‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 2)Chapitre 49 sur 122 · livre, le dédi bassade soler · texte numérisé non relu

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178 HISTOIRE UNIVERSELLE ([Liv. LXXXIV. — De (5;

portrait admirable qu'en a fait Raphaël les qualités, les talents 4 les penchants qui ont le plus particulièrement distingué ce Pape, Léon X était d’assez grande taille et bien fait. Il avait de l'embonpoi sans que cependant il y eût de l’excès ; mais ses membres, tourné élégamment, paraissaient un peu déliés pour son corps. Sa tête étai trop grosse, et il avait les traits trop prononcés, ce qui cependa n’empêchait pas qu'il n'eût un air de dignité qui imprimait le res. pect. Son teint était fleuri. Il avait les yeux gros, ronds et très-sail. lants, de sorte qu’il ne pouvait distinguer les objets qu’à l'aide d'une loupe ; mais, par ce moyen, il voyait plus loin que qui que ce fût, lon. qu'il était à la chasse, divertissement qu'il aimait infiniment. Il avai les mains bien faites et d’une blancheur singulière, et il se plaisait les orner de pierres précieuses. La douceur et la flexibilité de sa voi étaient remarquables, et lui faisaient donner à ses discours um expression qui produisait beaucoup d'effet. Personne, selon que l'exigeait ou le permettait l’occasion, ne s’énonçait avec plus de gravité ni avec plus de facilité ou de gaieté que lui. Dès sa plus ter. dre jeunesse, il montra une urbanité qui lui concilia tous les cœur, etqui semblait lui être naturelle, mais qui n’était peut-être pas moin l'effet de l'éducation que celui de la nature ; car on n'avait rien né. gligé pour lui faire sentir combien il est avantageux de posséder dés qualités qui calment la haine et attirent l'estime. Lorsqu'il arriva pour la première fois à Rome, sa grande douceur, son naturel her. reux et son affabilité, qui le portaient toujours à prendre le partide céder plutôt que de lutter avec trop de force contre qui que ce pà être, le firent considérer de tous les membres du sacré collége, Ri. servé avec les personnes âgées, enjoué avec les jeunes gens, il retr. vait avec beaucoup d'égards et de bont: tous ceux qui lui faisait visite. Il leur adressait les choses les plus obligeantes ; il leur pr. nait la main, et quelquefois même les embrassait, selon que le pra crivait l’usage. De là toutes les personnes qui le connaissaient étaiel persuadées qu’elles étaient les objets particuliers de son estime ette son amitié; opinion qu’il s’efforçait d'entretenir par les marqus d'attention les plus séduisantes, et par des actes de libéralité qui renouvelait fréquemment. Enfin, on ne peut douter que ce n'ait éti cette conduite qu'il ait principalement dû la dignité suprême à he quelle il a été élevé dans un âge si peu avancé.

« Quant aux facultés de l'esprit, Léon X les possédait plus qu ne le faitle commun des hommes. S'il ne paraît pas avoir été douéik celles dont la réunion est caractérisée par le nom de génie, du moin on peut dire qu’il avait une grande sagacité. Cette vérité à été re connue par ceux-là même qui lui ont le moins prodigué l'éloge, El

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