^ entra à main armée danslaCampanie^ qu'il sour leva; la Fouille se mutina aussi , et plusieurs conjurations furent tramées contre l'orgueilleux amiral , qui sut les déjouer toutes, jusqu'au moment où le comte Matthieu Bonelk) réusdt à le tu^ et à s'emparer de Guillaume ^ qu'il retint prisonnier. L'abus de la victoire rendit les conjurés odieux; BoneUo fut pris et aveuglé^ l'ordre rétabli à force de supplices , et l'histoire a conservé à Guillaume le surnom de Mauvais, comme à son fils Guillaume II celui de Bon.
Ce prince , jeune et beau , étant monté sur le trône sous b tutelle de sa mère Marguerite de Navarre , s'efforça de se ooncilier les cœurs en délivrant les prisonniers d'État; mais les factions se disputèrent avec acharnement la tutelle, et les parties hétérogènes rapprochées plutôt qu'assemblées pour former œ royaume , tendaient à se séparer. Marguerite , cherchant de l'appui au dehors , remplit la cour de Fripes , parmi lesquels se trouvait Hugues Falcand^ surnommé le Tacite de la Sicile à cause de l'énergique et sombre tableau qu'il a fait de ces troubles.
Après la mort de sa mère , Guillaume , parvenu à sa miyorité,
(1) DélasêemerUs de Vhomme déiireux de eonnaUre à fond les dXfNremU poffs du numde.
frébAeig barbbroussb.
arma une flotte pour soutenir Tempereur Gonmène y chassé de sa capitale. S'étant emparé de Durazzo, de Thessalonique et de plusieurs autres places^ il marcha sur Constantinople;mais il essuya une défaite , et mourut peu après. La magnifique abbaye de Montréal, qu'il avait fait bfttir et où il fut enseveli ^ est un monu* ment remarquable du progrès des arts en Sicile dans le cours de ce siècle.
Comme il ne laissait pas d'enfants, le trône revenait à Constance y fille posthume de Roger II et ^ par suite, sa tante ; aussi , tMen qu'elle eût plus de trente ans, Frédéric Barberousse mitil tout en œuvre pour que cette princesse donnât sa main à son fils Henri. Le mariage fut célébré à Milan avec une magnificence extraordinaire, malgré les efforts faits par le pape Urbain III pour traverser une union qui privait les pontifes de l'appui qu'ils avaient trouvé jusque-là contre les forces impériales , et faisait prévoir dans Tadjonction des Deux-Siciles à l'Empire la servitude de ritalie ; mais ce fait, qui semblait accroître outre mesure la puissance des Hohenstaufen , devait en réalité causer leur ruine.
Frédéric laissa à son fils le soin des affaires de l'Italie , et retourna en Allemagne. Là les accroissements de la féodalité, l'établissement du droit d'élection , les concessions répétées de terres impériales , les malheurs des souverains , la lutte avec les papes^ avaient contribué à rendre les barons puissants. Quand l'empereur soumettait des princes étrangers , surtout ceux des Vendes, habitués à dominer despotiquement , il ne pouvait en faire de simples officiers de la couronne : il fdiait leur accorder des droits, que les barons allemands réclamaient à leur tour. Les seigneurs grandirent de cette manière, la puissance territoriale se consolida , et chaque petit prince voulut rivaUser avec l'empereur, d^autant plus que, grâce à l'élection, chacun d'eux pouvait atteindre au rang suprême.
Lors donc qu'à Roncaglia Frédéric employa ses jurisconsultes à prouver en latin aux Allemands qu'il possédait la puissance impériale dans toute sa plénitude , et que le monde était à lui , ces barons ne se trouvèrent pas mieux disposés que les Italiens à laisser réalber de semblables prétentions, et malheur à qui l'eût tenté ! Les communes étaient aussi un obstacle à ce pouvoir si grand; dès lors Frédéric, qui avait vu en Italie ce qu'elles pouvaient^ chercha à réprimer en Allemagne leur accroissement , que les rois Saliques , au contraire, avaient favorisé. Afin de venir en aide aux évêqucs, qui se plaignaient de graves atteintes portées à leur juridiction, il défendit les unions que les bourgeois
Afiilrft
«aîertt dans forage 'dô Mtè pott ItMiMvët 4es tribmmux flc Yeiïipëtëttt aùx côn^lls cônMttuflaux Te^ierctee de là Irtrîdsanee {mbli<](<ie (i).
