‹ Histoire universelle de l'antiquitéChapitre 7 sur 18 · II. lO · texte numérisé non relu

II. lO

Romains. Hérodote, semblable à Homère, ne s'en sert que pour suspendre le récit; Thucydide, à côté des actions, veut placer la vigueur de carac^ tère et la tournure d'idée de ses personnages; il cherche à reproduire et leurs expressions et la liaison de leurs pensées. Peu nous importe que Périclès se soit énoncé comme il le fait dans Thucydide, pourvu que nous retrouvions dans ses paroles l'expression de ce earactèré si distingué par son activité. . Qui ne reconnaîtrait , en effet , dans sa dialectique serrée le disciple d'Anaxagore? Qui ne retrouverait , dans ce qu'il dit d^s arts , des édifices publics et des sciences d'Athènes, l'homme qui sut en Êiire des élémens essentiels de la démocrslie ? Et lorsqu'on le voit sans cesse tirer parti de la vanité des Athéniens, puis opposer leurs institutions à celles de Sparte, on saisit les ressorts au moyen desqueb il gouvernait cette masse indomptable. Deux discours de; Brasidas dépeignent à merveille le caractère que nous lui connaissons; c'est cette même valeur dans la guerre, cette même douceur et cette aménité envers les alliés qu'il s'a^t de gagner ou de conserver ^ Les interlocuteurs de

1 Voyez dans le IV.* livre les chap. 85-8;, et le ia6/ Ce damier est un des plus remarquables de toute Tantiquité, sous le rapport de la noble confiance d^un homme fort de PexceUence de la valeur innée des Spartiates. On y peut admirer le calmo de la véritable énergie au moment du danger.

( t47 ) Thucydide ne sont point des héros de tliéàtre; il n affecte pas l'imitation du dialecte, des locutions^ enfin ce n'est point un Brasidas tragique, c'est Thucydide lui-même qui nous parle selon l'ame et Tesprit de Brasidas.

De Thucydide à Xénophon ^ transition est à peu près la même que de Sophocle à Euripide : nous nous y arrêterons un peu, parce que c'est un moyen de faire connaître le caractère du temps, pour ce qui concerne la fîij de la guerre du Péloponèse et les dix années qui suivirent U nous Êiudra d'ailleurs considérer Xénophon sous tous ses rapports^ car ses traités philosophiques et politiques expliquent ses ouvrages sur l'histoire. Il est naturel de commencer par les Mémoires sur Socrate. Xénophon veut expUquer cette raison d'instinct que Socrate appelait son génie, et qu'il croyait en lutte avec la dialectique. Le Socrate de Xénophon pense que l'on (^oit tout réduire en règles arides, et que l'on parvieiit à l'apogée de la civilisation, lorsqu'on a transformé en idées sensibles d'utilité pratique ce sentiment indéfinissable d'une nature plus élevée , qui de tout temps a remplacé pour le peuple une rehgion purement rationnelle. L'histoire et la philosophie de Xénophon se résolvent donc en préceptes .de conduite qui sont plusimportans, sans doute, qu'au temps d'Hérodote, à raison de Taccroissement des relations sociales.

Il part de ce point que riiomme ne doit songer aux spéculations philosophiques qu'après qu'il a pourvu aux besoins terrestres ^ Il ne paraît pas , d'après cela, qu'Aristophane ait eu entièrement tort, quand il dit à Socrace que sa philosophie populaire, bien qu'elle combatte les sophistes, fera naître une nouvelle espèce de sophisme 2, et Critias ne paraît pas non plus mal fondé à dire à Socrate que les cordonniers et les tailleurs feraient mieux de s'en tenir à leur aiguille, que de passer leur temps à moraliser tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, sans s'arrêter jamais à aucun principe certain^. La manière dont Xénophon justifie Socrate de ses liaisons avec les plus cruels des trente tyrans , conduit à l'ap-

1 Liy. I, chap. i, §. |3.

a On ^it dans VEdinbur^h Review , Noy. i8ao, pag. 398:

Jf^e Jind kim {Socrates) spending his lime not only y/ith such amhitious and unprincipled jroung men as jélcibiades and Cri' tias , who left him as spon as thejr had gained their objects — a po-wer of speaking and an aptitude^ for action *upon prin* ciples , which' it is very plain , notvviih^tanding the exampU of Socrates himself , might lead to any thing but patriotism and moral excellence — but^with an Eucleid , an Antisthenes , an Aristippus , men who , as Mr. Mitchell observes (c^est ici le traducteur qui est' d^accord avec le censeur) , went from him , a to form schools , whose names hâve since been synorvf" K m.ous with sophistrjr ,' the coarsest effrontery and the most « undisguised voluptuousnes. ^ 3 Mgmorab,, I, chap. a, §. 37.

