‹ Histoire universelleChapitre 61 sur 79 · PHÉNICIENS. — HJSTOIBB ET INSTITUTIONS · texte numérisé non relu

PHÉNICIENS. — HJSTOIBB ET INSTITUTIONS

tamment Ézéchiel el Josèphe, ne foot mention qu'incidemment des Phéniciens; le dernier, ainsi qu*£usèbe dans la Préparation évangélique, nomme Dius et Ménandre d'Éphèse, historiens deTyr; Théodote, Ipsicrate et Mochus sont cités par Tatien (1) ; nous savons par Appien (2) que les Tyriens enregistraient leurs événements parliculiers et ceux des peuples avec lesquels ils eurent affaire ; mais le temps n*a épargné que quelques fragments détachés. Sanchoniathon, historien national, le plus célèbre après Moïse, avaft écrit un trailé de la philosophie d*Hermès, une théologie égyptienne et les fastes de la Phénicie. Ses deux premiers ouvrages, puisés dans les écrits de Thaut et les registres déposés dans les sanctuaires des Ammonéens, nous auraient initiés à la science égyptienne et phénicienne avec d'autant plus de certitude que le roi Abibal, auquel Sanchoniathon les dédia, en avait fait reconnaître l'exactitude par une commission de savants. Son histoire fut traduite en grec par Herennius Philon de Byblos, qui vivait dans le second siècle avant notre ère; mais la traduction est perdue comme Toriginal, sauf quelques fragments, qui se rapportent plutôt à la cosmogonie (3).

(1) Oratio ad Grmcos, 37.

(2) Lib. I, 17.

(3) Les fragments de Sanchoniathon, insérés par Ensèbe dans la Préparation évangilique, ont été depuis longtemps Tobjet d*ane controverse animée, les uns admettant et les autres niant leur authenticité. « Personne n*a traité d*une manière aussi large et aussi approfondie cette question, dit M. GmoNiAUT, que M. Movers, qui a consacré à la discuter le 3" et le 4* chapitre de son ouvrage sur la religion des Phéniciens. Ces peuples, d'après lui, eurent des livres sacrés, dont ils attribuaient Torigine à leurs divinités. Le dieu, premier principe de cette révélation, Tantique Bel ou CAyiin, ou Saturne, est identique à Chon ou à THercule de Tyr. C'est de lui que ces livres auraient pris le nom de San-Chon-Idth^ qui veut dire la loi entière de Chon, et représente le canon sacerdotal, existant à la fois dans toutes les villes principales de la Phénicie, comme le mythique Sanchoniathon, collecteur supposé de ces écrits antiques, et pendant du Vydsa ou Vida* Vy âsa (coUeciem des Védas) de Tlnde, est dit originaire, non seulement de Béryte, mais aussi de Tyr et de Sidon. Quant à son histoire phénicienne, celle même dont nous avons des fragments, celle que Philon disait avoir traduite, ce n'était qu'une mythologie phénicienne et asiatique, rédigée par lui dans le système d'Ëvhémère, et où les légendes des dieux étaient travesties en des histoires humaines pour servir à des vues polémiques contre les croyances helléniques et contre les traditions juives. Ce que nous venons de dire fait comprendre ce mélange d'éléments si divers, phéniciens, juifs, grecs, égyptiens même, que Ton remarque dans les fragments du pseudo-SanchoniathoQ. » Voy. Notes et éclaircissements sur le tome II des Religions de l'antùguUé; Paris, 1849, p. 848-852.

deuxiAhb époque.

On a découvert la traduction entière (1); mais la critique n'a pu l'accepter; nous en restons donc aux notions insuffisantes que nous avions auparavant {i),

La Phénicie, môme en ses plus beaux temps, ne comprenait qu'une C6te d'un peu plus de 150 milles en longueur sur 30 dans sa plus grande largeur, mais ce territoire et les tles voisines étaient semés de villes. On rencontrait d'abord Arad sur l'ile et Antarad sur le continent; puis Tripoli, qui existe encore, Byblos et le temple d'Apollon ; ensuite Béryte, Sidon, Tyr, et dans les intervalles Sarepta, Botris, Ortosia, villes moins considérables. Toutes ces villes, singulier spectacle d'opulence, furent bâties l'une après l'autre, selon le besoin du commerce. Sidon, la première entre elles, mentionnée par Moïse, domina jusqu'au temps de Josué et d'Homère ; prise alorâ par un roi d'Ascalon , ses habitants élevèrent Tyr, qui bientôt éclipsa sa métropole. D'autres Sidoniens fondèrent Arad, et ces trois cités élevèrent d'un commun accord celle de Tripoli, qui de là prit son nom (3).

Ces villes ne formaient pas un seul État; mais, comme les républiques italiennes du moyen Âge, chacune d'elles avait

({) Par François Wengenfeld. Voir Analyse de l'histoire primitive des Phéniciens, faite d'après le ms, récemment découvert de rentière traduc^ tion de Philon (allemand) ; 1835. — L*année suivante, le texte prétendu original parut à Brème, et il devint aussitôt l'objet des critiques les plus .justes et les plus sévères des savants de T Allemagne^ tels que MM. G. MûUer, Movers et plusieurs autres.

(2) Voy. Hbbrbn, Idées sur la politique et sur le commerce des peuples anciens (allemand).

Alb. Mionot, Mémoires sur les Phéniciens, t. XXXIV-XUI du Recueil de l'Àcad, des inscriptions,

Arbntii Hamakbri MiscelUmea Phcmicia; Leiden, 1828.

Voyez surtout Movers, Das Phenizische Àltherthum; Beriin, 1849; et la Phénicie de M. Hobfbr dans VUnivers (Paris, 1852).

Gbsbnius prétendit, en 1835, découvrir la clef des inscriptions phéniciennes en caractères différents des caractères communs. Le résultat qui paraît avoir été obtenu de toutes les études faites jusqu'à nos jours est que les langages carthaginois, phénicien et numide étaient identiques avec rhébreu.

(3) Le désir connu des anciens peuples de rappeler dans une nouvelle patrie les noms de la première nous permet de suivre la trace des migrations des Phéniciens. Néarque, au temps d'Alexandre, visitait les tles Tyrus et Arados, et la ville de Sidon, dans le golfe Persique. Les lies de Bahrein, à Tembouchure de TEuphrate, furent appelées Tylos et Aradus; ces noms fùrent enfin portés sur les côtes de la Méditerranée.

Page 1