‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 2)Chapitre 35 sur 122 · IV. — De · texte numérisé non relu

IV. — De

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à 1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 141

mont Varalle, passa par Soncino pour voir notre bienheureuse et ses filles spirituelles, et y eut avec elles de pieuses conférences, qui la remplirent, ainsi que ces saintes âmes, de la plus douce consolation. On raconte que Louis Sforce, duc de Milan, ayant voulu voir Sté phanie et se recommander à ses prières, se présenta à elle sous un déguisement et cachant avec soin son nom. Une inspiration divine lui fit reconnaître tout de suite ce prince ; elle lui donna avec une sainte

| liberté les plus utiles avis, et lui prédit que, s’il n'écoutait pas

patiemment les plaintes des veuves et des orphelins, le pauvre peuple crierait vers Dieu, et que lui-même perdrait ses États. Effectivement, l'an 1500, il fut fait prisonnier par les Français, au moment où il cherchait à se sauver de Novare, déguisé en soldat suisse.

La servante de Dieu n’eut pas la consolation de terminer sa course mortelle dans la maison qu’elle avait fondée. Elle prédit à ses religieuses qu’elles seraient obligées d’en sortir, et que, pour elle, elle n'y retournerait plus. En effet, au mois de novembre 1529, une armée nombreuse et indisciplinée s’approchant de Soncino, on crut prudent de faire sortir les sœurs de Saint-Paul de leur monastère, qui, étant hors des murs et sur le penchant d’une colline, se trouvait exposé aux attaques et à ‘a licence du soldat. Stéphanie revint donc avec ses filles habiter la maison qu'elle avait d’abord occupée

2 dans l'intérieur de la ville, Elle y tomba malade dans le courant du

mois de lécembre, et elle connut que sa fin était proche. Pendant tout le temps que dura sa maladie, elle donna à ses religieuses et aux séculiers qui venaient en foule la visiter un exemple admirable de résignation chrétienne, conservant au milieu des plus vives douleurs une sérénité de visage qui était l’indice certain de la paix de son âme. Chaque jour elle se confessait, se nourrissait et se fortifiait par la sainte communion, qu’elle recevait avec une ferveur inexpri-

2 mable. Souvent elle appelait son céleste Époux et lui disait : O mon

Dieu! je désire d’être réunie à vous : prenez mon âme, afin qu’elle puisse parfaitement vous aimer !

Les pieux sentiments qui remplissaient le cœur de Stéphanie se manifestèrent également dans les exhortations qu'elle crut devoir adresser à ses religieuses. « Mes chères ‘filles, leur dit-elle, je vous prie et vous supplie, par l'amour que nous a témoigné notre Dieu en

} Mourant pour nous en croix, d’avoir continuellement devant les yeux à sa sainte crainte, afin que vous ne l'offensiez jamais, et que vous ob- D Serviez toujours ses commandements. Aimez, par-dessus tout, ce

divin Époux ; fixez en lui toutes£vos pensées, et mettez en lui toute

à votre espérance; qu’il soit votre soutien dans toutes les adversités, D et recourez à lui dans toutes vos peines, parce qu’il ne vous man-

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142 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 15h

quera jamais. Mes filles! conservez toujours la paix du cœur ; elk est un bien si agréable à Dieu, qu’il est venu du ciel en terre pour

l'apporter au monde. Que cette paix repose en vous! ne permetty É

jamais que la haine et l’inimitié y prennent sa place. Supportez-vox les unes les autres, comme Dieu lui-même supporte nos défauts d nos transgressions ; c’est ainsi que vous vous aiderez réciproquemer dans la voie du Seigneur. » Enfin, le 2 janvier 1330, ainsi qu'elle l'a vait prédit, elle rendit son dernier soupir, à l’âge de soixante-treis ans. Son trépas fut accompagné de miracles par lesquels Dieu y plut à manifester que la mort des saints est précieuse à ses yeur. On fit à cette vertueuse fille des obsèques honorables ; mais ellesk furent moins encore par la pompe que par les acclamations et le larmes du peuple qui se porta en foule à cette cérémonie.

À peine Stéphanie fut-elle morte, qu’elle reçut les honneurs que l'Église rend aux saints, non-seulement de la part des habitants d Soncino, mais de tous les pays voisins et de toutes les villes qu'ell avait visitées, el qui connaissaient ses vertus, ainsi que les cho merveilleuses qu’elle avait opérées pendant sa vie. Il se fit à sa tomh un concours extraordinaire, soit pour y obtenir des grâces, soit pour y porter des offrandes. L'autorité ecclésiastique permit de célébrr sa fête et d'exposer ses reliques à la vénération des fidèles. Enfo, l'an 1740, le pape Clément XII approuva, par son dé-vet du 10 di. cembre, le culte rendu à la servante de Dieu. Quoique le monasti de Soncino soit supprimé, elle est toujours vénérée par les habitant

de Soncino, qui la regardent comme leur protectrice auprès du Tout L

Puissant, et qui, plusieurs fois, ont éprouvé les effets salutaires à sa protection !,

Voilà comme, au seizième siècle, les saints d'Italie et d’Espag édifiaient, restauraient l'Église de Dieu. Lorsque fut bâti le tempk de Salomon, figure de cette Église, nous avons vu tous les maté

riaux, et les pierres, et les bois, et les métaux, pré arés d'avant ; , , » P

avec tant de soin, que, dans la construction de la maison sainte, ol n'entendit ni marteau, ni cognée, ni le bruit d'aucun instrument Ainsi en est-il de l’édification, de la restauration de l'Église chri: tienne : elle se fait en silence, sans bru‘:, sans fracas, par des pierra vivantes que Dieu lui-même taille dans les montagnes, à l'écart, qu viennent ensuite se mettre tranquillement à leur place et en ati d'autres. Nous avons vu tout le contraire lorsque le temple de Sr lomon fut détruit par Nabuchodonosor, ensuite par les Romains

Nous avons vu les révolutions, les guerres, les séditions, les meu-Wn

1 Godescard, 16 janvier.

à 1545 de l

tres, le sa fracas du :

sape achev C'est la de de réforme religieuse, ordre, pou:

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