probation de ces argumentations si fort à la mode dans Athènes. Dans le quatrième chapitre du premier livre on en voit les résultats : les dieux n'y sont que des espèces de machines morales, et leur existence n'est ibndée que sur une mauvaise dé* monstration , qui conviendrait encore mieux au panthéisme. C'est surtout dans le second livre qu'on peut juger combien l'idée de la piété s'était éloignée de la sainteté et du sublime qui fait abstraction de l'utile : les liens du sang, lamour de la patrie, l'amitié, y sont mis au-dessous des richesses, et rangées, seulement sous le rapport de lutiUté, à côté des maisons, des champs, des esclaves, des troupeaux. Les arts sont aussi renfermés dans ces misérables limites ; on les coiidamne à la simple imitation* Cependant Xénophon parait grand par d'autres mérites : ses Mémoires sur Socrate nous montrent l'activité et la variété du caractère athénien bien diflFérente de cette uniformité persanne, de cette monotonie qui règne dans la Cyropédie. Le dialogue est vif, les caractères sont naturels; la société toute entière se meut à nos yeux; nous en apprenons à la fois et le ton et les nuances. On ne se borhe point à nous peindre les hoomies, les mœurs d'une époque où des connaissances générales remplaçaient l'enthousiasme du grand et du beau; on nous présente cette époque du coté lé plus Ëivorablç. Si nous passons de cet

ouvrage à la Cyropédie, la forme romanesque de cette histoire, plus agréable que la sèche réalité, nous révélera l'existence de mœurs et d'idées* assez semblables à cfelles de notre temps pour les raffinemens et pour l'excès de la politesse. Personne, au temps d'Hérodote, n'aurait imaginé de conduire l'état comme on fait mouvoir une machine , ni de créer pour des milliers d'années un empire guidé seulement par l'amour, la douceur et la raison. Chaque page de cet historien, au contraire, démontre que la meilleure constitution est celle qui retient les passions au moyen des lois, où tous sont protégés par elles et par la divinité, au lieu d'être abandonnés à la sagesse d'un seul. Quand Hérodote essaie de nous réconciher avec la destinée, quand il veut nous consoler des désordres et des agitations de ce mon^ , ce n'est point à l'aide d'utopies , ce n'est point en nous présentant un roi qui tient dans sa main la loi, le droit et la paix. Il nous montre Némésis , le destin , et cette envieuse divinité qui précipite l'homme du sommet de la grandeur, et qui le punit d'une félicité qui n'appartenait qu'à elle. Xénophon, au milieu d'une turbulente démocratie, parmi des guerres perpétuelles, dans la foule des sophistes, des sycophantes, des V rhéteurs, ne pouvait pas avoir les mêmes idées. L'ordre et la hiérarchie qui déterminent toutes les rdations sociales, devaient lui paraître le bien su-

prême. Il y a quelque ressemblance entre la Cyro pédie et le Télémaque; mais Xénophon a placé son sujet dans un pays peu connu de ses concitoyens et de la postérité; il Fa enrichi de détails sur les mœurs et les institutions qu il avait apprises par lui-même; enfin, il a su faire aussi de Tbistoire de ce pays un excellent usage. U y a dans son style du calme et de la dignité; des images gracieuses; les caractères vertueux sont plus fréquens dans son livre que nous ne les voyons dans le monde. Une cbose étrange, et qui prouve combien la philosophie de Socrate l'emportait en Xénophon même sur sa prppre expérience , c'est que lui , qui a visité la Perse, qui Ta étudiée à fond, rapporte cependant à Cyrus toute l'organisation de l'état, sans même nous faire sentir que cette organisation si vantée, qui le convertit en une simple machine, est précisément ce qui a mis les Perses dans la situation fôcheuse dans laquelle il les trouva.