A rintérieur, TWééri^, aiïswt?*! après son coiiirèmienaifint^ dé^ tcfrnrina Henri ft Jasomirgott^ diic d'Aotrldle , à restituer à Henri le Lion, de te nmison •Guelfe , ie duché de Bavière, qu'on lai aval* enlevé pour félonie ; mais il en détacha le pays situé au-dessus de PEns , ^uî , Bons le Hùtn de haute Autriche , fifit réuni à la Marèhe d'Aiîrtrichepotrr forùïernn diiché, d^tfùt investi Henri Jasomirgott ; on ttri àccorda dés privilèges èxtraor^aires, notamment celtfi de disposer de ce flef * défauft dliéritîws. Le notfvean duc, aveèses diViits souverains, avait la première placé après lesélectéùrs; il était dispensé de tous devon*5 envers renrtpire, sauf la prestaflion de foi et d^bommage , qu'il ne devait que dans son paya, et quelque rare contingenta fournir contre les Hongrois, comme prince de l'Empire. B pouvait encore soitoetti-e à sa juridiction dh'ecte tous les nobles relevanft de lui , privilège extrémemeiA important, qui donna aux ducs d'Autriche des États homogènes, où leur autorité ne se trouva pomt entravée par les prétentions d'indépendance que manifestaient les seigneurs imfHiédiats. €M ordre de choses put s'établir dans cette contrée, p«ree que h féodalité y était moins forte qn'aiHeurSi te pays tenurt plus des Slaves qne des Allemands; l'autorité avait besoin d'y èCreforte^ ment établie pour que l'on pût résister à des voisins menaçants. Mais ces privilèges donnés à l'Autriche devenaie«it*M danger en s'opposant à l'omîté, et susoitaient l'envie des autres seigneurs.
Henri de Bavière, chef des Gfietfes , devint la terreur dn Nord en étendant ses conquêtes sur les Vendes. Après tfvoir asscrjettî troe grande partie du Mecklemboui^ et^éû Holstein, î) y transporta des paysans flamands, brabasiçôBB et allemands , qui défrichèrent h terre. Il accrut la puissance de Lubeck , releva Hanobom^, Conàt
(1) Dans la seconde paix pobfique deFrédérit V* : Convênticuïa quaque^ omnesque conjuraHones fa (Avitatihus et extra , éHam occatUme ptM' telm, fieri proMbemui. (R. A., 1 1, p. 10.)
Pour Trêves surtout : Communia civium Trevirensium ^ quœ et^o^juntio dicUur, quam nos in civitate destruximus dum pripsentes Juimus , qux
et postea reiterata est cassetur staiuentes ne deinceps studio flf-
chiepiscopi vel industria comitis palatini reiteretur, ied Uterque deàifam JustUiam in civitate habeat et oonsuetam. (Dipl. de 1161, apud HMaoïy Hist. Trevir., 1. 1, p. 194.)
Henri, en 1231, ordonnait : Quod nulla civitas, nullum oppidum, o&*muniones , constitutiones , colligationes, confederationes vel coniuratio»es àtiquasy qwjTwn(tue nomiiie censeantur^/acere^ etc.
Mildfeh y êt étendR Miis (k>ssèssion!9 *4è la BMKh(U6 ^ dé la irtèfr dn m?. Nord|[Qsqu^au Dahube. H atirait voulu leur dcmer unè uiïitéYi* goureose; mal!} Ié9 aut^èis princes allèmafftdsv cfraignsnft dè sè trouver èbitofbés 9 fehiièréèt*(^<Mrefèfî UBe (^(^Mêdérirtioh <|o11 dissipa. II se droHà , ét , méîMi de ia terre sainte^ Mvrft de itotfv^eaui uTf.
