LA ÉRÉSIE DE LUTHER JUSQU’A SA CONDAMNATION PAR LE PAPE LÉON X
En 1517, l'Église de Dieu se voyait dans une position bien mé- Morable. L'ancien et le nouveau monde, toutes les sciences et tous & arts se présentaient devant elle pour apprendre de :a bouche à Den servir Dieu et les hommes. Et l’Église répondait convenable- Ment à l’ancien et au nouveau monde, à toutes les sciences et à tous arts. Elle vient de terminer le cinquième concile de Latran, sous présidence du pape Léon X. Dans ce concile, elle a non-seule- Ent décrété, mais effectué la restauration des mœurs cléricales dans h chef et ses principaux membres. D'ailleurs, l'Esprit de vérité et sainteté qui demeure éternellement avec elle n’y demeure jamais if. Et, de fait, dans les soixante-dix ans que renferme le précédent de, on trouve bien plus de soixante-dix personnages que l'Église ore d’un culte public : il yen a plusieurs des ordres de Saint-Frans, de Saint-Dominique, de Saint-Augustin; mais ilen est beau-
up d'autres de toute condition et de tout rang. C'est, entre autres, à XXII, 1
HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXIV, — De j5r: 4 1515 de l’ la Chine ivent les sant s0 ain, c’est On plus p semble.
ettra en.
deurs di Nations
saint Jean de Capistran, l'ami, le compagnon de Huniade et 4, 4 Scanderbeg; c'est saint Casimir, prince de Pologne; c'est le bien. #8 heureux Nicolas de Flue, le sauveur de la confédération suisse ; c'es M une veuve, sainte Catherine de Gênes, morte en 1510, auteur de cer. tains opuscules de théologie surnaturelle, qui, pour lahauteur, la pro À fondeur et la justesse des idées, lui mériteraient bien une place parn À les docteurs de l'Église ; c'est le bienheureux Primaldi, martyriÿ à à Otrante par les Turcs, en 1480, avec huit cents de ses compatriote; à Quant aux sciences, lettres et arts, jamais époque ne leur fut plu À favorable. Le pape Léon X était leur nourrisson, leur ami, leur pro : tecteur héréditaire : Léon X était le ce-dinal Jean de Médicis, fils d et Laurent le Magnifique et arrière-petit-fils de Cosme, surnommé } * nero Grand et Père de la patrie ; famille incomparable, qui a eu l’honney PP longte de donner son propre nom au plus beau siècle de la littérature et & RU €n An
l'art modernes. Léon X était encore leur protecteur héréditan Nord. D comme Pape. Toujours nous avons vu les Pontifes romains sa °° de la montrer les pères par toute l’Europe, particulièrement depuis N. # pla foi ch colas V à Jules II. Léon X ne commençait pas, il couronnait seuk. M8 °° Italie, ment cette grande époque. L. ces neus
En effet, lorsqu'il monte sur le trône pontifical, il trouve Micha. 4 P?S voul Ange qui fait le tombeau de Jules II, qui peint la chapelle Sixtin: . qui transporte le Panthéon dans les nues pour en faire la coupolet u E vi f Saint-Pierre ; il trouve Raphaël produisant d’autres merveilles, are plus
Pérugin, Jules Romain, Léonard de Vinci et autres. Parmi les trent rs Allemag: cardinaux qu'il nomme en 1517, il y en a plusieurs d’éminemmer #&
habiles dans les littératures grecque et latine, et l’ancienne philos. 4 A | phie. Ses deux secrétaires sont Bembe et Sadolet, deux modèles d'un * . dé 1 latinité cicéronienne. Si chez quelques-uns l'enthousiasme pour l'a 4 A du:t tiquité littéraire excède un peu, il n’y a pas beaucoup à craindre. à idèrent : tous ces savants sont enfants soumis de l'Église, laquelle, au conci édé air général de Latran, vient de poser les bornes que ne doit point outr D Deronni passer la sagesse humaine. ; 4 S disant |
Tous les royaumes d'Europe sont en paix les uns avec les autra Lave bon
L'empereur d'Allemagne, Maximilien Ier; François Ier, roi de Franc à bre 2, Si le roi d'Angleterre, Henri VIII ; le roi d’Espagne, Charles Ier, autre ee
ment Charles-Quint ; le roi de Portugal, Emmanuel le Fortuné, sr! se Fe dans les meilleurs termes avec le chef de l'Église universelle, On pet Les 1 espérer une expédition générale pour la défense de la chrétient Ms l'ai préd contre les armes toujours menaçantes des Turcs sous Sélim ler, Li à sortez pas Espagnols et les Portugais continuent leurs découvertes et leurs con à int: car, üc
quêtes en Amérique, en Afrique et en Asie. Nous avons vu un évt 4 que de Saint-Domingue au concile de Latran. Les Portugais toucha! à
SU chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 3 | sas Le 4 LT Chine. Partout, les prédicateurs de l'Évangile accompagnent et ss . és Die 1 ivent les navigateurs. Le combat entre l'Église et l'enfer va s’agrantion para Le mn sous tous les rapports. Ce n’est plus seulement l'empire rob ro Fe " in, c’est l’univers entier qui sera le champ de bataille, On se battra, : La n plus pour telle vérité particulière, mais pour toutes les vérités Wap 108 Ps * semble. La lutte sera générale et durera jusqu’à la fin. L'enfer san cet Attra en œuvre tout ce qu'il a de ruse et de violence, toutes les proes Campo Mndeurs de Satan. Il s’agit de l’empire du monde. as der fut plu Nations chrétiennes, soyez sur vos gardes ! Vous avez à craindre, ami, leurvpro Mn moins que les individus. Et depuis trop longtemps, plusieurs pre fie entre vous s'endorment dans le bien ou plutôt dans le mal. Depuis ”) RE k Mpp longtemps on ne voit plus de saints, ou du moins on en voit très- 1 a eu l’honney 4