La Retraite des dix mille dans ses narrations simples, énergiques et serrées, agit sur nous d'une tout autre manière que la Cyropédie. Les deux ouvrages dont nous venons de parler , nous ont fait apcrc^evoir le siècle de Xénophon de son coté dé&y érable; ici, au contraire, ce siècle appardt dans tout son éclat, avec tous ses avantages : partout on voit briller l'esprit flexible des Grecs, capable de tous les progrès, de toutes les inventions, de toutes

les expériences; tandis que les Perses demeurent dans leur impassible immobilité, et ne se meuvent que comme des machines qui ne seraient susceptibles d'aucune nouvelle direction. Il n'y a rien ici de cette couleur mêlée de nuances grecques et de teintes persannes; tout est sérieux, tout est vrai. Qu'on se rappelle la mesure donnée exactement pour tS^utes les marches , les indications géographiques, puis les soins apportés aux campemens; enfin la tactique habile , déployée par les Grecs. Quel contraste avec la confusion des Perses, avec leurs délibérations, avec leurs négociations. Plein de son sujet, l'auteur oubUe les Ornemens du langage. Empiimtées au journal de ce chef, les remarques d'histoire , .de géographie et de statistique prennent ime double valeur. Ce n'est plus l'élève de Socrate, ce n'est plus l'auteur des Dits mémorables ;- c'est l'homme de son temps, de son peuple. Les dieux sont à ses yeux ce qu'ils étaient avant Homère^ ce sont des moyens que la partie sensée de la nation emploie pour retenir une multitude capricieuse. Partout on parle de la volonté des dieux études moyens de la connaître : on consulte les intestins des animaux; jamais Xénophon ne laisse échapper le moindre doute. Le plan, l'exécution de chaque entreprise, appartiennent toujours aux dieux; les chefs ne gardent pour eux que la gloire d'avoir trouve les moyens d'accomplir les projets qu'ils

ont ou dictés ou approuvés. Combien, après la chute de Cyrus, les Perses paraissent pelits dans leurs menées contre les. Grecs! Quelle dut être leun surprise, lorsqu'après avoir pris par la ti^ison tous leurs chefe , ils virent se former tout à coup un nouvel état-major, et sortir des rangs de Farinée des commandans pour toHites- les divisions. ^ Xénophon, qusfkid il est question de lui-même, ne se cite qu'avec une extrême modestie^. Jamais il

1 jinabasis Cjrri , lib. II, cap, 5, Ç. 3i. « Comme ils farent a à la tente de Hssapheme, on fit entrer les généraux : Proxène « le Béotien y Menon le Thessalien , Agîas FArcadien, Cléarque « le Laconîen", et Socrate rAchéen^ mais les capitaines demeu- A rèrent à la porte, et aussitôt le signal donné, ceux de dedans

a furent arrêtés et les autres taillés en pièces. Quelques cavaliers ( perses coururent ensuite par la campa^e , et tuèrent tous les c Grecs qu^ils rencontrèrent , soit libres ou ésclayes. On s^étonnait « de les Toir courir, parce qu'on ne pouvait discerner du camp n ce que c^était, jusqu'à ce que Nicarque FArcadien arriva, « blesse au ventre, et tenant ses. entrailles entre ses mains, « qui dit comme le tout sVtait passé. Chacun courut aussitôt a aux armes tout éperàu, croyant que les barbares viendraient n de ce pas attaquer le camp. "

2 II ne se cite lui-même qu'au i.*' chapitre du III. ^ livre. n II y avait dans Tannée nn ceftain Xénophon (r/ç Sivo^oy)^ a qui ne sc^nrait ni comme général, ni comme capitaine, ni c conune simple soldat, mais Proxène, qui était lié avec lui « par les liens de l'hospitalité, l'avait appelé auprès de lui. a 11 lui avait promis, s'il voulait venir avec lui, de lui procurer a la faveur de Cyrus, qui lui serait plus utile que celle de sa a patrie. ^

ne rattache l'action à sa seule personne; les exploits n'appartiennent pas tous à l'auteur, comme ceux de César; ils sont la propriété commune de sa nation et de la civilisation de son temps. Le même ton règne au troisième livre, où Xénophon engage tous les chefs k se frayer un chemin ht travers les ennemis. Apollonide seul ouvre le lâche avis de traiter avec les Perses; il parle des difficultés sans nombre de la retraite. Xénophon, à son langage, le prenait pour un Béotien; mais les soupçons que £iit naître sa démarche,, engagent à l'examiner de plus près : il porte des boucles d'oreilles; ce n'est point un Grec : à l'instant on le repousse. La sage conduite de Xénophon envers diérisophos est propre à faire comprendre quelle prépondérance la guerre du Péloponèse avait donnée aux Spartiates. Celui-ci n'a , pour ramener dans leur patrie les Grecs égarés au fond de ce vaste empire, ni talens militaires, ni connaissances acquises. L'adroit Athénien ne l'en propose pas moins pour le commandement, afin de ne point s'attirer la haine des Spartiates pour l'époque de son retour, puis afin de contenir par la crainte ses propres soldats. Xéïiophon commande donc sous le nom de Chérisophos. Cet homme est tout autre dans la vie pratique que lorsqu'il raisonne.