Prédériift àvait à c6ÉiAr <f emmenefr àvéc lui êfn RàHè un ehampkm auâ!»i fMssant. S l'invif a donc k venir s^abou^éfettr «avec M à GMaventia; InaSè tïi faisôtis ni |>rièresM purent tè déeider à IWôA)pilgne<> > qnoicfue Frédéric .inalgré tout son «oif ueii , aUèt josqu'à ^ ftièttre à ses gènolux. P««rïHétt«; cétté déff^on Art elte pour beaucoup dans ia déroute de Legnano. L'empereur éprouvait un. fm vif désir de se vehger de hii ; après avoir ^tàbti ses affaires^ il le cita donc à comparaître , ét , comfme il n'dbéit point k ses ordres, on déclara ses liions confisqués^ et^i-^mémefnt mis an ban de t^mpire. Les iKOtaibreux ennenris qne s'était fîEdts Henri le Lfon réprirent «lors courage , s'arflrtèrent contre lui , et il se vit totttraint de venir pieds de Frédéric , y|iri hir accorda son pardon. Il ne lui laissa toutefois que le Brunswidc te Lunebourg , et le tkit trois ans oonAnédams cette Angletet*re dMt ses descendants devaient un jour porter la couronne. Â sa mort , en 1195 , OÊtte grande maison Guelfe fnt déchue ; la maison de Whteisbadi lui stfccédà en Bavière, et là maison Ascanienne en Saxe ; mais hme et loutre étaient moreetées en ittfe fenle d'États^ fierfis imméAials de l'Empire.
Une antre famAle au glorieux ofvenir était afossi apparue en Alleftia^, celle d'Albert TOars d'Anhalt, (frt, afjwès avoir obtenu ta vIeiUe Maireke , conquit siir les Vendes fa Marche de Brandebourg ; il put dès lors être considéré comme le fondatenr de la monarclfte brandetyonrgeoise , dont la capitale , Berlin , est meMfonnée potm* là première fol% da^ le moment même où Steniri Jasomirgott fondait Vienne , sa future rivale.
Frédéric tendait activement à feîre disparaître tes grands daehés, dans lintention de consolider le pouvoir rc^al; mais il préparait aittei Tanatehie pour tm temps phis éloigné. Il eut souvent lui-même à combattre les barons indociles <fÂi infestaient les i^tes ; il abolit beaucoup de péages qui ^ établis pftr enx sur le Rhin, entravaient les communications, et se fit couronner roi d'Arles, cérémonie négligée par ses prédécesseurs ; ayant envahi h Pologne , il la ramena à la sujétion féodale , et en détacha le doché de Silésie. Il conféra la dignité royale à Ladislas II, duc de Bohême, comme il Fàvait accordée k Barisc^i ponr la Sardaigne;
dônibàts.
ONZTÂME ÉPOOUE.
il donna aussi un roi à la Hongrie^ et un nouveau sdgneur à la Bavière , dont il détacha le Tyrol; il érigea la Styrie en duché, et réprima le comte palatin et l'archevêque de Mayence.
Depuis Charlemagne, aucun empereur n'avait exercé une autorité aussi étendue^ et certes, s'il ne s'était occupé que de TAIIemagne , on pourrait le compter parmi les princes dont l'influence fat immense sur l'avenir; mais l'ambition d'élever l'Empire à un degré de puissance que le temps ne comportait plus , le fit agir en tyran , et lui mérita l'exécration des Italiens. A cela près, 0 aima la justice, selon l'usage des despotes, et, pour qu'elle fût mieux rendue, il ne nommait personne juge dans son pays natal.
11 accrut les domaines de sa maison de plusieurs fiefs, achetés ou ayant fait retour à la couronne, et principalement de ceux qui lui provinrent de la succession de Guelfe n et de la comtesse Mathilde; mais nous avons vu dans quels longs démêlés la dernière acquisition l'entraîna avec la cour de Rome, à tel point qu'Urbain III s'apprêtait à l'excommunier de nouveau quand il mourut à Ferrare.