littérature et M ju, en Angleterre, en France, en Allemagne et dans les royaumes | 4. OÙ Nord. Depuis trop longtemps on n’y voit plus de zèle pour la dé- . ue fênse de la chrétienté contre les Mahométans, ni pour la propagation 7) ronge * Œuhoi chrétienne parmi les infidèles. Ce zèle n'apparaît plus guère ent depuis N. &
rénatt 211 l'en Italie, en Espagne et en Portugal. Aussi Dieu récompensera- 9 ces nations par la paix et la gloire. Mais malheur à vous, qui n'au- . + 4 pas voulu employer pour le service de Dieu la puissance que Dieu IS Michal Mus a donnée ! Laissées à vous-mêmes, vous l’emploierez à vous déhapelle Sixtin rer les entrailles, à briser votre unité intellectuelle et morale, en re la cauR old Mte que l’Angleterre ne sera plus une, la France plus une, l’Allemerveilles, are Migne plus une, mais deux, mais plusieurs, et cela pour des siècles ; Parmi les trent (4 ‘Allemagne en particulier, divisée en autant de sectes que d'indi- ; 1... AUS, et en autant de partis que de sectes, deviendra une proie facile “IOBNE philose 4 premier ou dernier peuple barbare. modèles d'ux Lorsque Notre-Seigneur eut parlé de la ruine de Jérusalem et de sme pour le du monde, figure de bien d'autres ruines, les apôtres lui deup à craindre Mndèrent : Quand est-ce qu'arriveront ces choses? et quel sera le elle, au con D votre avénement ? Le Seigneur leur répondit : Prenez garde it point out qe personne ne vous séduise! car il en viendra beaucoup en mon Hôm, disant : Je suis le Christ, et ils en séduiront beaucoup 1, Et il vec les autre beaucoup de faux prophètes, et ils en séduiront un grand roi de France Mnbre 2. Si donc quelqu'un vous dit : Voici! le Christ est ici, il est les Ler, autre 1 ne le croyez point! car il s’élèvera de faux christs et de faux pro- Fortuné, so Ptes; et ils donneront de grands signes et des prodiges, en sorte rselle. On pe Me les élus mêmes y seraient trompés, s’il était possible. Voilà ! je > la Chrétien Ms l'ai prédit, Si donc ils vous disent : Voici! il est dans le désert, Sélim Ier, Le @ sortez pas; voici ! il est dans l’intérieur de Ja maison, n’y croyez
nt! car, comme l'éclair sort de l’Orient et paraît jusqu’en Occi-
d’éminemme 28
s et leurs con à ns Vu un év @
ugais touchet atth., 24, 4 et 5, — 2 Ibid. 11,
HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXIV. — Dei Ë 1515 de l'ê
dent, ainsi en sera-t-il de l’avénement du Fils de l’homme !, Prene M 127€ 5 0! donc garde à vous, que vos cœurs ne s'appesantissent par la bons À chère, et par l’ivrognerie, et par les soins de la vie présente ?, Te 4
sont les suprêmes avertissements du Seigneur pour ces formidabk M
épreuves auxquelles il soumet, quand il juge à propos, et les ind. vidus, et les nations, et l'humanité entière.
Or, voici quel était l’état moral de la nation allemande au Con mencement du seizième siècle. C'est un frère Augustin qui nou l’apprend.
Le dimanche après l'Ascension, exhortant ses auditeurs à une 5 À chrétienne, il leur disait, autant du moins qu'on peut traduire! 4
hardiesse de son langage :
« Chaque pays a son démon : l'Italie a le sien, la France a le siu *
et l'Allemagne a le sien, la bouteille ; on appelle boire se gorger( vin et de bière. Nous boirons, j'en ai peur, jusqu’au jour du jug ment dernier. Les prédicateurs crient en chaire et font entendre!
parole de Dieu, les seigneurs font des ordonnances, la nobles à
même quelquefois prend de belles résolutions ; le scandale, le dé ordre, des maux de toute espèce, dans le corps et dans l'âme, vie
nent à leur tour comme enseignements : rien n’y fait. L'ivrogner: 4
notre dieu, s'étend de jour en jour, semblable à la mer, qui a be 1 gne, tant
boire les courants, et a toujours soif.
« Je voudrais bien aujourd’hui vous parler des funestes penchan
à l'ivrognerie de nos pauvres Allemands; mais où trouver une part
assez puissante pour chasser loin de nous cette crapule d’enfer, chaque jour s'étend de plus en plus dans toutes les classes de law ciété, en haut, en bas, de façon que prédications, instructions, so tout à fait inutiles? Qu'en dire, quand nous la voyons, cette fille à
diable, se glisser du peuple des grandes cités dans la cabaned
paysans, des tavernes dans le ménage? Dans mon jeune âge, s’enivn aux yeux de la noblesse, passait pour un scandale ; aujourd’hui, noble boit plus encore que le rustre. Les princes et les grands « reçu d'excellentes leçons de leurs chevaliers, et ils boivent sans ro gir : boire est une vertu princière. Noble, bourgeois, qui ne s’enin avec eux comme un goujat, est un homme méprisable ; qui ribol
et ses éperons ?. »
1 Matth., 23-27, — 2 Luc,
21-34. — 3 Walch, OEuvres de Luther, t. 12,p.1 (en allemand).
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Le même frère disait des princes en particulier : « Les prin 2
sont communément les plus grands fous et les plus fieffés coquinst "+ Prose P de: 1 Cité par S!
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Méènes ? et 3.