Dès le commencement de son Histoire de la Grèce , Xénophon nous annonce une suite du

livre de Thucydide ^ Le style tient le milieu entre celui de la Çyropédie et celui de la Retraite des dix mille. Eb le comparant à la manière de Thucydide, on comprend de suite que les récits seront clairs, réfléchis et suivis; mais on ne peut s'attendre à cet examen rigoureux, à ces tableaux éner-r giques qui distinguent si éminemment ce grand historien. '

Hérodote nous semhle avoir considéré l'histoire conune une révélation des secrets du destin et de son influence dans les affaires humaines; ou, si l'on veut, il la regardait comme une série d'événemens, naissant et découlant les uns des autres. Pour Thucydide, le récit des faits de l'histoire n'est qu'un moyen de dévoiler, par un examen sévère et complet, cette incompréhensible nature de l'homme, ce caractère intérieur qui tend sans cesse à se cacher, à se dérober à l'observation. Xénophon , comme tous les écrivains plus récens, n'a qu'un but moral et politique, sans aucune tendance générale; il s'agit de fidre ressortir tel ou tel précepte, d'enseigner au présent la leçon du passé, enfin, d'élever tel ou tel peuple , tel ou tel mode d'administration au-dessus des autres. Le but de Xénophon est de

1 C*e8t ce qui résulte des premières paroles des Hellëniqnes : MfTflt JV Tflc£iTa, 00 'PToXXauç ijjup0uç Cmpof ^ nXOîv eç

vanter Sparte; il ne s'inquiète pas de savoir quels seront ses lecteurs : sa marche est à la fois simple et facile, tandis que les récits de Thucydide, au lieu de la limpidité des ruisseaux, affectent la profondeur des fleuves. Avec quelle froide indifférence Alcibiade est, dès le commencement, écarté des récits de Xénophon, sans même qu'à l'occasion de sa rfentrée friomphale d^s Athènes, il soit dit en aucune* façon quels furent ks nouveaux rapports de ce grand* homme avec sa patrie, depuis le moment où Thucydide l'a laissé. On se tait sur les ruses hypocrites de Lysandre, ou bien on glisse sur ce chap>itre sans parler de sa honteuse intelligence avec Théramène, qui cependant est une chose avérée. Dans la suite, quand il n'est plus possible à l'auteur de cacher la participation des Spartiates aux cruautés- des oligarques d'Athènes , on frémit à la vue de cette froide impassibiUté d'un Athénien , capable de raconter ainsi les malheurs dé sa patrie. On est encore bien plus choqué de ce ton , quand il est question de la conjuration 'dé Cinadon. Un homme tel- que Xénophon n'aurait pas dû laisser perdre ^ette occasion de nous faire connaître les rapports de l'oHgarchie de Sparte avec le* reste de la nation ; il n'aurait pas dû nous laisser ignorer comment tous les moyens lui étaient bons pour retenir un pouvoir injuste. Que Thucydide est supérieur dans ces sortes de sujets^ il n'omet rien de

ce qui peut caractériser un gouvernement. Bien* tôt l'histoire grecque de Xénoplion devient, à la manière des modernes, une espèce de biographie d'Agésilas. Nous ignorons alors les changemens survenus à Athènes; on ne nous dit rien du joug que Lysandre et ses oUgarques faisaient peser sur la Grèce entière. Nous n'irons pas jusqu'à prétendre queXénophon, au sujet de la délivrance de Thèbes, n'a donné le rôl^ de Pélopidas à Mellon que pour obscurcir la gloire des deux illustrées Thébains; mais Q est évident qu'il couvre d'un ^ voile favorable la part qu'eut A'gésilas à la mauvaise action de Phœbidas, et qu'il se tient fortement sur ses gardes pour ne pas accorder la principale place de ses récits aux accroissemens de la puissance thébaine. Les récits de Xénophon manquent souvent de formes dramatiques; toutefois il a des endroits éminemment riches de ce genre de beauté : tel est celui où une ambassade athénienne est introduite dans l'assemblée des Spartiates. Le caractère des diverses classes du peuple athénien y est parfaitement dépeint : on y vdit l'orgueil de la noblesse, la véhémence et la passion des chefs du peuple, l'habileté et l'éloquence de ceux qui avaient appris la science du gouvernement Callias, Autoclès et Callistrate, sont les principaux ambassadeurs; ils vont parler' devant les Spartiates et devant les autres députés de la Grèce. Callias est le fils du riche Hipponicus, de haute no-