Il ne négligea pas non plus la civilisation des Allemands, que les écrivains italiens nous représentent comme un peuple grossier, adonné à l'ivrognerie, vice qui souvent leur devint funeste. Quand l'empereur était élu, on lui demandait, entre autres choses, s'il promettait de vivre sobrement, avec l'aide de Dieu. Ils sont aussi dépeints comme violents, et les chroniques font souvent maition de l'impétuosité et de la fureur tudesques. Aussi Godefroi de Bouillon , tout en faisant grand cas des chevaliers allemands pour leur vaillance , les exhortait à imiter les Français, afin de perdre quelque peu de leur rudesse native {feritatem). L'abbé dUsperg, qui raconte ce fait, nous représente les Allemands comme belliqueux et cruels, prodigues dans leurs dépenses, sans idée de justice , mettant leur volonté à la place du droit , et employant leurs invincibles épées pour dernière raison. Ils ne se confient, ditil, qu'aux hommes de leur race, et sont du reste très-loyaux envers leurs capitaines, car on leur arracherait plutôt la vie que de les forcer à trahir leur foi.
Le commerce, toujours croissant, dut aussi contribuer à les dégrossir. Les négociants de tous pays se rendaient à Brème; six cents riches marchands abandonnaient Cologne dans une sédition^ les manufactures avaient une grande activité dans les provinces rhénanes, et leurs produits étaient échangés avec les pelleteries du Nord. Les margraves de Misnie s'enrichissaient par l'exploita*
PRANGE. TROISIÈME RAGE.
tkm des mines de rErzgebirge^ tellement que, dans un tournoi donné en 1236 àNordhausen^ on vit exposé un arbre d'argent avec des fruits d'or. Ce furent eux qui instituèrent la foire de Leipzig^ où se vendaient des draps ^ des vins de France qui s'expédiaient dans le Nord , des armes et du fer des mines de Bohême*
Les monastères aidèrent encore à propager la culture intellectuelle ^ et Ton voyait des écoles florissantes à Paderbom, à Liége^ à Bamberg, à Corbie et à Wurtzbourg. Les expéditions des Allemands en Italie mettaient sous leurs yeux des modèles pour les arts, l'agriculture ; les institutions civiles ^ qui devaient exciter leur émulation. Frédéric Barberousse embellissait sa cour de tout œ que l'on pouvait désirer de mieux; aussi les poètes disaient que , semblable au bon vin , il s'améliorait ed vieillissant.
Après une vie aussi active y ce monarque résolut , selon l'usage d'alors^ de finir saintement ses jours. U prit donc la croix dans la diète de Mayence , avec son fils Frédéric et soixante-huit seigneurs tant laïques qu'ecclésiastiques; mais^ arrivé en Giliciey il se noya dans le fleuve Gydnus qu'il voulait traverser. Ses chairs furent ensevelies à Tarse et ses ossements à Tyr.
Nous avons vu de quels faibles commencements partit la troiâème dynastie française (i), entourée de barons égaux et même supérieurs en puissance au monarque , qui n'avait d'autres richesses que les revenus de ses domaines , d'autres forces que les sujets de son duché.
Ce duché comprenait d'abord le Maine, l'Anjou , la Touraine , rOrléanais, presque toute l'De de France et le sud-est de la Picardie jusqu'à la Somme; mais l'agrandissement des comtes d'Anjou y de Blois^ de Chartres^ réduisit les domaines royaux aux seuls comtés de Paris, de Melun » d'Étampes^ d'Orléans et de Sens. La communication même d'une de ces villes à l'autre se trouvait coupée^ ici par le château du sire de Montlhéry, entre Paris et Étampes; là, par le seigneur de Corbeil, entre Paris et Melun ; plus loin, par le château du Puiset^ entre Paris et Orléans.
(t) Tome IX.
HI8T. liMV. — T. X. 9.6