blesse, et pour cela prêtre de Cérès*; du reste, c'est, comme nous le savons d'ailleurs, un Homme vain, une tête vide et sans valeur morale^. Xénophon nous le dépeint à merveille, quand il dit que Cdlias aimait autant à entendre ses louanges de sa prd^re bouche que de celle d'autrui ; le discours qu'il lui prête ne parle que de lui-même , et point du tout de l'aiSaire. Il repren(ï les choses de si loin , que ses auditeurs perdeiit patience; puis ,il parie de ses aïeux, de ses dieux, de leur culte mystérieux; il ne fait grâce ni' d'Hercule, ni des Dioscures, ni de Cérès, ni de Triptolème, ni même de l'agriculture venue de FAttique dans le Péloponèse. «Nulle vue politique, nul acheminement à la paix désirée; l'orateur devient la risée de tous 5. Autoclès parle après Gallias : d'un seul mot ^ Xénophon le représente comme un de ces hommes habiles à exciter les passions des Athéniens. Son discours prouve combien de pareils hommes sont peu faits pour

1 AcfJ^v^oç*

a II joue un rôle principal dans le discours d^Andocide, TTSpi /nVffTtipieùVm Reiske, tom. IV, pag. 5^. Il y fait un abus scandaleux du sacerdoce. Nous n^adopterons pas tous les reproches que lui fait Andocide; mais, quoi que nous en ôtions, il en restera toujours assez pour donner une idée de la vie dissolue de cette classe d^Athénieas.

3 Hellén.,lîv. VI, chap. 3.

* 4 ÉTrsffTfi^ilç*

mener de grandes négociations, et combien il est peu sage de céder au plaisir momentané d'humilier ses adversaires. Autoclès commence par ime vérité fort dure pour les Spartiates, et il finit par leur reprocher leur manque de foi et leur cruelle ambition ^ Enfin Callistratc prend la parole ; c'est cehû que Xéndphon désigne comme le véritable homme d'état^ comme celui qm a su s'approprier fhabileté et les connaissances de son siècle. Callistratc va droit au but : il ne cherche point à exciter les passions^ il ne veut qu'apaiser celles qu'on vient d'irriter. Aussi son discours ne s'égare pas un seul instant et la paix est conclue.

Dans les autres écrits de Xénophon on distingue la même sagesse, la même expérience; mais on y retrouve toujours cette philosophie qui se borne à effleurer la vie.^

1 Hellén., 1. c, J. 7.

a Le Traité sut les constitutions de Sparte et d^Athènes est rédige selon les principes que nous ayons signalés. Xénophon est convenu lui-même que la irie d''Agésilas n^est qu^un âoge. Dans TÉconomique , Socrate donne un système qu^il poursuit jusqu^aux moindres détails de la vie domestique. Le Dialogue entre Uiéron et Simonide a pour résultat la même erreur qui sert de base à la Cyropédie. D^abord on démontre fort bien que le sort d'un tyran n'est pas digne d'enyie, soit qu'il s'agisse de jouissances en général, soit qu'il s'agisse de la fidélité ou de la confiance des affections. Le tyran doit aToir le# justes pour ennemis , les mécbans pour amis : il rit

Depuis Xénophon , Thisloire demeura irrévocablement liée aux sciences politiques.

dans de continuelles anxiétés. On se demande enfin pourquoi le tyran ne se démet point du pouvoir; mais cela m^me lui est impossible. Jusqu^ici il nY a rien encore qui soit commun à la Cyropédie ; mais la fii^ est destinée à prouver qu^an seul homme doit "Sans cesse guider la marche de Pétat et Taméliorer. L^apologie de Socrate est plutôt Fhommage de rattachement et de Fadmiration qu^une défense formelle. Le Banquet de Xénophon et celui de Platon différent en ce qae le premier cherche dans la sphère ordinaire de là vie ce qui lui paraît constituer le bonheur, tandis que le second , à Pimagiiiation ardente^ à Fesprit profond, ne trouve point de satisfaction dans Fempire des sens', et s^élève à >de plus hautes régions.

(iGi)

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